LA MULTITUDE DU PEUPLE
J'admire la foule innombrable des hommes jeunes et vieux et des prêtres de tout ordre dont la ville est pleine. Je ne vous dirai point quel nombre on y voit sans cesse de chevaux de luxe; mais, pour vous en citer un exemple bien connu, je n'ai jamais pu traverser le pont où habitent presque tous les changeurs et les orfèvres de la Ville, sans y rencontrer aussitôt un cheval blanc ou un moine noir; et ce qui m'a le plus étonné, c'est que souvent j'y ai trouvé l'un et l'autre.
(1) Astesan exagère le nombre de ces établissements, dont on trouve une liste assez complète dans l'ouvrage de Guillebert de Metz (v. p. 1 08 et suiv.).
" Ce passage, rapproché du texte de Jean de Jandun , a donne' lieu à une observation consignée p. ih. Le ff saint empire romains considérait les [nslitiites et le Digeste comme son code particulier, et il l'imposait aux peuples qui lui étaient soumis. Les nations qui ne dépendaient point de l'Empire affirmaient au contraire leur indépendance par l'étude et la pratique du droit coutumier.
(*> Si le fait articulé par Astesan n'est pas une amplification de rhéteur, il doit en rester trace dans
les actes du Parlement. Aussi avons-nous consulté les deux volumes publiés par M. Boutaric, mais sans succès. Un seul passage de la savante Introduction écrite par M. le marquis de Laborde (p. 27) a quelque rapport éloigné avec l'assertion de notre poëte: "Les étrangers, dit M. le directeur général rrdes Archives, ressortissaient aussi au Parlement, rr auquel étaient déférées leurs transactions... On f passe en revue tous les représentants de la Marchandise, Lombards, Génois, Vénitiens, Florenrdins, Castillans, Flamands, Allemands, etc." Il n'est rien dit des Levantins, dont Astesan a probablement voulu parler.
PUELLyE.
Miror et innumeras forma praestante puellas, a4o Tam lascivo habitu cultas, adeoque facetas,
Ut Priamum aut vetereni succendere Nestora possint. Miror praeterea variarum plurima rerum Ornamenta urbis, quae dicere longius esset. Ouam nisi vidissem, vix possem credere nostro si5 Tempore posse usquam tantam reperirier urbem. Ut taceam quantae sit fertilitatis agrorum, Omne genus frugum, fœnumque et vina ferentum , Diversasque nuces, et poma gravantia ramos, Cunctaque fecundae largissima munera terrae.
SILVA VICEMARUM.
s5o Adde quod hac ipsa non longe distat ab urbe Castrum appeUatum vulgo Vicenia silva, Quod reges pulcbre sibi construxere, volentes Interdum variis requiem interponere curis, Quando fatigasset sese mora longior urbis.
200 Idcircoque illic est omnis paene voluptas :
Nam seu forte velint seu delectabile castrum, Htud babent miris vallatum turribus, atque Praevab'dis mûris, et magnis undique fossis. Nec semel aut iterum sed terque, quaterque décore
260 Cingitur Iioc castrum fossis et mœnibus altis, Divisum in limitas, dictu mirabile, partes, Ut, eum prima fero fuerit, vel capta secunda. Tercia pars liosti capienda et quarta supersit. Nec tamen egregio caret hic pars ulla nitore :
2fif> Quœque domos pulchras et magno principe dignas Pars habet. Hic etiam templum est a regibus olim Fundatum, et tantis donatum dotibus, ut ter Ouinque sacerdotes ex illis vivere possint. \ (1 jacet ipsius lateri pulcberrima silva,
270 A qua taie putem castrum illud nomen habeic Mixta tamen pratis et multis vepribus atque Agris, murali circumvallata corona; Quam dicunl parcum vulgari nomine, qualem Me memini juxta castrum Papiense videre.