NOTRE-DAME-DE-LORETTE
Paul, près de la gare du Nord, etc. (v. p. 192). Nous montons à g. dans la rue du Faubourg- Montmartre et nous tournons bientôt aussi à g. dans une autre belle rue neuve, la rue de Châteaudun, où est Notre-Dame-de-Lorette (pi. B. 21), à l'extrémité de la rue Lafntte , qui donne sur le boul. des Italiens. Elle a été bâtie de 1823 à 1836, par Hipp. Ltbas, et sa forme est celle d'une basilique romaine , de 69 m. de long sur 32 de large et 18 de haut. Au dehors , elle est d'un aspect sévère. Elle a un portique corinthien avec fronton par Nanteuil, l'Enfant Jésus adoré par les anges , et des statues des Vertus théologales par Foyatier, Laitié et Lemairc.
L'intékibuk, au contraire , est orné avec une élégance excessive , qui lui donne un air mondain, presque théâtral. L'office s'y célèbre aussi avec une grande pompe. Le visiteur est comme ébloui par les dorures et les couleurs éclatantes qui y sont prodiguées partout. Le vaisseau est divisé en trois parties par 32 brillantes colonnes de stuc jaune, et le plafond, en énormes caissons non moins brillants de dorures et de peintures. Malgré cela, les fresques dont sont couverts tous les murs ne manquent pas de mérite. Celles des chapelles des fonts, du St-Sacrement , des mariages et des morts, aux extrémités des bas-côtés, peintes sur fond d'or, sont de Blondel et de Périn. Celles de la nef; dues à différents artistes, représentent des scènes de l'histoire de la Vierge, et la série est complétée par les trois du chœur et de l'abside: àdr., la Présentation au temple, par Heitn; à g., Jésus enseignant dans le temple, par Drolling; au centre , le Couronnement de la Vierge , par Picot. Les deux Anges en adoration du maître autel sont aussi de Nanteuil. La chapelle de la Vierge a été décorée par Orsel.
Le quartier est habité par beaucoup d'artistes et par les dames auxquelles on a appliqué une partie du nom de l'église.
En deçà de la rue de Châteaudun est la rue de la Victoire (pi. B. 21), où se voit la synagogue du même nom, récemment construite par Aldrophe, avec une façade monumentale de style néo-roman. Presque à côté, la salle Herz (p. 36).
La rue Notre-Dame-de-Lorette, à g. derrière l'église, conduit en quelques minutes à la petite place St-Georges, où se voit à g., n° 27, l'hôtel de M. Thiers (m. 1877), que les communards avaient démoli en 1871. En continuant de monter dans la même direction, on arriverait aux boulevards extérieurs, non loin du cimetière Montmartre (p. 196).
La rue des Martyrs, à dr. de la précédente, aboutit du même côté au boulevard de Rochechouart , à côté du cirque Fernando (p. 85). Sur le même boulevard, n<> 80, le bal de V Elysée Montmartre (p. 37), et num. 41-45, le collège Rollin, vaste édifice terminé en 1876, sur l'emplacement des anciens abattoirs de Montmartre.
En face se voit la butte Montmartre, colline célèbre s'élevant à un peu plus de 100 m. au-dessus du niveau de la Seine et dans laquelle sont d'anciennes carrières de gypse. Les uns prétendent que cette éminence était autrefois occupée par un temple du dieu Mars (Mon» Martis), d 'autres en font le théâtre du martyre de St Denis (p. 311) et de ses compagnons, et dérivent son nom, avec plus de raison, de Mon» Martyrum.
Louis VI y fonda en 1147 un couvent de bénédictins , dont il reste encore l'église St-Pierre de Montmartre (pi. B. 20), sur la hauteur. A dr. et derrière se trouve un Jardin des Oliviers décoré de sculptures originales, un calvaire, etc.
C'est à côté de St-Pierre que se construit Y église du Sacré-Cœur, qui doit être un monument grandiose de style roman byzantin , sur les plans d'Abadie. Elle sera surmontée d'un grand dôme, derrière lequel s'élèvera un clocher. Les travaux sont encore peu avancés, parce qu il a fallu établir des soubassements considérables, qui ont absorbé à eux seuls 3,500,000 fr., et que les fonds sont surtout fournis par des quêtes et des