LES TUILERIES
Flore , au S. , fut comparativement peu endommagé. L'œuvre de destruction se trouva naturellement accélérée par l'explosion de la poudre qui avait été mise dans diverses parties de l'édifice.
Les ruines du palais, entourées de barrières, ne sont pas accessibles au public, mais elles se voient bien du jardin. On s'est contente* jusqu'à présent de restaurer le pavillon de Flore , où est installée aujourd'hui la préfecture de la Seine, de reconstruire l'aile du N., avec le pavillon de Marsan, qui est destiné à la cour des Comptes, et de déblayer les ruines des parties qui avaient été ajoutées au corps de bâtiment central. On reprochait au palais tel qu'il était en dernier lieu de présenter une façade trop longue et trop uniforme ; peut-être que l'on se contentera de réédifler ce dernier bâtiment, avec des galeries assez basses sur les côtés.
On se rend de la place du Carrousel au jardin des Tuileries, soit par les guichets du pavillon de Rouan et la rue de Rivoli, au N., soit par les guichets du pont des Sts- Pères et le quai, au S. En sortant de ce côté , ou remarquera au dehors les statues des piedsdroits , la Marine militaire et la Marine marchande, par Jouffroy, et dans le haut, le Génie des Arts , haut-relief en bronze par Mercié. Pour le pont des Sts-Pères , v. p. 258. Le pont suivant est le pont Royal (p. 266). On verra de là les sculptures du côté S. du pavillon de Flore, les plus remarquables, par Carreaux.
Le *jardin des Tuilerie», long de 710 m., et large de 317, a en général conservé la forme que lui avait donnée le célèbre U Nôtre, lors de son établissement sous Louis XIV. Toutefois les parterres situés entre le palais et le bassin du milieu sont de création moderne , et c'est depuis peu qu'on y a percé la rue des Tuileries, le long du palais. A l'extrémité du côté du quai sont deux sphinx femelles en marbre, provenant de Sébastopol.
Le jardin des Tuileries est public ; il ouvre avec le jour et ferme, en hiver à 6 h., en été à 10 et 11 h. Avant la fermeture, on bat la caisse , et les gardiens avertissent le public de se retirer. On y entre surtout de la rue des Tuileries , mais il y a aussi des portes sur les côtés et à l'extrémité, sur la place de la Concorde (v. p. 71). Le jardin des Tuileries est une des promenades les plus fréquentées à l'intérieur de Paris et, peut-être encore plus que les squares (v. p. 81), le rendez -vous des mères avec leurs enfants* Au delà, des parterres, à l'O., s'étend un bosquet bien ombragé de grands arbres , et de chaque côté sont des terrasses, la terrasse des Feuillants et la terrasse du Bord de Veau. La première tire son nom d'un couvent qui avait été fondé en 1587 à cet endroit, par les bénédictins du couvent de Feuillant à Toulouse. C'est là que le club des républicains modérés, dirigé par Lameth, la Fayette, etc., l'adversaire du club des Jacobins , tenait ses séances en juillet 1791 (manège, v. p. 75). La contre-allée qui longe la terrasse est garnie dans la bonne saison $ orangers en caisses , dont les plus vieux ont, dit-on, 400 ans.