‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 40 sur 221 · CAPITULUM NONUM · texte numérisé non relu

CAPITULUM NONUM

IN QUO, PER MODUM EPILOGI, PONITUR QUEDAM SUMMARIA EXCLAMATIO PRO PARISIOS,

CIVITATE INCLITA.

Redeundo itaque ad propositum, et in capitulo parvo recolligendo preconia quedam, dicamus : Glorietur in Domino, et a cunctis bone voluntatis hominibus glorificetur locus ille beatus in quo vigent et pollent tôt gênera sapientum , a quorum labiis, velut ab excelsorum montium lateralibus aperturis, per totius orbis cii'cuitum doctrine salubres, tanquam irriguorum fluminum indeficientes fluxus,

(,) Encore un mot grec latinisé par Jean de Jandun.

(ij Jean de Jandun va ici plus loin qu'Aristote. Le Stagirite, en effet, n'avait parlé que des peuples habitant les climats froids : ià iv tois ipv^poïs TÔirots êOvY) ; il leur accordait beaucoup de courage , tout en leur déniant l'intelligence et l'industrie : S-t/fxoO [xèv èali •wÀ^pj;, htxvoins S' èvheéalspa xcti réyytjs. Ce qu'il ajoute sur l'apathie des races asiatiques diffère entièrement de ce que notre auteur dit ici des peuples méridionaux; il leur reproche leur mollesse, leur servilité, et nullement la trop facile ébullition de leur sang : àflvpia, §(Ô7rep ip~/à(xsva xoù ho'AsiovTa hixTskei. ( Politique, liv. IV (7), ch. vi, édit. Barthélémy Saint-Hilaire. )

w Voici le passage auquel Jean de Jandun lait allusion : iTô tûv ÊXXrjvcov yévos, uxjitep

tr [X£G£V£l XCtTX TOUS TÔTIOVS, O^TCds d[X(@OtV fXS-

KTéyei' xai yàp évdv(xov îtai hiavorj-rixdv èali • frSfoirsp èXevdepôv ts hiareXei xai Qé~ktiGla tsorrXiT£u6fji£i'ov, xal hvvà(X£vov àpx£lv 'oàmwv, p.tàs <eTvy%ivov -sroÀiTSias : La race grecque, qui. rrlopographiquement, est intermédiaire, réunit rr toutes les qualités des deux autres. Elle possède, tfà la fois, l'intelligence et le courage. Elle sait, en rr même temps , garder son indépendance et former rtde bons gouvernements, capable, si elle était «réunie en un seul Etat, de conquérir l'univers. » (Politique, édit. Barthélémy Saint - Hilaire, loc. cit.) Le passage que nous avons souligné établit, d'une part, les tendances monarchiques d'Aristote ainsi que ses prédilections pour la domination macédonienne, et, d'autre part, l'application que Jean de Jandun en fait à la France féodale du xive siècle.

TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 61 leur dissolvante, leurs corps dilatés ne laissent échapper insensiblement leur sang et leurs esprits. L'un des deux climats, par la réaction qu'il produit, fortifiant la chaleur native, fait bouillir le sang autour du cœur, et pousse les hommes à un tel degré de colère et même de férocité sauvage, qu'il ne leur laisse pas le loisir d'interroger soigneusement la sagesse et de prévoir, par un jugement droit, ce qui doit arriver; l'autre insinue dans les cœurs glacés les terreurs d'une excessive timidité, et les excite à se protéger par les inventions craintives de la défiance. Mais le troisième climat, qui se produit en France, forme l'intermédiaire entre ces deux extrêmes; sous le bénéfice d'un mélange proportionnel, et par un bienfait de la nature, il emprunte pour lui, au premier de ces climats, la vigueur virile la d^Fra^is*'011 d'une ardeur souveraine, au second, l'instinct d'une sage prévoyance. Je conclus de là, s 3.

non par flatterie, mais sous l'impulsion de la vérité, que le gouvernement monarchique de tout l'univers appartient aux très- illustres et souverains rois de France, du moins par le droit d'une impulsion native vers ce qui est mieux ']). Si l'on m'objecte sur ce point que j'accorde aux Français la prérogative que le prince des philosophes, Aristote, au septième livre de sa Politique, avait attribuée aux Grecs, je ne répondrai à cette objection, si Dieu le permet, que quand le Roi, notre sire, m'en aura fait un devoir (2).

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