ÉLOGE DES MÉDECINS
Dans le sein de cette tendre mère(1), qui a des consolations pour l'esprit et des remèdes S t".
Des
pour le corps, les maîtres de la médecine, qui travaillent à nous conserver la santé et à médecins en générai, nous soigner dans nos maladies, sans omettre aucune circonstance favorable, ces hommes que le Sage nous a ordonné d'honorer comme étant créés par le Très-Haut pour nous secourir, se montrent en si grand nombre, marchant dans les rues revêtus d'habits précieux, la tête couverte d'un bonnet doctoral, lorsqu'ils vont remplir les fondions de leur état, qu'il est facile à quiconque a besoin d'eux de les y rencontrer (2). Quelle reconnaissance S a. ne doit-on pas à ces princes de la médecine, qui étudient les principes de leur art plutôt Desexct|"'|i"^n"1 '" selon les règles de la philosophie, en y mêlant toutefois quelques-unes des profondes ressources de la physique, pour conserver la santé, l'entière beauté et prestance du corps, qui savent mettre en sous-ordre les règles ordinaires, et qui, par la finesse de leur sagacité ou la continuité de leurs études, connaissant à l'avance les principes des maladies, grâce aux symptômes qu'ils comprennent, recueillent et comparent, extirpent les maladies par des remèdes efficaces, éprouvés et appropriés (3) ! C'est ainsi que, enlevant aux malades les
(1) 11 s'agit toujours de l'Université, qui comptait l'école de médecine au nombre de ses facultés.
S) Le portrait que Jean de Jandun trace des médecins de son temps est peut-être un peu flatté, du moins au point de vue de la fortune et de la tenue. Le docteur Achille Chéreau , qui a beaucoup étudié les humbles origines de la Faculté, lui prête des dehors beaucoup plus modestes. trA la fin du xin6 siècle, rr dit-il , la Faculté de médecine de Paris était fondée; ornais où alla-t-elle s'abriter? On a cherché avec rramour ce premier lieu dans lequel nos pères ont rr commencé leurs exercices, et on le chercherait encore, si l'on ne se fût pas convaincu que les maîtres
«•en médecine, après s'être séparés des autres écoles rfde la rue du Fouarre, pauvres et dénués de tout rc secours public, incapables de s'acheter la plus perrtite bicoque, avaient pris le parti de vivre au jour rrle jour, de demander aux églises, aux abbayes, un ff petit coin où ils pussent s'assembler... Cet état de rr choses a duré plus de deux cents ans. « (Notice sur les anciennes écoles de médecine de la rue de la Rûcherie, p. 6.)
<3) Cette définition de la médecine et de la pratique médicale témoigne d'un jugement sain et éclairé; on n'apprécierait pas mieux, de nos jours, le rôle et les procédés des médecins.
hh DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
mendum, Deo et vere operantibus, gaudent se esse ministros. Apothecarii vero, qui de medicaminum materiis subserviunt(l), et aromaticarum specierum oblectamenta infinita eonficiunt, super illum et juxta famosissimum vocatum Parvum Pontem, atque in ceteris plerisque locis patentibus, suc-ru m vasorum, in quibus exquisita claudunlur medicamina, pulcritudines non occultant.