‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 79 sur 100 · II. Versailles · texte numérisé non relu

II. Versailles

Arrivée. La gare de la rive droite est à env. 1/4 d'h., la gare de la rive gauche à 10 min. et la gare des Chantiers, à 20 min. du palais. — Le bureau du tramway de Paris est près de la place d'Armes, à l'extrémité de l'avenue de St-Cloud.

Hôtels : *H. des Réservoirs, rue du même nom, 9 et 11 (dîn., 5 et 6 fr.); //. Vatel, même rue, 26 et 28, tous deux de 1 er ordre; H. Suisse, près de là, rue Pétigny et rue Neuve; 11. de France , rue Colbert, 5, côté N. de la place d'Armes; //. de la Chasse, rue de la Chancellerie, 6 et 8, côté S. de la même place; //. de la Rotonde, avenue Thiers, près de la gare de la rive gauche.

Gafé« -restaurant*, généralement chers à la carte: aux hôtels ci-dessus ; rest. de Neptune, rue des Réservoirs, 14 (dép. 3fr., din. 4); café-rest. du Dragon, même rue, 19, près de la grille (déj. ou dîn. 3 fr.); Ca/é Anglais A rest. Continental, rue du Plessis, 49, à la gare de la rive dr. (3 et 5 fr ); Café Américain (Bresnu), à côté, 47 (3 et 4 fr.), Au Lion d'Or (hôtel), id., 38, à g. au sortir de la gare (2 fr. 25 et 2.50); //. du Sabot- d'Or, id. 23 (2 fr. ob et 3.50) ; café-rest. Hoche , place de ce nom (2 fr. et 2 fr. 50, é et 3 fr. 50); brasserie Muller, au coin de l'avenue de St-Cloud et de la rùe de la Pompe; café de la Place-d' Armes, au coin de la rue Hoche, etc.

Fiacres: course, le jour, à 1 chev., 1 fr. 25; à 2 ch., 1.50; après min 2 et 2.50; heure, 2 et 2.50, 3 et 3.50 les dim. et fêtes.

Tramways: pour Paris, v. ci-dessus; dans l'intérieur de la ville, de la rue de Béthune, au N., par la gare de la rive droite, à Vavenue de Picardie, à l'E. ; de Olatigny, plus au N. et par les gares des deux rives, à Grandchamp, extrémité de la rue Royale; de Olatigny à V Orangerie (jardins du palais); du Chesnay, au N. (carrefour St-Antoine), à la gare des Chantiers, au 8.-E. ; de Clagny, au N.-E., à la place d'Armes et à Trianon, par la gare de la rive droite, ces deux dernières lignes non encore construites en mai 1898. Prix: 15c, intérieur ou plate-forme, 20c. avec correspondance, le double à partir de 9 h. du soir. — Autres lignes : de Vavenue Thiers, gare de la rive g., à St-Cyr (5 kil. ; p. 312; 35 et 25 c.) et en construction de la rue Duplessis (gare de la rive dr.), à Maule, par le Chesnay, Rocqueneourt, Bai II y. Noisy-le-Roi (p. 312), Mareil, etc.

Grakdbs-Eaux et Petites-Eaux à Versailles, v. p. 306.

Poste et télégraphe: rue St-Julien, près de l'aile S. du palais (v. le plau), et rue de Jouveneel, derrière la préfecture.

Temples -, rue Hoche et rue du Peintre-Lebrun (anglican). — Synagogue, rue Albert-Joly, près de la gare de la rive droite.

Versailles (130 à 140 m. d'alt.), ville de 54 874 hab. et chef-lieu du départ, de Seine-et-Oise, est une création de Louis XIV, qui eut d'abord sa résidence d'été à St- Germain (p. 317), comme ses prédécesseurs.

Versailles est bâti dans un Heu qui n'était guère fait pour y fonder une ville. Ce qui manquait le plus, là où l'on devait créer de vastes pièces d'eau, c'était l'eau elle-même, qu'on n'a pu y amener qu'à grands frais. On raconte, à propos de la construction de cette résidence fastueuse, des choses qui tiennent du fabuleux. Il y a eu jusqu'à 36000 hommes et 6000 chevaux occupés à la fois aux terrassements pour les jardins, le pare, la route de Paris et l'aquedue de Maintenon (50 kil. de Versailles).

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Muxte.

Cet aqueduc, par lequel il s'agissait de détourner la rivière d'Eure, est resté inachevé; on y a suppléé par la machine de Marly (p. 316) et en recourant aux étangs des environs.

Versailles devint à peu près la résidence permanente de la cour à partir de 1683 et occupe dans l'histoire du temps une place plus importante que Paris. Sous Louis XV, le palais somptueux du grand roi ne fut plus qu'un boudoir où régnèrent les Pompadour et les du Barry, et c'est là que le châtiment mérité par ses ancêtres vint chercher l'infortuné Louis XVI, qui n'en avait pas les vices. Les Etats-Généraux avaient été convoqués, en 1789, pour délibérer sur la solution des difficultés dans lesquelles se trouvait engagé l'Etat, notamment pour obvier à la banqueroute qui le menaçait. Ils ne purent s'entendre sur la manière dont se feraient les votes, la noblesse et le haut clergé voulant qu'ils eussent lieu comme précédemment, par ordre et non par tête, ainsi que le demandait le tiers-etat. Celui-ci était particulièrement intéressé à donner le plus de valeur possible à ses votes, puisque c'était lui qui payait les impôts. Soutenu par l'opinion publique, il se constitua le 17 juin en Assemblée Nationale. C'était le commencement de la Révolution. La salle des séances ayant été fermée par ordre du roi, les députés se rendirent dans la salle du Jeu de Paume (p. 311). et jurèrent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution a la France. L'Assemblée Nationale se ehange bientôt en Assemblée Constituante; survient la prise de la Bastille, le 14 juillet; un banquet imprudent des gardes du corps au théâtre du château, où ils foulent aux pieds la nouvelle cocarde (tricolore), provoque un soulèvement à Paris-, Versailles est envahi le 5 oct., et le 6 la plèbe force le roi de se rendre à Paris. Le château, abandonné, faillit ensuite être vendu et fut longtemps négligé, et les Bourbons, à leur retour, ne purent que veiller à son entretien et construire le pavillon du S. C'est Louis-Philippe qui lui a rendu sa splendeur, en y créant un musée.* Il a été durant la dernière guerre, du 19 sept. 1870 au 6 mars 1871, le siège du quartier général du roi de Prusse, qui y fut proelamé empereur d'Allemagne. Plus tard, il fut occupé par le gouvernement français, qui eut à son tour à diriger de là les opérations militaires pour vaincre la Commune. Les Chambres s'étant enfin transportées à Paris, en 1879, Versailles est redevenu aussi calme qu'auparavant.

En se rendant de la gare de la rive dr. au palais , par la rue du Plessis, on pourra tourner à dr., au milieu du marché Notre-Dame, dans la rue de la Paroisse , pour donner un coup d'œil à Notre- Dame, église construite en 1684-86 par J.-H. Mansart.

La rue Hoche, à g., mène directement de là au palais. Il y a au

milieu un square décoré de la statue du général Hoche, de Versailles

(1768-1797), bronze par Lemaire. Plus loin , devant le palais , la

place d'Armes, à l'extrémité de la grande avenue de St-Cloud, où

aboutissent encore deux autres voies non moins larges, Vavenue de

Paris et Vavenue de Sceaux, par lesquelles on vient des deux autres

gares. Les deux casernes qui font face au palais en étaient les écuries.

Nota. Avee les explications qui suivent et les inscriptions qui se trouvent partout dans le musée, on n'a pas besoin de guide pour le palais.

Palais et musée.

Le "palais ou château de Versailles, vu de la vaste place d'Armes, présente un aspect moins imposant que du côté du jardin , où .sa façade mesure 415 m. de longueur. Son ordonnance manque d'unité, les constructions datant de différentes époques. Le corps de bâtiment central est composé du château primitif de Louis XIII , en briques et en pierre , bâti vers 1634 par Lemercier, et des ailes que

Musée.

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J.-H Mansart y ajouta sous Louis XIV. A dr.

s'élève la chapelle , avec son toit aigu, aussi de Mansart, etc. D'autres corps de bâtiments considérables, situés de chaque côté , sont cachés par les dépendances de la première cour, construites plus tard, en partie par Gabriel , architecte de Louis XV, ainsi que le théâtre, à l'extrémité de l'aile de dr. ou du nord.

La coub d'honneue est séparée de la place d'Armes par une grille. Sur les piliers, à dr. et à g. de l'entrée, deux groupes en pierre, la France victorieuse de l'Empire (Allemagne), par Marsy , et de l'Espagne, par Girardon.

Au milieu de la cour, une statue équestre de Louis XI V t en bronze, de 1832, le cheval par Cartellier et le cavalier par Petitot. Sur les côtés, 16 statues plus grandes que nature, dont une partie se trouvaient jusqu'en 1837 sur le pont de la Concorde,

à Paris

A dr. : Bayard, Richelieu, Colbert, les maréchaux Jourdan et H asséna, les amiraux Tourvlile et Duguay-Trouin, et le maréchal de Turenne. — A g.: le connétable B. du Guesclin ; Suger, abbé de 8t- Denis \ Sully, les maréchaux Lannes et Mortier, les amiraux SufFren et Duquesne et le grand Coudé.

Le "mutée historique de Versailles est une collection sans égale dans le monde entier. Tout ce qui

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Musée.

avait une valeur historique y a toutefois été reçu, de sorte qu'on ne doit point s'étonner d'y rencontrer un grand nombre d'œuvres médiocres des siècles derniers, à côté des productions les plus brillantes de l'art moderne. Les salles sont si nombreuses que le temps pendant lequel le musée est ouvert suffit à peine pour voir avec un peu d'attention les plus importantes. Il ne faudra même pas y rester jusqu'à la fermeture si l'on veut encore aller aux Trianons (p. 310).

L'entrée principale du musée est par le vestibule de la chapelle, à dr. (voir le plan ci -joint). Il est ouvert tous les jours, sauf le lundi, et à certaines fêtes (v. p. 78), m été(avril-oct.) de 11 h. à 5 h., en hiver de 11 h. à 4 h. Le vestiaire n'est obligatoire que pour les parapluies lorsqu'ils sont mouillés. Pour ne point passer de salle importante, on fera bien de ne pas s'écarter de notre itinéraire. Les détails sur les moins importantes, qu'on pourra se contenter de traverser, sont du reste mis ci-après en petits caractères. Les salles du 2 e étage (attiques) n'ouvrent en principe qu'à midi.

Rez-de-chaussée de l'aile du Nord.

La chapelle, à dr. en entrant, n'est pas toujours ouverte au rezde-chaussée, mais on la voit mieux du premier étage (p. 299), parce que les proportions en ont été calculées des tribunes. Elle est richement décorée de sculptures et de peintures. A là voûte, dans le fond , la Résurrection , par Ch. de Lafosse ; au milieu , le Père Eternel, par A. Coypel; au-dessus de l'anc. tribune du roi, la Descente du St-Esprit, par Jouvenet. Aux plafonds des tribunes latérales, des Apôtres de Bon et Louis Boulogne,

Dans le vestibule, en face de l'entrée, un grand bas -relief de Coustou, le Passage du Rhin par Louis XIV. A dr. de là, la galerie des Tombeaux par où nous reviendrons ; à g., 11 salles dites la t n galerie de l'Histoiee de France, renfermant des tableaux historiques, depuis Charlemagne jusqu'à Louis XVI inclusivement. Nous ne citons que les principaux tableaux.

Salle 2 (1, le vestibule). Ary Scheffer, Charlemagne présente ses premiers capitulaires à l'assemblée des Francs (779). Paul Delaroche, Charlemagne passe les Alpes (773). Rouget, St Louis médiateur entre le roi d'Angleterre et ses barons (1264). — Salle 3. Brenet, Mort de Bertr. du Guesclin devant Châteauneuf-de-Randon (1380). Vinchon, Sacre de Charle VII à Reims (1429). Barthélémy, Entrée de l'armée française à Paris (1436). — Salle 4. Jollivet, Bataille d'Agnadel (1509). Larivière, Bavard blessé à Brescia (1512). — Salle 5. Ary Scheffer, Mort de Gaston de Foix à la bataille de Ravenne (1512). Schnetz, Bataille de Cérisoles (1544). — Salle 6. Evénements des règnes de Henri II, Henri III et Henri IV. — Salle 7. Sièges, prises de villes et batailles du règne de Louis XIII et du commencement du règne de Louis XIV. — Salles 8 et 9. Suite des campagnes du règne de Louis XIV. — Salles 10 et il. Règne de Louis XV et guerre de Sept-Ans. — salle 12. Fin de la guerre de Sept-Ans. Hersent, Louis XVI distribue des secours aux pauvres pendant l'hiver de 1788.

A l'extrémité de ces salles, un escalier du 1 er et du 2 e étage; à dr.,

une galerie de sculpture où nous allons entrer, et en face le théâtre,

qui a servi de 1871 à 1879 de salle des séances à l'Assemblée Na-

Musée

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tionale, puis au Sénat: on le visite sous la conduite d'un employé (pourb.)i mais il faut aller entrer par la rue des Réservoirs.

Parallèlement à la galerie historique dont il vient d'être question est la galerie des Tombeaux , qui renferme surtout des moulages de monuments funèbres , le plus remarquable au milieu , ceux de Ferdinand et d'Isabelle de Gastille (m. 1516 et 1504), de Charles le Téméraire (m. 1477) et de Marie de Bourgogne (m. 1482). — A côté, l re porte à g. (ouvrir, si c'est nécessaire), les salles des Croisades.

•Salles des Croisades. — Ces salles, une des parties les plus curieuses du palais , sont à la fois remarquables par la richesse de leur décoration, consistant principalement en armoiries de chefs des croisades, et par leurs magnifiques tableaux modernes.

salle. GaUait, Baudouin I er , comte de Flandre, couronné empereur de Constantinople (1204). Hesse, Prise de Beyrouth (1197). Larivilre, Bataille d'Ascalon en 1177 (autre, de 1099, v. ci-dessous).

— *II e salle. Jacquand, Jacques Molay et ses templiers prennent Jérusalem (1299). Papety, Guillaume de Clermont défend Ptolémaïs (1291). Rouget, St Louis reçoit les envoyés du Vieux de la Montagne (1251) , etc. — *III 6 salle. A g. : H. Vernet, Bataille de las Navas de Tolosa, contre les Arabes, en Espagne (1212). Schnetz, Procession des croisés autour de Jérusalem (1099). De l'autre côté de la porte : Larivière, Levée du siège de Malte (1565). Ensuite une porte goth. de l'hôpital des chevaliers de St-Jean à Rhodes. Odier, Levée du siège de Rhodes (1480). D'après Eug. Delacroix, Prise de Constantinople (1204; original, v. p. 120). Af.-J. Blondel, Ptolémaïs remise à Philippe- Auguste et à Richard Cceur-de-Lion (1191), etc.

— IV e salle. Signol, Prédication de la 2 e croisade àVézelay, par St Bernard (1146). Schnetz, Bataille d'Ascalon (1099). — V e salle. Signol, Prise de Jérusalem (1099). Qallait, Prise d'Antioche(1098). Hesse, Adoption deGodefroy deBouillonparAlexisComnène(1097), Signol, Passage du Bosphore (1097).

L'escalier voisin monte à la 4 e salle de la galerie dite de Constantine (v. ci-dessous). Nous continuons de suivre la galerie des Tombeaux, pour monter au premier étage par un petit escalier dans le vestibule, à g. de la chapelle. Si elle est fermée, on peut ouvrir la porte, dissimulée dans la boiserie.

Premier étage.

Aile du Nord, — Après avoir vu la chapelle de la tribune du roi (v. p. 296), nous prenons à côté par la galerie de sculpture, qui renferme des statues remarquables par Duseigneur, Debay père, Nanteuil, Fr. Anguicr, Foyatier, Jaley, Lehongre, Etex, Valois, Foucou,Seurre, etc. Au milieu, plusieurs œuvres de Pradier, surtout la statue du duc d'Orléans (v. p. 140), avec des scènes des sièges d'Anvers et de Constantine. — Nous tournons à dr. pour entrer dans la galerie de Constantine.

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Musée.

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*Galebie de Constantine. — Salle I. A g., Ch.-L. MûlUr , Ouverture des chambres en 1852. En face, Dubufe, le Congrès de Paris (1856); Ge'rome, Audience de l'ambassade de Siam à Fontainebleau (1861).

Salle II. A dr. , * Yvon, Retraite de Russie (1812).

En face, Protais, Prise du Mamelon -Vert (1855).

Salle III (à dr.). **H.

Vernet, Prise de la Smalah d'Abd-el-Kader (1843) , tableau superbe de 21 m. 39 de long et 5 m. de haut.

La Smalah d'Abd-el-Kader, son camp principal , sa résidence ambulante, sa cour, avec son harem et son trésor, renfermait plus de 20000 personnes; elle fut surprise par le due d'Aumale à la tête de deux régiments de cavalerie. Abdel-Kader lui-même était absent. — «L'irruption soudaine des troupes . . . est rendue avec cette vivacité de composition et de touche qui caractérise M. Horaee Vernet . . .

Ces files de chevaux se présentant de pleine face au spectateur sont un véritable tour de force ; les femmes et les enfants à demi étouffés sous les tentes renversées, les troupeaux effarés commençant la déroute, les gazelles familières sautant hors de la toile, le juif qui emporte sa bourse, la négresse idiote jouant avec une tranche de pastèque, . . .

les femmes de 1 émir que les nègres tâchent de hisser sur les dromadaires , les luttes partielles des Français et des Arabes, offrent à l'oeil des groupes spirituels et bien mouvementés, dont les interstices sont remplis par ces mille accessoires que peut fournir le trésor éventré d'une smalah » (Th. Gautier.) — Pour

le peuple , au moins , le juif

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est un Rothschild, que l'artiste a mis ici gratuitement, parce que le banquier trouvait ses portraits trop chers.

A dr., *H. Vernet, Bataille d'Isly (1844). Beauté, Prise du fort St-Xavier, près de Puébla (1863). H. Vernet, Siège de Rome (1849). Beaucé, Entrée de l'armée française à Mexico (1863) ; Assaut et prise de Laghouat (Algérie; 1852). Tissier, Napoléon III rendant la liberté à Abd-el-Kader au château d'Amboise (1852).

Salle IV. *H. Vernet, Combat de l'Habrah (1835); Siège et Prise de Gonstantine (1837), 3 tableaux; Attaque du fort mexicain de St- Jean-d'Ulloa par l'amiral Baudin (1838); l'Armée française force le coi deTéniah-Mouzaîa (1840); Attaque de la citadelle d'Anvers (1832).

Salle V. Entre les deux portes, F.-J. Barrias, Débarquement de r armée française à Old-Port, en Crimée (1854). A dr., *Yvon, la Gorge de Malakoff; la Prise de Malakoff (1855) ; la Courtine de Malakoff. PUs, Bataille de l'Aima (1854). Yvon, Bataille de Solférino (1859). Rigo, Bataille de Magenta (1859). En outre quantité de bustes de maréchaux et de généraux du second empire.

Salle VI. H, Vernet, Inauguration du musée de Versailles par Louis-Philippe (1837). Couder, Installation du conseil d'Etat au petit Luxembourg (1799); *le Serment du jeu de paume (1789); Fédération des gardes nationales et de l'armée au Champ-de-Mars (1790). Vinchon. Séance royale pour l'ouverture des chambres et la proclamation de la charte constitutionnelle en 1814.

Salle VIL Vinchon, Enrôlement des volontaires en 1792 *Ch.- L. Millier, Appel des dernières victimes de la Terreur (1794), parmi lesquelles se voit, au milieu, sur une chaise, le poète André Chénier.

Revenus à la galerie de sculpture (p. 297), nous la suivons jusqu'à l'extrémité N., où est le théâtre (p. 296). Là, à g., une belle

statue de Jeanne d'Arc, par Marie d'Orléans, fille de Louis-Philippe.

L'escalier à g. monte au sbcobd étage, dit Tattiqur du bord, que passeront les visiteurs pressés. Il contient, dans 10 salles, une quantité extraordinaire de portraits, la plupart de petite dimension et de peu de valeur artistique, mais parmi lesquels il y en a cependant un certain nombre de //. Rigaud , Afiçnard , Mme Lebrun , Vanloo , etc. Ils représentent surtout des souverains, des princes et d'autres personnages illustres de tous les pays, depuis le xiv* jusqu'au xix e s. On a commencé à enlever les meilleurs pour les placer au rez-de-chaussée (v. p. 906). Il y a aussi quelques moulages et des médailles. Descente par le même escalier

La 2 e galerie de l'Histoire de France se compose de 10 salles de l'aile du Nord au premier étage, parallèles à la galerie de sculpture. Elle renferme des tableaux représentant des scènes historiques des années 1797 à 1835; la série commence du côté de la chapelle,

tandis que nous y entrons à l'extrémité opposée.

l re sallb (1830-1835). Court, le Duc d'Orléans signe la proclamation de la lieutenance générale du royaume (1890). — 2© sallb (1824-1800). Gérard, Sacre de Charles X à Reims (1825). Autres événements du règne de Charles X. — 3 e sallb (1814-1823). Paul Delaroche, Prise du Trocadéro (1823). Gros, Louis XV11I quitte le palais des Tuileries à la nouvelle de l'approche de Napoléon, en 1815. — 4« sallb (1811-1814). Henri Scheffer, d'après H. Vernet, Bataille de Montmirail (1814). Féron, d'après II. Vernet, Bataille de Hanau (1813). Beaume, Bataille de Lutzen (1813). — 5« sallb

300 Env. de Par. 16. VERSAILLES.

Mutée.

(1809-1812). LangloU, Batailles de Smolensk (1812), de Castella (1812) et de la Moskova (1812). — 6* salle (1809-1810). Meynier, Retour de Napoléon dans l'île de Lobau après la bataille d'Essling (1809). Dellangi, Bataille de Wagram (1809). Gautherot, Napoléon blessé devant Ratisbonne (1809).

— 7e sallb (1807-1809). Hersent, Combat et prise de Landshut (1809). Thêvenin, Attaque et prise de Ratisbonne (1809). Taunay, Entrée de la garde impériale à Paris (1807). — 8 e sallb (1806-1807). Camu$, Napoléon au tombeau de Frédéric le Grand (1806). Vaflard, la Colonne de Rosbach renversée par l'armée française (1806). — 9 e sallb (1800-1805). Taunay, Entrée de 1 armée française à Munich. — 10 e sallb (1797-1800). Hennequin, Bataille des Pyramides (1798). CoUon, Entrée de Bonaparte à Alexandrie 1798). Langloù, Combat de Benouth (1799).

Du vestibule de la tribune de la chapelle, nous tournons à dr.

Partie central*. — Le côté N. du centre du palais donnant sur les jardins faisait partie des grands appartements du Roi, qui étaient complétés par plusieurs pièces au S. de la cour de Marbre , parallèles à la galerie des Glaces (v. ci-dessous). Beaucoup ont subi diverses transformations. Dans la plupart, les murs sont décorés de tableaux des batailles de Louis XIV, par le trop fécond van der Meulen et par ses élèves, surtout J.-B. Martin.

I re salle. Plafond par Lemoine, l'Apothéose d'Hercule. — II e salle. Plafond par Houasse, l'Abondance ou la Magnificence royale.

III e et IV« salles > à g. de la précédente (v. le plan) : gouaches représentant des événements du xvm e s., par tan Blarenberghe , etc. — V e s allé : peintures relatives aux Etats - Généraux • Couder , POuverlure des Etats - Généraux en 1789; frise représentant une procession avant l'ouverture de ces Etats; *A. Aforot, Bataille de Reischoffen; * A. de Neuville, Bataille de Champigny, fragment de panorama.

VI e salle , à la suite de la 2 e . Plafond par Houasse, Vénus assujétissant à son empire toutes les divinités. Statue de Louis XIV par J. Warin. — VII e salle. Plafond par Blanchard, Diane présidant à la chasse et à la navigation. Voussures par Audran } de Lafosse et Sarrazin. Buste de Louis XIV par le Bemin et d'autres bustes de la famille royale , etc. — VIII e salle. Plafond par Cl. Audran, Mars sur un char traîné par des loups; compartiments par Houasse et Jouvenet, les Horreurs et les Bienfaits de la guerre.

— IX e salle. Plafond par J -B. de Champaigne, Mercure sur un char tiré par deux coqs. — X e salle. Plafond par Ch. de Lafosse, Apollon sur un char à quatre chevaux, accompagné par les Saisons.

Le salon de la Guerre (pl. B) , qui vient ensuite et qui occupe , avec la galerie suivante et le salon correspondant , le côté O. de la partie centrale du palais, doit son nom à son plafond, peint par Lebrun. Il représente la France armée de la foudre et d'un bouclier avec le portrait de Louis XIV, et dans les voussures se voient Bellone, l'Allemagne, la Hollande et l'Espagne épouvantées. Ces peintures et celles de la galerie voisine n'ont pas peu contribué, selon St-Simon , à irriter et à liguer l'Europe contre le roi. Sur la cheminée, Louis XIV à cheval, bas-relief de Coyzevox.

La *oalebie des Glaces a près de 73 m. de long, 10 m. 50 de large et 13 m. de haut. Elle jouit d'une vue magnifique sur les jardins et leurs pièces d'eau, par 17 grandes fenêtres en arcades, en face

Musée

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desquelles sont autant de glaces, dans des arcades dorées. Le principal ornement de cette galerie, ce sont encore ses peintures, par Lebrun , toutes à la glorification de Louis XIV, dans le goût pompeux et un peu lourd du xvn e s., avec le cortège inévitable de divinités au service du roi. Au-dessus de la porte du salon de la Guerre, l'Alliance de l'Allemagne et de l'Espagne avec la Hollande (1672). A l'autre extrémité, la Hollande acceptant la paix et se détachant de l'Allemagne et de l'Espagne (1678). Au plafond, à partir du salon de la Guerre: du coté des jardins, le Passage du Rhin, les Armements sur terre et sur mer; du côté opposé, le Roi donnant des ordres pour attaquer quatre places fortes de la Hollande ; le Roi gouvernant par lui-même; la Résolution prise de faire la guerre aux Hollandais; la Franche -Comté conquise pour la seconde fois; la Prise de Gand. Dix-huit médaillons complètent la décoration. Les 4 statues dans des niches sont modernes: à g., Vénus, par Dupaty, et Minerve, par Cartellier; à dr., Apollon et Mercure, par Jacquot. — Salon de la Paix, etc., à la suite de la galerie, v. p. 302.

Les salles parallèles à la galerie et deux autres en retour, par où l'on y entrait (pl. 1 à 5), faisaient encore partie des «grands appartements». La l re de ce côté était la salle du Conseil. Elle a une pendule curieuse, par Morand, de 1706, et une magnifique table.

Les petits appartements du Roi , à g. de ce côté, sont intéressants par leur décoration ancienne. Ils ne se visitent que sous la conduite d'un gardien (pourb.). La première pièce était la chambre à coucher de Louis XV % qui y mourut en 1774. On y voit le modèle de la statue qui lui fut érigée à Paris sur la place actuelle de la Concorde (p. 73), et un grand tableau de Signol, le Sacre de Louis XV. Ensuite vient le salon des Pendules, contenant deux pendules astronomiques de Passement et une pendule anglaise prise à Alger en 1890. — A g., le cabinet des Chasses, à côté d'une eour où se faisait la curée, et la salle a manger. Puis trois cabinets qui ont eu diverses destinationgj la bibliothèque de Louis XVI > deux salles moins remarquables. Les salles 111 a V mentionnées p. 300 faisaient aussi partie de ces appartements.

Après la salle du Conseil , où nous sommes entrés de la galerie des Glaces, vient la chambre à coucher de Louis XIV (pl. 4), dont l'ameublement et la décoration sont à peu près comme au xvn e s. Nul n'avait le droit de franchir, sans la permission du roi, la balustrade qui précède le lit. C'est dans ce lit que Louis XIV mourut, après 72 ans de règne, le 1 er septembre 1715. — La pièce suivante est la fameuse salle de l'Œil -de -Bœuf (pl. 3), ainsi nommée d'une fenêtre ovale qui s'y trouve. C'est là que les courtisans attendaient le lever du roi , et c'était le centre des cancans de Versailles. L'un de ses tableaux, par Nocret, est une preuve de l'adulation dont le roi était l'objet et à laquelle il se prêtait volontiers; la famille royale y est représentée avec les attributs de divinités païennes. — On visite quelquefois d'ici les petits appartements de la Reine (v. ci-dessous).

A la suite de la salle de l'Œil-de-Bœuf, la première antichambre et la salle des Gardes (pl. 2 et 1) , puis Vescalier de Marbre (pl. A), par où l'on accédait de la cour Royale aux grands appartements. De

302 Env. de Par. 16. VERSAILLES.

Musée.

l'autre côté sont ceux de la reine que nous allons voir après être retournés à la galerie des Glaces, par la salle de l'Œil-de-Bceuf.

Le salon de la Paix (pl. C), à la suite de la galerie des Glaces, a aussi un plafond par Lebrun.

Les salles suivantes, au S. de la partie centrale du palais donnant sur les jardins, étaient les grands appartements de la Reine.

l n salle de ce côté, chambre de la Reine, où couchèrent Marie- Thérèse, Marie Leczinska et Marie- Antoinette. Evénements du règne de Louis XIV, comme dans les deux salles suivantes. Portraits par

Wattier et Mme Lebrun. Voussures en grisaille par Boucher.

Dans l'angle de g. est une entrée des petits appartements de la Reine, qu'on visite aussi sous la conduite d'un gardien (pourb.). Ils se distinguent comme ceux du Roi par leur décoration, mais m'ont rien de particulièrement intéressant.

II e s axle, salon de la Reine, où se faisaient les grandes réceptions chez la reine. Plafond par Michel Corneille, Mercure protégeant les sciences et les arts.

III e salle, salon du Grand couvert ou antichambre de la Reine. On y remarque surtout, à l'autre porte, un tableau de Gérard, Philippe de France, duc d'Anjou, déclaré roi d'Espagne (1700). Plafond d'après Lebrun, Darius aux pieds d'Alexandre.

IV e salle, salle des Gardes de la Reine, celle qui fut envahie par la populace le 6 oct. 1789 et où trois gardes se dévouèrent successivement pour sauver la reine. Statue de Louis XV par Cortot et bustes. Plafond par Noël Coypel, Jupiter accompagné de la Justice

et de la Paix; Ptolémée Philadelphe, Alex. Sévère, Trajan et Solon.

Une porte dans cette salle et dans la suivante donne sur l'escalier de Marbre, mentionné p. SOI, par où l'on peut sortir et d'où l'on montait auparavant au 2 e étage.

V e salle, anc. salle du Sacre, qui renfermait le Sacre de Napoléon I er par David , maintenant au Louvre (p. 124) et que remplace la Fête du centenaire des Etats -Généraux au bassin de Neptune (p. 309), en 1889, par Roll. Autres tableaux: David, Distribution des aigles au Champ-de-Mars (1804% composition un peu théâtrale; *Gro$, la Bataille d'Aboukir (1799). Au milieu, les *Derniers moments de Napoléon , marbre par Vinc. Vela.

VI e s allé, dite de 1792-1793. Lami, Batailles de Hondschoote et de Watignies (1793).

VII e salle (1793-1794), à g. de la précédente, pas toujours ouverte, Bellange, Bataille de Fleurus (1794).

Cette salle faisait partie des appartements de Mme de Maintenon; une petite porte à g. dans le fond donne entrée dans les autres pièces, qui renferment des tableaux des campagnes de 1794 à 1796. On peut aussi y entrer à l'autre extrémité, de l'escalier de Marbre (pl. A ; p. 904).

VIII e 8 allé (1792), à la suite de la 6 e : portraits de guerriers illustres de 1792. A g., la Canonnade de Valmy (1792) et le Départ de la garde nationale pour l'armée, en 1792, par L. Cogniet; en face, la Bataille de Jemmapes (1792), d'après H. Vemet. Au milieu de la salle, une colonne en porcelaine de Sèvres, ornée de peintures

Musée

VERSAILLES. Env. de Par. 16. 303

et surmontée d'une statue de la Victoire, offerte par la ville de Paris à Napoléon 1 er à l'occasion de son mariage avec Marie-Louise.

Aile du Midi. — De la salle VIII, on traverse le palier de Yescalier des Princes (pl. E), où Ton remarque le beau groupe en marbre des Trois Grâces , par Pradier , et une statue de Napoléon 1 er par Cartellier. Ensuite on arrive dans la grande galerie dite

♦•Galebib des Batailles. — C'est une salle superbe, de 120 m. de long sur 13 de large, divisée en deux parties par des colonnes et décorée de 34 grands et magnifiques tableaux, ainsi que de 80 bustes de princes, d'amiraux, de connétables, de généraux et d'autres guerriers français morts pour la patrie , etc. Cette galerie n'existe que depuis le règne de Louis-Philippe ; il y avait ici auparavant quantité de petites pièces. — Nous faisons le tour.

A g. , devant une Bataille de Tolbiac (496) par Ary Scheffer, ♦Patrie, par G. Betrand. Ensuite, du côté g. : *Steuben, Bataille de Tours (732). *A. Scheffer, Charlemagne reçoit à Paderborn la soumission de Witikind (785). Schnetz, le Comte Eudes défend Paris contre les Normands (885-886). ** Horace Vemet, Bataille de Bouvines (1214). E. Delacroix, Bataille de Taillebourg (Anglais; 1242). Larivière, Bataille de Mons-en-Puelle (1304). Henri Scheffer, Bataille de Cassel, en Flandre (1328). Larivière, Bataille de Cocherel (1364). H. Scheffer, Levée du siège d'Orléans (1429). Larivière, Bataille de Castillon (Anglais ; 1453). Féron, Entrée de Charles VIII à Naples (1495). Fragonard, Bataille de Marignan (1515). Picot , Prise de Calais (1558). Gérard, Entrée de Henri IV à Paris (1594). Heim, Bataille de Rocroy (1643). Franque, Bataille de Lens (1648). Larivière, Siège de Dunkerque (1793).

Au fond, Alaux, Valenciennes prise d'assaut (1677). Salle voisine, v. ci-dessous.

De l'autre côté, en revenant: Deve'ria, Bataille de la Marsaille (1693). Alaux, Batailles de Villaviciosa (1710) et de Denain (1712). **H. Vemet, Bataille de Fontenoy (1745). Couder, Bataille de Lawfeld (Anglais; 1747); Siège d'York-Town (Amérique; 1781). Mattzaisse, Bataille de Fleurus (1794). Philippoteaux , Bataille de Rivoli (1797). Bouchot, Bataille de Zurich (Russes; 1799). Schopin, Bataille de Hobenlinden (1800). Gérard, Bataille d'Austerlitz (1805). H. Vemet, Batailles d'Iéna (1806), Friedland (1807) et

** Wagram (1809).

La salle de 1890, à l'extrémité S. de la galerie, contient des tableaux relatifs à l'avènement de Louis-Philippe au trône et quelques autres tableaux. Elle est fermée provisoirement. A g., Larivière, Arrivée du due d'Orléans, lieutenant-général du royaume, à l'hôtel de ville. Au mur en lace, Girard Lecture de la déclaration des députés et de la proclamation du lieutenantgénéral. A dr., Ary Scheffer, le Lieutenant-général reçoit à la barrière du Trône le 1 er régiment de hussards, commandé par le duc de Chartres, son fils. Plus loin, Court, Distribution des drapeaux à la garde nationale. — Parmi les autres tableaux, J.-O. Vibert, Apothéose de Thiera (m. 18T7).

Parallèle à la galerie des Batailles est une galebik de sculptube, également fermée en mai 1898. Elle contient une quantité de statues et des bustes de personnages célèbres des xvu e et xviiie s., par des artistes

304 Env. de Par. 16. VERSAILLES.

Mutée.

modernes, tels que: B. Prieur , G. Guérin, Bra, Houdon, ifonnot, Bridan, Dejoux, Mouchy, Le maire, Roland, Pajou, Duret, A. Dumont, Seurre.

Revenu à l'escalier des Princes, on redescend immédiatement, à moins que le second étage de ce côté soit rouvert au public et qu'on ait le loisir de le visiter. Dans ce cas, on retourne jusqu'à la ▼ e salle de la partie centrale, où est le Napoléon mourant; on passe par une porte dans l'angle opposé (pl. F), et on arrive à V escalier de Marbre (pl. A; aussi une sortie), d'où l'on monte, à dr., par V escalier de la Reine.

Second étage.

Le palais n'a que dans certaines parties un second étage ou attique, en grande partie aussi occupé par le musée. Nous avons déjà parlé p. 299 de V attique du Nord. Les autres, accessibles par l'escalier qui vient d'être mentionné, sont fermés jusqu'à nouvel ordre, pour cause de réparations à e ffectuer.

Attiqub Chimay, la partie centrale, dont l'entrée est par la 2 e porte en face de l'escalier de la Reine (pl., p. 298, a-k). Sur les paliers, des bustes de notabilités modernes. — 1™ salle, à dr. (pl. a), choix de portraits de diverses époques, même de Charlotte Corday et de Mme Roland. Il y en a 12 par Nattier et d'autres par Largillière, DrouaU, Boucher, Lebrun, Tocqué et Rtgaud (Boileau), plus deux vues des jardins de Versailles par Hubert Robert. — Dans un cabinet voisin, des tableaux assez remarquables de Philippoteaux, Bergeret, Révoil et Biard. — 2 e sallb (pl. b): portraits de la famille d'Orléans, dont plusieurs de Winterhalter et un à'Ingre*. — 3 e sallb (pl. c), où l'on passe par la porte du fond . à dr. , portraits de célébrités du xix e s., surtout de Thiers et de Montalivet, par Bonnat, et ensuite de Delacroix, Ingres. Augier, BaUae, Percier, de Musset, Aureiles de Paladines, Etex (côté g.) Désaugiers, Cousin, Alex. Dumas pere, Flandrin, Victor Hugo, Delphine Gay, Lamartine (par Gérard), etc. Au milieu, un vase de Sèvres avec le portrait de Thiers. Autres tableaux: à g., Philippoteaux, le Combat de Montebello (1800) -, Bellangé, Bataille de l'Aima (1854); à dr., du même, Prise du col de Mouzaïa (1840) -, Itabey, Transbordement des restes de Napoléon I er ; au fond, «Le libérateur de la patrie, le voilà* (Thiers), séance de la Chambre, par B. Ulmann. — 4 e sallb (pl. d) : portraits de la famille Bonaparte, par Gros, H. Scheffer, Hébert, Gérard, Robert-Lefèpre y Dubufe. A dr. de la cheminée, 'Bonaparte au St-Bernard, par David. Bustes et autres sculptures. Ensuite une série de 6 cabinets. Dans le 2 e , les portr. de Lamennais, P. Delaroehe, Lacordaire, Mgr Darboy, Abd-el-Kader, le Verrier, Mgr Slbour, Guizot, Montalembert, Michelet, etc. Dans les autres cabinets, de petits tableaux dont une partie représentent des événements du règne de Louis-Philippe. Dans le 6 e , H. Vernet, le Duc d'Orléans (Louis- Philippe) partant pour l'hôtel de ville (1890).

Attiqub du Midi, communiquant avec l'autre par le palier de l'escalier. Il y avait là jusqu'à la fermeture, comme dans l'attique du Nord, une vaste collection de portraits historiques, depuis le xm e s. jusqu'à nos jours. L'une des salles renferme des vues de résidences royales, dont plusieurs n'existent plus ou ont été transformées.

Met-de-chaussée de l'aile du Midi et de la partie centrale.

Nota. Ces deux parties sont peu intéressantes et les visiteurs pressés ou fatigués pourront les passer, pour voir immédiatement les jardins (p. 306).

Aile du Midi. — Au bas de l'escalier des Princes, par lequel on y descend de la galerie des Batailles (p. 303), ou à g. du passage qui mène de la cour des Princes dans les jardins, se trouve la

Galebie de l'Empire (pl. p. 298, 1 à 13). Des tableaux et des seul ptures ont été enlevés des salles qui la composent, modifiées pour Tusage de la Chambre des députés lorsqu'elle siégeait à Versailles.

Musée

VERSAILLES. Env. de Par, 16. 305

1™ salle (1796). Rien de bien important. — 2« salle (1796-1797). Lethibre, Préliminaires de la paix de Léoben (1797). — 3 e salle (1798). Girodet - Trioson , Révolte du Caire. Guéri*, Bonaparte fait grâce aux révoltés du Caire. — 4 e salle (1802-1804). Hennequin y Napoléon , au camp de Boulogne, distribue les croix de la légion d'honneur (1804). — 5 e salle (1804). Sérangeli, Napoléon reçoit au Louvre les députés de l'armée après son couronnement. — 6 e salle (1805). Petits tableaux relatifs à la première campagne de la Grande-Armée. — 7 e salle. Il y avait là des statues et des bustes de la famille impériale, mais depuis qu'on en a fait la salle des pas-perdus de la Chambre des députés, on les a remplacés par d'autres qui n'ont plus de rapport avec la galerie. — 8 e salle (1805). Ch. Meynier, le Maréchal Ney remet au 76 e de ligne ses drapeaux retrouvés à Inspruck. Debret, Napoléon rend «honneur au courage malheureux» en voyant passer un convoi d'Autrichiens blessés. — 9« salle (1805). Girodet- Trioson, Napoléon reçoit les clefs de la ville de Vienne. Gros, Entrevue de Napoléon et de François II après la bataille d'Austerlitz. — 10 e salle (1806-1807), Ch. Meynier, Entrée de Napoléon à Berlin (1806). Mauzaisse, d'après Gros. Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau (1807). Berthon, Napoléon reçoit au palais royal de Berlin les députés du sénat (1806). — II e salle (1807). Gosse, Napoléon reçoit la reine de Prusse à Tilsitt. Debret, Napoléon décore un soldat de l'armée russe. — 12« salle (1807-1808). C. Vernet, Napoléon devant Madrid (1808). Regnault, Mariage du prince Jérôme Bona-

Sarte et de la princesse Frédérique-Catherine de Wurtemberg (1807). Gros, apitulation de Madrid (1808). — 13 e salle (1809-1810). Debret, Napoléon harangue les troupes bavaroises et wurtembergoises à Abensberg (1809). Rouget, Mariage de Napoléon et de Marie-Louise (1810).

Salle de Marengo, ainsi nommée d'après un tableau de C. Vernet qui a été enlevé. Il y a encore le Passage du Grand St-Bernard par l'armée française (1800), de Ch. Thévenin. — Au fond, les appartements du président de la Chambre.

Nous prenons maintenant par la galerie de sculpture parallèle à la galerie de l'Empire. Elle renferme une quantité de bustes, de statues et de monuments de personnages célèbres de la An duxvm e s. à nos jours.

Au milieu de la galerie, on laisse à dr. la salle des séances de la Chambre des députés, construite en 1875 dans une cour intérieure du palais, et qui est maintenant destinée aux réunions du Congrès, c.-à-d. du sénat et de la Chambre. Cette salle se visite sous la conduite d'un employé (pourb.), mais l'entrée est alors par la cour des Princes (v. ci-dessous).

On ressort de l'aile du Midi par le passage entre la cour des Princes et les jardins (v. le plan). Les personnes fatiguées ou pressées renonceront à la visite de la partie centrale du rez-de-chaussée, qui est peu intéressante, et passeront immédiatement dans les jardins, soit pour les visiter à leur tour, soit pour aller d'abord aux Trianons (p. 310).

Partie centrale. — Cette partie, où l'on arrive par la porte en face au sortir de la précédente, comprenait jusqu'en ces derniers temps les salles des Amiraux, des Connétables, des Maréchaux et des Guerriers célèbres (I à IX et 1 à 8); elles sont en transformation. Il y avait encore là une série de portraits qui n'avaient pour la plupart qu'un intérêt historique, et il en restera sans doute une bonne partie.

Les premières salles étant fermées, on traverse plusieurs vestibules

Sour arriver à une entrée des •nouvelles salles», à dr. de l'escalier de [arbre ou dans le deuxième angle de gauche de la cour Royale (v. le plan, p. 295). — Dans les vestibules, quantité de sculptures, marbres et plâtres, en particulier, du côté de la cour, deux statues de l'impératrice Joséphine, par Vital Dubray et Lagrange, et une d'Elisa Bonaparte, par Bartolini. — Dans un corridor, des bustes d'artistes du xix e s., peintres, sculpteurs, etc. Dans la salle suiv. et d'autres à côté, des vues de résidences royales. Puis une salle à g. du vestibule de la cour de Marbre. Là

Bœdeker. Paris. 13e édit. 20

306 Env. de Par, 16. VERSAILLES.

Jardins.

sont les nouvelle» acquisitions, des peintures et surtout des sculptures: statue en bronze de Napole'on I er , par Seurre; statue, à mi-corps de Louis XII, par Lor. da Mugiano; statuette en argent de Henri IV, par Bosio ; modèle de la statue de Henri IV au Pont-Neuf, par Lemot; statuette en argent de Bonaparte à Brienne, par Rocftet. — Les salles voisines du eôté des jardins (porte de g.), les ix e et vm« du plan p. 295, renferment des portrait* de différentes époques, espacés comme dans un appartement et non serrés comme dans un musée. Il y en a de Tocqué, Ch. et Jkfich. Vanloo, Mime Leorun, Rigaud, Largitlière, Natoire (salle vin), Naitier, Drouais, etc. On y volt aussi (salle vin) une belle tapisserie des Gobelins, Louis XV, d'après Mien. Vanloo.

Au milieu, du eôté du jardin, est la galerib Louis XIII, où se voient surtout de grands tableaux, entre autres: Scfmetx, la Bataille de Rocroy (1643); Ziegler , Louis XIV recevant la réparation faite au nom du pape Alexandre VII (1664) -, Mauzaisse, d'après Testelin et van der Meulen, la Reddition de Cambrai (1677).

4 salles db Tablbaux • Plabs (1627-1814), peu intéressantes, font pendant aux inouvelles salles* autour de la cour de Marbre.

En continuant le tour du rez-de-chaussée au delà de la galerie Louis XIII, on passe par les salles où sont les portraits des maréchaux et des guerriers célèbres. Il y a encore à la fin, à dr., 3 vestibules avec des statues et des bustes à"offlciers généraux tués en combattant pour la France et des moulages de tombeaux.

On ressort enfin près de la chapelle, par où Ton est entré, etll suffit de tourner à g. pour passer dans les jardins.

Jardins.

Les "jardins (v. le plan, p. 292), derrière le palais de Versailles, avec leur petit parc, leurs grandes pièces d'eau, etc., sont au moins en partie tels qu'ils ont été établis au xvn e s. par le plus célèbre architecte dessinateur de jardins, A. le Nôtre, ou plutôt, dit-on, par Boisseau. On ne goûte plus guère ta style qui prend à tâche de soumettre la nature aux lois de la symétrie, qui fait de la géométrie, de l'architecture et de la sculpture avec des pelouses, des étangs et des arbres; mais l'ensemble des jardins de Versailles ne laisse pas que d'avoir quelque chose de grand, de solennel, qui s'harmonise avec le palais et qui convenait surtout bien à la cour de Louis XIV. Ils étaient encore alors entretenus avec plus de soin qu'aujourd'hui , où l'on a cependant commencé d'importantes restaurations; les statues en métal étaient généralement dorées, il y avait plus de bassins et d'œuvres d'art, et les allées des Matelots et de la Petite- Venise rappellent toujours la flotille d'embarcations de divers pays qui animait les grandes pièces d'eau.

Nota. Plusieurs des bosquets les plus intéressants par l'ornementation ne sont ouverts au public que du I er mai au 81 oct.; nous l'indiquons ci-après par le mot clos. — La fermeture des jardins a lieu à la chute du jour, et elle est annoncée 1/4 d'h. d'avance à son de cloche.

Les *Gbàndes-Eàux attirent toujours une foule énorme à Versailles. Ce divertissement, qui coûte chaque fois 8 à 10000 fr., a lieu d'ordinaire le 1 er dim. de chaque mois, de mai à octobre et souvent aussi le 3 e dim., au moins en juin, juillet et août. Les Petites-Eaux ont lieu aussi de mai à octobre, le dim. et le jeudi. Il est bon, lors des Grands-Eaux, de s'y prendre d'avance pour le départ et encore plus pour le retour. Les eaux jouent entre 4 et

Jardins. VERSAILLES. Env. de Par. 16. 307

5 h., etpas toutes en même temps, mais dans un certain ordre. Suivre

l'itinéraire marqué sur le plan par un trait rouge.

On fait d'abord jouer les Petites-Eaux, c'est-à-dire surtout celles du baAiin de Latone, de la *Salle des Rocailles (pl. 1), de la * Colonnade (pl. 3), du bassin d'Apollon, du bassin d'Encelade (pl. 4), et des Bains d'Apollon (pl. ô). Ensuite viennent les Grandes - Eaux , qui commencent vers 5 h. ; ce sont celles de V Allée d'Eau, du bassin du Dragon et du bassin de Neptune. Les jets de ces derniers s'élèvent jusqu'à 03 m. de hauteur, mais ne durent que 30 min.; on devra s'assurer à temps une place convenable.

Nous nous trouvons d'abord dans les parterres, celui du milieu

le parterre d'Eau, celui de dr. le parterre du Nord, par où nous

terminerons (p. 309) ; celui de g., le parterre du Midi. Sous ces

parterres se trouvent des ouvrages non moins grandioses que ceux

des jardins, des souterrains qui ont jusqu'à 5 m. de hauteur et qui

sont remplis de tuyaux alimentant les différentes pièces d'eau.

Les jardins renferment un très grand nombre de statues et de vases d'après l'antique, ainsi que des œuvres originales des xvu e et xviiie s. On remarque particulièrement les deux vases de la terrasse devant le palais, celui du N. par Coyzevox, celui du S. par Tuby ; les bas-reliefs sont relatifs à la victoire des Impériaux sur les Turcs, avec l'aide de Louis XIV, et aux conquêtes de ce roi en Flandre. Contre le palais: Bacchus, Apollon, Antinous et Silène, statues en bronze d'après l'antique, comme toutes celles qui seront mentionnées ci-après sans nom d'auteur. Les deux bassins du parterre d'Eau sont entourés de beaux groupes et de statues de rivières en bronze, par Coyzevox, le Hongre, Regnaudin, Tuby, etc.

Près des escaliers qui conduisent dans la partie inférieure des

jardins, à dr., la fontaine de Diane; à g., la fontaine du Point-

du-Jour, décorées de groupes d'animaux en bronze et accompagnées

de statues remarquables.

A celle de dr., deux Lions combattant un sanglier et un loup, par van Clève; le Midi ou Vénus, par O. Marsy; le Soir ou Diane, par Desjardins, et l'Air, par le Hongre. A celle de g., un Cerf et un chien, uu Ours et un tigre, par Houteau; le Point-du-Jour, par G. Marsy; le Printemps, par Magnier, et l'Eau, par Legros.

On a de cet endroit une vue d'ensemble de la façade du palais,

imposante par sa longueur (415 m.), mais beaucoup trop uniforme.

Il y a au delà du parterre du Midi deux escaliers de 103 marches

de marbre, descendant à l' Orangerie, qui est remarquable comme

construction et possède une très belle collection d'orangers, le

plus vieux datant, dit-on, de 1421. Plus loin, la grande pièce des

Suisses, qui a été creusée par un régiment suisse de la garde de

. Louis XIV. Etle a plus de 1300 m. de long sur 200 de large.

On a relégué à l'extrémité une mauvaise statue équestre de Louis XIV par le Bernin , que Oirardon transforma en Marcus Curtius. Le bois au delà est celui de Satory.

L'ancien potager, près de la pièce des Suisses du côté de la ville, a été transformé en 18T3 en école nationale^ d'horticulture, qui forme des jardiniers chefs de culture, recherchés même par l'étranger.

Au pied de l'escalier devant le parterre d'Eau se trouve le grand bassin de Latone, par B. Marsy. C'est un bassin circulaire, à gradins de marbre rouge, avec des grenouilles, des tortues et des lézards dorés, qui lancent des jets d'eau contre le groupe du milieu, en marbre , représentant Latone et ses enfants , Apollon et Diane. La

308 Env. de Par. 16. VERSAILLES.

Jardim.

mythologie raconte que des paysans de Lycie, ayant refusé de l'eau

à Latone, furent changés en grenouilles par Jupiter.

Statues du pourtour. A dr. , après la fontaine de Diane : le Mélancolique, par la Perdrix; Antinous, Prisonnier barbare, Faune, Bacehus, Faustine en Cérès, Commode en Hercule, Uranie, Ganymède et, devant, une Nymphe à la coquille d'après Coyzevox. Autre côté, en remontant: Gladiateur mourant, Apollon du Belvédère, Uranie, Mercure, Antinous, Silène, Vénus Callipyge, Prisonnier barbare, le Feu, la Poésie lyrique.

A dr. et à g. sont des bosquets avec d'autres bassins dont nous

reparlerons. Nous descendons d'abord par le Tapis -Vert, longue

pelouse qui aboutit au bassin d'Apollon (v. ci-dessous).

Contre les bosquets sont des Termes en marbre. En deçà du Tapis* Vert, à dr., Papirius et sa mère, Laocoon et ses fils ; à g., Castor et Poilu x, Arria et Fœtus. — Statues le long du Tapis-Vert, dont on verra un côté en descendant et l'autre en remontant pour visiter les bosquets. A dr. : la Fourberie, par Leconte; Junon, Hercule et Télèphe, Vénus de Médicis ; Cyparisse, par Flamen-, Artémise avec les cendres de Mausole, par Lefèvre et Desîardins. — A g., aussi à partir du haut: la Fidélité, par Lefèvre-, Vénus sortant du bain, Faune au chevreau, Didon sur le bûcher, par Poultier-, Amazone, Achille en habits de femme, par Vigier. — Autour du bassin d'Apollon: à g., Ino et Mélicerte, par Granier; à dr., Aristée et Protée, par Slodtz, encore des Termes, un Silène (Faune à l'enfant d'après l'antique) et un Bacehus.

Le bassin d'Apollon (116 m. sur 82) est une des principales

pièces des petites eaux (v. p. 306). On y voit le dieu du Soleil avec

son quadrige, dit vulgairement le Char embourbe, entouré de tritons

et de dauphins. Les figures sont en plomb, par Tuby, d'après Lebrun.

— Un canal en forme de croix, long de 1558 m. et large de 62, s'étend

à TO. jusque près du Grand-Trianon (à dr.; p. 310).

Canots pour promenades sur le canal: 50 c. l'heure, par personne. Rameur, 1 fr. Buffet. — On va d'ici aux Trianons par la première allée à dr. au delà de la grille; l'autre est barrée. — Les statues entre le bassin et le canal sont pour la plupart fort mutilées et peu remarquables.

Les massifs du parc et leurs bassins méritent surtout d'être vus lorsque jouent les eaux. Au S. ou à g. en partant du bassin de Latone se trouve le quinconce du Midi, où se donnent des concerts en été ; il est décoré de Termes d'après Poussin. Un peu plus haut, la Salle de bal ou des RocaiUes (pl. 1 ; clos) , avec une cascade. Dans la grande allée descendante, un bassin avec Bacehus et de petits satyres, en plomb, par les frères Marsy. A g. de là, le bosquet de la Reine (clos), où se noua, dit-on, l'intrigue qui donna lieu à l'affaire du collier (Marie-Antoinette). Plus bas, dans la grande allée voisine, un autre bassin, avec Saturne et des enfants, par Girardon. À g. de là, le bassin du Miroir au-dessus duquel il y a des antiques restaurées, deux Vestales, un Apollon et une Vénus. Puis le bosquet ou jardin du Roi, avec des reproductions de l'Hercule et de la Flore Farnèse, etc. De l'autre côté de l'allée de Saturne, la Salle des Marronniers (pl. 2), avec un Antinous , un Méléagre et des bustes antiques. Plus près encore du Tapis -Vert , le *bosquet de la Colonnade (pl. 3 ; clos) , en restauration , avec un péristyle circulaire de 32 colonnes de marbre, soutenant des arcades au-dessus de petits

Jardin»,

VERSAILLES. Env. de Par. 16. 309

bassins de marbre, et un groupe par Girardon, d'après Lebrun, l'Eulèvement de Proserpine.

Du côté N. ou à g. du Tapis -Vert en remontant, le bassin d'Encelade (pl. 4), où le géant (par G. Marsy), à demi enseveli sous l'Etna, lance un jet d'eau de 23 m. Puis V Obélisque ou les Cent tuyaux, qui doit ses noms à la forme de son jet d'eau et à son grand nombre de tuyaux. Dans l'allée montante du milieu, un premier bassin avec Flore entourée d'Amours, par Tuby, Du côté du Tapis- Vert, le bosquet des Dômes (clos), qui a un bassin en restauration. Plus haut, le quinconce du Nord, avec des Termes d'après Poussin. Dans l'allée montante du milieu, encore un bassin avec Ce'rès entourée d'Amours, par Regnaudin.

Le *bosquet des Bains d'Apollon (pl. 5; clos), à dr. de là, est le

plus curieux des jardins. Il a été transformé en 1 778 d'après le peintre

Hubert Robert. On y voit, dans une grotte, la Toilette d'Apollon,

groupe par Qirardon et Regnaudin, et, plus bas, deux groupes de

Coursiers d'Apollon, par Guérin et les frères Marsy.

L'Etoile, à g. de l'allée, presque en face de ce bosquet est décorée d'antiques : Mercure, Uranie, une Bacchante et Apollon ; un Ganymède d'après l'antique et une Minerve de Bertin. Plus haut, le Rond-Vert, avee 4 antiques : un Faune, Pomone, Gérés et la Santé.

Nous revenons au parterre du iVord, à côté du parterre d'Eau (p. 307). Il a deux petits bassins et une fontaine dite la Pyramide^ par Girardon, près de l'Allée d'Eau (v. ci-dessous).

Dans le haut, à l'escalier, une Vénus accroupie et un Rémouleur, en bronze, d'après 1 antique. Le long du bosquet d'Apollon, en commençant dans le haut à la fontaine de Diane (p. 307) : l'Europe, par Mazeline; l'Afrique, par Cornu; la Nuit, par Raon; la Terre, p&rMasson; le Poème pastoral, par Granier. Dans le bas et le long du parterre*. 5 Termes, puis l'Automne, par Regnaudin; l'Amérique, par Guérin; l'Eté, par Hutinot; l'Hiver, par Girardon; le Poème satirique, par Buyster; l'Asie, par Roger; le Flegmatique, par Lespagnandelle ; le Poème héroïque, par Drouilly.

A la suite du parterre du Nord vient un autre parterre en pente, au commencement duquel se trouve un bassin carré, le bain de Diane , orné de bas-reliefs en plomb , dont on remarquera surtout le principal, *Diane et ses nymphes au bain, par Girardon. Sur les côtés, deux statues, le Colérique, par Houteau, et un Flûteur, par Jouvenet. Ensuite V Allée d'Eau ou des Marmousets, composée surtout de 22 groupes de trois enfants, dans des bassins et soutenant des cuvettes, d'où l'eau descend aux deux bassins suivants.

Le bassin du Dragon doit son nom à sa principale pièce décorative, un Dragon par les frères Marsy refait par Tony-Noel (1890).

Le m bassin de Neptune, est le plus grand bassin des jardins. C'est celui dont les eaux jouent en dernier lieu et où se donnent des fêtes de nuit. Il est orné de cinq groupes en métal , dont les principaux datent seulement du temps de Louis XV : au milieu, Neptune et Amphitrite, par Adam VAiné; à dr. , Protée gardant les troupeaux de Neptune, par Bouchardon; l'Océan, par le Moyne; aux extrémités, deux Dragons montés chacun par un Amour, de Girardon, etc. De tous les groupes, des 22 vases de la tablette de

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la muraille, de tuyaux placés dans les intervalles et dans le bassin, de mascarons, de coquilles sous les vases, enfin de partout s'élancent et se précipitent, les jours des Grandes- Eaux, des jets et des

gerbes liquides qui en font une merveille d'hydraulique.

Il y a enoore près du bassin de Neptune, du eôté du palais, le bosquet de VArc-de- Triomphe (pl. 6; clos), qui renferme surtout une statue de la France, entre l'Espagne et l'Allemagne, par Coytevox et Tuby; des statues d'Esope et de l'Amour et un Méléagre tuant le sanglier de Calydon.

Au delà du bassin de Neptune est Vavenve de Trianon, qui

mène au Grand-Trianon.

Les Trianons.

Le Grand-Trianon, qui est situé à V4 d'h. au N.-O. de la terrasse du palais de Versailles, est un élégant petit château, composé seulement d'un rez-de-chaussée, que Louis XIV fit construire pour madame de Maintenon, sur les plans de J. -H. Mansart. On y arrive directement par l'avenue du même nom , qui part du bassin de Neptune (v. ci-dessus). Ce palais est visible comme celui de Versailles (p. 296), mais jusqu'à 6 h. en été, sous la conduite d'un gardien, qui vous mène rapidement, selon l'habitude. On prendra son temps pour examiner ce qui intéressera. Il n'y a en somme rien de bien remarquable.

Dans le salon des Qlaces , une table avec un dessus en cbêne d'un seul morceau, de 2 m. 80 de diamètre. Dans la 4 e pièee, le «salon de famille», un surtout de table composé de 31 pièces, donné par Charles IV d'Espagne à Napoléon I er . Le «grand vestibule» de la partie centrale renferme un groupe en marbre par Vincent Vêla (1862), l'Union de la France et de Tltalie. Dans le salon suivant, à dr., Olympia abandonnée, marbre par Etes. Deux salles plus loin, outre des tableaux qu'on n'a guère le temps de voir, comme dans les autres salles, 4 vases en porcelaine du Japon, un bas-reliet camée antique, etc. Ensuite un salon avec 4 vases de Sèvres et un autre avec de beaux vases en malachite, donnés à Napoléon I er par Alexandre I er de Russie. Puis un salon contenant 4 tableaux de Boucher. — Il y a sur la gauehe une aile du palais dite Trianon-êout- Bois, qu'on ne visite pas; elle est encore moins intéressante. — Ensuite les petits appartements de Napoléon I er , le salon avec une table en mosaïque de Rome, et des appartements préparés pour la reine d'Angleterre en 1846, mais qu'elle n'a pas occupes.

Le jardin du Grand-Trianon, aussi peu intéressant, est ouvert au publie comme les autres. On y entre par une porte à dr. de la façade, ou même du jardin du Petlt-Trianon. à g. derrière le Salon de Musique (v. ci-dessous). La principale curiosité est le Buffet de V Architecture, petite cascade d'après .1.-11. Mansart, en forme de buffet et composée de trois gradins en marbre rouée, de vasques en marbre blanc et de statuettes et ornements en plomb doré. On le volt en arrivant derrière le palais. A g. de là est un bassin aussi restauré, dit le Plafond de Afan»art ou le Miroir, avec deux dragons et quatre groupes d'enfants par Hardy.

Le musée des voitubes, à dr. du Grand-Trianon, mérite d'être

vu. On le visite aux mêmes heures que les palais et aussi sous la

conduite d'un gardien. On y admire 8 voitures de gala: celle du

sacre de Napoléon 1 er , celle qui lui servait étant 1 er consul, celle

de son second mariage, la *voiture du sacre de Charles X, restaurée,

comme les autres , sous Napoléon III , pour le baptême du prince

impérial, où elles ont toutes servi; celle du baptême du comte de

Les Trianons.

VERSAILLES . Env. de Par. 16. 31 1

Chambord et du mariage de Napoléon III, celles du baptême du roi de Rome, des ambassadeurs aux grandes cérémonies, et la berline qui a servi en 1896 aux souverains russes en visite à Paris. Autour de la salle, des traîneaux historiques et de magnifiques harnais.

Le Petit-Trianon , à peu de distance au N.-E. du Grand , ou à

dr. en arrivant, a été construit sous Louis XV, par Gabriel, et fut

le séjour favori de Marie -Antoinette. Il se visite comme l'autre et

il n'est pas non plus bien intéressant.

On n'a pas le temps d'examiner les tableaux, qui en sont le principal ornement. Il y en a de Notoire, Pater, Watteau, etc. On monte au 1 er étage par un bel escalier. Dans la 3 e pièce, à g., une belle armoire à bijoux de Marie-Antoinette ; dans la 5 e (boudoir), un buste de la reine en biscuit de Sèvres, brisé à la Révolution et restauré depuis; dans la 6 e (chambre), à dr., le portrait du dauphin Louis XVII, par Mme Lebrun.

Le *jabdin do Petit - Tbianon , avec son hameau, est au contraire une des curiosités de Versailles. Il est ouvert toute la journée. On y entre ordinairement par la porte à dr. dans la cour. Non seulement c'est un jardin tout autre que les précédents, dans le style anglais, mais c'est une sorte de jardin botanique, avec des arbres exotiques , plantés par Bern. de Jussieu , parmi lesquels on cite surtout le cyprès chauve , le pin Weymouth , le chêne rouge et le chêne à feuilles de saule. En tournant à dr. le long d'un ruisselet, on passe à un «temple de l'Amour», où se trouve un Amour d'après Bouchardon (p. 94).

Le hameau , un peu plus loin , se compose d'une dizaine de maisonnettes rustiques groupées autour d'un petit lac. Ces constructions, maintenant en bien mauvais état, datent de la fin du xvm e s. et sont d'après le peintre Hubert Robert. Les dames de la cour y venaient jouer aux villageoises. Il y a une «maison du bailli», un «presbytère», un «moulin», une «laiterie», une «tour de Marlborough», redevable de son nom à la célèbre complainte, qui était alors à la mode, etc.

Le chemin de l'autre côté du lac ramène près du château, où il y a

un «salon de musique», avec une petite pièce d'eau, des rochers, etc.

Au delà du tertre voisin est une porte par où Ton va à dr. au jardin du Grand-Trianon ou à g. à une sortie.

La salle nu Jeu de Paume de Versailles, intéressante surtout

au point de vue historique (p. 294) , est au S. de la place d'Armes

(v. le plan). On l'a restaurée en lui conservant sa galerie couverte,

et l'on y a installé un amusée de la Révolution» , qui est public

tous les jours de midi à 4 h., excepté le lundi.

Devant le mur qui fait face à l'entrée se trouve une belle statue en marbre de Bailly, le président de la fameuse séance du Jeu de Paume, plus tard maire de Paris; elle est par St-Marceaux. Au fond, une copie en camaïeu du Serment du Jeu de Paume par David (p. 127). Sur les murs , les noms des 700 signataires du procès-verbal de la séance. DanB des vitrines, des portraits, des estampes et d'autres souvenirs de l'époque.

L'église St-Louis, la cathédrale, un peu plus loin de ce côté,

312 Env. de Par. 16.

ST-CYU

est un édifice disgracieux et lourd de 1743-1764. Sur la place qui

la précède se voit une statue de V abbé de VEpée, en bronze, par

Michaut. Dans la 4 e chap. de dr. , un monument du duc de Berry

(m. 1820), par Pradier. Dans celle de l'abside, des vitraux de la

manufacture de Sèvres, d'après Devéria.

A l'extrémité de la rue du Plessis, au delà de la gare de la rive

dr., une statue de Houdon (1741-1828), le sculpteur, par T. Noël.

De Versailles dans la vallée de laBièvre, v. p. 340; à Rambouillet, Chartrès, Dreux, v. le Nord-Ouest de la France, par Bœdeker.

De Versailles à St-Germain-en-Laye. — 1° Par le chemin de fer db Crandk-Ceiutdhe, de la gare des Chantiers (p. 293): 23 kil., 45 min. à 1 h. ; 2 fr. 05, 1 fr. 60, 1 fr. 25. St-Cyr est aussi desservi, de Versailles, par un tramway (p. 293). Le ch. de fer passe d'abord dans un tunnel de 700 m., puis non loin de la pièce d'eau des Suisses (p. 90Î), et l'on a un beau coup d'œil sur le château du côté de l'orangerie.

6 kil. St-Cyr (4205 hab.), connu par son Ecole Militaire, établie en 1806 dans l'anc. maison d'éducation fondée par Mme de Haintenon et pour laquelle Racine composa «Esther» et «Athalie». Cette école compte 750 à «SOO élèves de 16 à 20 ans, et il en sort annuellement env. 400 officiers. — 9 kil. Bailly. — 11 kil. Noisy-le- Roi. On entre dans la forêt de Harly (p. 314). Un petit tunnel; puis, à dr., un raccordement avec la ligne de St-Germain par Marly-le-Roi (p. 314). — 14 kil. St- Nom-la- Bretèche- For H-de- Marly, où Ton rejoint la ligne de Paris à St-Germain par Harly (p. 314).

11° Par le chemin de fer de l'ouest, c'est-à-dire par la ligne de Paris jusqu'à Bécon (p. 292 et 275), puis par la ligne de St-Germain (v. ci-dessous), trajet, en 1 h. l/ a env. et prix exceptionnels de 1 fr. 60 et 1 fr. 35, si l'on prend un billet direct.

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