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LES TUILERIES

maintenant trop petit pour la place et auprès des constructions qui l'entourent.

Il est percé de trois baies et décoré de colonnes corinthiennes avec bases et chapiteaux de bronze, supportant des statues de soldats de l'Empire. Des bas-reliefs de marbre dans les intervalles représentent : du côté de la place, à dr., la bataille d'Austerlitz ; à g. , la prise d'Ulm; du côté des Tuileries, à dr., la paix de Tilsitt; à g., rentrée à Munich; sur les faees latérales , au N. , rentrée à Vienne \ au S. , la paix de Presbourg. Enfin au sommet est un quadrige en bronze par Bosio, la Restauration, remplaçant le célèbre quadrige antique de Venise, que Napoléon avait rapporté d'Italie et qui fut rendu en 1814»

Une partie de la place du Carrousel et la cour des Tuileries sont aujourd'hui provisoirement occupées par des baraques dans lesquelles sont installés, à dr. la poste centrale, à g. les bureaux de la Ville, pendant la reconstruction de l'hôtel des Postes (p. 168) et l'achèvement de l'Hôtel-de- Ville (p. 83).

Le palais des Tuileries, toujours en ruine depuis 1871 (v. le plan, p. 92), fut fondé par Catherine de Médicis, veuve de Henri II (p. 89), qui chargea en 1564 Philibert Delorme de lui construire un château dans le voisinage du Louvre , mais en dehors de l'enceinte de la ville à cette époque. Il y avait à cet endroit des tuileries, de là le nom du palais. Le plan de l'architecte, d'après lequel ce palais devait former un carré long comprenant plusieurs cours et s'avancant presque jusqu'à la grille actuelle, ne reçut, pour ainsi dire , qu'un commencement d'exécution. Delorme mourut en 1570. Jean Buttant dirigea ensuite les travaux, mais il n'y eut de construit que ce qui reste encore debout aujourd'hui à l'état de ruine. On y fit du reste ensuite des changements considérables. Henri IV et Louis XIV y avaient, par ex., ajouté* les galeries du S. et du N. qui ont été détruites dans l'incendie de 1871 , et la façade du côté du jardin avait été* régularisée depuis 1856.

Avant la Révolution, les Tuileries n'avaient servi que temporairement de demeure aux rois. L'aile du N. fut le siège de la Convention du 10 mai 1793 au 4 nov. 1796 , et du conseil des Anciens jusqu'en 1799. C'est seulement à partir de février 1800, lorsque le premier consul Bonaparte vint s'y établir, qu'il devint la résidence habituelle des souverains ; Louis XVIII , Charles X, Louis-Philippe et enfin Napoléon III l'ont habité régulièrement.

Le palais des Tuileries était peu remarquable comme architecture, mais aucun édifice de Paris n'était, depuis la fin du xvm* s., plus riche en souvenirs historiques, et aucun, à l'exception de l'Hôtel -de -Ville (p. 85), n'a eu une destinée plus tragique, à partir du 5 octobre 1789, où Louis XVI y fut ramené de Versailles, et du jour où le roi y rentra encore forcément après son arrestation à Varennes, en juin 1791. Le 20 juin 1792, jour anniversaire du serment du Jeu de Paume, environ 30,000 hommes armés, venus des faubourgs, envahirent les Tuileries. Ce ne fut cependant qu'une manifestation injurieuse et menaçante pour le roi. Mais le 10 août fut décisif; le tocsin sonna dans les faubourgs à partir de minuit,

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