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LA CHAPELLE DU ROI

Au premier rang se place le sanctuaire, décoré d'une si belle architecture, que le peuple a coutume d'appeler la Sainte-Chapelle, sanctuaire élevé dans une partie du palais dont nous venons de parler. On y voit (laissant de côté pour l'instant une multitude d'autres objets dignes de mémoire) une patène qui sert à couvrir sur l'autel le saint calice dans les cérémonies de la messe, et qui est d'un or façonné avec tant d'habileté, qu'elle est transparente aux regards comme du verre (4). Nous y avons vu un grand nombre de reliques, que l'on montre d'ordinaire sur l'autel. Mais on conserve dans une châsse les grandes reliques, (jui sont toujours tenues enfermées sous trois clefs. Le Roi confie la garde de la première à son grand chambrier office occupé en ce moment par le très-illustre et valeureux comte de

(1) Cet exploit n'est guère moins fabuleux que celui qu'on attribue à Godefroi de Bouillon. Astesan prend les légendes romaines pour de l'histoire vraie.

(2) Il s'agit ici d'une communication entre l'hôtel Saint-Paul et la Bastille par les jardins et les terrains de l'Arsenal. Astesan veut dire que ie Boi n'avait pas besoin de passer par la rue Saint-Antoine et la porte de ce nom.

(3) L'emploi du marbre a été peu fréquent au moyen âge. Les architectes et les imagiers n'en avaient pas à leur disposition, et ils le regardaient, en outre , comme une matière profane entachée de paganisme. L'épithète marmoreus dont se sert Astesan n'a très-probablement qu'une valeur poétique, et désigne les nombreuses statues de pierre blanche donL les églises de Paris étaient remplies.

(4) L'inventaire des reliquaires, livres et orne-

ments de la Sainte-Chapelle, dressé en i5y3 et publié par M. Douet d'Arcq dans la Revue archéologique (année 18/18, p. 80), mentionne rrung beau «calice d'or, fort riche, avec sa patène, laquelle est cf toute esmailée d'esmaulx de plicque, par où l'on rr veoit le jour. r.

(5) Cet emploi, dit le P. Anselme, était l'une des cinq grandes charges de la Couronne. Le personnage qui en était pourvu siégeait avec les pairs de France. Il signait les chartes avec les autres grands officiers , et avait, rtà cause de sa chambreriez fief et justice foncière, avec cens, renies et droits seigneuriaux dans Paris et aux environs. Il avait, en outre,juridiction sur plusieurs corps de métiers qui dépendaient absolument de lui. Consulter Bagueau (Droits royaux, édit. de 170/1) et Du Cange (Gloss. med. et infim. latin, édit. Henschel, t. II, p. 5i), au mot Camerarius.

Et virtute cornes Dunensis, principis hujus Aurelianensis frater ; rectorque sacelli 100 Glavem aliam servat; postremam continet autem Regius aurifaber, quo gemmas possit et aurum Thesaurosque omnes aliquando revisere secum. Ut restauret eos dum restaurare necesse est.

RELLIQUIjE SANCTjE CAPELLjE.

Dicitur esse illic ferrum quo lancea ca?ci

io5 Longini munita fuit, dum vulnera Christo

Intulit, et, sacro respersus sanguine tangens Mox oculos, visum semet mirante recepit. Dicitur esse etiam vestis non sutilis illic Quam Jésus a puero gessit, qua? Virginis aima?

no Facta manu occulte (dictu mirabile) tantum Grescebat, quantum corpus sublime gerentis : Nec non et panni quibus illum infantia texit : Iliaque qua? Christo sitienti spongia durum Perfusa in liquido potum porrexit aceto.

n5 Illic esse ferunt et clavum de tribus unum Qui cruce pendentis foderunt duriter agni Artus, et factam spina ex pungente coronam, Qua caput infixum positi fuit in cruce Christ! . Dum nos aeterna pius ille a morte redemit;

120 Qua? ne forte queat non illa corona putari, Tali nempe die quali nos credimus ipsum Occisum Christum Juda?a a gente fuisse, Floruit interdum, floresque reliquit ibidem. Illic esse ferunt etiam sudaria sacra,

13:» Illa quibus Christum tumulandum, impulsus amore, Involvit Joseph, partem aut (ne fallar) eorum ; Linteaque illa quibus fuit is prœcinctus in aula. Quando pedes comitum lavit mitissimus agnus; Et sceptrurn, et partem tumuli, diramque cathenam

i3o Qua1 Christi insontis purissirna membra ligavit: Et lignum verse crucis, et lac Virginis aima?. Ac partem pepli, Prœcursorisque capillos. Atque caput Blasii, Clementis, Simeonisque : Et quae praeterea nimis esset dicere longum.

i3S Qua? sacra ex victo fidei quam credimus hoste

Dunois, frère du duc d'Orléans'1); le trésorier'2' de l'église conserve la seconde; la dernière est entre les mains de l'orfèvre du roi, afin qu'il puisse, de temps à autre, examiner à loisir les pierres précieuses, l'or et tous les trésors de la Chapelle, pour faire les réparations nécessaires.

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