‹ Paris et ses environs suivis d'excursions diversesChapitre 71 sur 285 · HÔTEL-DE-VILLE · texte numérisé non relu

HÔTEL-DE-VILLE

calma qu'en se montrant avec la cocarde tricolore, composée par la Fayette de la couleur blanche des Bourbons et des couleurs bleue et rouge de la Ville de Paris. C'est ici que siégeait la Commune, lorsque Barras y pénétra au nom de la Convention à la tête de cinq bataillons , le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) , et que Robespierre eut la mâchoire fracassée d'un coup de pistolet. C'est par l'Hôtel- de- Ville que Louis-Philippe passa pour monter sur le trône en 1830 ; c'est ici que Louis Blanc proclama la république le 24 février 1848. Enfin l'Hôtel-de- Ville fut le siège du «gouvernement de la Défense nationale» du 4 sept. 1870 au 28 fév. 1871, et, jusqu'à la fin de mai, du soi-disant comité de la Commune.

L'édifice étant condamné à la destruction par les chefs des insurgés, des monceaux de combustibles arrosés de pétrole et des barils de poudre y furent placés à différents endroits. Tous les abords avaient de plus été barricadés, il s'engagea le 14 mai sur la place, à l'arrivée des troupes, an combat terrible, qui dura sans interruption jusqu'au lendemain matin. Obligés enfin de reculer, les insurgés cherchèrent a assouvir leur rage en mettant le feu à plusieurs maisons voisines, et ils allumèrent les matières inflammables accumulées dans l'Hôtel-de- Ville , tandis que 600 des leurs s y trouvaient encore. Les troupes, alors maîtresses des alentours, dirigèrent un feu incessant contre ces retardataires , dont pas un n'échappa ; oo ne fit pas de quartier à ceux qui sortirent du monument en feu, et ceux qui y restèrent, en partagèrent le triste sort. Mais il fut impossible de sauver l'édifice, dont la destruction fut encore plus complète que celle des Tuileries.

La place de VHôtel-de- Ville , autrefois appelée place de Grhvc, évoque sous ce nom une foule de souvenirs lugubres. Des bûchers y ont dévoré bien des victimes , des flots de sang y ont coulé sur l'échafaud. C'est ici, par exemple, que Catherine de Médicis fit pendre aux huées de la foule, après la St-Barthélemy (1572), les chefs huguenots Briquemont et Cavagnes ; ici qu'elle fit supplicier en 1574 le comte de Montgomery, dont la lance avait atteint par hasard, dans un tournoi, l'œil du roi Henri II, et occasionné sa mort fp. 205). En 1766, c'était le tour du comte de Lally-Tollendal, gouverneur des Indes françaises injustement condamné sous prétexte de trahison. Au mois de juillet 1789 , le successeur de Necker, Foulon, contrôleur-général des finances, et son gendre Berthier, y furent pendus aux lanternes par la populace et devinrent ainsi les premières victimes de la Révolution. Mais il y a eu aussi bien des exécutions de criminels trop fameux, tels que : Ravaillac, en 1610 ; la marquise de Brinvilliers et la Voisin , deux empoisonneuses, en 1676 et 1680; l'illustre voleur Cartouche, en 1721; Damiens, qui attenta à la vie de Louis XV, en 1757, etc. — Une statue d'Etienne Marcel (v. p. xxn) doit décorer cette place.

La place de l'Hôtel-de- Ville est reliée à la Cité par le pont i'Arcole, ainsi appelé du nom d'un jeune homme qui y fût tué à la tête d'une bande de combattants en 1830. Il a été reconstruit en 1854-55. La rue qui y fait suite, mène directement à Notre-Dame (P. 216).

86 2. ST-GERVÀIS.

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