PALAIS-ROYAL
d'Orléans, et plus tard le fils de ce dernier, Philippe d'Orléans, le Régent (m. 1723"), y fit ses fameuses orgies. Son petit-fils, qui se nomma Philippe-Egalité lors de la Révolution, et qui fut décapité en 1793, y mena à son tour un si grand train de vie, qu'il fut obligé de songer à augmenter ses revenus. Dans ce but, de 1781 à 1786, il fit entourer tout le jardin des constructions qui existent encore aujourd'hui, pour les louer à des boutiquiers. Bientôt des joueurs et des industriels de tout genre vinrent s'y établir dans les étages supérieurs. Les cafés du rez-de-chaussée devinrent le rendez-vous des mécontents. L'un des républicains les plus ardents, Camille Desmoulins, y appela le peuple aux armes le 12 juillet 1789 et y prit la cocarde verte, pour un temps le signe de ralliement des patriotes, qu'il conduisit le surlendemain au siège de la Bastille (p. 56).
Le Palais-Royal fut nommé alors Palais- Egalité, puis Palais du Tribunal, de 1801 à 1807, pendant qu'y siégeait cette assemblée. Il resta inhabité de 1807 à 1814 , revint à la famille d'Orléans sous la Restauration et fut habité par Louis-Philippe jusqu'à la fin de 1830. Le 24 février 1848 , le peuple en dévasta horriblement les appartements, à tel point qu'on y put vendre ensuite environ 25,000 kilogrammes de débris de verre et de porcelaine. Nombre de tableaux précieux y furent alors détruits. Sous le second empire, le palais fut habité d'abord par le prince Jérôme, ancien roi de Westphalie (m. 1860), puis par son fils , le prince Napoléon , cousin de Napoléon III. En 1871 , les communards y mirent le feu comme à bien d'autres édifices, et toute l'aile du S., y compris la plus grande partie des bâtiments de la cour d'honneur, à l'exception de l'angle du S.-O., où se trouve le Théâtre-Français, fut la proie des flammes. Parfaitement restauré aujourd'hui, le palais sert au conseil d'Etat. Il n'est pas ouvert au public, mais on en peut maintenant traverser la cour pour entrer dans le jardin.
La principale entrée des *galbribs et du jardin est toutefois encore à g. de la façade, entre le palais et le Théâtre - Français (p. 79). La première galerie à g. est la galerie de Chartres, où se voit le magasin de Chevet, un des premiers magasins de primeurs et de comestibles de Paris. Ensuite vient, à dr., la belle galerie d'Orléans, dont la construction ne date que de 1830. Elle a 100m. de long sur 16 de large, et elle est entièrement pavée de marbre et couverte en verre.
Le rez-de-chaussée du carré de bâtiments qui entoure le jardin, est presque uniquement occupé par des magasins d'articles de luxe, surtout de bijouterie ; c'étaient autrefois les plus brillants de Paris, mais ils sont maintenant surpassés par ceux des boulevards. Au premier étage sont les restaurants mentionnés; p. 13. Il y en a aussi quelques uns, les plus distingués, au rez-de-chaussée (p. 11), et du côté opposé à la galerie d'Orléans se trouve le café de la Rotonde.
La galerie à l'E. ou à dr. du jardin est la galerie de Valois ,• celle