LES RELIQUES DE LA SAINTE-CHAPELLE
On v conserve, suivant la tradition, le fer qui armait la lance de l'aveugle Longin . quand il en blessa Jésus-Christ, et que, tout arrosé de ce sang divin, il porta la main à ses yeux et recouvra la vue sur-le-champ, étonné de ce miracle. 11 y a aussi, dit-on, la robe sans couture que Jésus-Christ porta dans son enfance, et qui, faite de la main de la sainte Vierge, grandissait (ô prodige!) d'une manière insensible avec le corps divin qui la portait; les langes qui ont enveloppé Jésus enfant; l'éponge qui, trempée dans le vinaigre, offrit au Christ altéré une boisson amère. On rapporte qu'on y voit aussi l'un des trois clous qui transpercèrent cruellement les membres de l'agneau crucifié, et la couronne faite d'épines déchirantes, qui fut placée sur la tête du Christ attaché à la croix, tandis que, par sa bonté, il nous rachetait de la mort éternelle. Et, pour que l'on ne pût douter que ce fût bien la vraie couronne de Jésus-Christ, le jour où nous croyons qu'il a été crucifié par la nation juive, ce jour-là a vu fleurir plusieurs fois la couronne, qui a laissé des fleurs dans son reliquaire. On y conserve encore le saint suaire, dans lequel Joseph (d'Arimathie), poussé par son amour, enveloppa le Christ au tombeau, ou du inoins une partie de ce suaire; le linge dont Jésus se servit le jour où, agneau plein de douceur, il lava les pieds de ses disciples; le roseau dont on lui fit un sceptre; un fragment du tombeau; la chaîne cruelle qui lia les membres sacrés du Christ innocent; du bois de la vraie croix; du lail de la Vierge; un morceau de sa robe; des cheveux du Précurseur, et les chefs des saints Biaise, Clément et Siméon, ainsi que d'autres reliques qu'il serait trop long d'énumérer. Ces objets sacrés, enlevés par la victoire aux ennemis de
[,) Il s'agit du célèbre bâtard d'Orléans, fils naturel du duc Louis et de Mariette d'Enghien, qui aida si puissamment Charles VII à conquérir son royaume. Au moment où écrivait Astesan, Dunois venait d'être revêtu de la dignité de Graiid-Chambrier : c'était la récompense de la victoire de Formigny et de la conquête de la Guyenne.
1 C'était le titre attribué, depuis la fin du xme siècle, au premier des chanoines de la Sainte-Chapelle, qualifié également d'archichapelain. (Voyez Le Beuf, Histoire du diocèse de Paris, etc. I, 35g.)
IT> L'inventaire de 1 57 3 donne rémunération suivante des crSaincles Reliques qui sont en la grant • châsse au-dessus du grant autel : la saincte cou- •• ronne . la saincte croix double, la robbe de pourpre , -la croix de victoire, les drappeaux d'enfance, le -chef sainct Jehan, le sceptre, le sainct Imcieulx.
rde Sindone domini, l'esponge, du sang miracuedeux, de lacté Virginis, de sanguine Christi, le fcarquan, péplum Virginis, la verge de Moyse, le irfer de la lance, la pierre du Sépulchre, la Vérocr nique.» A la suite de cette liste se trouve la irdetf claracion des croix, relicques , joyaulx et vaisseaulx . rrtant d'or que d'argent, estans es grandes armoires frseans au trésor d'en hault de ladicte Saincte-Ghar pelle, que l'on appelle le Revesliaire, et de la pierrrrerie en iceulx.» Cette declaracion remplit vingtcinq pages dans le travail de M. Douet d'Arcq. Elle est suivie d'une autre rrdeclaracion au Chef inons1 « sainct Loys, en la chapse séant sur l'entablement crdli grant autel, garny de sa coronne et enrichy v comme il ensuyet.» (Suivent dix pages d'énumération de pierreries.) Ce vaste reliquaire était «sous- -tenu par quatre grans angelz d'argent doré
Ad Gallos Magnus portavit Karolus olim, Aut alii reges, dominive, ducesve vetusti Gallorum, in toto quos virtus extulit orbe. Ne mirere ergo si Sancta Capella vocatur.
iào Est etiam in dicto res non reticenda sacello.
Quae facit antiquae monimenta perennia palmae, Tibia, pesque ingens cum saevis unguibus ejus Alitis immensœ, quam vix Gothofredus et acer Et fortis pugna valuit superare feroci,
iA5 Ut rear Arpias diras, fœdasque volucres, iEneam tanto non affecisse labore.
Transeo quod tanta duplicatum est arte sacellum. Ut, quantum supra, tantuin celebretur id infra.