‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 41 sur 221 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

- DANS LEQUEL, EN FORME D'EPILOGUE, ON TROUVE UN RESUME EXCLAMATIF POUR L'ILLUSTRE CITÉ DE PARIS.

Revenant donc à notre sujet, et résumant dans un court chapitre quelques motifs d'éloge , nous dirons : Qu'il s'enorgueillisse dans le Seigneur, que tous les hommes de bonne volonté le glorifient, ce lieu fortuné qui voit vivre et grandir tant d'espèces de sages, des lèvres desquels, comme du flanc entr'ouvert des hautes montagnes, jaillissent et se répandent par tout le monde de salutaires doctrines, ainsi que les flots inépuisables des fleuves bienfai-

Des ellets de

Corollaire sur

les rois de France.

D'une certaine objection.

Ajournement de

la réponse.

(l) La conclusion n'est pas très-rigoureuse, surtout en ce qui concerne l'argument tiré des climats ; quant au droit de prépondérance universelle que la France posséderait en vertu <rde son impulsion "•native vers ce qui est mieux, n c'est une théorie dont les applications appartiennent au domaine de la politique proprement dite, surtout de celle qu'on appelle, de nos jours, la politique d'intervention ou de conquête. Jean de Jandun la conseille ici au jeune roi Charles le Bel.

On peut être étonné , au premier abord , de voir Jean de Jandun attendre la permission du Roi pour discuter une assertion d'Aristote; mais il ne faudrait pas, à notre avis, voir dans ce passage une allusion aux différentes fortunes qu'ont éprouvées, pendant le moyen âge, les doctrines de ce philosophe. La rr prérogative^ concédée aux Grecs, ou plutôt aux Macédoniens, par le précepteur d'Alexandre le

Grand, s'accordait trop bien avec les théories de Morsile de Padoue sur le pouvoir temporel pour que notre auteur ne l'appliquât pas aux Français. Cette hégémonie nouvelle , qu'il emprunte autant aux traditions du souverain Pontificat qu'à la Politique d'Aristote, devait être fort du goût du nouveau Roi, lequel était alors, depuis un an seulement, Charles IV, dit le Bel. On sait que le jeune monarque avait pris d'abord pour modèles Philippe Auguste et Philippe le Bel , et que les commencements de son règne promettaient une brillante époque. Jean de Jandun , brouillé avec l'Église , mal avec l'Université , devait naturellement se tourner vers le trône; et c'est ainsi que s'explique le dithyrambe monarchique du chapitre X. Quant à la doctrine d'Aristote sur la rr prérogative » royale, il la réfutera, dit-il, quand le Boi lui en aura fait un devoir rigoureux , c'està-dire jamais.

erumpunt! Exultet in Domino, et a cunctis bone voluntatis hominibus (1) attollatur locus ille sanctus cujus incole tôt, tantis et talibus orationum tabernaculis, gloriam Salvatoris adorant! Letetur in Domino, el a cunctis bone voluntatis hominibus collaudetur locus ille fecundus quem fluminis impetus ietificat , non quidem horribilis et procellosus, sed delectabilis et tranquillus! Gratuletur in Domino, et a cunctis bone voluntatis hominibus admiretur locus ille propitius, in quo tôt divitiarum susceptacula fundata sunt, ut sue perse sufïicientie integritas ipsum nullo bono utili, delectabili vel honesto relinquat orbatum! Et in hac prosperitatis plenitudine totali banc urbem urbium custodiat et dirigat Princeps ille supremus qui unus, infinité virtutis immenso vigore, totum dirigit universum!

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