‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 84 sur 100 · St-Denis, Enghien et Montmorency · texte numérisé non relu

St-Denis, Enghien et Montmorency

Les trains desservant ces . localités sont ceux de la ligne circulaire entre la gare du Nord et la gare St- Lazare (29 kil.). 11 s'entend qu'on peut partir indifféremment de l'une ou de l'autre de ces gares. Il se délivre des billets -directs à prix très réduits, mais ils ne donnent pas le droit de s'arrêter en route.

L De Paris à St-Denis.

7 kil. par le chemin de fer du Nord (p. 20). Départs au moins 4 fois par heure, dont 3 par trains - tramways. Trajet en 8 à 14 min. Prix: 80, 50 et 35 c. ; aller et retour, 1 fr. 20, 85 et 55 c.

Trois tramways conduisent aussi de Paris à St-Denis, le 1 er de VOpéra, rue Scribe (pl. B. 18-, //), le 2 e de la Madeleine (pl. R. 18; 11) et le 3 e de la place du Châtelet (pl. R. 20-23; V). Ils sont très commodes, parce qu'ils correspondent avec les omnibus (v. l'appendice), mais les routes qu'ils suivent hors de Paris sont à peu près dénuées d'intérêt. Trajets d env. y a d'heure. Prix: 60 et 30 c. Il y a encore un tramway de Neuilly (porte Maillot à St-Denis; p. 141).

2 kil. La Chapelle- Nord- Ceinture, stat. après la vaste gare aux marchandises du chemin de fer du Nord et où Ton croise le chemin de fer de ceinture (v. l'appendice). Un peu au delà des fortifications, à dr.. la ligne de Soissons par Crépy-en-Valois (p. 365). — 4 kil. La Plaine - Voyageurs. — Les trains-tramways ont encore deux stations avant la gare de St-Denis: le Landy et le Pont de la Révolte.

7 kil. St-Denis. — Hôtels: H. du Grand-Cerf, rue de Paris et place aux Gueldres, presque à l'entrée du côté de Paris, avec restaur. à la carte; //. de France, rue de la République, 60, avec pâtisserie-restaur. (déj. 2 fr., dîn. 2.50). — Ca/é de V Industrie, rue du Chcmin-de-Fcr, 27. — Tramways de Paris: de l'Opéra et de la Madeleine, au Barrage ou à l'extrémité opposée à Paris, en traversant toute la ville du S. au N. ; du Châtelet, place aux Gueldres. — Poste et télégraphe, rue de la République, 61.

!$t-Denis est une ville de 54432 hab., et un chef lieu d'arrond. de la Seine, sur le canal de son nom (p. 191) et la rive dr. de la Seine. C'est un centre industriel très actif, avec des forges et

Bœdeker. Paris. 13e édit. 21

m Env. de Par. 18. ST-DENIS.

Basilique.

d'autres usines, des ateliers de construction, des fabriques de produits chimiques , etc. Sa principale curiosité est sa basilique, avec les tombeaux des rois de France.

L'importance de cette ville ne remonte Qu'à la fondation de son abbaye (v. p. 325) , par Dagobert 1 er (m. en 638). C'était une abbaye de bénédictins, qui devint bientôt célèbre et qui joua déjà un rôle politique sous les Carlovinglens. Lorsque Pépin le Bref monta sur le trône , en 751, il en envoya l'abbé, Futrade, à Rome, pour obtenir l'assentiment du pape Zacharie. Le successeur de ce dernier, Etienne II, ne pouvant résister aux Lombards, se réfugia à St-Denis et y sacra Pépin et ses deux fils, Charité et Carloman. Enfin Pépin y remit a sa mort le pouvoir à ses fils, en présence des grands du royaume. L'abbaye eut aussi les faveurs des Capétiens. Louis VI (m. 1137) , dont le meilleur conseiller fut aussi un abbé de St-Denis, Suger (m. 1153), prit solennellement comme étendard la bannière de l'abbaye, V oriflamme % ainsi nommée à cause de sa couleur rouge et or. Louis VU étant parti pour la deuxième croisade (1147-49), Suger fut régent du royaume et contribua beaucoup à ramener la noblesse dans la dépendance de la couronne. Cet homme compte encore parmi ses mérites celui d'avoir recueilli et continué les Chroniques de St-Denis.

De la gare, reconstruite en 1897, on se rend à la basilique («cathédrale» ; omn. 10 c), en 15 min. env., en traversant le canal de St-Denis (v. p. 191) et suivant la rue du Cbemin-de-Fer , puis la rue de la République. Au commencement de cette dernière est une église paroissiale, dans le style du xxii 6 s., construite de 1864 à 1868 par Viollet-le-Duc. — On croise plus loin la rue de Paris, qui traverse la ville du S. au N. A g. en arrivant à la basilique, ïhôtel de ville, dans le style de la renaissance, achevé en 1883.

La basilique est ouverte toute la journée; mais la partie réservée, où sont les tombeaux, ne se visite que sous la conduite d'un gardien, toutes les 1 /s b., de 10 h. du mat. à Oh. du soir, sauf de 11 h. Va à midi et pendant les offices. Il n'y a rien à payer pour la visite des monuments à l'intérieur de l'église, mais celles du trésor et de la crypte coûtent 60 c et les gardiens comptent en outre sur un petit pourboire. On devra lire d'avance les détails ci -après, car on n'en aurait pas le temps durant la visite. On est mené si rapidement (V4 d'h.) qu'on ne peut rien examiner. Il y a même des monuments que les gardiens ne montrent que de loin. Enfin il fait si sombre dans l'église vers le soir qu'autant vaut alors renoncer à la visite. Elle devrait être aussi intéressante que celle d'un musée, si on la faisait librement, ce qui ne présenterait aucun inconvénient avec les barrières et les gardiens, et ce n'est souvent qu'une déception. Ne pas suivre au moins trop vite les simples curieux. Entrée libre durant les tètes patronales, du 9 au 17 octobre.

La '"basilique de St-Denis, occupe, selon la tradition, remplacement d'une chapelle bâtie vers l'an 275 sur le tombeau de St Denis, premier évêq^ue de Paris (p. 195). Dagobert 1 er la remplaça d'abord par une grande église à côté de l'abbaye; mais il en reste peu de chose. C'est à Vabbé Suger (1121-1152; v. ci-dessus) qu'est dû en grande partie l'édifice actuel, qui a inauguré le style ogival. Le plein cintre et l'ogive y alternent dans la façade, tandis que les autres parties ne présentent plus que l'ogive. Une restauration générale ayant été entreprise à partir de 1230, le caractère goth. fut encore plus accentué. Le haut du chœur, la nef et le transept furent alors refaits et des chapelles ajoutées au bas côté N. au xiv e s. Les dernières restaurations ont été faites par Viollet-le-Duc.

La façade est encore celle de l'église de Suger, qui fut terminée

Basilique. ST -DENIS. Env. de Par. 18. 323

en 1140; mais les sculptures de ses trois portails ont été en grande partie et assez mal refaites au xrx 6 s. Elles représentent , celles du portail du milieu le jugement dernier, les Vierges sages et les Vierges folles , etc. ; celles du portail S. ou de dr. St Denis en prison, d'après un tableau du Louvre (p. 110) et les douze mois; celles du portail N. St Denis conduit au supplice et les signes du zodiaque. Des créneaux ont été ajoutés au xiv e s. , dans un but de défense, à cette façade, derrière laquelle s'élève le fronton de la nef majeure, avec la statue de St Denis. Les portails latéraux sont percés dans les tours. Celle de dr. a encore deux étages au-dessus des créneaux et se termine par une baute toiture à quatre faces , celle de g. ne dépasse plus les créneaux ; elle avait une flèche très élevée, qui a été détruite par la foudre en 1837. Il y a enfin au N. du transept un portail qu'on ne voit que de loin, avec des sculptures qui ont moins souffert, le Martyre de St Denis et des statues de princes.

L'intébieub est à trois nefs, avec un transept assez court, flanqué de collatéraux. L'espèce de porche, aux lourds piliers, où l'on se trouve d'abord, est du temps de Suger; il fait singulièrement ressortir la nef du xin e s., d'une légèreté et d'une élégance admirables, avec ses piliers sveltes, son beau triforium et ses 37 fenêtres de 10 m. de haut. Les vitraux sont presque tous modernes.

Le maître autel est aussi moderne, mais dans le style du xm e s.

Autre autel, derrière, v. p. 324.

La basilique de St-Denis est encore importante comme sépulture des rois de France, qui v furent presque tous inhumés avec leurs familles à partir de Dagobert (m. 638). Les nombreux monuments des premiers temps furent déjà détruits dans les transformations et reconstructions do l'église . St Louis (1226-1270), pour donner aux tombeaux de ses aïeux un aspect plus monumental, fit ériger dans le chœur des mausolées et d'autres monuments. On y consacra dès lors un monument à chaque roi et même à des princes et à des personnages importants, jusqu'au temps de Henri IV (m. 1610). Ensuite on se contenta de déposer les bières dans la crypte. Sous la Révolution, la Convention, considérant que la Nation avait besoin de canons et de munitions et que les tombes royales lui fourniraient du plomb et du bronze, vota la destruction des sépultures royales. Louis XVIII fit retirer les cendres de ses aïeux des fosses communes et les fit replacer dans la crvpte, ainsi que les restes de Louis XVI et de Marie- Antoinette. Louis XVIÎI lui-même (m. 1821), le duc de Berry (m. 1820) et quelques enfants de la famille royale furent les seuls Bourbons inhumés à St-Denis après la Restauration. — La conservation de& loinbeaux qui existent encore est due au zèle d'Alex. Lenoir (p. 234). Par malheur, presque tout ce qui était en métal a été fondu. Lorsque Louis XVIII fit restituer les autres à l'église, on les plaça dans la crypte, en les modiiiant et les complétant arbitrairement, et Ton y ajouta d'autres monuments du musée Lenoir. Mais depuis la dernière restauration de l'église, ils ont repris à peu près leurs anciennes places dans le chœur. Il y a 50 tombeaux et 10 autres monuments, statues, colonnes, urne et bas-reliefs.

Voici quelques détails sur les tombeaux les plus remarquables. Les çardiens les nomment tous , et il y a du reste des inscriptions.

Côté N. — A g. , la famille de St Louis. Puis le *lombean de Lituis XII (m. 1515) et d'Anne de Bretagne, sa femme (m. 1514;. probablement exécuté au commencement du xvi e s., par Jean Juste de Tours. C'est une magnifique construction isolée, du style de la

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Basilique.

renaissance, avec des arcades. Le couple royal s'y trouve représenté deux fois, d'abord couché, nu, sur le sarcophage, puis agenouillé audessus. Les arcades sont ornées de statues assises des apôtres. Aux angles, des statues allégoriques. Sur le socle, de petits bas-reliefs : Entrée de Louis XII à Milan (1499); Passage des montagnes de Gênes (1507); Victoire d'Agnadel, près de Lodi, remportée sur les Vénitiens (1509); Soumission de Venise. — A dr. , surtout la belle colonne torse élevée à la mémoire de Henri III (m. 1589), par Barth. Prieur. On vous montre d'ici, à dr. du maître autel, le tombeau de Dagobert I er (m. 638), monument remarquable du xin e s., avec de curieux bas -reliefs allégoriques figurant la délivrance de 1 âme du roi et sa réception au ciel, plus une statue couchée du roi et une statue debout de Sigebert, son fils, qui sont modernes, et une de la reine Nantilde, du xm e s. — Ensuite, à g., le tombeau de Henri II (m. 1559 x et de Catherine de Medicis (m. 1589), le chef-d'œuvre de Germain Pilon, de 1564-1583. Il est en marbre, orné de 12 colonnes composites et de 12 pilastres, de statues en bronze des 4 vertus cardinales, aux angles, et de statues des défunts, représentés aussi une première fois en marbre, gisant nus sur le tombeau, et une seconde fois en bronze, vivants, à genoux au-dessus de l'entablement. Derrière, la famille de Valois. On monte un escalier. — A g., un second monument de Henri II et de Catherine de Médicis, couchés, mais vêtus, en marbre, sur un lit de bronze. La reine, qui est représentée ici dans sa vieillesse, ayant trouvé inconvenantes les statues nues du grand monument , les avait fait remplacer par ces statues drapées.

Les chapelles du chœur ne renferment pas de tombeaux. 11 y a des vitraux anciens dans celle de la Vierge, où l'on voit aussi un pavé en mosaïque du xn e s. et des sculptures représentant des scènes de la vie de J.-C. On passe derrière l'autel de St Denis et ses compagnons, St Rustique et St Eleuthère, également moderne, avec des

reliquaires. Sur le côté, une reproduction de l'oriflamme (p. 322).

La sacristie, au S. du sanctuaire, est décorée de 10 tableaux modernes médiocres, représentant des scènes de l'histoire de l'abbaye. Ils sont par Monsiau, Garnier, Meynier, Landon , Barbier l'Aîné, Guérîn, Menjaud, Gros et Heim. 11 y a des inscriptions, et le gardien les fait voir.

Le tkbsos, à g. de là, ne possède presque plus rien des objets précieux qui t'enrichissaient jadis, en partie dispersés ou détruits à la Révolution et volés en 1882. Ce qu'il y reste de plus curieux, comme œuvre d'art, c'est un retable en cuivre repoussé du xn e s., au mur de g. Au mur de dr., une croix en cuivre doré du xin e s., partagée en deux dans le sens de la longueur, et un retable en argent, du temps de Louis XIV. Dans la vitrine, un grand ostensoir moderne du style du xin e s., etc.

Côté S. — En face de la sacristie, le tombeau de Frede'gonde (m. 597), autrefois à St-Germain-des-Prés , à Paris, selon les uns du vi°, selon les autres du xi e ou du xn e s. La reine est représentée par une espèce de mosaïque de marbre avec baguettes de cuivre. Les mains et les pieds ne sont indiqués que par des lignes, mais ils paraissent avoir été peints.

On descend un escalier à dr. duquel est l'entrée de la crypte.

Basilique. ST- DENIS. Etiv. de Par. 16. 325

La crypte a été construite par Suger pour y déposer les reliques de St Denis et de ses compagnons. Elle est sous l'abside et elle en reproduit le plan. Le milieu, sous le sanctuaire, est occupé par le caveau des Bourbons , qui contient 12 cercueils, ceux de Louis XVI et de Marie-Antoineltt) de Louis X VIII, d'Adélaïde et de Victoire de France, du duc de Berry et de deux de ses enfants, de Louis- Joseph et de Louis - Henri - Joseph de Condi, les derniers du la famille; enfin de Louis VII et de Louise de Lorraine , femme de Henri III, ces derniers rapportés d'ailleurs. Les restes exhumés de la basilique en 1792 ont été retirés de la fosse commune et placés en 1817 dans un caveau à l'extrémité du pourtour, où les noms sont inscrits sur deux plaques de marbre noir. A côté est un «caveau impérial* construit sons Napoléon III et resté vide. — Les chapelles et le pourtour de la crypte contiennent un certain nombre de sculptures, en partie d'une valeur douteuse: une statue de Marie-Antoinette à genoux et en robe décolletée, par Petitot-, une statue de Louis XVI par Gaulle; une Diane de France du xvi e s. ; quatre figures colossales de la Religion, la France, la Force et la Ville de Paris, faites par Cortot et Dupaty pour un monument du duc de Berry à Paris (pl. Louvois; p. 177), qui n'a pas été exécuté; des monuments fort médiocres composés sous la Restauration en l'honneur de Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, etc.

De l'autre côté de l'escalier, à dr. du chœur, le tombeau de B. dv Guesclin (m. 1380), un des plus braves héros de la France dans ses guerres contre les Anglais; celui du connétable Louis de Sancerre (m. 1402), son compagnon d'armes ; une statue de Charles V(m. 1380), chef-d'œuvre du xvi e s.; le tombeau de Renée de Longueville (m. 1515), fille du prince François II de Longueville. — A dr., dans le chœur , divers tombeaux moins importants et , de l'autre côté de l'autel, les tombeaux de Blanche et de Jean, enfants de St Louis, en cuivre émaillé, les figures en cuivre repoussé^ probablement faits à Limoges. — A g., le *tombeau de François I e * (m. 1547), avec cinq figures agenouillées , François I er lui-même , Claude de France, sa femme (m. 1524) , et leurs enfants, plus, au soubassement, des bas-reliefs représentant, des scènes des batailles de Cérisoles et de Marignan. Ce tombeau est dans le genre de celui de Louis XII, mais encore plus grandiose; on croit que Philibert Delorme, Germain Pilon et Jean Goujon y ont travaillé. — Puis V*urne du cœur de François 1 er , chef-d'œuvre de la renaissance, d'un sculpteur du reste peu connu, Pierre Bontemps; le tombeau de Louis d'Orléans (m. 1407) et de Valcntinc de Milan (m. 1408), et le tombeau de Charles d'Etampes (m. 1336), chef-d'œuvre du xiv e s., avec les statues des défunts et 24 statuettes d'apôtres et de martyrs.

Les grandes constructions à côté de l'église sont celles de l'ancienne abbaye, transformée par Louis XIV et Louis XV. C'est auj. une maison d'éducation de la Légion d'honneur , où sont élevées gratuitement les filles des officiers en activité de service, ayant au moins le grade de capitaine, ou des membres civils de la légion d'honneur ayant une position correspondant à ce grade. La gratuité n'est toutefois accordée que pour une fille ; mais les autres sont reçues moyennant une pension annuelle, de même que les petites - filles, sœurs , nièces ou cousines des légionnaires. L'établissement n'est pas ouvert au public. Autres maisons, v. p. 320 et 335.

Près de la place aux Queldre* ou vers l'entrée de la ville du

m Env. de Par. 18. ENGHIEN.

côté de Paris se trouve Fane, église dite la Petite- Paroisse , du ivin e s., transformée en justice de paix, avec l'anc. couvent de carmélites dont elle dépendait.

Dans la Seine, au delà du eh. de fer, Vile St- Denis, et sur l'autre rive la plaine de Gennevilliers, avec le village de ce nom (4 kil. ; p. 276).

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