‹ Paris et Versailles il y a cent ansChapitre 39 sur 40 · LES UËKMERS JOURS DE LA ROYAUTE · texte numérisé non relu

LES UËKMERS JOURS DE LA ROYAUTE

vidence avait placé sur les marches de ce trône chancelant. Madame Élisabeth-Philippe-Marie-Hélène de France, sœur du roi, née à Versailles le 3 mai 1764, le plus aimable et le dernier enfant du Dauphin, fils de Louis XV. M""" ÉHsabeth fut tout de suite une intellig-ence hardie et vivante; elle comprenait et devinait toute chose. Ame attentive à tous les malheurs, aussitôt qu'elle fut en âg-e de porter un collier de diamants, elle supplia le roi son frère d'en donner le prix à ses pauvres, A peine elle entendit parlei* des finances obérées qu'elle supprima les chevaux de son écurie. En 1789, par le rude hiver, elle vendit jusqu'à ses bijoux pour acheter du pain aux malheureux qui en manquaient. Aux heures sang*lantes des journées terribles on vit g^randir son couràg*e avec ses vertus. Elle fut énerg'ique et simple en toutes ces misères dont elle portait, innocente! le triple fardeau; elle resta la sœur et la sujette de ce roi et de ce frère entouré de tant d'ennemis; elle se montra jusqu'à la fm la mère adoptive de ces deux enfants orphelins.

Telle était cette royauté puissante en apparence, entourée de force et de splendeurs extérieures. Courtisans, grands seig-neurs, cordons bleus, cordons roug-es, pag'es, g-ardes du corps, en un mot tout l'apparat royal. Trente-sept millons deux cent mille livres coûte cette maison du roi. En même temps une royauté sans respect, un peuple emporté dans tous les rêves de la liberté sans frein, un trésor obéré, le ministère aux abois; pas d'autres ressources que la souveraineté de ce peuple, dont si peu de g^ens dans le palais de Versailles pressentaient confusément la toute-puissance.

Le conseil des ministres se composait en 1789 : de M. de Breteuil, ministre de la maison du roi ; le comte de Montmorin, ministre des affaires étrang-ères; le marquis de la

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