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PLACE DE LA CONCORDE

On résolut dans la suite , de décorer cette place d'un monument qui n'aurait aucune signification politique, et l'on choisit l^obélisque de Louqsor ou Luxor, que Méhémet-Ali, pacha d'Egypte , avait offert au roi Louis-Philippe.

Il décorait autrefois, avec un autre obélisque qui est encore debout au même endroit, les pylônes que Ramsèi II, le 3éso*tris des Grecs (xive s. av. J.-C), fit élever, avec une colonnade, devant le temple bâti par l'un de ses prédécesseurs, Amenhotep ou Aménophis III, le Memnon des Grecs, dans le faubourg oriental de Thèbes aux cent portes, là où est aujourd'hui le misérable village de Louqsor. Chacune des quatre faces de l'obélisque contient trois colonnes d'hiéroglyphes , celle du milieu de Ramses II, les deux autres ajoutées par Ramsès III, l'un de ses successeurs. Les hiéroglyphes de Bamsès II disent que ce roi, le «maître du monde», le «soleil», le «fléau des ennemis», a fait élever les pylônes et les deux obélisques en l'honneur d'Ammon-Ra, le premier des dieux égyptiens, en reconnaissance des victoires qu'il lui a fait remporter.

Cet obélisque se compose d'un seul bloc de granit rose des carrières de Sylne, aujourd'hui Assouan, dans la Haute-Egypte. Il a 22 m. 83 de hauteur et il pèse 250,000 kilogr. Le piédestal est un bloc de granit de Bretagne de 4 m., et le tout repose sur un soubassement de 1 m. de haut. — L'obélisque transporté* à Londres en 1878 ne mesure que 21 m. 34 d'élévation , mais celui de la place S t- Jean de Latran à Rome a 32 m. et en a même eu 33.

Le bâtiment destiné à rapporter le monolithe partit 1831 ; mais le transport présenta de si grandes difficultés, qu'il ne fut de retour à Cherbourg que 2 ans après, et l'érection ne put avoir lieu que le 25 oct. 1836, sous la direction de ringé*nieur J.-B. Lebas. Sur le piédestal du monument sont représentés, du côté N., les machines et les appareils qui servirent à son transport et à son embarquement en Egypte; du côté S., ceux qui servirent à son érection à Paris. Les inscriptions sont naturellement aussi relatives au transport et à l'érection.

Les deux *fontaines, de chaque côté de l'obélisque, comptent parmi les plus beaux ornements de la place. Elles se composent chacune d'un bassin circulaire de 16 m. 50 de diamètre, au milieu duquel sont deux vasques superposées et surmontées d'un gros bouton , d'où s'échappe un bouillon d'eau , à une hauteur de 9m. Six statues, représentant des tritons et des néréides, sont placées dans le grand bassin ; elles tiennent des dauphins qui lancent de l'eau dans les vasques. La fontaine du côté de la Seine est dé"dié*e aux mers ; les statues qui y supportent le second bassin représentent le grand Océan et la Méditerranée; les génies, les quatre différents genres de pêche. L'autre fontaine, dédiée aux fleuves, a pour figures principales le Rhin et le Rhône, et ses génies font allusion aux quatre principaux produits de la France : le froment, le vin, les fruits et les fleurs. Les statues et les vasques sont en fonte de fer bronzé*e, les bassins inférieurs en granit.

Autour de la place sont huit statues assises de grandes villes, en pierre, sur des pavillons qui leur servent de piédestaux: Lille et Strasbourg, par Pradier; Bordeaux et Nantes, par Calhouet;

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