‹ Paris et ses environs suivis d'excursions diversesChapitre 7 sur 285 · II. Histoire de Paris · texte numérisé non relu

II. Histoire de Paris

C'est dans la Cité (p. 211) que Paris prit naissance. César est le premier qui en fasse mention, l'an 53 av. J.-C, où il y convoqua une assemblée des Gaulois. Ce n'était alors qu'une chétive bourgade des Parisii, nommée Lutetia ou Lutèce, c'est-à-dire, en langue celte, «habitation au milieu des eaux».

Pendant longtemps, la ville, qui a aujourd'hui 7,802 hectares de superficie, tint dans cette île qui n'en avait que 15. Mais elle acquit peu à peu assez d'importance pour devenir à diverses reprises le séjour de plusieurs empereurs romains : Constance Chlore (250?-306), qui construisit le palais des Thermes; Constantin le Grand, Constantin II et Constance II, ses fils ; Julien I'Apostat, qui aimait beaucoup sa « chère Lutèce », et enfin Valentinien et Gratien.

Le christianisme y avait été implanté vers 250 par St Denis ; on y convoqua en 360 un concile à propos duquel elle est désignée sous le nom de Parisea civitas, d'où est dérivé celui de Paris. Près d'un siècle plus tard , en 451 , la ville fut préservée de l'invasion

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des Huns par Stc Geneviève, pins taid sa patronne. Clovis, roi des Francs, ayant vaincu les Romains en la personne de Syagrius (486), Paris devint en 508 la capitale de son royaume.

Cependant, loin de s'accroître, la ville resta plutôt stationnaire sous les Mérovingiens et surtout sous les Carlovingiens , qui n'y demeurèrent pas habituellement. On sait du reste peu de chose sur la topographie de Paris à cette époque, et il n'y reste plus guère des édifices d'alors que l'église St- Germam-des-Prés.

La seconde moitié* du rxe s. et le x* s. furent des temps de calamités : invasions répétées des Normands, incendies, inondations et famine , tout semblait vouloir augmenter les terreurs de l'approche de l'an 1000. Abandonnés par leurs souverains , les Parisiens avaient organisé la défense de leur ville sous la conduite de leurs comtes, dont l'origine remontait à Gharlemagne. L'un deux, Eudes, résista victorieusement aux Normands, et l'un de ses neveux, Hugues Capbt, proclamé roi en 987 , fonda la troisième dynastie, dite des Capétiens. On vit dès lors renaître le commerce à Paris, et la prospérité y recommença sous Louis VI, dit le Gros (1108- 1137). Son école devint bientôt célèbre grâce à Pierre Lombard et surtout à Abélard. La tour St-Jacques est à peu près le seul reste des édifices élevés sous le règne de Louis le Oios ; mais on lui attribue aussi la construction du Grand et du Petit Châtclet, châteaux forts aux extrémités des deux ponts qui reliaient la Cité aux deux rives de la Seine, et la construction de la deuxième enceinte de la ville , destinée à remplacer celle des Romains. Cette nouvelle enceinte, dont le tracé n'est pas bien connu, n'a pas dépassé en amont la place derrière l'Hôtel- de- Ville actuel et en aval la rue du Louvre, mais elle fut ensuite agrandie à l'E. et reportée jusque derrière St-Gervais.

C'est du règne de Louis VII (1137-1180) que datent l'établissement des templiers à Paris et la fondation de Notre-Dame.

Avec Philippb- Auguste (Philippe II; 1180-1223) commença réellement pour Paris une nouvelle ère. Ce prince établit des aqueducs, des fontaines, des ports, des halles, etc. , fit paver les rues principales , régularisa la police, continua Notre-Dame, construisit le vieux château du Louvre et éleva la troisième enceinte fortifiée , qui touchait à la Seine à la hauteur de l'église St-Paul en amont et au-dessus du pont des Arts en aval , et qui passait au N. derrière St-Eustache et au S. derrière le Panthéon. Les écoles de Paris furent dès lorg désignées sous le nom (L'université et la corporation des «marchands de l'eau» définitivement constituée sous la dénomination de Hanse parisienne.

Paris s'accrut de nouveau sous Louis IX ou St Louis (1226- 1270). La Ste-ChapeUe , qu'il construisit dans la Cité à côté du palais royal , aujourd'hui le Palais-de-Justice , - est encore le plus beau des monuments de la ville. Le chapelain du roi, Robert Sorbon, fonda la Sorbonne, et le prévôt des marchands, Etienne Boileau7

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réorganisa avec beaucoup d'habilité* la justice, la police et l'administration municipale. Paris avait alors environ 120,000 hab.

Philippe IV, le Bel (1285-1314), provoqua la première insurrection à Paris par des impôts excessifs et l'altération des monnaies, en 1306. Cette émeute réprimée, il songea à se défaire des templiers , et leur grand-maître , Jacques Molay, fut brûlé vif en 1314 , dans un îlot qui forme aujourd'hui le terre-plein du Pont- Neuf. Ce fut cependant Philippe le Bel qui organisa le parlement de Paris, qui convoqua les premiers Etats- Généraux, etc.

Sous Philippb VI (1328-1350), Paris eut particulièrement à souffrir de la guerre de Cent- Ans. Il conserva néanmoins une attitude énergique sous ce prince et surtout durant la capitivité de son successeur, Jban II, le Bon (1350-1364), après le désastre de Poitiers (1356). Le prévôt Etienne Marcel se mit à la tête du peuple et éleva la quatrième enceinte fortifiée sur la rive droite, s' étendant à peu près de l'extrémité du canal St-Martin au pont du Carrousel, en suivant la direction des Grands boulevards jusqu'à la porte St-Denis, puis en allant passer dans le jardin du Palais-Royal.

Chablbs V (1354-1380) renforça plus tard l'enceinte en construisant la Bastille (p. 56), et c'est aussi lui qui éleva non loin de là le grand et magnifique hôtel St-Paul, qui n'existe plus. Ce roi agrandit de plus le château du Louvre, rassembla une bibliothèque qui a formé le noyau de la Bibliothèque Nationale , et commença les égouts de la ville.

Le règne de Chablbs VI (1380-1422) fut des plus funestes pour Paris. Un impôt sur les comestibles amena d'abord la révolte des Maillotins , à la suite de laquelle furent supprimées les franchises municipales. Puis ce furent des exactions et de folles dépenses, pour lesquelles la ville fut mise à contribution; le roi tomba en démence; la France fut déchirée par les factions des Armagnacs et des Bourguignons , ces derniers trouvant des partisans à Paris dans les bouchers , nommés les Càbochiens. Ensuite les Anglais furent maîtres de la ville pendant dix-huit ans, y résistant même à l'armée que Jeanne d'Arc avait amenée d'Orléans.

Chablbs VII (1422-1461) ne rentra dans sa capitale qu'en 1436, et cette année ne vit pas encore finir les maux de Paris : la peste y fit 50,000 victimes dans l'espace de six mois (1437- 1438), et après ce fut le tour de la famine. Qu'on se figure, s'il est possible, l'état de la ville à cette époque, en considérant encore que, non seulement les Càbochiens y avaient égorgé 18,000 personnes, mais que des maladies contagieuses l'avaient aussi ravagée précédemment, ainsi qu'une famine atroce en 1421 !

Le règne de Louis XI (1461-1483) fut heureusement un règne réparateur, de même que ceux de Chablbs VIII (1483-1498) et de Louis XII (1418-1515). C'est sous Louis XI que fut établie à Paris la première imprimerie, et un beau monument que subsiste snoore de ce temps est le joli hôtel de Cluny.

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La Renaissance a jeté* nn vif éclat sut le règne de François l*T (1515-1547) ; mais son administration fnt loin d'être paternelle et libérale, car il finit par persécuter les protestants et supprimer l'imprimerie , qui ne fnt rétablie qu'avec la censure. Cependant il s'occupa de l'embellissement et de l'assainissement de Paris, qui comptait alors au moins 300,000 hab. Ce fut lui qui commença lu Louvre actnel, V JBôtel-dc- Ville et St-Eustache. Hbnri H (1547- 1559) et François II (1559-1560) continuèrent les persécutions contre les protestants , et sous Charles IX (1560-1574) Paris fut ensanglanté par les guerres de religion, dont le fait le plus odieux fut le massacre de la St-Barthélemy (1572), inspiré par la reine mère, Catherine de Médias. Un retour à la tolérance sous Hbnri 111 (1574-1589) fit naître la Ligue (1585). Le roi, accusé de complicité avec les huguenots , se vit opposer le due de Guise , fut forcé de quitter Paris , où éclata un soulèvement terrible , lorsqu'il eut fait assassiner son rival, dut mettre le siège devant sa propre capitale et tomba sous le poignard de Jacques Clément (1589).

Henri IV (1589-1610), qui était protestant, avait encore moins de chance d'être agréé par les Parisiens fanatisés ; ils tinrent bon contre lui, malgré une horrible famine qui en enleva 30,000. Mais la division s'étant mise dans la Ligue, dont une partie s'était tournée vers Philippe II d'Espagne , Henri gagna les modérés , abjura le calvinisme et entra dans la ville en 1594. Ce prince s'appliqua dès lors à réparer les maux des guerres civiles, continua le Louvre, les Tuileries, qui avaient été fondées par Catherine de Médicis, et le Pont-Neuf, commencé sous Henri III, acheva Y Hôtel- de- Ville, .créa la place Royale, aujourd'hui place des Vosges, etc. L'essor intellectuel de la capitale , le commerce et l'industrie prirent sous ce roi une nouvelle vigueur; mais les esprits étaient encore trop exaltés pour qu'il fût accepté par tous, et il tomba aussi sous le couteau d'un assassin, Fr. Ravaillac (1610).

Durant le règne de Louis XIII (1610-1643), Paris ne prit part à aucun événement important , mais il se développa et s'embellit d'autant plus. La cinquième enceinte élevée sous ce roi ne comprit aussi que la rive droite, comme la quatrième, et en différa peu comme étendue à l'E. A l'O., au contraire, elle continuait de suivre les grands boulevards actuels à partir de la porte St-Denis, s'en écartant seulement un peu au S. jusqu'à la Madeleine , et elle aboutissait à la Seine derrière le jardin des Tuileries. Six quais nouveaux furent encore ajoutés alors à ceux qui existaient déjà ; on fonda V Imprimerie Royale, le Jardin des Plantes et Y Académie Française ; on termina St-Eustache, moins le portail ; on construisit le palais du Luxembourg , le Palais-Royal, St-Roch , le Val-de- Grâce, etc., sans compter, comme presque toujours > une quantité de couvents.

Sous Louis XIV (1643-1715), Paris souffrit d'abord pendant cinq ans (1648-1653) de la Fronde, guerre civile provoquée par

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des é"dits fiscaux de Mazarin , que le parlement de Paris refusa d'enregistrer. Mais la royauté* en triompha et n'en devint que plus absolue. La capitale vit encore ses institutions municipales sacrifiées et fut abandonnée par la cour. Cependant elle continua de prendre de grands développements et de s'embellir. Les rues, dont la malpropreté avait souvent engendré la peste, furent désormais régulièrement nettoyées. Elles cessèrent aussi d'être des coupegorge , parce qu'on les éclaira et que la police en fut mieux faite. Alors aussi les visiteurs y vinrent de toutes parts , la noblesse y construisit des hôtels ; Paris donna même le ton à l'étranger , qui rechercha les produits de son industrie , et ce fut , comme nous l'avons dit, le beau temps de la littérature française. La population atteignit alors à peu près le chiffre de 560,000 âmes. Sous Louis XIV furent surtout fondés les Invalides , diverses bibliothèques et Académies, V Observatoire, les Gobelins, la Comédie-Française, VOpéraf etc. Il y eut aussi beaucoup de fondations religieuses ; les anciennes fortifications furent démolies et les boulevards transformés en promenades ; on y éleva quatre arcs de triomphe, dont il reste les portes St-Denis et St- Martin ; on commença sur la rive gauche d'autres promenades du même genre ; on construisit la colonnade du Louvre et le pont Royal ; on créa de nouveaux ports et de nouveaux quais, les places Vendôme, des Victoires et du Carrousel ; on traça le jardin des Tuileries , on planta les Champs-Elysées, etc.

Sous Louis XV (1715-1774), Paris souffrit de la profonde démoralisation de la cour , de la banqueroute de Law, des querelles entre les jansénistes et les molinistes , des agitations des convulsionnâmes , etc. ; mais de beaux édifices embellirent encore la capitale : l' Ecole- Militaire, le Garde- Meuble (place de la Concorde), le Panthéon , St-Sulpice , le Palais-Bourbon (Chambre des députés), le collège Mazarin (Institut), V Ecole de Médecine, etc. De ce règne aussi date la place de la Concorde , alors place Louis XV, et qui a été transformée plus tard.

Louis XVI (1774-1793) ne put échapper à la crise terrible qui se préparait. Louis XV avait dit au milieu des ses débauches : « après nous le déluge»; ce déluge s'appela la Révolution. Le rôle de la capitale devient alors de plus en plus considérable en France : prise de la Bastille (1789), Paris organisé en commune, le roi ramené de Versailles, V Assemblée Nationale venant à Paris (1790), flte de la Fédération, fuite du roi jusqu'à Varennes (1791), prise des Tuileries (1792), Louis XVI au Temple, son procès et son exécution (1793), culte catholique remplacé par le culte de la Raison, etc.

La république (1792-1804) est d'abord le gouvernement de la France par la* Commune de Paris , qui devient à son tour un pouvoir tyrannique, qui dirige même la représentation nationale ou la Convention (1792-1795) et qui ne recule pas, pour se maintenir, devant les massacres et le système de la Terreur. Cependant la

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Commune tombe victime de ses propres excès, avec Robespierre, le 9 thermidor an II on 27 juillet 1794. L'administration est alors divisée par la création de douze arrondissements, et les plue mauvais jours de la Révolution sont passés. La Convention, menacée encore une fois sérieusement, est délivrée par Bonaparte le 13 vendémiaire an rv (4oct. 1795) et remplacée par le Directoire (1795-1799), sous lequel Paris reste assez calme. On termine en 1797 la sixième enceinte, un mur d'octroi commencé sous Louis XVI, là où sont les anciens boulevards extérieurs , et en 1798 a lieu la première exposition de l'industrie. Le Consulat (1799-1804), substitué au Directoire par le coup d'Etat du 18 brumaire an vm (9nov. 1799), rend enfin à Paris la paix et la prospérité ; le culte catholique est rétabli et la municipalité réorganisée de façon à lui ôter le plus possible de son influence, dont elle n'a que trop abusé.

Le régime républicain n'avait cependant pas été sans faire de nombreuses et salutaires réformes, et il avait doté Paris et la France de grandes institutions : Ecoles Normale et Polytechnique, musées du Louvre, éP artillerie et des monuments français (p. 242), Conservatoire des Arts et Métiers, Archives nationales, Institut, Bureau des longitudes , bibliothèques , etc. La ville elle-même subit alors peu de changements , mais les transformations considérables qui devaient avoir lieu plus tard furent préparées par la suppression des innombrables couvents établis au cœur de la ville.

Napoléon I<* (1804-1814) voulut faire de Paris la véritable capitale de l'Europe ; il lui rendit du moins la splendeur par ses fêtes et contribua beaucoup à son embellissement. Il éleva l'arc de triomphe du Carrousel et la colonne Vendôme, continua le Louvre, constraisit la façade du Corps- Législatif, commença l'arc de triomphe de V Etoile, la Bourse, les ponts cf Austerlitz, des Arts, d'Iéna et de la Cité, acheva de débarrasser les autres ponts des maisons qui les encombraient , créa 26 fontaines publiques, perça 60 rues, etc. Aussi, quoique las des guerres de l'empire, Paris opposa une vigoureuse résistance aux alliés avant de se rendre, en 1814.

Louis XVIII (1814-1824) et son gouvernement réactionnaire mécontentèrent bientôt les Parisiens , de sorte que Napoléon fut bien accueilli à son retour de l'île d'Elbe. La ville n'en eut que plus à souffrir de la seconde invasion, et ses musées furent dépouillés des trésors rapportés depuis dix-neuf ans par les troupes victorieuses. L'exécution du général Labédoyère et du maréchal Ney montrèrent dès 1815 ce qu'on devait attendre des Bourbons. Aussi le duc de Berry fut-il assassiné en 1820 pour en éteindre la race, et il y eut la même année des troubles au sujet de la loi électorale.

Chablbs X (1824-1830) fut encore plus antipathique à Paris, à toute la nation que son frère. L'opposition libérale fit surtout en 1825 une grande manifestation aux funérailles du général Foy, l'un de ses chefs. Les mécontentements allaient toujours grandis-

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sant, lorsque la violation de la Charte par les ordonnances de Juillet amena la révolution de 1830 et l'exil de Charles X.

Malgré* les entraves que la réaction mit an progrès, Paris s'embellit encore sous la Restauration. On n'y ouvrit pas moins de 55 rues et places nouvelles ; on y bâtit la chapelle expiatoire, Notre-. Dame-de-Lorette, St- Vincent-de-Paul, Jes ponts des Invalides, de V Archevêché et d'Arcole ; on creusa le canal St*Martin et le canal St-Denis ; V éclairage au gaz, les omnibus et les trottoirs furent des innovations importantes de cette époque.

Sous Louis-Philippb (1830-1 848) s'accomplirent aussi de grands travaux; on acheva la Madeleine, commencée dès le règne de Louis XV, et l'arc de triomphe de V Etoile; alors furent érigés V obélisque et la colonne de Juillet; on construisit les ponts Louis- Philippe et du Carrousel, les fontaines Louvois, Cuvier, St-Sulpice, Qaillon et Molière ; on ouvrît le musée de Cluny et des Thermes ; on construisit des chemins de fer et les fortifications actuelles de Paris, la septième enceinte de la ville, et des forts détachés, auxquels on en a ajouté d'autres depuis 1870 (v. p. 162).

Cependant l'agitation régnait toujours à Paris. En 1831 eut lieu à St-Germain-1'Auxerrois une manifestation légitimiste suivie d'une émeute. Le choléra de 1832, qui enleva jusqu'à 1100 personnes en une journée, amena une trêve forcée. Le gouvernement ménagea une diversion en 1840 en ramenant les cendres de Napoléon Ier aux Invalides. Mais il se compromit définitivement en «'opposant au mouvement en faveur de la réforme électorale et en empêchant les banquets réformistes. Une nouvelle révolution éclata en février 1848, suivie d'une insurrection en juin, provoquée par les clubs et la suppression des ateliers nationaux. Le 10 déc. 1848, Louis Napoléon est élu président de la république ; le 2 de"c. 1851 , coup d'Etat qui dissout l'Assemblée; le 2 déc. 1852, rétablissement de Yempire.

Napoléon III (1852-1870) maintint le calme dans Paris en le privant de ses libertés, et y ramena la prospérité par des travaux qui l'ont à peu près complètement transformé , qui en ont fait le Paris nouveau d'aujourd'hui , dans lequel il y a sans doute beaucoup à blâmer, mais encore plus à admirer. La transformation s'opéra avec une rapidité prodigieuse ; on y dépensa sans contrôle des sommes énormes, ce qui a endetté la ville pour des siècles. Il serait difficile d'énumérer tous ces travaux ; il suffira de mentionner les plus importants : la plupart des nouveaux boulevards et des nouvelles avenues, au nombre de 22 ; des rues comme les rues de la Fayette, du Quatre-Septembre , de Turbigo. des Ecoles, de Rennes, et une grande partie de la rue de Rivoli; la plupart des squares, une partie du Nouveau Louvre; les églises Ste-Clotilde (achevée), St-Augustin, de la Trinité, St-Ambroise, etc. ; les théâtres Lyrique, du Châtelet, du Vaudeville, de la Gaîté et de V Opéra; le tribunal de commerce, le nouvel Hôtel-Dieu, de vastes casernes, les Halles

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Contrôlée et beaucoup d'autres ; le marché et les abattoirs de la Villette ; la fontaine St-Michel , le pont au Change , les ponts de Solférino, de VAlma, du Point-du-Jour, etc. ; les splendides quartiers des Champs-Elysées; les bois de Boulogne et de Vineennes transformés ; les aqueducs de laDhuys et de la Vanne ; le chemin de fer de ceinture, tout un immense réseau à'égouts, etc., etc.

Il importe encore de mentionner des événements comme les deux expositions universelles de 1855 et de 1867.

En 1860 , la ville s'était agrandie d'environ 400 hectares par l'annexion des communes comprises entre la nouvelle enceinte continue et les anciens boulevards extérieurs (p. 54). Sa population, qui était de 1,053,262 hab. en 1851, atteignait en 1861 le chiffre de 1,667,841 , dont près de 300,000 provenant des communes annexées. C'est depuis le second empire que Paris est administré par un préfet, ayant sous sa dépendance 20 maires, placés à la tête d'autant d'arrondissements (v. p. 47).

Les événements qui ont amené la fin de l'empire et ceux qui ont suivi sont bien connus. Paris y a naturellement contribué pour sa grande part , comme il en a subi particulièrement les conséquences, dans la guerre de 1870-71.

La BÉPCBMauE est proclamée le 4 sept. 1870, après la capitulation de Sedan , et le siège de Paris par les Allemands commence le 17; un mouvement insurrectionnel provoqué par le manque d'énergie des chefs militaires y a lieu le 31 oot. , une première sortie générale sans résultat s'effectue du 29 nov. au 2 déc. du côté de Champigny ; le bombardement commence le 5 janvier ; une seconde sortie se fait le 19 dans la direction de Buzenval sans plus d'avantage pour les assiégés. Paris est épuisé par un siège de 133 jours et un hiver très-rigoureux , accompagnés de toutes sortes de privations ; il se résigne, aux approches de la famine , à une capitulation inévitable, signée le 28 du même mois, en même temps qu'un armistice de trois semaines. Cet armistice est prolongé de huit jours lorsque l'Assemblée Nationale, réunie à Bordeaux, a ratifié les préliminaires de paix. La prolongation n'a toutefois été accordée qu'à la condition qu'une partie de Paris serait occupée par les Allemands , ce qui eut lieu du 1er au 3 mars. Cela amène un surcroît d'irritation dans la population parisienne, déjà profondément démoralisée par la longueur et les souffrances du siège et travaillée par des dissensions intestines. Les factieux trouvent un nouvel 'argument pour ameuter la populace dans la conduite du gouvernement , qui s'établit à Versailles , au lieu de rentrer dans la capitale ; ils lui font craindre une nouvelle restauration, et elle se met en révolte le 18 mars , en s'opposant à l'enlèvement des canons de la garde nationale.

Alors s'organise une nouvelle Commune (26 mars) et commence une guerre civile sans exemple, avec un second siège de Paris, plus désastreux que le premier, du 2 avril au 21 mai. A ce siège suc-

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cède encore une lutte acharnée de huit jours , dans les rues de la ville , se terminant par l'extermination d'une grande partie des insurgés. La rage des vaincus s'assouvit par la destruction plus ou moins complète et volontaire de 238 maisons et édifices publics. Parmi ces derniers, il faut surtout mentionner : les Tuileries, le ministère des finances, le Palais-Royal, la bibliothèque du Louvre, V Hôtel~de-Ville, le palais de la Légion d'honneur, le palais du quai d'Orsay, la préfecture de poliee , le Palais- de- Justice , les théâtres Lyrique, du Châtelet et de la Porte-St- Martin. La colonne Vendôme avait de plus été déjà renversée par les insurgés.

Cependant, sous le gouvernement de M, Thiers (1871 - 1873), Paris se remet encore rapidement de ces terribles épreuves, justifiant de nouveau sa devise: «fluctuât nec mergitur». La plupart des édifices se relèvent aussitôt de leurs ruines; le commerce et l'industrie souffrent seulement encore de l'état général de l'Europe et en particulier du régime équivoque inauguré par le renversement de M. Thiers , en vue d'empêcher l'établissement définitif de la république. Son projet se réalise néanmoins sous son successeur, le maréchal de Mac-Mahon (1873-1879). Les grands travaux de Paris reprennent à l'occasion de V exposition universelle de 1878, les pi as considérables étant l'achèvement de V Opéra, l'ouverture de V avenue de l'Opéra, la continuation du boulevard. S t- Germain, la construction du palais du Trocadéro et la reconstruction de VHôtelde -Ville. Enfin le retour des chambres dans la capitale, en 1879, est une nouvelle preuve de l'apaisement des esprits.

La population de Paris était au dernier recensement, en 1876, de 1,988,806 habitants ; elle est aujourd'hui de plus de 2 millions.

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