LES GOBELINS
mencée par Louis XIII pour servir d'arsenal, la Salpétrière fut transformée plus tard en hospice de la vieillesse pour les femmes âgées ou folles. Il y a 45 corps de bâtiment, comptant 4,682 fenêtres. Les heures de visite sont de midi */2 à 4 h. les dimanche et jeudi.
Le bout. St-Marcel, qui commence à dr. à la place de l'Hôpital et passe devant un nouveau marché aux chevaux, mène plus loin à l'avenue des Gobelins, dans laquelle se trouve la manufacture, un peu plus haut, no 40 (drapeau à dr.). L'odorat ne révèle que trop la présence de nombreuses tanneries dans ce quartier.
Les manufactures des Gobelins sont visibles les mercr. et sam. de 1 h. à 3 h. En principe, il faut une autorisation de l'administrateur, mais on n'en refuse guère l'entrée sans cela, surtout aux étrangers. Toutefois il en faut une spéciale pour voir la teinturerie. On n'a pas besoin de catalogue; il y a des inscriptions.
Les Gobelins ou manufactures de tapisseries des Oobelins et de tapis de la Savonnerie (pi. G. 23), ont été en partie incendiés par les insurgés, le 25 mai 1871, lorsqu'ils furent obligés d'abandonner leur position de ce côté. Quelques unes des tapisseries les plus précieuses avaient été mises en sûreté avant la guerre, mais 70 ont été anéanties. Cependant les manufactures méritent encore une visite. Les bâtiments n'ont absolument rien de remarquable.
Un petit ruisseau, la Bievre, traverse Paris au S.-E. , sur la rive gauche de la Seine, et aboutit dans l'égout collecteur de cette rive (p. 280), derrière le Jardin des Plantes. En 1450, Jean Oobelin fonda une teinturerie sur ses bords, et son successeur y joignit une manufacture de tapis. Dès le milieu du xvn© s., les tapisseries des Gobelins avaient acquis une telle réputation, que Colbert, ministre de Louis XIV, acheta l'établissement en 1662, et en continua l'exploitation pour le compte du gouvernement. On s'aperçut dans la suite que l'entreprise ne rapportait point de profit direct à l'Etat, mais on crut devoir donner un bon exemple, en conservant un établissement dont les produits n'étaient égalés par ceux d'aucune autre fabrique du monde. On chercha encore à rehausser la valeur des tapisseries en ne les faisant point entrer dans le commerce. Elles ne furent employées qu'à la décoration des châteaux de la couronne, et comme cadeaux pour les souverains étrangers, de grands personnages, des ambassadeurs, etc. Cet usage s'est maintenu jusqu'à nos jours, tant à l'égard des tapisseries des Gobelins, que pour les tapis de la Savonnerie, nom qu'on donnait à une manufacture de tapis fondée par Marie de Médicis en 1604 , dans une ancienne savonnerie, et réunie aux Gobelins en 1826.
Le métier à tisser des Gobelins ressemble fort au métier ordinaire. La petite partie du tableau dont l'artiste s'occupe pour le moment, est dessinée au crayon noir sur la trame. L'original est placé derrière lui, et devant lui est une corbeille avec des bobines couvertes de laine de toutes les couleurs. Ce qui constitue la principale difficulté de ce travail si délicat, c'est le choix des nuan-