‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 71 sur 100 · III. Champ -de-Mars · texte numérisé non relu

III. Champ -de-Mars

Tour Eiffel. Palais des Machines. Ecole Militaire.

On peut se rendre au Champ-de-Mars par les bateaux -omnibus (v. l'appendiee), par les tramways du Louvre à St-Gloud, Sèvres et Versailles (TAB), de la Bastille à la Porte Rapp (TL) de 8t -Phi lippe- du- Roule à la porte d'Orléans (TAF) et même par ceux qui desservent le Trocadéro (p. 151), par les omnibus de la porte St-Hartln à Grenelle (V), du quai de Valmy à la Porte Rapp (AD) . de la gare St-Lazare à Grenelle (AH), etc.

Le *Champ-de-Mari (pl. R. 8, 10 et 11 ; /), à peu de distance à PO. des Invalides, est un anc. champ de manœuvres, d'env. 1 k il. de long et Vi kil- de large, qui avait été créé vers 1770 pour PEcole Militaire (p. 268).

Les deux longs côtés furent bordés jusqu'en 1855 de talus, construits en 1790 par 60000 Parisiens et Parisiennes, pour servir d'amphithéâtre à la «fête de la Fédération», célébrée à cet endroit le 14 juillet de la même année. Au fond était alors érigé l'autel de la Patrie, sur lequel le roi, l'Assemblée Nationale, les délégués de l'armée, de la garde nationale et des provinces vinrent prêter serment à la nouvelle constitution. Talleyrand, en sa qualité d'évêque, y célébra l'office, assisté de 400 prêtres. Une cérémonie analogue y eut lieu le 1 er juin 1815, le «champ de Mai* de Napoléon I er . Louis-Philippe y remit en 1890 les drapeaux tricolores à la garde nationale, et Napoléon III y distribua en 1852 les aigles destinées à remplacer les coos gaulois. Le Champ-de-Hars a enfin servi aux expositions universelles de 1867, 1878 et 1889 et doit encore servir à celle de 1900.

La *tour Eiffel ou tour de 300 m., près de la Seine et en face du Trocadéro (p. 151), y attire naturellement d'abord l'attention. Elle a été construite de 1887 à 1889 par Pingénieur-constructeur Eiffel. C'est une curiosité unique en son genre par sa hauteur, qui dépasse de beaucoup celles des autres monuments les plus élevés du monde: obélisque de Washington, haut de 169 m.; tours de la cathédrale de Cologne, de 159 m.; tour centrale de celle de Rouen, de 151 m.; grande pyramide d'Egypte, de 146 m., etc. Par un effet de perspective, elle ne paraît pas, surtout de près, aussi haute qu'elle l'est en réalité. — Les fondations ont été commencées à l'aide de caissons en fer, à Pair comprimé (pour chasser Peau), enfoncés à 14 m. du côté de la Seine et à 9 m. de l'autre côté. Ensuite on y a coulé du béton et dessus l'on a établi les quatre bases en pierre du monument, qui mesurent 26 m. de côté et constituent un carré de 129 m. 22 de côté ou près de 16 700 m. de superficie. La tour elle-même est construite en treillis de fer et les poutres sont creuses. Les montants partent avec une inclinaison de 54° et sont réunis sous le premier étage par des arcades en plein cintre. Le premier étage est à env. 58 m. du sol et mesure plus de 65 m. de côté ou près de 4200 m. de superficie. On y arrive par des escaliers et des ascenseurs dans les montants (prix, v. ci-dessous). Les piles montent encore de là isolément , mais en se redressant et se rétrécissant , jusqu'à une hauteur de 179 m., où elles se rejoignent. Dans l'intervalle, à près

Tour Eiffel.

PARIS

Rive g. 12. 267

de 116 m., est un deuxième étage, desservi également par des escaliers et des ascenseurs et où se trouve le réservoir d'eau des ascenseurs. Un plancher, au-dessus du point de jonction, constitue une sorte de palier à 207 m. La pile unique a encore 10 m. de côté vers le sommet. Le troisième e'tage, au pied de la lanterne qui constitue le couronnement, est à 276 m. du sol, et il a une salle vitrée de 16 m. 50 de côté, pouvant contenir 800 personnes. La lanterne a 24 m. de haut, c'est-à-dire 4 m. de plus que les plus hautes façades des maisons de Paris. Un escalier y mène à un balcon circulaire, de Ô m. 75 de diamètre. Au-dessus enfin est installé un phare électrique de 70 kil. de portée. Il y a 1792 marches à gravir pour monter au sommet de la tour par les escaliers, 350 jusqu'au 1 er étage (7 à 8 min.), 380 du 1 er au 2 e (10 min.) et 1062 de là au sommet.

V ascension de la tour ne saurait se conseiller que s'il y a espoir de jouir de la vue, par un temps clair, sans froid ni vent. La tour est ouverte tous les jours, de mars à nov., dep. 10 h. du mat. jusqu'à la nuit. Il y » deux restaur. (faire prix), une brasserie, des buffets (2 e et 3 e ét.), un théâtre, des longues-vues, etc. Le public n'y monte par les escaliers que jusqu'au 2 e étage. On monte au I e ' étage par les piliers ouest et est, ou le 1 er à dr. et le 2 e à g. en venant de la Seine, et directement au 2 e par les deux autres piliers \ mais on peut aussi monter du 1 er étage au 2 e . Le tartf est le même par les escaliers que par les ascenseurs. Il est de 1 fr. pour chacun des deux premiers étages et 2 fr. pour le troisième dans la semaine : 60 c. et 1 fr. les dimanches et fêtes, mais Ton ne garantit pas ces jours-la à tous les visiteurs l'ascension jusqu'au sommet. — La terrasse du 4 e étage est ouverte au public les lundi, mercr. , jeudi et dimanche. — En hiver^ on monte seulement au 1 er et au 2 e étage, par les escaliers, de midi à la nuit (4 h.), moyennant 1 fr. uniformément.

La du sommet est naturellement immense, mais très variable, selon l'état de l'atmosphère. Elle peut s'étendre, dans certaines directions, jusqu'à 90 kil. en ligne droite, c'est-à-dire sur un rayon encore plus étendu, au N. et au 8. que celui de notre carte p. 328. On peut voir, par ex., au S.-O. jusqu'au delà de Chartres et au N.-E. jusqu'au delà de Villers-Cotlerets. Au 2 e étage, l'horizon est encore borné, eomme au 1 er , par les hauteurs des environs de Paris.

La partie du Champ-de-Mars qui s'étend de la tour à la galerie

des Machines, à l'autre extrémité, est en transformation pour Vexpo-

sition universelle de 1900. En dehors, à dr., la «roue de Paris».

Le *palaif des Machines, qu'on a conservé de l'exposition de 1889, est une construction gigantesque de 420 m. de long, 150 de large et 48 de haut, sur les plans de F. Dutert et Contamin. Il a au milieu, entre deux galeries annexes à deux étages, une nef dont aucune construction n'a encore atteint, à beaucoup près, la largeur, 114 m. 30, sans piliers ou colonnes intermédiaires ni aucun tirant. Les fermes reposent sur le sol, où elles se terminent en pointe et portent sur des coussinets en fonte, ancrés dans des massifs de maçonnerie qui ont l'importance de piles de pont. L'entrée principale est à l'extrémité du côté des Invalides, où Ton remarque des groupes de sculptures de 10 m. de haut, l'Electricité, par Barrias, et la Vapeur, par Chapu. Il y en a une autre à l'extrémité opposée et par la galerie centrale. Ce palais, modifié intérieurement dans ce but, doit servir provisoirement aux exposition* de peinture et sculpture,

268 Rive g. 72. PAULS. Palais des Machines.

en mai et juin (entrée, ▼. p. 37), aux concours agricole et hippique en mars, etc.

L'Ecole Militaire (pl. R. 10; i) borne le Champ -de -Mars au S.-E. , non loin des Invalides. C'est un vaste édifice fondé en 1751 par Louis XV et construit par Gabriel. On l'a transformée en casernes en 1792, et l'on y a aussi installé de nos jours V école Supérieure de Guerre. Le tout occupe une superficie de 116528 m. La partie principale, au N.-O., longue de 420 m., a la physionomie d'un palais. Au centre , un portique de 8 colonnes corinthiennes cannelées d'env. 13 m. de hauteur, au-dessus duquel règne unattique surmonté d'un dôme quadrangulaire. Les bâtiments aux extrémités ne sont que de 1855. Il faut une permission spéciale pour visiter l'intérieur de l'Ecole. Les cours sont entourées de colonnades. La chapelle est dans le genre de celle du palais de Versailles.

Sur la place Fontenoy, derrière rEeole, s'élève un monument en forme de pyramide, à la mémoire des victimes de la guerre de 1870-71.

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