LES GOBELINS
ces, chaque teinte se composant de 24 tons qui différent fort peu Vu n de l'autre. Un coup d'œil exercé et une patience à toute épreuve sont les principales qualités nécessaires à ces artistes, dont les plus adroits font au plus 30 à 35 centim. carrés de tapisserie par jour. L'exécution d'un tableau d'une certaine dimension exige cinq et même dix années, de sorte qu'on ne doit pas s'étonner d'en voir estimés de 50,000 à 150,000 fr. Ce n'est généralement qu'une copie de tableau connu, mais néanmoins un chef-d'œuvre, qui peut se comparer à une bonne traduction. Les personnes qui n'auront encore vu que des tapisseries des Gobelins toutes passées du siècle dernier, seront étonnées de la vivacité et de l'habile dégradation des couleurs dans celles qu'elles verront sur les métiers, tableaux charmants où l'œil n'est pas même contrarié par le brillant du vernis. On n'emploie plus guère que la laine à leur confection, ses couleurs étant les plus solides ; on se sert seulement de soie dans les fleurs et les fruits, et pour rendre le brillant des métaux.
La visite commence par les salles d'exposition, en partie dans un bâtiment provisoire à g. de l'entrée.
Ire salle. A dr., 2, le 8acriflce d'Abraham, d'après Sim. Vouet. — 3, Audience donnée par Louis XIV au légat du pape (Lebrun). — 9, Latone change les paysans en grenouille (Mignard). — 8, les Danseuses (Jules Romain?). — 6, l'Automne (Lebrun). — 41, J.-B. Colbert (Cl. Le/ebvre). — 13, l'Air, Junon (Cl. Âudran). — 39 , Louis XIV (Hyac. Rigaud). — 40, Ch. Lebrun (Rigaud). — 14, l'Hiver, 8aturne (Cl. Audran). — 5, le Château de Blois (Lebrun). — 7, le Mariage d'Alexandre et de Campaspe (Raphaël). — 10, le Triomphe de Pallas (N. Coypel). — 4, Louis XIV visitant les Gobelins (Lebrun et van der Mtulen). — 1, le Triomphe d'Apollon (Ant. Car on).
Il* salle. A dr. et à g., parties de tentures et de portières. — Dans le fond, 23, 24, les Deux taureaux; Combat d'animaux (Fr. De$porUê).
Ille salle. A dr., 17, le Limier (J.-B. Oudry). — 21, l'Aurore et Céphale (Boucher). — *18, l'Evanouissement d'Esther (F. de Troy). — 22, les Forges de Vulcain (Boucher). — *20, Don Quichotte et Sancho sur le cheval de bois (Ch. Coypel). — *16, Arrivée de l'ambassadeur turc venant complimenter Louis XV sur son avènement (Ch. Parrocel). — 26, la Continence de Bayard (Rameau). — 19, Juin, la Tonte des moutons, d'après une tapisserie du xvie s.
IV® balle. A dr., 32, Napoléon rendant ses armes au chef d'Alexandrie, fragment (Mulard). — •45, tête de vieillard, tapis, chef-d'œuvre exécuté à la Savonnerie au xvin© s. — 38, les Adieux de Vénus à Cérès et à Junon (Raphaël). — 31, Napoléon recevant la reine de Prusse à Tilsitt, fragment (Berton). — *34, la Bataille de Tolosa (H. Vernet). — *30, la Reddition de Vienne, fragment (Oirodet-Trioson). — 33, Napoléon recevant les ambassadeurs persans au camp de Finkenstein, fragment (Mulard). — 42, le Toucher (P. Baudry). — *36, *35, le Loup et l'Agneau, la Lice et sa compagne (Oudry). — 37, Jupiter consolant l'Amour (Raphaël).
Viennent ensuite trois ateliers $ on descend un escalier pour arriver au 3«. Les tapisseries qui s'y voient ne sont naturellement pas toujours les mêmes. Actuellement, ce sont des entre - fenêtres et des panneaux décoratifs pour les palais de l'Elysée et du Luxembourg et pour le Panthéon. On remarquera aussi à l'extrémité du 1«* atelier une tapisserie de Bruges du xvie s., Louis XI levant le siège de Dôle et de Salins, en 1477.
L'avenue des Gobelins aboutit plus haut, avec le boul. de l'Hôpital, à la place d'Italie (pi. G. 23), d'où rayonnent encore deux
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i boulesMds et deux avenues sans importance pour l'étranger. Au «fHeu de la place est un bassin avec un beau jet d'eau ; au N., la mairie du XllU arrondissement, construite de 1867 à 1877, avec un joli campanile.
C'est près d'ici que les communards fusillèrent en 1871 les dominicains d'Arceuil (p. 321), au nombre de 19.
/cry, Bicêtre, Vitiy et Villejuif, que desservent les tramways passant place d'Italie, n'ont également à peu près rien d'intéressant pour les étrangers.
Le boul. Arago, qui fait suite au boul. St-Marcel (p. 264), passe à Y hôpital de Lourcine, puis à la prison de la Santé ou les Madelonnettes, et aboutit à la place Denfert-Rochereau (p. 237). De l'avenue des Gobelins part aussi, à côté* du boul. Arago, le boul. de Port-Royal, qui mène au carrefour de l'Observatoirefp. 256), en passant auValde-Grâce (p. 237).
A l'extrémité* de l'avenue des Gobelins, là où commence la rue Mouffetard, qui a donné* son nom au quartier le plus pauvre de la ville, habité* surtout par des chiffonniers, s'élève ré*glise St-Médard (pi. G. 22), des xve-xvr8 s. , dont le cimetière , remplacé* par un square, fut fameux au xvnies. Louis XV fut obligé*, en 1732, de dé*fendre les pèlerinages qui s'y faisait au tombeau de l'abbé* Paris, diacre janséniste auquel ses partisans (convulsionnaires) attribuaient des miracles. Un plaisant écrivit sur la porte l'épigramme suivante : «De par le roi , défense à Dieu. — De faire miracle en ce lieu.»
La rue Monge, derrière l'église, mène au boul. St-Germaiu (tramvr., v. l'appendice).
Rue Lhomond, 42, à l'O. de la rue Mouffetard, est l'ancien collège Rollin, qui renferme un musée pédagogique, ouvert au public les dimanche et jeudi de 10 h. à 4 h.