LA CITÉ
La Cité (pi. R. 20, 23, 22; V) est, comme nons l'ayons dit (p. xi), la partie la plus ancienne de Paris. C'est dans cette île que se trouvait, au temps de Cé*sar, la Tille gauloise de Lutèce (Lutetia Parisiorum), le Paris des Romains et des Francs, auquel s'ajoutait seulement, sur la rive g. de la Seine, un petit faubourg entoure" de marais et de bois. Ce fut aussi, sous les rois francs, le lieu choisi pour bâtir l'église principale. Dans la suite, la ville s'étendit de plus en plus sur la rive dr. du fleuve, de sorte qu'à la fin du xme s. cette partie comptait déjà 194 rues, tandis que les deux autres réunies n'en avaient que 116. Néanmoins la Cité conserva son caractère particulier et continua de renfermer le palais des rois et l'église métropolitaine de Notre-Dame. Presque toutes les rues y avaient leurs sanctuaires, quelques uns tenus en grande vénération à cause de leur ancienneté, comme St-Qermain-le- Vieux ou Stc-Qenevïeve-d? Ardent, ou à cause d'images miraculeuses, comme 8t-Eloi ; d'autres se distinguant par leur beauté et la richesse de leur décoration, comme la Stc-Chapelle, attenante au palais (p. 213). Près de Notre-Dame s'élevèrent, d'un côté le palais épiseopal et V Hôtel-Dieu, destiné dans le principe à héberger les pauvres et les pèlerins, de l'autre côté le cloître Notre-Dame ou maison des chanoines, si célèbre dans l'histoire de l'université. La Cité était en outre habitée par les domestiques de la Cour , des orfèvres, des changeurs, des boulangers, des marchands de volaille, etc. Le clergé y formait cependant la majorité de la population, de même que la bourgeoisie dans la partie N. de Paris, la Ville proprement dite, et les lettrés dans la partie S., Y Université.
Aujourd'hui, la Cité n'est plus le centre de Paris, mais elle en renferme encore les deux plus beaux monuments religieux, Notre- Dame et la Ste-Chapelle. L'Hôtel-Dieu s'y trouve toujours , et à la place de l'ancien palais royal s'élève le Palais-de- Justice.
9, Palais-de-Justice, Ste-Chapelle et Notre-Dame.