‹ Paris et ses environs suivis d'excursions diversesChapitre 62 sur 285 · COLONNE VENDÔME · texte numérisé non relu

COLONNE VENDÔME

perbes salons de l'hôtel, où se donnent quelquefois de grands bals. Une plaque sut le 2e pilastre de la grille du jardin des Tuileries après la porte voisine, rappelle que là se trouvait le manège où siégèrent l'Assemblée constituante, l'Assemblée législative et la Convention nationale.

La rue de Castiglione, à côté* de l'hôtel Continental , conduit à la place Vendôme (pi. R. 18 ; II), place octogone d'architecture assez monumentale , mais froide et monotone , dont les constructions sont en partie de J.-H. Mansart (1708). Elle a dû son nom à un hôtel qui avait été bâti à cet endroit par Henri IV pour son fils le duc de Vendôme. Elle s'est appelée aussi place des Conquêtes, et, à la Révolution, place des Piqpes* Il y eut d'abord une statue équestre de Louis XIV, par Girardon.

La *eolonne Vendôme, qui s'élève maintenant au centre de cette place, fut érigée de 1806 à 1810 par Napoléon, à la gloire de la Grande armée et de ses victoires sur les Autrichiens et les Russes en 1805: «Neapolio Imp. Aug. Monumentum belli Germanioi . . . gloriœ exercitûs maximi dioavit». C'est une imitation de la colonne Trajane de Rome, mesurant 43 m. 50 de hauteur et environ 4 m. de diamètre. Elle est l'œuvre des architectes Denon, Qondouin et Lepère. Comme on le sait, elle fut renversée par les gens de la Commune en mai 1871 , à l'instigation du peintre Courbet, mais elle est tout à fait reconstruite depuis 1875. Les plans primitifs et les fragments en ayant été conservés, il n'y a eu rien de changé dans la réédification. Elle se compose d'une maçonnerie revêtue de plaques de bronze formant une spirale de 273 m., sur laquelle sont représentés les faits mémorables de la campagne de 1805 , depuis la levée du camp de Boulogne jusqu'à la bataille d'Austerlitz, d'après BergeteU Les figures ont 1 m. de haut; il y a parmi elles bon nombre de portraits, et les costumes , les armes, etc. , sont reproduits exactement tels qu'ils étaient à l'époque. Le bronze nécessaire a été fourni par 1200 canons autrichiens et russes.

Le piédestal est orné de trophées d'armes et de costumes des troupes vaincues. Il y a aux quatre coins des aigles soutenant des guirlandes. Une belle porte en bronze donne entrée au S. dans ce piédestal, où se trouve un escalier pour monter au sommet du monument (176 marches, incommode, pourb. au gardien). On peut voir à l'hôtel des Monnaies (p. 241) une assez bonne réduction de cette colonne.

La statue qui couronnait originairement la colonne , Napoléon 1er 6n costume romain, par Chaude t> fut renversée en 1814 par le zèle aveugle du parti royaliste, et employée à la fonte de la statue de Henri IY sur le Pont-Neuf (p. 215). On la remplaça alors, pour tout le temps de la Restauration, par une énorme fleur de lis portant un grand drapeau blanc. Après 1830, Louis-Philippe fit placer sur la colonne une autre statue faite par Dumont, avec du bronze provenant de canons pris à Alger, et représentant l'empereur avec sa redingote grise et son chapeau à cornes. Celleci fut enlevée à son tour en 1863 et remplacée par une autre conforme à la première, qui partagea naturellement le sort de la colonne.

Page 1