P ARTICULA VI
De
\ in^is et grariis.
Amplius, esse Silvanecti est esse in vineis vinorum Gallicanorum pcrutili raoderamine copiosis. Frumentorum quoque pro albissimis panibus, ac ceterorum granorum que natura propter hominem procreavit, tanta, per Dei gratiam, copia suppetit, quod satis est.
PARTICULA VII De (loniil)us.
PARTICULA VIII De cnveis.
Rursus esse in Silvanecto est esse in domibus egregiis murorum fortissimor'um, non ex fragili plastro, sed ex durissiinis lapidibus et pulcherrimis, artificiosa sagacitate constructis : in quibus etiam loca profundissima, solidis circumdata petrarum structuris, sue frigiditatis intenso vigore, in estivis temporibus vina sic réfrigérant, quod, per vitream duriciem frigus alterative penetrans, aerem contiguum quasi subito dempsat in aquam, et bibentium faucibus et stomacis desideratani refrigerii voluptatem largitur.
l'ARTICUI.A l\ .
De situ el iniimliini Silvanecti.
PARTICULA \ De piscibos.
PARTICULA M ï)e [actiriiiiis.
Adhuc esse in Silvanecto est esse in monte gratioso mediocris altitudinis, ita ut et pavimenta civitatis nulla fere lutorum turpitudine maculata sint, sed plana, pura et rnunda per totum ; et mediocrium ventorum flatus modesti , nedum a pravis vaporibus, si quos reperiant, aerem dépurent, sed et redolentes fumos ex planlis nemorum et herbis pratorum resolutos adducant. Ceterum ad integrandam per se suflicientiam hujus loci, prêter multiformes animalium volatilium et terrestrium species, quibus Silvanectenses incole splendide et liberaliter nutriuntur, tanta et lam recens, pinguis et bene sapida, utriusque maneriei^, piscium copia propinatur, quod diebus, quibus ceterarum carnium usibus convenit abstinere, non minori commoditate reficitur sobrietas eorumdem, quam alibi alie sagininose pinguedines, curiosis salsarum pungentium acu minibus permixte, sufficere valeant faucibus delicatis. Que plura? Lactis dulcissimi, purissimi butiri,
(l) Et purissima, mots ajoutés par le manuscrit de Vienne.
J) Ces mots présentent deux sens à l'esprit :
poisson frais et salé, poisson de mer et d'eau douce. Comme il est fort difficile de préciser, nous n'avons donné qu'une interprétation générale.
paraître, suivant les saisons, une abondance embaumée tic fraises, de mûres, d'avelines, de poires et de pommes. Sur les arbres de moyenne élévation (spectacle plus agréable), prennent leurs joyeux ébats des troupes de rossignols et d'autres oiseaux et oiselets, qui expriment leur joie par les accords musicaux de leurs ebansons, réjouissant ceux qui les entourent. C'est là une manière d'être.
Une autre manière d'être, qui fait la gloire de Senlis, est celle-ci : Etre dans des jardins § /,. arrosés d'eaux vives, dans des vergers fleuris, dans des potagers fertiles; être dans de vastes etdesJvenMrs prairies, où l'agréable verdure de l'herbe naissante et la variété charmante des fleurs qui l'émaillent de leurs couleurs présentent aux yeux de l'homme un riant tableau; être §5. en outre au bord de sources très-limpides qui s'échappent des flancs des collines, et dont Des fonla,nes de Senllsle lit, quelque profond qu'il soit, peut être aperçu, grâce à leur transparence et à leur limpidité.
Etre à Senlis, c'est encore être dans le pays des vins de France abondants et d'une S G. douceur très-salutaire(1). Les blés aussi qui servent à fabriquer des pains très-blancs, et les V1ftn0 ios autres céréales que la nature a créées pour l'homme, s'y trouvent, grâce à Dieu, en telle quantité qu'elles y suffisent.
Etre à Senlis, c'est encore être dans de belles demeures formées des murs les plus forts, $ 7. non d'un fragile plâtre ('2), mais des pierres les plus dures et les plus belles (3), disposées avec une industrieuse habileté. Dans ces maisons, les caves, entourées de solides construc- s 8. tions de pierres, grâce au degré de leur fraîcheur, refroidissent tellement les vins dans la saison d'été, que le froid les pénètre à travers la dureté du verre, condense presque aussitôt en eau l'air environnant, et procure à la gorge et à l'estomac des buveurs la volupté désirée du rafraîchissement.
Etre à Senlis, c'est encore être sur une gracieuse colline d'une médiocre élévation, en § gsorte que les pavés de la ville ne sont presque point souillés des taches de la boue, mais De !a sltuatlon sont tout à fait unis, propres et nets. Le souffle modéré de vents peu violents non-seu- ,lela ProPrc|t;,IeS,;nllslement purifie l'air des vapeurs malsaines, s'il y en avait, mais apporte les parfums composés des plantes des forêts et des herbes des prés. Au reste, pour compléter le tableau des § l0 ressources de ce lieu, à part les multiples espèces d'animaux volatiles et terrestres dont les Du poisson, habitants de Senlis se nourrissent largement et en abondance, il y a une telle quantité de poissons frais, succulents et de bon goût, de toutes sortes, que les jours où l'on doit faire abstinence de viande, l'appétit sobre des habitants se satisfait aussi facilement que pourraient le faire ailleurs des estomacs délicats avec des viandes grasses mêlées aux excitations recherchées des sauces piquantes. Que dire de plus? Le lait le plus doux, le beurre le plus s 11.
(1) On ne parle plus aujourd'hui des vins de veillés: Astesan , Stoa, Knobelsdorf, dont nous pu -
Senlis. blions les poèmes dans ce volume et dans le sui-
(S) L'emploi du plaire pour la construction des vant, consacrent un certain nombre de vers à la
maisons de Paris remonte à une haute anti- description des procédés d'extraction et de mise en
cpiité. Jean de Jandun cite ce genre de matériaux œuvre du gypse.
comme chose commune et de peu de valeur. Après (,) Les carrières des environs de Senlis ont en-
lui, au contraire, les étrangers s'en sont émer- core aujourd'hui une grande réputation.
Du laitnge.