I. DE LA PLACE DE LA CONCORDE A LA FLAOB DE L'ETOILE
Place de la Concorde, v. p. 71. — A l'O. commencent les ♦Champs-Elysées (pi. R. 15 ; IT). On comprend sous ce nom l'espèce de parc voisin de la place, qui a environ 700m. de long sur 300 à 400 m. de large et le quartier neuf et splendide qui s'étend au delà jusqu'à l'arc de triomphe. Le parc date de la fin du xvne s. L'avenue Buperbe qui les traverse a 2,100m. de longueur. Au S., le quai de la Conférence et une belle avenue nommée le Cours-la-Reine, parce qu'elle a été créée par Marie de Mé"dicis. Les Champs-Elysées sont une des promenades les plus fréquentées , tant par les piétons et les cavaliers que par d'innombrables équipages , surtout aux heures de la promenade au Bois , de 3 h. à
5, 6 et 7 h . du soir. La première partie offre une foule de ressources pour l'amusement du peuple : cafés- chantants, chevaux de bois, marionnettes, boutiques de marchands de jouets, de gâteaux, de rafraîchissements, etc.
Au commencement de l'avenue se trouvent deux Dompteurs de chevaux, par Ouill. Coustou, transférés ici du château de Marly (p. 307) en 1794 ; ils forment le pendant des chevaux ailés placés à la sortie du jardin des Tuileries (p. 156). Le promeneur pourra remarquer ici, comme du reste en bien d'autres endroits de la ville, de petites fontaines d'un modèle assez joli et munies de gobelets pour ceux qui veulent se rafraîchir ; ce sont les fontaines Wallace, créations dues au généreux philanthrope sir Richard Wallace. Plus loin , à g. , le café - concert de V Horloge et le restaurant Ledoyen ; à dr., les cafés-concerts des Ambassadeurs, de VAlcazar, etc.
Au N. est le palais de l'Elysée (pi. R. 15; //), dont le jardin fait saillie sur les Champs-Elysées. Il a été construit en 1718 par Molet, pour le comte d'Evreux, et il fut habité sous Louis XV par la marquise de Pompadour. Après la mort de cette dernière, le roi le racheta aux héritiers et le destina à loger les ambassadeurs étrangers. La duchesse de Bourbon en ayant fait son séjour habituel sous Louis XVI, on lui donna alors le nom a'Elyiie-Bourbon. Pendant la Révolution, il devint propriété nationale et fut mis en vente : mais comme il ne se présenta pas d'acquéreur, on y installa l'imprimerie du gouvernement. Sous le Directoire, les salles furent louées à des entrepreneurs de bals publics et de jeux. Le palais fut plus tard successivement habité par Murât, Napoléon le*, Louis Bonaparte, roi de Hollande, et la reine Hortense, l'empereur Alexandre Ier de Russie et le duc de Bercy. Ensuite il fut abandonné, jusqu'au jour où Napoléon III vint l'occuper, comme président de la république, en y faisant des embellissements considérables. Il sert de nouveau maintenant de résidence au président de la République, et il n'est pas ouvert au public.
Le palais de l'Industrie , une des plus grandes mais non la plus élégante des constructions modernes de Paris, bâti pour l'exposition de 1855, occupe une notable partie des Champs-Elysées, du eôte* S. Il couvre une superficie de 27,000 m. carrés , formant un parallélogramme de 250 m. de long sur 108 de large, et sa hauteur est de 35 m. La partie la plus remarquable est l'entrée principale, au milieu, du côté de l'avenue. C'est une arcade de 15 m.
158 4. OHÀMPS-ÉLYSÉES. Pal. de V Industrie.
d'ouverture et 30 de hauteur, flanquée de colonnes corinthiennes cannelées, surmontée d'un attique avec un bas-relief par Desbœuf, l'Industrie et les Arts apportant leurs produits à l'exposition, et couronnée par un groupe colossal de Regnault, la France offrant des couronnes à l'Art et à l'Industrie. Sur la frise du palais, entre le rez-de-chaussée et le premier étage, se trouvent une infinité de noms et de portraits médaillons de personnages célèbres de toutes les nations, qui se sont distingués dans les sciences , les arts , les métiers , le commerce ou l'agriculture. Il y a au centre une salle à toiture en verre qui mesure 192 m. de longueur sur 48 de largeur. Le palais de l'Industrie sert à diverses expositions, en particulier à celle de peinture et de sculpture dite le Salon, qui a lieu tous les ans, du 1er mai au 20 juin, et qui consacre la réputation des artistes. Le nom de Salon lui vient de ce que cette exposition se faisait d'abord au salon du Louvre. Elle est ouverte tous les jours de 8 h. du matin à 6 h. du soir, excepté le lundi, où Ton n? ouvre qu'à midi. Entrée gratuite le dimanche à partir de 10 h. et le jeudi à partir de midi jusqu'à 6 h. ; 2 fr. les autres jours jusqu'à midi,
I fr. l'après-midi et 1 fr. dans la soirée. Il n'y a pas de vestiaire obligatoire. L'entrée est par la grande porte du côté de l'avenue, la sortie à l'extrémité du côté de la place de la Concorde. Les peintures sont au premier étage et les sculptures au rez-de-chaussée.
II y a des inscriptions. Catalogue, lfr. Buffet au rez-de-chaussée.
On a installé provisoirement en 1880 dans le pavillon S.-E. du palais le musée des arts décoratifs, fondé en 1877 par une société, à l'instar de celui de 8outh-Kensington à Londres. Il occupe huit salles du pre- I mier étage et possède déjà un bon nombre d'objets remarquables. Cependant une grande partie de ceux qu'on y voit sont prêtés par des amateurs et des artistes, et son exposition est par conséquent sujette à varier beaucoup. Il est ouvert tous les jours de 10 h. à 4, 5 ou 6 h., moyennant | 1 fr. dans la semaine et 50 c. le dimanche. L'entrée est du côté de la place de la Concorde, porte 7.
Dans \" escalier, le moulage d'une porte du «tope» ou mausolée de Sanchi, dans l'Hindoustan ; des produits orientaux, surtout des tapis, et, dans des | vitrines, des livres ornés de miniatures et des objets de parure. — Salle A: meubles, vases, suite des livres avec miniatures, etc., plâtres d'ornements, mosaïques, cheminée monumentale , bois sculptés , têtes de bronze antiques, terres cuites, en particulier une Pietà de l'école des délia Robbia, et, dans la vitrine au mur qui lui fait face, de jolies statuettes antiques, avec des restes de peinture. — Salle B, à dr. de la précédente : porcelaines de Sèvres et autres, émaux, faïences, verres, argenterie, bronzes de la Renaissance, bronzes chinois et japonais, etc. — Salle G et D: esquisses de peintures décoratives, surtout, dans la salle D, les cartons des peintures murales de Puvis de Chavannes au musée d'Amiens et, du même, une grande composition représentant de jeunes Picards s'exerçant à la lance. — Salle E: tissus précieux, dans une série de vitrines contre les murs, particulièrement des xve et xvi© s., des damas et des velours de Gênes, de Venise et d'Orient, des ornements d'église, etc. Au milieu, une belle collection d'éventails ornés de peintures, et des aquarelles représentant des costumes du xvie s. — Salle F: porcelaines de Limoges. — Salle 0: esquisses de peintures décoratives. — Salle H: petits bronzes antiques, ustensiles divers et statuettes, entre autres de Bérénice, reine d'Egypte, et de la Vénus de Chypre, dans la vitrine à g. de l'entrée ; d'Apollon au repos, dans celle du milieu, etc.
Panorama. 4. CHAMPS-ELYSÉES. 159
Le palais contient encore, dans la partie 8.^ une exposition des produits coloniaux , ouverte gratuitement tous les jours, sauf les lundi et vendredi, de midi à 5 h. L'entrée est à la porte 8, au milieu du côté S. On reconstruit du même côté, entre le palais et le Cours-la-Beine, le pavillon de la trille de Paris, construction en fer et en brique, ornée de terres cuites, de l'exposition de 1878. — A côté, le jardin où ont lieu en été les concerts des Champs-Elysées ou Besselièvre (p. 96), et au delà le pont, l'esplanade et l'hôtel des Invalides (p. 270 et 279).
Au delà du palais de l'Industrie , en venant de la place de la Concorde, à g., le Panorama (pi. R. 15 ; JJ), qui mérite une visite. La salle, de 40 m. de diamètre , est entourée d'une immense peinture représentant Paris pendant le siège de 1870-71 , vu du fort d'Issy, par Philippoteaux. Entrée, de 10 h. jusqu'au soir: 2 fr. dans la semaine, 1 fr. le dimanche.
Vis-à-vis, de Vautre côté* de l'avenue, le cirquedEté (p. 35). Le parc ou Carré des Champs-Elysées s'étend jusqu'au Rond- Point des Champs-Elysées (pi. R. 15; //), place circulaire ornée des corbeilles de fleurs et de 6 jets d'eau , à mi-chemin entre la place de la Concorde et l'arc de triomphe de l'Etoile.
Deux avenues descendent d'ici au quai , l'avenue di'Antin , qui conduit au pont des Invalides (p. 279) et l'avenue Montaigne qui va vers le pont de l'Aima (p. 279), non loin de Y Hippodrome (p. 35). Au coin du Cours-la-Beine et de la rue Bayard est une jolie maison dite 'Maison Fbançois I«\ C'est en effet François I" qui Ta fait construire en 1527, à Moret , près de Fontainebleau , pour Diane de Poitiers ou pour sa sœur Marguerite de Navarre. Elle a été transportée pierre par pierre et reconstruite sur l'emplacement actuel en 1826. La façade très-originale de cette construction, qui diffère des autres de l'époque, rappelle surtout, comme disposition, les palais vénitiens. 11 y a au rezde-chaussée trois grandes arcades à plein cintre, auxquelles correspondent au premier trois fenêtres carrées avec deux croisillons. Les pilastres sont couverts de jolis ornements, et au-dessus des arcades règne une belle frise avec des Génies. Il y a aussi des médaillons-portraits fortement restaurés, notamment celui de Marguerite de Navarre. Le derrière de la maison est également remarquable; les deux autres côtés sont modernisés.
Au milieu de l'avenue Montaigne, à g., n° 18, se voit encore Y hôtel Pompéien (pi. R. 12; /), construit par l'architecte Normand, sur le modèle de la villa de Diomède à Pompéi. L'intérieur en est curieux, bien qu'il ne donne pas une idée précise de l'architecture des anciens, vu que les villas différaient essentiellement des habitations ordinaires. On peut le visiter moyennant un pourboire (1 fr.) , si ce n'est peut-être lorsque le propriétaire, le comte Palffy, séjourne à Paris, du mois d'avril au mois d'août. La partie la plus curieuse est l'atrium, décoré de peintures d'après l'antique. Les salles sont à peu près vides; on y remarque seulement quelques marbres italiens modernes et une demi- douzaine de tableaux par Troyon, Daubigny et Verboeckhoven. — A côté se trouve une autre maison curieuse, dans le style du moyen âge, dite Vhdtel du prince Soltikoff, appartenant au comte Quinsonas et visible en l'absence du propriétaire, en été. — Plus près de l'avenue des Champs-Elysées , au num. 55 et 67, le gymnase TriaL qui est très-fréquenté, et plus près encore, au 87, le Jardin Mabille (p. 3fe).
L'avenue d'Antin (v. ci-dessus) se prolonge de l'autre côté du Rond- Point vers réglise St-PhiUppe-du-Roule (pi. B. 15; //), dans la rue du Faubourg-8t-Honoré. C'est une basilique du style grec, bâtie de 1769 à 1784 sur les plans de Chalgrin. On y remarque une coupole décorée d'une Descente de croix par Chassériau.
L'avenue des Champs-Elysées aboutit à la placb db l'Etoim,