‹ Paris et ses environs suivis d'excursions diversesChapitre 82 sur 285 · LES TUILERIES · texte numérisé non relu

LES TUILERIES

et le peuple se dirigea de nouveau en armes vers le palais. L'attitude des gardes nationaux qui le gardaient était en partie très-indécise ; on la priva par ruse de son commandant, qui fut mis à mort parce qu'il était décidé à la résistance. Néanmoins la défense eût encore été possible avec le secours de la garde suisse, forte de 1950 hommes , si le roi, cédant à des instances répétées , faites même avec des intentions perverses, ne s'était enfin rendu avec sa famille au mantgt , où siégeait l'Assemblée législative (v. p. 75). Alors la garde nationale se dispersa, tandis que les Suisses se mettaient en devoir de défendre les Tuileries. Mais bientôt survint un ordre du roi , leur enjoignant de les évacuer. Immédiatement le palais fut envahi par les assaillants, qui massacrèrent tous les hommes qui s'y trouvaient et le ravagèrent. C'en était fait de la royauté ; Louis XVI passa la nuit dans une petite pièce du manège, et le 13 il fut conduit à la tour du Temple (p. 60), d'où il ne devait sortir que pour aller à l'échafaud.

Le 29 juillet 1830, la royauté de la Restauration succomba également par suite de la prise des Tuileries et de la fuite de Charles X, de St-Cloud à Rambouillet.

La royauté de Juillet s'éteignit encore de la même manière le 24 février 1848. Il n'eût pas été difficile de défendre le palais, mais Louis-Philippe préféra faire des concessions , dans l'espoir de conserver la couronne à son petit-fils, le comte de Paris. Bientôt il dut quitter les Tuileries, en se rendant par le jardin à la place de la Concorde, où deux fiacres attendaient les fugitifs pour les conduire à St-Cloud, et le palais fut de nouveau pillé et saccagé.

Un plus triste sort était encore réservé aux Tuileries. En mai 1871 , les insurgés de la Commune , voyant leur position désespérée et leur perte certaine, résolurent d'exercer leur vengeance sur la ville, en mettant le feu à tous les principaux édifices publics. Les ordres rédigés dans ce but et signés parDelescluze, Dombrowski, Eudes et d'autres chefs de l'insurrection, furent donnés comme émanant du Comité du salut publie! Plusieurs de ces documents qui existent encore , montrent les dimensions terribles et le caractère systématique qu'avait ce projet infernal, qui comprenait aussi de nombreuses «maisons suspectes». On préluda aux scènes épouvantables qui s'en suivirent, en plaçant dans les bâtiments condamnés à la destruction des barils de poudre et des matières inflammables arrosées de pétrole. Les Tuileries furent l'un des premiers édifices soumis à ces sinistres préparatifs. Le feu y fut mis à différents endroits, le 22 et le 23 mai, lorsque les troupes de Versailles eurent pénétré dans la ville, mais avant qu'elles fussent arrivées près du palais. L'incendie prit rapidement les plus terribles proportions, et les tentatives faites pour l'éteindre demeurèrent sans résultat. Toute la partie 0. du palais, faisant face au Louvre, et le pavillon de Marsan , sur la rue de Rivoli , ne formèrent bientôt plus qu'un monceau gigantesque de ruines fumantes, tandis que le pavillon de

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