XVII' ET XVIIT' SIECLES
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Dans la même rue, et par les mêmes architectes, mais d'un style plus classique, est l'f lÔTEi.DE J^IayENNI;, édifié tandis que le duc de Mayenne était lieutenant jfonéral du royaume pendant la Li^^ue 11 s'appela aussi riiûtel d'Ormesson ; les appartements ()nt étf- déort-s ù nouveau par Boffrand.
Li iôTEi, DE Bkaivais. rue l■"r;L^i,■r^is-.^lirlln, fui cnnstruil par Lepautre pour Pierre de ileauvais et sa femme Ciillierine HelHer, pri-mière femme de cliambre d'Anne li'AiHriclu'. en 1I15-I, l'ite tradition veut que l'archi-
lecte y ail em]>l()yé des pierres extraites des carrières pour le Louvre. Six ans après, la reine y assista d'une fenêtre, en compagnie de la reine d'Anyleterre, de Ma/arin et de Turenne, au cortège de .Marie-Thérèse d'Autriche, qui faisait sa première entrée à Paris Le ]javillon central de façade est rond, comme le vestibule, lequel repose sur des colonnes doriques. La cour est ovale, et son premier étage est décoré d'une corniche, assez saillante, supportée par des consoles historiées de mufles de lions et de têtes de bélier, celles-ci armes parlantes de Catherine Bellier. L'extrémité de cette cour est occupée par une sorte de portique ionique, d'un effet peu gracieux. Un escalier grandiose, orné de colonnes corin-
tbiennes. d'une balustrade à entrelacs à jour, de bas-reliefs, d'armoiries, conduit au premier étage.
L'HôTF.L Lambert, maintenant Czartoryski, à la pointe orientale de
Silon Jl- Ihôld PimoJjn (Uuza
l'Ile Saint-Louis, surlcciuai. dans une situation très pittores<iue, fut construit par Levau, pour le président Lambert de Thoriyny. On y voit des sculpturodo van Obstal ; duuxôlévcs de Vouet, encore à l'atelier, Charles Lebrun et l^^^^laclle Lesucur l'avaient décoré, le premier des travaux d'IIerculc, h- second des .Muses et de l'Amour. lin 1776. Louis XVI
L'ART CLASSIQUE. — XVll" KT XVIII' SIT.CLES 145
acheta ces œuvres de Lesueur ; elles sont aujourd'hui exposées au Louvre. De notre temps, le grand peintre Eugène Delacroix a raccordé ce qui restait de lancienne décoration. On voit aussi une belle porte à refends, la cour ovale, décorée de deux ordres de pilastres. L'extérieur, avec ses lignes de balcons, ne manque pas d'élégance. Non loin, sur le quai d'Anjou, est l'HoTix I'imudan. bâti par Lauzun, en ii''77, habité à la fin du xvuL" siècle pur le marquis de Pimodan, et de nos jours par le
Sjlle j nuDgcr Je l'Iiôitl i'inioJjii Lauzuii).
baron Pichon, le bibliophile bien connu, mort depuis peu. La Ville de Paris 1 avait acquis, il y a quelques années pour y exposer certaines collections artistique.-. ; mais elle l'a depuis rétrocédé, au prix même de l'acquisition (joo-ooo francs) au fils même du précédent occupant.
L'Hôtel DE JtiGXÉ, rue de Thorigny, fut appelé auparavant Hôicl Sale, parce qu'il avait été construit, en 1656, pour Robert de Fontenay, fermier général des gabelles ou du sel. 11 fut possédé ensuite par Le Camus, secrétaire du roi, la famille de Juigné, le maréchal de Villeroy, et abrita, au dernier siècle, l'École centrale des arts et manufactures.
La lîan(|ue de I-rance occupe mainienant l'IIôTEl, DE Tmli.olse, élevé en 1626. par François Mansard pour le secrétaire d'iitat Phélvpcaux de la Vrilliêre, et très remanié dans la suite; il avait été acheté en 1701 par le fermier des postes Rouillé, et. en 1713, par le comte de 'Joulouse, fils légitimé de Louis XIV et de M" de Monlespan, qui le laissa à son fils, le
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ducde'Penthièvre, et à la bt-lle-fillo de celui-ci, la princesse de Lamballe. La grande porte, d'un fort bel eflet, comporte sur son entablement deux figures par IMard fils : l'allas, déesse do la paix, et Mars, dieu de la guerre. Le cimseil d'administration de la Ilancjue de France a eu le boD goût de conserver l'ancien liùtel, et de l'englober dans les nouvelles constructions. Ainsi a pu être conservt-e la magnifique galerie dorée dont la voûte a été décorée par François l'errier, et dont les gracieux panneaux sont dus au délicat sculpteur Vassé. File se termine, rue Kadzivill, par une trompe saillante d'un travail fort habile.
L'HôTi:i. DK LuYNEs ou de Cmevkiuse, vis-à-vis la place Saint-Thomas d'Aquin. était la propriétt- dv la famille du ministre de Louis XIII. qui possède le magnifique château de Dampierre, Il vient dêtre démoli. Il était dû à rarchitecte I.emucl, qui aimait le style simple, majestueux, et s'interdisait les roquoltcries dos détails. L'escalier offrait des peintures de Brunctti. figurant des portiques peuplés de nombreux personnages. Cet hôtel posséda longtemps la m^ignifique collection de monnaies grecques, formée patiemment, avec- un goût i'-r!airé et une érudition parfaite,
■I SouL-isL- ;Arclii'
parle duc de Luynes, memlirc iW rinslilut, qui en a fait don au Cabinet des médaille-, de la Iiil)liotlièque nationale, où elle est i-oiiservée dans une salle spéciale, ornée du buste du donateur.
Au xvm" siècle, c'csi le palai^ de ll'J.ysKE:, édifié en 1718, pour le comte d'Iivreux, sur les dessins du Molet, au faubourg Saint-IIonoré. et donnant sur les Champs-l'ilysée.s. L'habitèrent ensuite la marquise de Pompadour, en 1745, puis son frère, le marquis de Marigny. à qui on doit l'embellissement des Champs-l-llysées, tandis qu'il était directeur général ordonnateur des bâtiments royaux, Beaujon le fit décorer par Boullée : la duchesse de Bourbon y resta jusqu'en 1 790 ; Murât, Napoléon, la duchesse de Berry, I-ouis-Xapoléon y demeurèrent ; il est maintenant la résidence du Président de la République. Tout près, est l'IIôTEL
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BF.AiVAr, de fi>rl l>ellf apparence, et oii ont été placés les différents services du ministère de l'Intérieur. A l'entrée de cette même rue du Faubourg Saint-lIoni»ré, parmi d'autres demeures magnifiques du xvili'
Salon iJL- riiâid Soubis;: , Archives Nitionalvs).
siècle. riloTEi, ru-: Ciiakom-Hkthine, »|ui a appartenu à Pauline liorghèst-, liiiri; aujiiurd'liui l'ambassade d'Anij;leterre.
La duilu-i-si- ilcmairiére de llnurbnn. veiivi- du prince de Ctmli, fille légiliméede Louis XiV elde M de la Valliére, se fît construire en 1722.
sur le quai d'Orsay, par l'italien Giardini, un palais qui devait avoir pour perspective la Seine, les Champs-Elysées et la place de la Concorde. Le prince de Condé en hérita, le fit remanier par Gabriel et l'augmenta de l'HÔTEL DE Lassai, tout proche, que l'on édifia sur le plan du Palais
Feiiitre, rue duincanipoix.
Bourbon, et qui est maintenant l'hôtel du président de la Chambre des Députés, et le Palais-Bourbon est le siège de la Chambre. La belle façade sur la rue de l'Université, et l'hôtel sont restés intacts. Le péristyle, sur le quai, ajouté par Poyet, et couronné d'un fronton triangulaire de Cortot, où la France, tenant des tablettes, entre la liberté et l'ordre, convie les génies, date du premier Empire. De chaque côté, senties figures de
Thèmis et de Pallas-Athéna ; au bas du perron, celles de d'Aguesseau, L'Hôpital, Colbert et Sully. La biblioihè<iue contient une richesse inestimable, de splendides fresques d'Kujjène Delacroix, inconnues du public, et où ce fougueux grnie a donné libre cours à son imagination de metteur
Je Chxilons tl Luigiubourg.
en scène et de coloriste. I^lles ne sont pas uniformes, peuven* plaire à des gi>ùls difFOrcnts. et consiiluenl une magnifi'|ue et t'mouvante épopée de riiumanitè.
L'Ki'iTEL Siiiitisi;, hôtel actuel dos Archives N'ationales, date de 1706. II enclave, sur sa face ouest, cette curieuse porte gothique de l'hdtel Clisson, dont il a été parlé précédemment, l'rançois de Kohan. prince de