VINOENNES
par sa situation et comme forteresse à la porte de Paris. A part son château, on ne saurait guère y signaler, comme curiosité*, que la statut du général Daumemil, par L. Rochet, au cours Marigny, près de la station des tramways. Daumesnil, défenseur du château en 1814 et 1815, repoussa les offres les plus avantageuses des alliés , répondant , dit-on , qu'il ne le rendrait que lorsqu'on lui rendrait sa jambe restée sur le champ de bataille de Wagram, ce que rappelle le geste de la statue.
Le château de Vincennes fut fondé an xii* s. et agrandi peu à peu. Il servit de résidence royale jusqu'en 1740, où Louis XV en Ût d'abord une manufacture de porcelaine. Cette manufacture ayant été' transférée à Sèvres en 1751 , le château fut transformé en école militaire, puis, en 1757, en manufacture d'armes. C'est seulement sous Louis-Philippe, de 1832 à 1844, qu'il a été considérablement fortifié, et qu'on y a établi de grands dépôts de munitions, -surtout pour l'artillerie, avec une école de tir. Ce château n'est visible que le samedi, de midi à 4 h., avec une permission qu'il faut demander en personne au ministère de la guerre, à Paris.
Le château servit aussi longtemps, dès le règne de Louis XI (1461- 83), de prison d'Etat. C'est là que furent détenus : le roi de Navarre (1574), le Grand Gondé (1650), le cardinal de Rets (1652), Fouquet (1661), le comte de Mirabeau (1777) , le duc d'Enghien (1804) , les ministres de Charles X (1830), les députés qui conspirèrent contre l'Assemblée nationale en mai 1848, et bien d'autres. Le plus connu de ces prisonniers fut le duc cTEnçhien , le dernier de la famille des Oondé, que Napoléon I*r ût enlever en 1804, dans le grand-duché de Bade, et condamner à mort par un conseil de guerre , pour avoir été le chef de la conspiration de Piehegru, G. Gadoudal, etc. On le fusilla le 20 mars dans le fossé du château, X>u il fut aussi enterré. Louis XVIII fit exhumer ses restes en 1816, et les fit ensevelir dans la chapelle, où il lui érigea un monument. La chapéUe , avec sa jolie façade gothique , a été commencée en 1379, sous Charles V, et achevée en 1552, sous Henri II. Elle se distingue par ses voûtes élancées et de belles verrières par J. Cousin (j>. 114). Le monument du duc d'Enghien, autrefois placé devant un autel, se trouve actuellement dans l'ancienne sacristie* Ce n'est nullement une œuvre remarquable sous le rapport du goût. Il se compose de quatre figures exécutées par Deseine , représentant le duc soutenu par la Religion, la France déplorant sa perte et une figure emblématique de la Vengeance.
La salle d'armes, construite en 1819, renferme au rez-dechaussée le matériel d'artillerie et au premier étage des armes suffisantes, dit-on, pour l'armement complet de 120,000 hommes. C'est au donjon qu'étaient enfermés les prisonniers d'Etat. On découvre une jolie vue de sa plate-forme , où l'on monte par 237 marcîies. Ce donjon, haut de 52 m., a cinq étages, formant chacun une haute et vaste pièce avec des cabinets dans les tours des angles. A l'E. du château se trouve le fort de Vincennes et au delà le Bois de Vincennes. Quoique bien moins fréquenté, ce bois ne le «èderait guère maintenant au bois de Boulogne sans la plaine qui le coupe désagréablement en deux. C'était jadis une forêt où
208 8. BOIS DE VINOENNES.
St Louis (m. 1270) aimait déjà à chasser et à rendre la justice ; il a été entièrement replanté* sous Louis XV, en 1731. De nos jours, les ouvrages du génie et les chemins de fer en ont détaché des parties considérables, mais il n'en couvre pas moins encore, avec le champ de manœuvres (1 kil. de largeur) et le polygone, une superficie de près de 900 hectares. Sa transformation en promenade publique, faite en 1857-58 par Vicaire et Bassompierre, n'a pas été exécutée avec moins de succès que celle du bois de Boulogne.
Arrivé à l'angle du fort, on appuiera à dr. pour prendre le chemin du milieu, la route de Joinville (v. ci-dessous), et un peu plus loin, celui de g., la route de Nogent (v. ci-dessous). A moins de 1100 m. du fort (1800 du château) se trouve le lac des Minimes, ainsi nommé parce qu'il a été creusé, en 1857, dans un enclos ayant appartenu, de 1584 à 1784, aux religieux de l'ordre des Minimes. C'est donc un lac- artificiel, de 8 hectares de superficie, avec 3 îles, dont la plus petite, Vile de la Pprte-Jaune, à l'extrémité N. , est reliée à la rive par un pont et renferme un café-restaurant. Les autres communiquent entre elles, mais ne sont abordables qu'en bateau.
A l'île de la Porte- Jaune aboutit une allée venant de Fontenay-sous- Bois, village et station à 5 ou 600 m. au N.-E. en dehors du bois (4,445 hab.). — A 700 m. environ à TE., à l'extrémité de la route, Nogent-sw- Mame (7,659 hab.), qui renferme, comme Fontenay, une foule de jolies maisons de campagne. Un viaduc courbe de 800 m. de long et 50 m. de haut appartenant a la ligne de Belfort, y traverse la Marne.
Le lac est entouré à une certaine distance par la route circulaire de l'ancien enclos, par laquelle on en fait le tour en 40 min. L'allée sur le bord est plus courte de 10 min. On trouve des embarcations (1 fr. à l'heure par pers.) du côté O. ou du côté de Paris, où sont des habitations de gardiens.
En contournant le lac à l'E., on passe aux petites cascades qui l'alimentent, formées, la première par lé ruisseau de Nogent (900 m.), la seconde par le ruisseau des Minimes (1200 m.). Appuyant un peu plus loin à g. par une belle allée, on se rapproche de ce ruisseau, qu'on longe jusqu'à la route de Joinville et à la plaine de Oravelle. Cette plaine divise le bois en deux parties bien distinctes, sur une longueur d'environ 3 kil., à partir du château de Vincennes, et une largeur de 1000 à 1500 m. A g. se trouve la redoute de la Faisanderie , plus loin la redoute de Gravelle. A dr. t le champ de courses (p. 37); derrière, le champ de manœuvres de l'infanterie , et plus loin sur la gauche , le polygone de Vartillerie. A un carrefour dans le champ de manœuvres s'élève une pyramide, reconstruite depuis 1871, à l'endroit où était, dit-on, le chêne sous lequel St Louis rendait la justice. On a déjà de la lisière du bois, près de la redoute de la Faisanderie , de beaux coups d'œil sur la vallée de la Marne et sur les hauteurs du N. de Paris.
La route qui longe le bois du côté de la plaine, est celle de Vincennes à Joinville-le-Pont, village situé à peu de distance à g. de la redoute et station du chemin de fer de Vincennes (p. 205), La débouche le canal de St-Maw , canal souterrain de 600 m. de long percé à travers la colline en 1825. Ce canal est d'une grande importance pour la navi-