LA CHAPELLE
Dans ce château est construite une chapelle en l'honneur de Dieu, enrichie d'images de pierre et de différentes statues; elle est surmontée d'une voûte faite avec beaucoup de magnificence et diversement décorée de figures variées. Mais rien dans cette chapelle, malgré le nombre des merveilles qui la décorent, ne m'a paru si beau que les divers ornements des vitraux, riches d'images, embellis de mille couleurs, sur lesquels on pouvait encore, de nos jours, contempler les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Hélas! Hélas! Pendant la durée d'une longue guerre, les mains profanes des ennemis l'ont dépouillée en grande partie. A cette époque, aucune force armée n'aurait pu réduire le château ; mais la trahison intérieure l'a livré à un cruel ennemi. Quant à la valeur de cette décoration, le duc Jean de Berry, delà race royale, a montré ce qu'elle était : pour ces vitraux, objets de ses plus ardents désirs, il avait voulu donner douze mille écus d'or, et avait offert en outre de faire garnir les fenêtres de verre blanc. Je ne veux point invoquer ici d'autres témoignages.
(l) Les tours de Coucy, dit encore M. Violletie-Duc, "présentent deux étages de caves et trois "étages de salle au-dessus du sol, sans compter "l'étage des combles. Elles sont saillantes sur les tf courtines , de manière à les bien flanquer. Elles "n'ont pas moins de 18 mètres de diamètre hors "œuvre, sur 35 mètres environ au-dessus du sol "extérieur. Les escaliers à vis ne montent pas de "fond, mais s'interrompent à partir du premier "étage , pour reprendre de l'autre côté de l'entrée de "la tour; c'était un moyen d'éviter les trahisons, en "forçant les personnes qui voulaient monter sur les "parapets de passer par l'une de salles. . . ■» Quant à leur distribution intérieure, le savant architecte la décrit ainsi : "Chaque chambre, à partir du rez- " de-chaussée , se compose à l'intérieur de six pans, "avec niches, dont quelques-unes sont percées en
"meurtrières. Ces pièces sont voûtées, et les niches "se chevauchent à chaque étage, les pleins étant au- "dessus des vides et vice versa, ce qui était fait pour "voir tous les points du dehors et surtout pour évi- "ter les lézardes verticales qui se produisent dans "ces sortes de constructions, lorsque les vides sont "tous au-dessus les uns des autres. Des cheminées "sont pratiquées dans les salles.»
(2) La chapelle du château de Coucy était appuyée à la grand'salle dont la description va suivre, et elle touchait au donjon par son chevet. Elle était, dit M. Viollet-le-Duc, conçue et exécutée avec une grandeur sans pareille, si l'on en juge par les fragments des meneaux des fenêtres qui touchent le sol. On y arrivait, comme à la Sainte-Chapelle du palais, par le premier étage des bâtiments contigus. Il n'en reste aujourd'hui que le soubassement.