‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 184 sur 221 · BLOIS · texte numérisé non relu

BLOIS

Je ne veux pas oublier de dire quelque chose de Blois. Là, tout près des eaux de la

<n Celle étymologie n'est pas sérieuse.

(2) Consulter l'ouvrage intitulé L'église primatiale de Lyon et son chapitre, par M. l'abbé Jacques. Lyon, 1837, in-8°.

(3) La Sainte -Chapelle de Bourges a disparu comme celle de Dijon. L'une et l'autre avaient été bâties par des n-fils de roy de France , » à 1 imitation de la Sainle-Cbapelle du Palais.

(4) L'église des Saints-Innocents, à Paris, croyait aussi , dit Du Breul , posséder des reliques des jeunes victimes de la fureur d'Hérode. Ces restes étaient généralement dépourvus d'authenticité. La châsse qui contenait les reliques dont parle Astesan, et qui pesait plus de q5 marcs, ainsi (pie la croix ird'un

prix infini, * était conservée, avant la Révolution, dans le trésor de la cathédrale de Bourges.

(5) Consulter l'ouvrage intitulé Description . historique et monumentale de l'église patriarchale et métropolitaine de Bourges, par le chanoine Homelot. 182 A, in-8°.

G) Jacques Cœur avait commencé la construction de son hôtel en 1 443 , et Astesan nous apprend qu'il n'était point achevé huit ans plus tard. On sait que ce curieux monument subsiste encore, et qu'il a été, après un long abandon, l'objet d'une restauration intelligente. Les emblèmes et la devise du célèbre argentier s'y montrent partout : A vaillant cœur riens impossible.

Immemor: hic, Ligeris non longea fluminis undis. Parvo in monte situm est spaciosum forteque castrum, Et tantis domibus munitum, ut milita viroruni

670 Accipere hospiciis et milia possit equorum.

Estque ejus castri conclusum robore templum Tam magnum, ut nullum castrum dicatur in oi is Gallorum templum spacii majoris habere; Idque est canonicis ornatum clericiilisque

675 Tam multis, ut quottidie cantentur ab illis

Non solum missœ, verutn et sollemniter h or a? A matre Ecclesia, divino in honore statut». Organa praeterea sunt illic tanta, quod ipse Nec majora illis vidi , nec posse putavi

6S0 Usquam exerceri, nam stamni mille sonoras Et quadringentas virgas dicuntur habere, Quarum aliquas vidi tantas (mirabile dictu). Ut mediocris homo possit transire per illas. Ex quibus egreditur sonitus tam vocis amœnae,

685 Tam dulcis cantus, ut non Amphiona mûri Thebani auctorem, nec cantus talis et artis Pana repertorem, nec qui requiescere fecit Orpheus infernas repetita conjuge sedes , Nec Phœbum, quamvis Trojœ struxisse canendo

(190 Mœnia dicatur, melius cecinisse putarim. At burgi medio nitidis argenteus unclis In petra fons est, ex omni parte venustus. Sufficiens toti (si fas est dicere) villae, Qui merito posset Gaii cognomen habere,

695 Instar Senarum fontis, cum semper ad illum Magna puellarum concurrat copia fontem, Quas tam formosas ego, tam veroque colore, Quem non fucus'1' eis, natura sed optima douai. Pene omnes vidi comptas, cum proximus essem

700 Hospitio fonti (liceat michi vera fateri), Has ut Lombardis ausim praeferre puellis. Praitereo quantum sit opimis fertilis agris Terra hœc, quam tantum prudens ait ille virentem , El ditem silvis, et ditem vitibus esse,

705 Et pratis et aquis, ut nil aliunde requiral.

(l) Le texte donne fuccus.

Loire, s'élève sur une petite colline un spacieux et fort château, pourvu de bâtiments si grands qu'il peut recevoir, dans ses divers corps de logis, plusieurs milliers d'hommes et de chevaux On y voit aussi, renfermée dans l'enceinte de ce château, une chapelle si grande qu'elle passe pour la plus vaste qui existe dans un château de France (2). Cette chapelle est si bien pourvue de chanoines et de clercs inférieurs, que chaque jour ils y chantent, avec solennité, non-seulement des messes, mais les heures établies par notre mère l'Église en l'honneur de Dieu. H y a, en outre, des orgues si grandes que je n'en ai point vu qui les surpassent; et je ne pense pas que l'on puisse en trouver nulle part, car elles ont, dit-on, quatorze cents tuyaux sonores, dont quelques-uns m'ont paru assez grands (chose merveilleuse!) pour laisser passer le corps d'un homme de moyenne grosseur. Il en sort un son de voix si agréable, un chant si doux, que, suivant moi, ni Amphion, constructeur des murs de Thèbes, ni Pan, inventeur de l'art du chant, ni Orphée, qui sut calmer les dieux infernaux quand il alla redemander son épouse, ni Apollon, qui éleva, dit-on, aux accents de sa lyre les murailles de Troie, n'ont fait entendre de plus suaves accents.

Au milieu du bourg est une fontaine de pierre, aux eaux argentées et brillantes, entièrement belle, qui suffit, s'il est permis de le dire, à toute la ville, et qui aurait droit de porter le surnom de Gaja, à l'instar de la fontaine de Sienne (3). Autour de cette fontaine se rassemblent sans cesse une foule déjeunes filles, que j'ai vues si belles, si fraîches, pour la plupart, de couleurs vraies, que la nature bienfaisante, et non le fard, leur donnait, car ma demeure touchait à la fontaine, que j'oserai (s'il m'est permis de dire la vérité) les mettre au-dessus des Lombardes. Je ne dirai pas combien est fertile en champs excellents cette contrée, qu'un homme sage se borne à nommer pays verdoyant, riche en forêts, riche en vignobles, en prés, en rivières, sans qu'il soit besoin de rien demander ailleurs.

(l) Le château de Blois est d'origine fort an- faire de l'antique manoir un château de plaisance,

cienne, puisqu'il a résisté aux attaques des Nor- Louis XII, François I" et Gaston d'Orléans ache-

mands. Après avoir appartenu successivement aux vèrent la transformation. Après un long abandon

comtes de Blois , des maisons de France et de Cham- et des ravages multipliés , le château de Blois a été ,

pagne, il fut acquis, en 1897, par le duc Louis dans ces dernières années, soigneusement restauré

d'Orléans, qui y fonda une belle bibliothèque. par M. Duban.

Christine de Pisan, Eustacbe Deschamps et Gilles (2) La chapelle qu'a visitée Astesan était proba- Mallet, dit M. de la Saussaye (Histoire du château blement celle dite de Saint-Calais , que M. de la de Blois, Paris, i85o, in-18), y accompagnèrent Saussaye regarde comme ayant été construite au souvent le duc et la duchesse; le savant bibliothé- ixe siècle, et que Louis XII fit détruire pour édifier caire de Charles VI se chargeait du soin d'arranger celle qui existe aujourd'hui, les livres. Valentine s'y réfugia après le meurtre de (3) Petit-Badel décrit ainsi la célèbre fontaine de son époux, et elle fit placer sur tous les murs de Gaja : ff Elle est située dans le haut de la place ses appartements, tendus de noir, sa touchante de- «Delhi Signoria, et reçoit son aliment de diverses vise de veuvage : rr sources que l'on a rassemblées pour fournir aux Rien ne m'est plus, fr besoins de toute la ville. Elle est agréablement dé- Plus ne m'est rien , rr corée en bas-reliefs et statues. » ( Voyage en Italie, avec une chantepleure entre deux S, initiales de t. III, p. 296.) Quant à la fontaine vue à Blois soupir et de souci/. Ce n'était alors qu'une forteresse. par Astesan, c'est probablement celle qui porte Charles d'Orléans, de retour d'Angleterre, voulut aujourd'hui le nom de Louis XII.

ALRELIANUM.

Aurelianenseni quid dicam his versibus urbem?

Gui taie Augustus nomen dédit Aurelianus :

Nam Genabum veteres illam dixere poetae^.

Qua nullam vidi, quantum sua mœnia possunt 710 Cingere, majori populo aut majore refertam

Artificum numéro, et generis cujusque virorum.

Hic est gimnasium prœsertim in legibus amplum.

Suppléât ut studii defectum Parisiensis.

Hic ut de sanctis aliquid(2) quoque carminé tangam 715 Ejus relliquiis, cultellus quo Jésus (3) agnum

Incidit, nec non ea sunt quae dira Johanni

Pocuîa non sonti dirum tribuere venenum;

Quem tamen adjuvit divina potentia tantum ,

Ut nichil obfuerit magis illi potio dira, 720 Quam Mitridati régi, quem mille periclis

Leti suppositum , tentatum et fraude veneni ,

Plurima servarunt caute medicamina sumpta :

Unde ab eo retinent medicamina talia nomen.

Hune fortuna ideo credo servavit, ut hostis 725 Esset Romanis, quo vix fuit acrior alter

Inventus, quoniam quamvis is victus ab illis

Bis foret, inde tamen surrexit atrocior hostis.

Ad muros urbis, cui large munera Bacchi,

Gui large Cereris, cui sunt et poma nucesque, 730 Gui prata et silvae, cui prisco nomen in aevo

Fertilitatis erat, Liger ornatissimus amnis

Non secus ac Blesis illabitur atque Turonis

Et Balgensiaci, et multis quas transeo villis;

Amnis ta m pulcher quam terris utilis illis , 735 Quem super ex petra facti sunt undique pontes.

Forma prœstantes et turris robore fulti :

Aurelianenseni prœsertim pulcher ad urbem

Pons est, quo nullus toto est formosior amni;

Qui persaepe rates perducit ad aequor onustas.

Optatas pariter revehens ex aequore merces.

'' L'ancien nom d'Orléans était Genabum. Le 2) Aliquid; on lit dans le manuscrit aliquis.

texte donne, probablement par erreur, Gebanum. (=) Jêsûs, faute de quantité. Même faute, v. 109.

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