‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 180 sur 221 · LYON · texte numérisé non relu

LYON

Pour parler d'un pays éloigné de celui que je viens de décrire, je dirai donc que j'ai vu Lyon, autrefois séjour assuré de l'éloquence, ville que divisent en deux les eaux limpides de la Saône. Elle a des murailles le long desquelles coule, en bouillonnant, le Rhône, qui sépare la France de l'Empire dont cette contrée ne veut pas se reconnaître sujette. Le voisinage des deux fleuves rend le pays fertile en moissons. Du côté opposé, la ville est défendue par des montagnes, dont une partie cependant porte des fruits et des vins, principalement le mont qui a reçu son nom de la Décollation. C'est là, en effet, que plusieurs milliers de saints, livrés autrefois au martyre pour le nom et pour la foi du Christ , eurent la tête tranchée. Leur sang coulant jusqu'aux eaux du fleuve qui baigne la montagne et rendant leur couleur rouge (suivant la tradition) a été cause que tout le peuple appelle Saône ce fleuve qui d'abord avait reçu son nom de l'action de labourer12 . C'est cet événement qui a fait donner le nom de la Décollation à cette montagne, sur laquelle ont été fondées richement deux églises, où reposent les corps de tant de saints, où est placée une partie de la colonne sacrée à laquelle Jésus-Christ, avant sa passion, fut lié en personne, où sont enfin beaucoup de choses qu'il serait fort long de rapporter. Ajoutez qu'auprès de cette ville est le mémorable monument que l'on appelle vulgairement le Tombeau des Deux-Amants.

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