‹ Paris et ses environs suivis d'excursions diversesChapitre 216 sur 285 · I-L.fr .-k^r · texte numérisé non relu

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ses piliers aux niches élégantes, ses fenêtres aux riches encadrements , ses grandes lucarnes à clochetons et la galerie surmontée de statues qui règne dans le haut sur toute la longueur. L'aile de g. comprend une salle longue de près de 49 m. et large de plus de 16, dite salle des Procureurs ou des Pas-Perdus, dont l'immense voûte en bois n'est soutenue par aucun pilier. On peut toujours entrer dans cette salle et les autres sont également ouvertes au public durant les audiences, sinon l'on s'adresse au concierge , qui demeure dans l'aile de dr. (pourb.). La décoration intérieure du palais, aussi d'une grande richesse , est à peu près toute moderne. L'autre façade mérite aussi d'être vue.

Au sortir du palais, nous suivons plus loin la rue aux Juifs, qui passe devant la grille, et nous descendons à dr. jusqu'à

•Notre-Dame , la cathédrale (pi. 1), un des édifices les plus grandioses de la Normandie, datant surtout du xme s. , mais achevée seulement au xvi® s. Elle est malheureusement encore en partie masquée par des maisons. La * façade, du xvie s., est vraiment grandiose et aussi d'une très-grande richesse, mais les sculptures en sont fort dégradées. Elle est flanquée de deux tours isolées qui en gâtent un peu l'effet , par leur différence de style et en lui donnant trop de largeur. Celle de g., la tour St-Romain, dont la partie inférieure est restée d'une église plus ancienne détruite par un incendie , est assez simple et n'a que 75 m. de hauteur, avec sa toiture. Celle de dr. , nommée la *tour de Beurre , parce qu'elle a été construite avec l'argent payé par les fidèles pour obtenir la permission d'user de beurre durant le carême, est de la fin du xvies., de proportions beaucoup plus considérables et très-riche comme ornementation, mais sans flèche. Elle mesure 77m. de hauteur. Il y a eu jusqu'en 1822 une tour en pierre avec une belle flèche sur la croisée, mais elle a été détruite par la foudre et remplacée depuis par une pyramide disgracieuse en fonte, qui s'élève à la hauteur prodigieuse de 148m. Les deux portails latéraux, du xve s., Bont de toute beauté, surtout celui du N., dit ^portail des Libraires, parce qu'il y avait autrefois aux abords des boutiques de libraires. Il faut , pour le voir, faire le tour par la rue St-Romain. Il est précédé d'un avant-portail. Les sculptures du tympan, incomplètes, représentent la résurrection et le jugement dernier, celles de l'archivolte des anges et des saints, les autres des sujets grotesques. Le portail latéral du S. ou portail de la Calende, ainsi nommé, diton, d'une confrérie qui s'assemblait au commencement de chaque mois ou aux «calendes», fait face à une rue où nous descendrons en sortant de l'église. Les sujets des sculptures du tympan sont tirés de l'histoire de la Passion ; les autres sont analogues à ceux du portail N.

L'int&bieuk de rédifice est encore plus remarquable que l'extérieur ; l'ensemble en est majestueux et plein d'harmonie. Il est en forme de croix et mesure 136m. de longueur, 32m. 30 de largeur dans la nef (51 m. 60 au transept) et 28m. de hauteur. Il y a trois nefs jusqu'au tran-

sept et cinq de là aux chapelles absidales. Les collatéraux se prolongent dans les bras du transept. L'axe de l'édifice est sensiblement incliné au chevet. Des chapelles ont été ajoutées aux collatéraux. Les piliers de la nef sont relies entre eux par des arcades et une petite galerie qui en fait le tour, sur des colonnettes. Les trois portails sont surmontés de roses d'un riche dessin. Les fenêtres ont encore une partie de leurs précieux vitraux des xme-xvie s. La première chapelle à dr. de la nef, dans la tour de Beurre, a un grand retable, le Grucifiment de J.-C. et la Lapidation de St Etienne, et on y voit des tombes, des xni* et xiv« s., le tout nouvellement restauré. La dernière chapelle de ce côté renferme le tombeau de Rollon (m. 927), premier duc de Normandie ; la dernière de g. celui de son fils Guillaume Longue-Epie (m. 943). Il y a dans le bras N. du transept un jolie escalier gothique du xv« s., donnant accès à la bibliothèque du chapitre.

Le chœur est précédé d'un mauvais jubé du xvme s. Les grilles du pourtour sont fermées en dehors des offices, et il faut s'adresser au suisse pour y entrer et pour voir la chapelle de la Vierge (pourb.) A dr. du chœur est le tombeau restauré de Richard Cœur -de -Lion (m. 1199) et de l'autre côté, celui de Henri II (m. 1189), tous deux rois d'Angleterre.

La "chapelle de la Vierge, déjà fort remarquable en elle-même, et qui n'a pas moins de 29 m. de longueur, mérite surtout la visite des étrangers à cause des magnifiques monuments qu'elle renferme. Le premier, à g., est le tombeau de Pierre II de Brizé (m. 1465), sénéchal de Normandie. Il est du style gothique et se distingue par l'élégance de ses proportions. 11 forme comme une petite chapelle dans laquelle étaient des statues, détruites à la Révolution. A côté s'élève le Hombeau de Louis de Brézé (m. 1530), fils du précédent et aussi sénéchal de Normandie. Il fut érigé par sa veuve, la trop fameuse Diane de Poitiers, maîtresse de Henri II. 11 est en marbre blanc et noir et attribué à Jean Cousin et à Jean Goujon. Le défunt y est représenté dans le bas gisant sur un sarcophage, entre la Vierge debout a ses pieds et Diane à genoux à sa tête, et dans le haut à cheval et tout armé. Sur les côtés sont des colonnes et des cariatides représentant des vertus. — Puis vient le tombeau du cardinal de Croy (m. 1844), érigé en 1857, avec une statue du défunt par Falconis. — Mais le plus remarquable de tous est le ^tombeau des cardinaux dïAmboise, archevêques de Rouen, à dr., en face des précédents. C'est une des plus magnifiques oeuvres de la Renaissance, datant de 1518- 1525, aussi en marbre blanc et noir, par Roland Leroux, cmaître maçon» de la cathédrale et du Palais-de-Justice. Au milieu sont les statues des cardinaux, agenouillés sous un baldaquin richement décoré; derrière ces statues un bas-relief sur fond doré, St Georges terrassant le dragon et huit statues de J.-C, la Vierge et des saints; dans le bas, six charmantes statuettes représentant des vertus, et dans le haut des statuettes des apôtres placées deux à deux dans des niches fort élégantes. On remarquera la finesse de toutes ces sculptures et en particulier des petites figures de moines encapuchonnés aux pilastres du bas. Ce monument a 6 m. de long et 8m. de haut. — Malgré sa lourdeur, il faut encore mentionner le rétable tout doré de l'autel, avec un tableau de Phil. de Champaigne, l'Adoration des bergers.

En sortant de la cathédrale par le grand portail, on remarquera devant soi un beau reste d'édifice du xvie s., dit le bureau des finances.

Nous passons maintenant à dr. de la cathédrale, pour descendre en face de son portail de la Calende (p. 335). Le vaste corps de bâtiment derrière l'église est Varchevêché, dont certaines parties remontent au xve s. En allant de ce côté, on arriverait à la rue de la République, près de St-Maclou (p. 338). Nous descendons à g. en face du portail, par une petite me du vieux Rouen, jusqu'aux anciennes halles (pi. 13), où se voit un monument curieux de la Re-

naissance, dit chapelle 8 1- Romain. C'est un édicule ouvert , sous lequel est un passage voûté. Tous les ans avait lieu ioi à l'Ascension, par un condamné* à mort qui obtenait ainsi sa grâce, la «levée de la fierté» ou châsse de St Romain. Nous passons sous la voûte pour arriver un peu plus bas sur les quais.

Les quais de Rouen, long de plus de 2 kil. , sont beaux et trèsanimés. La Seine , qui est déjà très-large à cet endroit et subit l'influence de la marée , bien qu'à 126 kil. de son embouchure, y forme un assez bon port, grâce aux améliorations entreprises de nos jours. Il y a une île assez importante en amont, traversée par un beau pont de pierre, au milieu duquel est une statue de P. Corneille, le grand poète, natif de Rouen, bronze par David d'Angers. De l'autre côté* est le faubourg considérable de St-Sever, qui a sa propre gare. Ce faubourg est encore relié plus bas à la ville par un pont suspendu, au delà duquel est le monument de Vabbé de la Salle (m. 1719), fondateur de l'institution des frères de la Doctrine chrétienne. C'est un groupe en bronze sur une fontaine, avec des statuettes d'enfants aux angles , par Falguière ; il a été érigé en 1875. On doit construire un troisième pont un peu plus en aval à l'extrémité de la rue Jeanne d'Arc. Parallèle au quai de la Bourse, qui commence au pont suspendu, se trouve la petite promenade très-fréquentée nommée Cours Boïeldieu. Au commencement s'élève le théâtre des Arts (pi. 12) incendié en 1876 et maintenant reconstruit. A l'extrémité , la statue de Boteldicu, le compositeur, né à Rouen en 1775*: elle est en bronze et d'après Dantan jeune. Un peu plus loin est la Bourse, édifice du xvme s. , près duquel se donnent des concerts en été. Puis la rue Jeanne-d'Arc et, à l'extrémité du quai de la Bourse, Yhôtel de la Douane (pi. B, 5,6), construit en 1838.

Nous montons maintenant dans la rue Jeanne-d'Arc. A quelque distance, à g., la petite église St-Vincent (pi. C, 5), bel édifice gothique du xvie g., avec un clocher du xvir6. Les parties les plus remarquables sont le grand portail , avec un joli porche, le portail latéral du S. et les vitraux.

Plus haut du même côté, dans la rue Jeaune-d' Arc, la belle tour 8t- André , reste" d'une église des xve et xvi» s., qui rappelle, avec son square, la tour St- Jacques de Paris. On a reconstruit à côté, dans le square, une façade de maison en bois du xvie s. — Nous prenons la rue à dr. de la tour et plus loin une seconde petite rue, un peu plus haut. Elle passe à dr. devant les restes d'une chapelle des xi<* et xiv« s., et conduit à la petite place de la Pucelle, décorée d'une fontaine avec une statue ridicule de Jeanne d'Arc par P. Slodtz. Il est reconnu aujourd'hui que ce n'est pas ioi que fut brûlée la Pucelle d'Orléans , mais un peu plus haut, sur la grande place du Vieux- Marché , à l'endroit, dit-on, où s'élève le Théâtre-Français (pi. 9), qui date de 1793. - A l'O. de la place de la Pucelle, n° 6, VmhÔtel du Bourçthéroulde

Badekbb, Paris, 6e édition. 22

(pi. 10), dont l'entrée a été malheureusement dégradée et en partie reconstruite, mais présente encore dans la cour des parties du xv© s. très-curieuses. Cet hôtel est aujourd'hui occupé par le Comptoir d'escompte, et l'on peut y entrer librement dans la semaine; les dimanches et fêtes, on s'adresse au concierge (pourb.). Le bâtiment du fond, qui a une tourelle hexagone à trois étages tout couverts de sculptures, et deux jolies lucarnes, est décoré de bas-reliefs représentant des scènes champêtres et pastorales. L'aile de g. , plus dégradée, a encore cinq bas-reliefs représentant l'entrevue de François Ier de France et de Henri VIII d'Angleterre au Camp du Drap d'or, en 1520, et quatre autres bas-reliefs composés de sujets symboliques.

Au Vieux-Marché (v. ci-dessus), nous tournons à dr. dans la rue de la Grosse-Horloge, qui traverse plus loin la rue Jeanne-d'Arc, et dans laquelle nous apercevons bientôt, à dr., la tour de la Orosse- Horloge (pi. 8), le beffroi de Rouen, construit à la fin du xiv<> s. H y a à côté une espèce de porte du xn« s. , dans laquelle est l'horloge , ayant de chaque côté un grand cadran sculpté. Dans le bas de la tour, une fontaine du xvin© s., avec une niche où se voient Alphée et Aréthuse. et sous la porte, des bas-reliefs représentant le Bon pasteur.

De Vautre côté, à g., V ancien Hôtel-de-ViUe, aussi du xvi© s. La rue aboutit presque en face de Notre-Dame (p. 335). Nous prenons la rue St-Romain, qui passe devant le portail des Libraires (p. 335) et longe l'archevêché , pour arriver à la rue de la République. Quelques pas plus loin s'élève

*St-Maclott (pi. 2), petite église fort remarquable du xv* s., ayant sur la croisée une jolie flèche reconstruite de nos jours et haute de 78 m. Son ^portail, non encore restauré, est très-riche et précédé d'un porche de forme pentagone. Il a encore deux ^portes en bois bien conservées, avec de magnifiques sculptures attribuées à Jean Goujon et dont les sujets sont tirés de la Bible. Ces portes ont été comparées à celles du baptistère de Florence par Ghiberti. A l'intérieur, nous signalerons surtout l'escalier gothique de l'orgue, du xvi6 s., les vitraux, desxv* et xvie s., et des boiseries, en particulier celles de l'orgue.

A quelques pas de l'église, à g. , rue Martainville, 188, se trouve Vaître deSt-Maclou, ancien cimetière entouré de murs, sur lesquels se voient des restes de sculptures représentant une danse des morts. Il y a maintenant une école.

La rue de la République, une des grandes rues neuves de Rouen, parallèle à celle de Jeanne-d'Arc, conduit plus haut à

**St-Ouen (pi. 3), ancienne église abbatiale, qui surpasse encore Notre-Dame par ses dimensions et surtout par la pureté de son style. Elle a été construite en grande partie de 1318 à 1339, par Alex. Berneval; mais le portail, avec ses deux tours de 86 m. de hauteur , n'a été bâti que de nos jours , et il est malheureuse-

ment un pen. trop petit. 11 y a au transept une *tour centrale élégante , s'élevant à 82 m. et flanquée de jolies tourelles. Elle n'a pas de flèche, mais elle se termine par une plate-forme entourée de clochetons, dite la «couronne de Normandie». Cette église n'a pas de portail latéral au N., où est l'Hôtel-de- Ville (v. ci-dessous), mais elle en a un magnifique au S., nommé le *portail des Marmousets, avec un porche à pendentifs. Le tympan au-dessus de la porte représente la mort de la Vierge, son assomption et son entrée au ciel. Au - dessus du porche est une petite salle destinée à une bibliothèque. La rose de ce portail est aussi très-remarquable.

L^intérieuk de St-Ouen est peut-être le plus remarquable dans son genre, par la grandeur des proportions, la régularité de l'ensemble, l'harmonie des parties et la pureté des lignes. Il est en forme de croix et mesure 138 m. de longueur, 26 m. de largeur dans la nef (42 au transept), et 32 m. 50 de hauteur. Le vaisseau est divisé, comme celui de la cathédrale, d'abord en 3 nefs, puis en ô au delà du transept. Il n'y a pas de chapelles le long des collatéraux. Les piliers et les voûtes sont d'une grande légèreté, et les murs ne se composent , pour ainsi dire , que des meneaux des 135 fenêtres, garnies d'anciens vitraux. L'air svelte et dégagé de cet édifice est en partie dû à l'absence d'ornements étrangers; c'est à dire qu'il renferme peu d'oeuvres d'art et aucune qui mérite particulièrement d'être signalée, sauf peut-être les tombeaux de deux abbés de St-Ouen, dans la chapelle de la Vierge. On remarquera, comme curiosité, que l'église se reflète dans un grand bénitier à dr. de l'entrée.

A g. de St-Ouen se trouve YHôtel-de- Ville, qui est l'ancien dortoir de l'abbaye dont dépendait l'église. Il renferme la bibliothèque publique, riche de 118,000 vol. et 2,500 manuscrits. La place qui le précède est décorée d'une statue équestre de Napoléon /«»', œuvre médiocre de Vital-Dubray. Derrière l'Hôtel-de -Ville et St-Ouen se trouve un beau jardin public, renfermant quelques statues et d'où l'on voit, dans l'angle formé par les deux édifices, une petite tour romane du xie s., dite la Chambre aux Clercs.

La grande rue en face de l'Hôtel-de- Ville, nommée aujourd'hui rue Thiers, passe à côté du nouveau musée , dont il sera question plus loin, puis à côté du jardin Solférino (p. 334), et elle s'étend, au delà de la rue Jeanne-d'Arc, jusqu'aux boulevards.

Nous continuons de remonter la rue de la République, en passant devant le lyeée Corneille, qui a une chapelle du xvne s., avec façade rue Bourg-l'Abbé. A l'extrémité supérieure de la rue de la République s'élève depuis 1879 la grande Fontaine Ste-Marie, par F aiguière. C'est une sorte de château-d'eau surmonté d'une statue de la ville, assise sur une nef antique et entourée de génies et de groupes symboliques.

Les bâtiments à g., un ancien couvent précédé d'un petit jardin, dans lequel sont divers débris de sculptures , renferme le musée d'antiquités et de céramique et le muséum d'histoire naturelle.

Le mutée d'antiquités (pi. 5), dont l'entrée est la première porte à g., surmontée d'une belle statue de Diane, est public les dimanche et jeudi de midi à 4 h. et visible aussi les autres jours pour les étrangers. Il est installé dans le cloître du couvent et les salles voisines, et il se compose principalement de sculptures et de débris de sculptures en pierre et en

bois, datant surtout du moyen âge; de vitraux, d'une quantité d'objets de toute nature provenant d'églises ou de maisons démolies-, d'antiquités romaines, parmi lesquelles figure une grande mosaïque; d'armes, d'ouvrages de serrurerie d'un travail admirable, de monnaies, de médailles, etc.

Le musée de céramique, qui occupe un côté des cloîtres, se compose snrtout d'une riche collection de faïences de Rouen, des xvne et xvin» s.

Le muséum d'histoire naturelle , dont l'entrée est un peu plus bas que celle du musée d'antiquités, est ouvert tous les jours, sauf le samedi, de midi à 4 ou 5 h. Il a une très-belle collection d'oiseaux au second étage.

A côté de la porte du muséum passe la rue Beauvoisine, par laquelle nous descendons jusqu'à la rue Beffroi, la troisième à dr., dans laquelle nous tournons pour aller voir à g. St-Godard (pi. 6), église en partie du xvie s., à trois nefs d'égales dimensions et sans voûtes, celle du milieu terminée par une abside à trois pans. On en remarque surtout les mvitraux, la plupart modernes ou restaurés. Il y a une verrière du xvie s. dans la chapelle à dr. du chœur et une autre dans celle de g. Le chœur lui-même a des peintures murales par le Ilénaff.

Un peu plus bas se voient encore les restes de l'église St-Laurent (pi. D, 3) des xve et xvie s., aujourd'hui occupée par des magasins. La tour en est la partie la plus curieuse et la mieux conservée.

Le musée de peinture (pi. 18), entre St-Laurent et le jardin Solférino, n'est qu'une partie du vaste corps de bâtiments destiné à réunir tous les musées et la bibliothèque de la ville. L'aile qu'on a d'abord construite du côté de la rue Thiers renferme depuis 1880 le musée de peinture, ouvert tous les jours sans exception, de midi à 4 ou 5 h.

Ier étage. — Nous traversons la grande salle en face de l'escalier provisoire et commençons par celle de g. — I" salle, de dr. à g. : 344, Falma, Ecce Homo; 343-845, le Pérugin, Adoration des mages, Baptême et Résurrection de J.-C, trois tableaux provenant de Pérouse, où ils décoraient un autel avec une Ascension aujourd'hui à Lyon ; 499, le Querclrin, tête d'homme; 355, Tiepolo, Partie de carte»; 324, Aug. Carrache, Jésus apparaissant à S te Madeleine; 316, le Bassan, Intérieur d'une ferme; puis divers tableaux de la vieille école italienne; 323, Ann. Carrache, St François d'Assise; 357, le lïtien, portr. d'homme; 353, Ribera, le Bon Samaritain; 321. le Caravage, un philosophe; 334, le Ouerchin, la Visitation (1632); 354, Solitnena, Christophe Colomb recevant les bulles du pape au moment de retourner en Amérique; 322, le Caravage, St Sébastien soigné par Irène. — 2« salle: sans num. Olaize, la Pourvoyeuse Misère ; 12, L. Boulanger, Supplice de Mazeppa; 550, Coi-ot, Environs de Ville-d'Avray ; 571, Sorieul, Episode de la retraite de Moscou; — Court (artiste rouennais), esquisse du tableau de Mirabeau et de Dreux-Brézé; 4, Bellangé, Charge de cavalerie à Marengo; — Clairin. Massacre des Abencérages; *37, Eug. Delacroix, la Justice de Trajan; 284, Slevens, Un métier de chien; 889, Février, Ste Anne martyre. — 3« salle, tableaux de peintres français du xvii« s. : la Hire, Deshapes, Poussin, etc.

Nous revenons sur nos pas et visitons les salles du pourtour en commençant du côté du jardin Solférino et tournant à dr. — 4« salle, rien de saillant. — 5« salle: dessins de Qéricault, peintre natif de Rouen. — 6« sALLe: 231, Phil. de Champ aiçne, Chœur d'Anges; 259, Jordaens, Jésus chez Marthe et Marie. — 7e salle: *285, Tilborg, Un banquet villageois; 257, Huysmans, paysage; 258, Jordaens, tête de vieillard; *301, Gérard

David de Bruges, la Vierge présidant une réunion de saintes; 286, 287, Thulden, Albert, archiduc d'Autriche, et sa femme Isabelle ; 232, Coninxlo, la Circoncision; 306, inconnu, Nature morte; 282, Snyders, Chasse au sanglier; 278, école de Rubens, Adoration des bergers. — 8« salle: rien de saillant. — 9« salle: 112, Merson, St Isidore martyr. — 10e salle, rien de saillant.

Ile étage. — lre salle (à dr.): 68-90, tableaux de Jouvenet, qui était originaire de Rouen. — 2e salle, rien de saillant. — 3e salle : 35, L. David, portr. de Mme Vigée le Brun; 107, Mme le Brun, portr. de la cantatrice Grassini. — 4« salle : 151, Morel-Fatio (aussi de Rouen), Combat du vaisseau le Vengeur. — 5e salle: grands tableaux de valeur secondaire. — 6e-8e salles : dessins et pastels. — 9e salle : grands tableaux de la Hire, Lemonnier, Halle, etc.

Un monument qui mérite encore particulièrement d'être signalé est l'église St-Patrice (pi. C, 3), dans la rue du même nom, de Vautre côté" de la rue Jeanne-d'Arc. Elle est peu remarquable comme édifice , mais c'est la plus célèbre de Rouen pour les ^vitraux. La plupart sont anciens, des xvr8 - xviie s. , et de toute beauté. On vante en particulier la fenêtre au fond du collatéral de g., attribuée à Jean Cousin, et dont le sujet allégorique serait le triomphe de la loi de grâce.

Les environs de Rouen offrent de charmantes promenades. Il n'est guère d'étranger visitant cette ville qui n'aille à Bonsecourê, localité à 3 kil. à TE. de la ville (voiture, v. p. 334). Le chemin qui y conduit part du quai de Paris, longe la côte Ste-Catherine et gravit à g. la hauteur voisine, d'où l'on a un beau coup d'oeil sur la ville et la vallée. Mais la "vue est surtout magnifique de l'église, située sur la dr. et qu'on aperçoit déjà de Rouen. Cette église (150 m. d'altit.), un pèlerinage très-fréquenté, est un bel édifice moderne du style ogival du xm* s., richement décoré à l'intérieur de peintures polychromes, et dont les fenêtres sont garnies de vitraux également dans le style du xin* s. On y remarque aussi le maître autel, en bronze doré; les peintures du sanctuaire, les stalles du chœur, la chaire, etc.

On va aussi beaucoup , pour la vue , en bateau à vapeur (v. p. 334) à la Bouille , village à 20 kil. en aval de Rouen , dans un site charmant. Le trajet est très-intéressant.

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