‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 72 sur 100 · Quartiers extérieurs du Sud · texte numérisé non relu

Quartiers extérieurs du Sud

On fera cette course le mardi, le jeudi ou le samedi, si Ton veut visiter les collections de l'Ecole supérieure des mines, où l'on reviendra alors du cimetière. On pourrait aller de ce côté, le samedi, aux Oobelins (p. 253), si on ne les a déjà visités; on aurait alors pour cela à sa disposition les voitures publiques qui passent dans la rue Gay-Lussac et sur les boul. Montparnasse et de Port-Royal (v. le plan de l'appendice). Pour abréger, on peut aller directement au cimetière Montparnasse (omnibus V) ou au parc Montsouris (tramway de Montrouge).

Du parc Montsouris, il est aussi facile de faire une excursion par la ligne de Sceaux (p. 336). — Déjeuner près de la gare Montparnasse ou jirè.i du Luxembourg (v. p. Il et 13).

I. Du Luxembourg à l'Observatoire et au cimetière Montparnasse.

En remontant le boul. St-Michel à partir du jardin du Luxembourg, on passe à dr. devant l'Ecole supérieure des minet, qui renferme un très riche * musée de minéralogie, de géologie et de paléontologie, public les mardi, jeudi et samedi de 1 h. à 4 h.

L'entrée est au milieu, à la 2 e grille. Dans le vestibule, de magnifiques échantillons, taillés et sculptés, de graphite de Sibérie. Dans 1 escalier, «les peintures murales par Hugard, représentant des endroits célèbres au point de vue géologique (inscriptions).

Trois petites salles, deux a l'entrée (minéraux) et uue au delà de l'escalier du 2 e étage (métaux), forment à elles seules un petit musée de minéralogie, comme un résumé de la grande collection. Il y a aussi des minéraux artificiels. Comme curiosité dans la 2 e salle , au fond en face de l'entrée, un morceau de roche avee un gros diamant du Cap.

Les collections minéralogique et géologique occupent 15 salles ou travées du 1 er étage. Les vitrines ou tables sont numérotées à partir du S. ou de l'extrémité de g. en arrivant (l re , à dr.). et il y a généralement des étiquettes. Les 3 premières travées sont consacrées a la géologie, qui est classée d'après l'ordre naturel des terrains. Dans les armoires vitrées du pourtour, non numérotées, des séries particulières, de différentes régions, même de l'étranger, et de gros échantillons hors séries. Dana une salle à dr. de la 3« travée, la collection d'Ed. Delessert, aussi un résumé des autres. Les 8 travées suivantes comprennent la collection minéralogique, organisée conformément à la classification chimique de Dufré-

Frolt des mines. PARIS. Uive g. 13. 269

noy, e'eat - à-dire par ordre de composition, en commençant par la silice et Unissant par les métaux. Les armoires vitrées autour de la même partie de la galerie contiennent une collection très Importante, par départements, des produits naturels de la France utilisés par l'industrie. — A mentionner aussi comme curiosités: les magnifiques échantillons de néphrite des mines d'Alibert (Sibérie; v. p. 161); dans la travée à côté de la salle d'entrée, vitr. 18 à 23, les émeraudes, les grenats, les tourmalines et les topasee-, en faee de l'escalier du 2« étage, vitr. 39 et 40, les saphirs, les spinelles et les cymophanes; dans l'avant -dernière travée, 15 e et 16 e vitr. de la série le long des fenêtres, de très beaux échantillons de soufre et lea diamants.

La collection paléontologlque, aussi très considérable, est au 2 e étage. La classification en est faite d'après l'ordre aoologique et commence du même côté qu'au 1er étage. 11 y a aussi dans cette galerie des objets très curieux et de grand prix.

Le jardin du Luxembourg a été considérablement réduit depuis 1837, mais on a réservé Vallée de l'Observatoire, qui a au milieu des parterres avec des groupes de marbre: l'Aurore, par Jouffroy ; le Jour, par Perraud; le Crépuscule, par Crauk, et la Nuit (Diane visitant Éndymion), par Gumery. À dr. de l'allée, près du jardin, le lycée Montaigne. A l'angle, Y Ecole Coloniale, de style moresque, construite en 1895-96. Plus loin , V Ecole de pharmacie de 1876- 1886, où se voient des statues de Vauquelin et de Parmentier et qui a dans le couloir du bas des fresques très remarquables par Besnard. Ensuite la Clinique d'accouchement, de 1881.

Là où se terminait autrefois le jardin s'élève depuis 1874 la ♦fontaine de l'Observatoire ou du Luxembourg (pl. G. 19). Elle est décorée d'un groupe de statues en bronze, par Car peaux, les Quatre Parties du monde soutenant une sphère armillaire. Autour du socle sont huit chevaux marins en bronze, par Fremiet, et des tortues et des dauphins qui lancent des jets d'eau d'un bel effet. — A l'E. se voit le dôme du Val-de-Grâce (v. ci-dessous).

La place voisine est le carrefour de V Observatoire. A dr. s'élève la statue de Xey, par Rude, en face de l'endroit où le brave maréchal, condamné à mort par la Chambre des Pairs pour avoir passé du côté de Napoléon I er à son retour de l'île d'Elbe, a été fusillé le 7 déc. 1815. A g., une des stations du nouveau tronçon de la ligne de Sceaux (p. 336) qui passe sous le boulevard, et le bal Bullier (p. 33). On doit ériger au même carrefour un monument à l'explorateur Francis Oarnier (1839-1873), par Puech.

De l'autre côté du boul. St-Michel, dans la rue St- Jacques, se trouve St-Jacques-du- Haut- Pas (pl. G. 19; V"), enlise du xvne s .

A côté est V Institution des Sourds- Muets , qu'un peut visiter le mardi, de 2 h. a 4 h., avec une permission écrite du directeur. On voit dans la cour une statue de l'abbe de l'Epéc, fondateur de l'Institution, par Félix Martin, un sourd-muet. 11 y a aussi un orme de 32 m. de haut, visible de fort loin. Cet arbre, reste d'un quinconce du cloître de St-Magloire. passe pour avoir été planté sous Henri IV, en 1605, et ce serait le plus vieux de Paris. L'établissement a un petit musée spécial.

La rue de l'Abbé-de-l'Epee , qui passe entre l'église St- Jacques et l'Institution, aboutit un peu plus loin a la rue Gay-Lussac, où se trouve, n« 41, le musée pédagogique, ouvert le jeudi de 10 h. à 4 ou 5 h.

Le Val-de-Gràce (pl. G. 19), non loin de là, dans la rue St-Jacques, est un ancien couvent de bénédictine» fondé par Anne d'Autriche.

270 Rive g. 13.

PARIS

Observatoire.

mère de Louis XIV, par suite d'un vœu qu'elle avait fait pour obtenir un fils, et transformé depuis 1790 en hôpital militaire, avec une école de médecine militaire. La seule partie curieuse est son église, de 1645 à 1666, sur les plans de Fr. Mansart. Dans la cour qui la précède, les statues des barons Larrey, le père et le fils, chirurgiens, bronzes par David d'Angers et Falguière. Le dôme élégant de cette église est une réduction de celui de St-Pierre de Rome : son

diamètre est de près de 17 m. et sa hauteur de plus de 40 m.

L'intérieur est assez nu; on en remarque la voûte à caissons et le maître autel à baldaquin en marbre, imités aussi de ceux de St-Pierre de Rome. La coupole est décorée d'une fresque par P. Mignard^ la Gloire des bienheureux, maintenant bien endommagée. Le groupe en marbre du maître autel est d'après celui de Mich. Anguier à St-Roch.

La rue St-Jacques croise plus loin le boul. de Port-Royal, où il y a d'autres hôpitaux : les maisons d'accouchement Baudelocque et de la Maternité et Yhôpital du Midi ou Ricord, ce dernier précédé d'une statue du Dr Ph. Ricord (1800-1889), par Bardas.

L'avenue de l'Observatoire, au delà du carrefpur de ce nom, conduit à l'Observatoire (pl. G. 20) , établissement célèbre fondé en 1672 et agrandi à diverses époques. Le méridien de Paris passe au milieu de l'Observatoire, et sa latitude se confond avec la façade méridionale de l'édifice. Le dôme sur la gauche , de 13 m. de diamètre, est eu cuivre et tourne sur lui-même, pour diriger la grande lunette qu'il renferme. 11 y a aussi dans le jardin des bâtiments servant aux observations. Sous l'édifice sont des caves d'une profondeur égale à sa hauteur (27 m.) et à température constante (12°1), correspondant avec la plate-forme par une sorte de puits et où il y a des instruments météorologiques et magnétiques. L'établissement est visible le premier samedi de chaque mois, avec une autorisation qu'il faut demander par écrit au directeur, avec un timbre pour la réponse. La visite a lieu à 2 h. précises ; on vous fait voir un petit musée astronomique et les principaux instruments. Devant la façade, la statue de le Verrier (1811-1877), l'astronome, par Chapu.

Nous prenons maintenant à dr. le boul. Montparnasse, qui mène h la gare de ce nom, après avoir croisé le boul. Raspail. A peu de distance à g. sur ce dernier boulevard, la statue de F.-V. Raspail (1794-1878), chimiste et démocrate, bronze par Morice. Le boul. Raspail, qui n'existe encore que par tronçons, commence au boul. St-Germain (pl.R. 17; / V) et aboutit non loin d'ici à la place Denfert- Rochereau (p. 272), après avoir longé le cimetière Montparnasse.

Le cimetière Montparnasse ou du Sud (pl. G. 16) a son entrée principale sur le boul. Edgar-Quinet, qui commence au boul. Raspail , en face de la statue. Là aussi commence depuis 1890 la rue Gassendi, qui traverse le cimetière entre deux murs, percés chacun de deux portes de communication, puis passe au square de Montrouge (p. 273). Ce cimetière est le troisième de Paris. Il renferme moins de monuments remarquables que ceux du Père-Lachaise et de Montmartre, mais il mérite encore une visite. Heures, v. p. 167.

Montparnasse. PARIS. Rive g. 13. 271

11 est divisé en carrés longs par des avenues et des allées bordées d'arbres , de sorte que Ton y peut s'orienter facilement. Il y a surtout l'avenue principale, qui part de l'entrée; celle du Boulevard, la première transversale; celle du Nord, la deuxième; l'avenue Transversale proprement dite, au milieu; celle du Midi, à l'extrémité, et celle de l'Ouest et de l'Est sur les côtés. Voir du reste le plan affiché à g. près de l'entrée.

Non loin de l'entrée, dans l'avenue principale, à dr., Henri Martin, l'historien (m. 1883); pyramide ornée de palmes. Puis le général Petit (m. 1863); sarcophage avec colonne et buste en bronze, par Boitel. Avenue du Nord, à dr., Pierre Larousse (m. 1875), l'éditeur. Avenue principale, à g., le monument d'une demoiselle Bpiegel, avec statue en marbre blanc; plus loin, celui d'Héloise Lotistal (m. 1855); dans le massif, celui d'une dame Jourdain, l'un et l'autre aussi avec statue. — Au rond-point, un monument de souvenir, en mémoire de ceux qui n'en ont pas. A dr., Desenne (m. 1827), dessinateur; buste en bronze. Plus loin à dr., Orfila, le célèbre médecin et chimiste (m. 1853). Avenue principale, à dr., Chaudet, statuaire (m. 1810). Derrière, m Mme de Gary (m. 1876) ; statue par H. de Vauréal. La tour à dr., dans le fond, est un ancien moulin, d'un couvent de frères de St-Jean-de- Dieu. — Au bord de l'avenue, près du rond-point, à dr. en revenant, Mme de Mussy (m. 1880). On aperçoit de là, plus loin à g., une belle chap. pseudogoth. ; entre cette chap. et l'avenue, Gérard, peintre (m. 1837); pyramide avec médaillon et bas-reliefs par Dan tan. Puis *Rude, statuaire (m. 1855; buste). — Plus loin dans l'avenue transversale, à g., Ottavi, député (m. 1841 ; buste). A dr., Besnard, théologien (m. 1842); médaillon par David d'Angers.

Avenue de l'Est, à l'extrémité de la précédente, H. de Mylius, général (m. 1866); monument avec buste en bronze. Plus haut à dr., te Verrier, l'astronome (m. 1877 ; sphère). En face, la jolie chap. Bingham.

Nous tournons enfin à g., où se voient eneore quelques monuments remarquables, en particulier celui de Dumont (m. 1884), statuaire, avec buste par G.-J. Thomas.

La seconde partie du cimetière, au delà de la rue Gassendi (v. cidessus), communique avec la première par des portes dans les avenues du Nord et du Midi. Vers le milieu, à l'entrecroisement de l'avenue Transversale et de l'avenue Thierry, un grand monument élevé aux militaires morts pour la patrie. En face, celui des sapeurs-pompiers morts au feu. Derrière celui des militaires, à dr. dans l'avenue Thierry, Valentin, ane. préfet de Strasbourg (m. 1879); buste en bronze. En face, une dame Elisa; statue couchée par Leroux. En redescendant la même avenue, à dr., le colonel Herbinger (m. 1886); buste et haut -relief, par Etex. Plus loin a dr., la famille Marchais- Lagrave, chapelle ouverte avec un haut -relief en bronze, par Ed. Létourneau. Au coin suivant, \s> famille L. Herbette; statue de femme assise par Coutan et Longepied. A g., /. Jundt (m. 1884); buste et statue en bronze par Bartholdi.

Nous rentrons dans la partie principale par l'avenue du Nord. A g., /. Moulin, consul de France assassiné à Salonique en 1876 (buste). A dr.. Th. Olivier, fondateur de l'école centrale des arts et manufactures (m. 1853; médaillon); au milieu du carré, Alb. Dumont (m. 1884), archéologue; stèle avec un buste par Thomas, tourné de l'autre côté.

Dans la partie voisine de l'avenue de l'Est, à dr., un rocher avec un médaillon, le tombeau d'A. Bornés, représentant du peuple tué par les insurgés en juin 1848; à g., les Boulay de la Meurthe, hommes politiques, le pere (m. 1840; buste par David d'Angers) et le fils (m. 1858); puis M pp. Lébas (m. 1867), architecte. Au bas de l'avenue, à dr., le 'monument de Mme Gollard-Bigé, peintre (m. 1871), le plus beau du cimetière, un joli petit temple style renaissance, par Destailleur et Doussamy, avec statue en marbre de la défunte, par Franceschi. A eôté, Duban, architecte (m. 1872; médaillon). En face, Gamelle d'Aligny, peintre (m. 1871); buste d'Etex.

Entre les avenues, au delà du bureau qui est à l'entrée du cimetière, le *eomte S.-J. de Gaspari, consul (m. 1879) ; grande stèle et buste en bronze. Plus loin, Perraud, sculpteur (m. 1876; buste), et 1 avenue du Nord, où nous tournons à dr. A g. de cette avenue, Jacques Lisfranc, chirurgien et professeur (m. 1847); buste et bas-reliefs par Elshoeeht.

272 Rive g. 13.

PARIS. Montparnasse.

Il y a aussi des monuments intéressants de l'autre eôté de l'avenue principale. Non loin de l'entrée, une division consacrée aux israéliUs, qui en ont une autre dans l'angle S.-E. de la deuxième partie du cimetière. — Dans l'avenue de l'Ouest, à l'extrémité de l'avenue Transversale, le monument de Dumont d y Ur*UU (m. 1842), le navigateur, avec inscriptions et bas-reliefs rappelant ses voyages et sa mort, dans un accident de eh. de fer à Meudon, où il fut brûlé avec sa femme et son fils.

Nota. Pour aller immédiatement du cimetière au parc Afonttovris , on tournera à dr., en longeant toujours le cimetière , jusqu'à la place Denf'ert-Rochereau (v. el-dessous). Pour aller aux OoMins (p. 253), on retournerait au boul. Montparnasse (tramway de la Bastille).

La gare Montparnasse (pl. 6. 16) est à peu de distance du cimetière, sur le boul. de ce nom. Elle est commune à la compagnie de Y Ouest t pour ses lignes Je Bretagne, et à Y Etat, pour son roseau de chemins de fer. Elle fait face à la rue de Reunes (p. 239). Les bureaux de la banlieue (Versailles rive g.) sont au rez-de-chaussée, ceux des grandes lignes et les salles d'attente à g. au 1 er étage, au niveau des voies. — Sur le boulevard aussi, à TE., Notre- Dame-des- Ckamps, église bâtie de 1867 à 1875, dans un style roman bâtard.

A env. 1 kil. à g. au delà de la gare Montparnasse, rue Dutot, se trouve l'Institut Pasteur (pl. G 13), l'établissement fondé par l'illustre savant de ce nom et où se continuent ses études sur les mlerobes et les vaccins. On peut s'y présenter tous les jours, sans formalité, pour le traitement de la rage, à partir de 10 h. 1/2- La toxine contre la diphthérie (Dr Roux) se prépare dans une dépendance, à Villeneuve-l'Etang (p. 314), et se vend seulement dans les pharmacies. Il s'en prépare aussi pour les bestiaux, contre le charbon et le rouget. — Devant l'édifice, la statue de Jupille, berger luttant contre un chien enragé, par Truffot (Jupille est maintenant concierge de l'établissement). Sous le perron le tombeau de /testeur (1822- 1890), dans une grande erypte revêtue de marbre et ornée de mosaïques, qu'on peut visiter le 1 er et le 3* sam. de chaque mois, de 1 h. à 4 h.

Page 1