Du Palais-Boyal dans les quartiers du H.-E
I. DU PALAIS-BOYAL A HOTBE-DAME-DE-LOKETTE. Bibliothèque Nationale.
La rue de Richelieu (pi. R. 21 ; II), rue de 900 m. de long, qui passe à l'O. du Palais-Royal, mène directement de la place du Théâtre-Français ou de l'extrémité inférieure de l'avenue de l'Opéra (p. 65), aux grands boulevards (p. 62).
On y remarque d'abord à g. , au coin de la rue Molière, la fontaine Molière, érigée en 1844 à la mémoire du célèbre poète, qui mourut en 1673 dans la maison située vis-à-vis, n° 34. C'est un monument du style de la Renaissance, de 16 m. de hauteur sur 6 m. 50 de largeur, dont le plan est de Visconti, avec une statue assise de Molière, par Beurre, et, de chaque côté, les statues des Muses de la comédie sérieuse et de la comédie légère, par Pradier.
Plus loin, à dr. après la rue des Petits- Champs, la
Bibliothèque Nationale (pi. R. 21 ; //) , autrefois appelée Bibliothèque du Roi ou Bibliothèque Royale, puis Bibliothèque Impériale, Elle occupe presque tout un îlot formé par les rues de Richelieu, des Petits-Champs, Vivienne (p. 64) et Colbert. L'entrée principale est dans la première de ces rues , en face de la fontaine Richelieu (v. p. 189).
La bibliothèque même est ouverte tous les jours de 10b. à 4 h., sans exception pour la salle publique de lecture, excepté les dimanches, les jours de fête et pendant les vacances de Pâques (du dimanche de la Passion au lundi de Pâques) pour les autres salles. On n'y admet que les personnes qui veulent y lire ou travailler, et il faut, pour les salles autres que la salle publique, une carte d'entrée, qu'on demande à l'administration (p. 186). Mais il y a des salles d'exposition géographique, d'exposition des imprimés, des manuscrits et des estampes et un cabinet des médailles ouverts au public les mardi et vendredi, les premières de 10 h. à 4 h., le dernier de 10 h. V* à 3 h. Va- H y a des catalogues, sauf pour le cabinet des médailles.
Charles F, dit le Sage (m. 1380), fut le premier roi de France qui posséda une collection de livres considérable \ mais sa tlibrairie» fut dispersée durant les guerres avec l'Angleterre. Le véritable fondateur de la bibliothèque actuelle fut François /»", qui ût acheter et copier des manuscrits dans tous les pays, mais surtout en Italie, et qui par une ordonnance du 8 déc. 1586 enjoignit de déposer à sa bibliothèque, alors à Fontainebleau, un exemplaire de tous les ouvrages imprimés en France. Henri II ordonna de plus en 1556 que cet exemplaire serait imprimé sur vélin et bien relié-, mais le Parlement modifia plus tard son ordonnance en demandant deux exemplaires sur papier ordinaire. Henri IV fit transférer la bibliothèque dans une ancienne maison des jésuites , le collège de Glermont, et il en fit relier magnifiquement les livres avec l'argent confisqué à cet ordre. Les jésuites étant revenus en 1604, la bibliothèque dut changer
plusieurs foi» de local , sous Louis XIII et Louis XIV: elle comptait déjà en 1684 environ 40,000 volumes imprimés et 1100 manuscrits. Enfin en 1724 on lui assigna, sur la proposition de Vabbé Bignon, qui en était alors chargé, l'hôtel Mazarin, où elle est encore aujourd'hui.
II reste toutefois peu de chose de l'édifice primitif, bâti par le ministre tout-puissant de Louis XIII et de Louis XIV. Il est soumis depuis longtemps à une restauration et à une reconstruction graduelles qui ne sont pas encore terminées, mais qui sont cependant assez avancées. La belle façade moderne précédée d'une cour et d'une grille qu'on voit du côté* de la rue Yivienne, en fait partie, de même que celle qui donne sur la rue des Petits-Champs.
La Bibliothèque Nationale, peut-être la plus riche du monde, se divise en quatre départements : 1° le département des imprimés, cartes et collections géographiques, 2° celui des manuscrits, 3° celui des estampes, 4° celui des médailles et antiques.
LE DEPABTBMBNT DBS IMPBIMB8, CABTB8 BT COLLBCTION8 GÉO- GRAPHIQUES comprend une telle masse délivres (plus de 2,000,000) que les tablettes sur lesquelles ils sont rangés, placées l'une au Dont de l'autre, donneraient une longueur totale de plusieurs myriam êtres. Les différents ouvrages sont représentés par les plus belles éditions, toutes les reliures sont très-soignées. Il n'en existe malheureusement pas encore de catalogue complet , mais on supplée actuellement aux parties qui manquent par un catalogue provisoire fait sur des feuilles détachées, qu'on réunit en fascicules.
Actuellement, l'entrée de la salle publique de lecture se trouve au n° 3 de la rue Colbert , et celle de la nouvelle salle ou salle de travail (y. ci-dessous), un peu plus bas que la porte principale dans la rue de Richelieu, au drapeau, près du poste de pompiers» Il faut déposer en entrant les cannes et les parapluies, mais ce dépôt est gratuit. Pour sortir d'une salle avec des papiers, livres ou portefeuilles , on a besoin d'un laisser-passer de l'un des bibliothécaires.
En entrant dans les salles de lecture et de travail, on reçoit un bulletin, sur lequel on écrit son nom et son adresse» Ce bulletin sert pour le contrôle; les employés y inscrivent les ouvrages prêtés et y apposent un timbre lorsque ceux-ci sont rendus; il doit être remis à remployé qui est à la sortie. Les livres eux-mêmes se demandent à l'aide de bulletins spéciaux, que vous donnent MM. les conservateurs, au bureau du milieu de la salle. On inscrit sur un de ces bulletins, d'après les indications du formulaire, le titre, le format, etc., de l'ouvrage qu'on désire, ainsi que son propre nom avec son adresse, et on le remet au bureau, après quoi Ton va attendre l'ouvrage à sa place. Les demandes ne sont plus admises après 8 h. On trouve de l'encre sur les tables et il y a autour des salles, surtout autour de la salle de travail, des ouvrages d'un usage général qu'on peut toujours consulter, tels que dictionnaires, répertoires, encyclopédies, etc. Sur une table spéciale dans la salle de travail se trouvent des revues et autres publications périodiques. Pour plus de détails, voir le règlement qui est affiché aux portes et à l'intérieur des salles.
Salle de travail (entrée, v. ci-dessus et p. 184). Cette salle, construite par H. Labrouste, a été ouverte en 1868. C'est une vaste et haute salle carrée de 1155 m. de supernoie, surmontée de
9 coupoles en faïence, par où elle reçoit le jour, et que supportent 16 colonnes fort légères en fonte , de 10 m. de hauteur. Au fond, dans un hémicycle, se tiennent les employés, derrière lesquels est le «magasin», éclairé aussi du haut et dont les rayons sont accessibles par des galeries longitudinales et transversales. A dr. et à g. dans la salle sont des tables, divisées en 334 places fort commodes, où passent des tuyaux de calorifère.
Au bout du vestibule se trouve un escalier au pied duquel on remarque des inscriptions romaines rapportées de Troesmis, ancienne ville de la Mésie-Inférieure (Bulgarie). A dr., le département des estampes (v. p. 187). Derrière l'escalier, Ventrée des bureaux provisoires de l'administration, et à g. la
Salle d'exposition géographique (entrée , v. p. 184). Les curiosités qu'on y voit sont accompagnées d'étiquettes explicatives. Nous mentionnerons particulièrement deux globes énormes, de 3 m. 87 de diamètre , qui traversent le parquet d'une salle située au-dessus. Us ont été faits dans la seconde moitié du xvh© s. , par le Vénitien Vincent Coronelli, et l'un d'eux représente la terre conformément aux connaissances géographiques de l'époque, tandis que l'autre donne l'état des constellations célestes au moment où naquit Louis XIV. Tout autour de la salle, aux murs, sont des portulans manuscrits d'une très-grande valeur, remontant jusqu'au xive s. ; des cartes manuscrites, des plans. Au milieu, d'autres globes plus petits, des reliefs, etc.
Salles d'exposition des imprimés et des manuscrits (entrée , v. p. 184). Cette exposition, où se voient les ouvrages les plus curieux de la Bibliothèque Nationale, dont beaucoup avec de magnifiques {teintures et de très-belles reliures, occupe deux salles du premier étage, dans le bâtiment qui fait face à la rue Vivienne. La seconde salle, la galerie Mazarine mérite déjà d'être vue pour elle même. On y monte par l'escalier dont il a été question ci-dessus. Dans le haut de cet escalier sont des vues rapportées de l'expédition d'Egypte sous Bonaparte et des ex-voto égyptiens. Il y a partout des étiquettes explicatives.
Ire salle. Au milieu, le Parnasse français, groupe en bronae représentant les littérateurs et les artistes français du xvn« s., que Titon du Tillet fit exécuter par Louis Garnier. Aux murs, des copies d'épitaphes. Dans les vitrines 1, 2, 3 et 5, de magnifiques reliures aux armes des rois de France depuis François Ier. Dans la 4«, à la fenêtre, des livres sur r Amérique; 369, « Christianisai i restitutio» de Michel Servet, exemplaire sauvé des flammes: 371, 372, Hippocrate et Théophraste avec autographes de Rabelais; 373, Philon le Juif, avec signature de Montaigne; 374, Sophocle annoté par Racine ; 376, 377, manuscrits originaux de musique de J.-J. Rousseau et de Gluck.
Ile salle. Cette grande salle, la "galerie Matarine, a conservé son beau plafond peint par Romanelli (m. 1662); les principaux sujets sont, à partir de l'entrée : Romulus et Rémus allaités par la louve, Mars et Vénus, l'Enlèvement d'Hélène, rincendie de Troie, l'Enlèvement de Ganymède, Jupiter foudroyant les Titans, le Réveil de Vénus, Narcisse, Jupiter et Mercure, le Parnasse, le Jugement de Paris, Vénus sur son char, Apollon et Daphné.
Les armoires et les vitrines renferment, celles de la première moitié de la salle, des imprimés et des reliures, les autres des manuscrits. Armoires VII et VIII, à dr. de rentrée: livres imprimés en Italie et en Espagne. — IX: impressions xylographiques $ impressions de Fust et Schœffer. — VI, au milieu de la galerie: livres du plus grand format, sur vélin et sur papier ; reliures superbes du xvi« s., celle du haut , en argent repoussé du xvn«s. — XXI-XXVI, en retournant vers rentrée : livres imprimés en différentes villes de France; livres à figures; livres imprimés à l'étranger. — XXVII-XXIX, au milieu: livres imprimés a Paris, reliures ; livres imprimés à Strasbourg, à Hayence et à Bamberg.
8econde moitié de la galerie (manuscrits). X, à dr. : origines de la bibliothèque, aux xiv» et xv* 0. Portrait du roi Jean II, le Bon (m. 1364), peinture sur bois du xiv« g. — XI : paléographie de France depuis Charlemagne jusqu'à la fin du moyen âge. — XII : paléographie de l'Italie, de l'Espagne, de l'Angleterre et de l'Allemagne, depuis Charlemagne jusqu'à la fin du moyen âge. — XIII: paléographie latine, depuis l'antiquité jusqu'à l'époque carlovingienne. — XIV, de l'autre côté : annexe de l'exposition de géographie, atlas et portulans. — XV : manuscrits et xylographes orientaux et américains. — XVI: documents divers— XVII: manuscrits grecs.— XVIII : autographes.— XIX: peintures des manuscrits. — XX : manuscrits des rois et des reines de France. — XXX et XXXI : magnifiques reliures du moyen âge avec ivoires et ornements d'orfèvrerie, d'autres avec ornements de bronze, chaînes, etc. — XXXII : autographes, surtout des grands écrivains du xvii* s.
Le département dbs MANUSCRITS occupe l'aile du bâtiment du côté de la rue Vi vienne à la suite de la galerie Mazarine. Il compte environ 92,000 volumes. Les personnes admises à y travailler trouveront des renseignements détaillés sur cette partie de la bibliothèque dans les ouvrages publiés depuis 1868 par M. Delisle, l'administrateur. — A côté* est la section des cartes et collections géographiques, riche de plus de 250,000 cartes.
Le dbpabtbment dbs B8TAMPB8 est au rez-de-chaussée, sous la galerie Mazarine, à côté de l'escalier (p. 186). Il comprend plus de 2,200,000 pièces réunies en volumes ou classées dans des cartons. Il en existe une notice par M. Delaborde, le conservateur. Un certain nombre des pièces curieuses sont exposées et visibles en même temps que les cartes, les imprimés et les manuscrits (v. p. 184).
La 1^ salle est consacrée aux estampes françaises, parmi lesquelles on remarque surtout, en commençant à dr. , des' oeuvres de Callot, Rob. Nanteuil, Oir. Audran, Pierre Drevet, P. Itrib. Drevet et Claude Drevet, Bervie, Henriquel Dupont, etc. Dans la II* salle, la galerie, où sont les volumes et les cartons, il n'y a d'estampes exposées qu'au mur du côté de l'entrée et dans les embrasures des fenêtres, oh il est difficile d'en approcher. A l'entrée, l'école anglaise. lr«-3* fen. : écoles d'Italie, à commencer par Finiguerra. 4* et 5e fen. : école allemande. 6e fen. : école hollandaise. 7* fen. : école flamande. 8* fen. : école espagnole.
Le *CABINBT DBS MÉDAILLES ET ANTIQUES (entrée, V. p. 184)
a sa porte particulière rue de Richelieu , après celle du poste de police en venant des boulevards , la première en venant du Palais- Royal (sonner). Ce cabinet renferme une très-riche collection de médailles (200,000), et d'antiques, c'est-à-dire d'intailles et de camées, de bijoux, de petites œuvres d'art, de verres, de vases, d'armes , etc. L'installation est provisoire , en attendant une salle spéciale, et il n'y a qu'un petit nombre de médailles exposées.
Vestibule. Au mur du fond, le Zodiaque de Denderah, qui a donné lieu à bien des discussions parmi les savants, jusqu'au jour ou l'on a découvert que le temple de Denderah avait été terminé dans les premiers temps
de l'empire romain et que les Egyptiens avaient dû emprunter ridée du Zodiaque aux Grecs. A g., la chambre des rois de Karnak, construite par Thoutmès III (xviii* dyn.), très-précieuse pour les inscriptions, mais mal placée.
Dans l'escalier, et dans l'antichambre, des stèles et des inscriptions grecques et latines, coptes et phéniciennes. — A g., la
Grande galerie. Les objets les plus intéressants sont dans les vitrines du milieu. — Ire vitrine. Sur le devant, quelques cylindres avec des inscriptions cunéiformes et des pierres gravées d'Assyrie, de Ghaldée et de la Perse , ainsi que des intailles antiques. Entre la 1** et la 2e vitrine, sur un haut support, une tête de femme en marbre pentélique, donnée comme provenant d'une statue du fronton O. du Parthénon et par conséquent attribuée à Phidias. A côté , le prétendu trône de Dagobert^ du vne s. — IIe vitrine : intailles et camées antiques, du moyen âge, de la Renaissance et des tenaps modernes, entre autres, de g. à dr. : 1er compartiment, au milieu, *2089, Julie, fille de Titus, par Evodus, alguemarine avec monture du moyen âge; 3« compart., 2337, le prétendu sceau de Michel-Ange, avec une bacchanale , petite pierre gravée de la Renaissance; 7« compart., 673, 674, deux bracelets de Diane de Poitiers, composés chacun de sept camées, également de la Renaissance. — Ille vitrine, suite des camées : 1er compartim. , 4, Jupiter, debout et avec l'aigle à ses pieds, ce qui l'a fait prendre pour St Jean l'Evangéliste et enchâsser dans une magnifique monture sous Charles V (1367); au-dessus, 106, camée dit des «chevaux des Pélops» ; dans le coin de dr., 36, la Dispute de Minerve et de Neptune; 79, Jeune centaure jouant de la double flûte; 8e compart., 209, Apothéose de Oermanicus , conservée aussi longtemps comme un St- Jean; au-dessus, 190, Auguste, camée antique avec monture faite au moyen âge, pour en décorer un reliquaire; dans le bas, à gn 227, Claude et Messaline en Triptolème et Cérès.
IVe vitrine. Cette vitrine, au milieu de la salle, contient les objets les plus précieux. 279, un canthare dionysiaque, connu sous le nom de coupe des Ptolémies , en sardoine orientale , ornée de groupes figurant les mystères de Cérès et de Bacchus ; il a fait autrefois partie du trésor de St- Denis. 2779, coupe de Chosroës 1* , roi de Perse (m. 575 apr. J.-C), composée de médaillons en cristal de roche et en verre de deux couleurs (dans le fond, Chosroës sur son trône), provenant aussi du trésor de St- Denis, où elle figurait sous le nom de t tasse de Salomon». 2780, 2781, trésor de Oourdon (village de la Côte-d'Or), buire et plateau en or massif, monument intéressant des premiers temps du christianisme. *88. Apothéose d' 'Auguste, le plus grand de tous les camées connus, compose d'une forte tablette de sardoine, haute de plus de 30 centim., avec 26 figures : Auguste , Enée, Jules César, Drusus, Tibère, Livie, Agrippine, Gërmanicus, Caligula, etc. Ce camée faisait autrefois partie du trésor de la S te- Chapelle, et les groupes qui y sont représentés, passaient pour un triomphe de Joseph en Egypte. *2778, la patère de Rennes, coupe trouvée en 1774 près de Rennes, en or massif, avec bas-reliefs représentant la lutte entre Bacchus et Hercule (triomphe du vin sur la force), et qui est entourée de seize médaillons d'empereurs romains de la famille des Antonins, depuis Adrien jusqu'à Géta, fils de Septime- Sévère. 287, buste de Constantin en agate, et sur le devant, *2781 bis, une médaille d*Eucratide, roi grec de la Bactriane, du poids de 20 statères d'or (170 grammes) : avant qu'on l'eût trouvée, en 1867, on n'en connaissait que de 4 statères. Le reste de la vitrine contient des objets de parure en or, des miroirs étrusques et des ustensiles en bronze. — Ve et Vie vitrines : médailles romaines et grecques; il y a des étiquettes. — VII© vitrine: ouvrages du moyen âge et de la Renaissance qui doivent être transférés dans une salle à la suite de celle du duc de Luynes mentionnée ci-dessous. — Ville vitrine: médailles françaises et étrangères fort remarquables (étiquettes). — IXe vitrine: trésor de Villeret, 67 statuettes et •ases en argent de diverses époques , en partie du ne s. av. J.-C. , et ssi de diverses valeurs, trouvés en 1830 dans un champ de Berthoule, près de Bernay, en Normandie.
Dans les armoires le long du mur en face des fenêtres, d'abord de
petits bronzes, des ustensiles et des arme9 antiques; ensuite, 702, le cailloux Michaux , pierre ovoïde avec inscriptions cunéiformes , le plus important des monuments babyloniens, placé ici à cause de son volume exceptionnel ; une collection choisie de vases peints comme ceux du Louvre \ puis encore des bronzes.
Dans le coin, une petite vitrine qui contient quelques objets provenant du tombeau de Childéric Ier, roi des Francs (m. 481), découvert en 1666 dans l'église St-Brice, à Tournai.
Dans l'armoire du mur suivant de petites terres cuites antiques ; dans celle qui est de l'autre côté de la porte, des ivoires remarquables, quatre diptyques consulaires (présents des consuls aux sénateurs) et deux triptyques du moyen âge. Enfin un grand plat en argent, large de70 centim., dit le Bouclier de Scipion. Les bas-reliefs presque plats qui le décorent, représentent l'enlèvement de Briséis ou Briséis rendue à Achille par Agamemnon. Il a été trouvé en 1656 dans le Rhône, près d'Avignon.
La salle nu Duc dr Lutkbs , à dr. de l'antichambre , contient une collection choisie d'intailles, de camées, de médailles, de bronzes, de bijoux et de terres cuites antiques, collection léguée par le duc de Luynes (m. 1867), de son vivant un antiquaire célèbre. Au milieu, un beau torse de femme en marbre de Paros.
En face do l'entrée principale de la Bibliothèque Nationale est la *fontainb Richelieu ou Louvois. Elle est en bronze et l'œuvre de Visconti, avec des statues par Klagmann, représentant la Seine, la Loire, la Garonne et la Saône. Le petit square Richelieu où elle se trouve occupe l'emplacement du Grand-Opéra au sortir duquel le duc de Berry fut assassiné par Louvel , en 1820 , et qui fut démoli pour cette raison. On devait y ériger une chapelle, mais la révolution de Juillet étant survenue, le projet fut abandonné.
Continuant de remonter la me de Richelieu, nous traversons; tout près de la Bourse (p. 63) la grande rue du Quatre - Septembre, qui va à g. jusqu'à la place de l'Opéra (v. p. 66) , et nous arrivons sur les grands boulevards, entre celui de Montmartre et celui des Italiens (p. 62 et 64).
Nous suivons tout droit , de l'autre côté, la rue VrouoU A e. , n° 9 , Vhôtel des Ventes mobilières, où se font souvent en hiver créa ventes d'objets d'art et même de galeries envoyées de l'étranger. La physionomie de cet hôtel, où les ventes ont lieu à partir de 2 h., est fort curieuse; mais il faut être connaisseur pour pouvoir y acheter avec avantage. Les brocanteurs y font le trafic sur une grande échelle, mettant des marchandises en vente pour leur propre compte et les poussant le plus possible, sauf à les faire revendre le lendemain si elles leur restent. Les adjudications sont faites par les commissaires-priseurs , au comptant et moyennant 5°/o en plus pour les frais.
Dans la même rue , n° 26, le joli hôtel du journal le Figaro, dans le style de la Renaissance espagnole, avec une salle publique dite « salle des nouvelles »
La rue Drouot aboutit à la rue de la Fayette ou Lafayette, grande et belle rue neuve de près de 3 kil. de longueur, qui commence au boul. Haussmann, derrière l'Opéra et qui traverse en ligne droite, avec son prolongement la rue d'Allemagne (2 kil. ; p. 193), les quartiers N.-E. de la ville, en passant devant St-Vincent-de-