QUI N'A QU'UN SEUL CHAPITRE, SUR LES LOUARLES AVANTAGES DE SENLIS
Au nom du Dieu tout-puissant, ainsi soit-il.
Je fais savoir à tous que, l'an de l'Incarnation 1 323, le 3" jour de juillet, moi, résidant à Senlis, je reçus d'un de mes amis particuliers, homme d'une grande probité et d'une science profonde, une lettre où, entre autres choses, il me tenait le discours suivant : «Je « pense que vous avouerez qu'être à Paris, c'est être dans le sens absolu, et qu'être ailleurs, c'est être à certains égards seulement. » J'aurais pu facilement attaquer ce langage S a. par une raison philosophique, à savoir que nul être accidentel ne constitue un être simple d'une certataè°paroie et absolu, suivant Arislote, au VIP livre de sa Métaphysique; or, le fait d'être à Paris constitue un être accidentel, car il peut changer, le. sujet demeurant en la même qualité; mais, parla raison que ce discours peut causer un certain préjudice particulier à l'excellente réputation de Senlis, il m'a semblé bon d'écrire à mon ami quelques réflexions sur être à Senlis. Je désire qu'il les comprenne, qu'il les compare à être à Paris, et qu'il voie lui-même en quel sens il pourra raisonnablement rendre vraies ces paroles.
Je lui ai donc parlé ainsi : Etre à Senlis, c'est vivre au milieu d'un cercle de forêts dont s 3. les arbres élevés et touffus ne sont pas tellement serrés les uns contre les autres qu'ils ne . av«SntntSeniis laissent un passage pour la promenade à celui qui veut les parcourir; cependant il n'y a pas entre eux une telle distance qu'ils ne puissent, interceptant au moyen de leurs cimes chevelues les brûlants reflets des rayons du soleil, rafraîchir par leur ombre le promeneur. Mais, comme la délicatesse humaine se réjouit dans le changement, et que rien ne peut la charmer si ce n'est ce qui est renouvelé par la variété, suivant cette parole de Cicéron au début de l'Invention : «En toutes choses, l'uniformité est mère de la satiété;» et cette autre d'Esope, dans son xxn" apologue : «Tout bien précieux perd de sa valeur par un trop «fréquent usage;» pour cela, il y a non-seulement de grands arbres qui occupent ce demicercle, mais il y en a aussi de très-petits et de moyens. Au milieu des plus petits on voit
(1) L'aveu est précieux dans la bouche d'un dia- teur et la riposte de Jean de Jandun. Nous avons
lecticien de profession. dit, dans la Notice, que l'auteur l'avait placée à la
[i) Cette quatrième partie est, en réalité, la pre- fin de l'Eloge de Paris, probablement pour ne pas
mière, puisqu'elle a provoqué l'attaque du Dicta- exciter de nouvelles récriminations.
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gorum, morarum, avellanarum, pirorum et pomorum odorifera copia presentatur. In mediocribus vero, quod dulcius est, philomenarum ccterarumque avicularum et avium jocunda lascivia, quasi phisicis suarum cantilenarum expressa consonanciis, humanos oblectant auditus. Hoc igitur est unum esse.
PARTICULA IV ortis el viridariis.
PARTICULA V De fonlibus Silvanecti.
Aliud vero esse, in gloria Silvanecti, est hoc : esse in ortis irriguis, floridis viridariis ac pomeriis fructuosis : esse in pratis longis latisque, quibus adolescentis herbe delectabilis viror, et rutilantium infra eani florum décora varietas, picturarn prebent humanis visibus arridentem : esse insuper secus fontes limpidissimos ex montiura lateribus erumpentes, quorum clare possunt conspici, licet lata, sua limpidissima et purissima^ pervietate, profunda.