LA SCULPTURE
La carrière de la sculpture française n'a pas été moins brillante que celle de la peinture, et moins que celle-ci d'ailleurs est sujette à controverses. Leurs étapes sont à peu près pareilles, et l'exposé s'en trouvera abrégé, puisque les idées générales, développées à propos de l'une, conviennent aussi à l'autre.
Au moyen âge, la sculpture est le plus souvent anonyme. Saura-t-on jamais les noms de ces imagiers de génie, qui ont modelé les chapiteaux, bas-reliefs et statues de toutes ces églises romanes et gothiques, objets encore aujourd'hui de notre admiration? A peine a-t-on retenu quelques rares noms des maîtres d'oeuvre, qui avaient assumé le poids de ces entreprises colossales : Pierre de Montereau, Jean de Chelles, Hugues Libergier, Robert de Couc}^ Jean d'Orbais, Gaucher de Reims, Bernard de Soissons, Robert de Luzarches, Jean Ravy, Jehan de Bonneuil. Il n'est que de penser, pour apprécier la beauté de cette sculpture, aux tympans de Notre-Dame de Paris, aux porches de Chartres, au « beau Dieu d'Amiens », aux anges des contreforts de Reims, aux magnifiques apôtres de la Sainte-Chapelle. Le caractère de cette sculpture est d'être sincère, décorative, opportune dans son œuvre, et imprégnée d'un profond sentiment religieux.
Au xiv° siècle, elle a une tendance à devenir plus réaliste, comme on peut le voir aux statues de Charles V et de sa femme Jeanne de l^ourbon, jadis aux Célestins de Paris, et à celles de la cathédrale d'Amiens. La sculpture franco-flamande, dont le centre est Dijon, vivement favorisée parles ducs de Bourgogne, est très expressive, rude et parfois violente, comme dans les statues du portail de la Chartreuse de Champmol, et dans le Tombeau de Philippe le Hardi, exécuté par Claus Sluter (fin du xiv'' siècle et début du xv'), principal auteur du puits de 31oïse.
Le ^x"" siècle accentue encore ce réalisme; de cette époque datent les tombeaux de Jean-sans-Peur; du duc de Berry, à Bourges; de Philippe Pot, au Louvre et du duc de Bourbon, à Souvigny.
Michel Colombe marque la transition entre l'art du moyen âge et celui de la Renaissance. Il est l'auteur du tombeau de François II, duc
Le Clianieur florenlin, par Paul Dubois (Luiembourg).
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de Bretagne ^isoj). et on lui a attribué quelquefois le sépulcre de Soles mes.
Puis, ce sont les Juste, italiens qui travaillèrent au tombeau de
Homnuge i U jeunesse, pjr Cliipu.
Louis XII à Saint-Deuis: Pierre Itontemps, le principal auteur du tombeau de François P'; Jean Goujon ^né en 1514, -|*avanti568 , le sculpteur admirable de la l'ontainc des Innocents, de la Diane d'Anet, des Cariatides du Louvre, dune science, d'une grâce et d'une technique parfaites: Germain Pilon, auteur de la statue de René de Birague, du groupe de&
Trois Grâces et des magnifiques bronzes des tombeaux de Henri II ; Jean Cousin, à qui on a attribué la paternité du monument de l'amiral Chabot. Et, en province, Roland Leroux (tombeau des cardinaux d'Amboise, à
Rouen;,- Jean Desmarais et Jean (.iiffart en Anjou; Ligier Richier, en Lorraine; Philippe Pot, à Beauvais.
Barthélémy Prieur, Biard et Pierre de Francheville, sont les initia-
tears de la sculpture du XVIF sièele, avec son style noble, calme, ma|estneux, mais d*une majesté, qui n'exclut pas la vie et le sentiment, et qui, n*ayant jamais pourtant sacrifié à la mode, a su toutefois rester en parfaite harmonie, avec la grandeur de cette époque.
La gloire de Técole $*éublit avec Pierre Puget {162 2- 1697', auteur du Milon de Crotone, un peu tourmenté; Girardon n 628-1 71 5), qui sculpta avec tant de maîtrise, de pureté et de souplesse le tombeau de Richelien à la Sorbonne, et les groupes des Bains d* Apollon à Versailles; C07sevox (1640- 17 20), le plus grand sculpteur du xvir siècle, tout imprégné de la beauté antique, laquelle inspire son œuvre entière et la rend si harmonieuse Nymphe à la coquille, la Seine et la Marne, bustes) ; Nicolas Coustou ,1656-1719.. dont le « marbre respire,» selon Texpression du roi lui-même; et tous les autres, moins illustres, remarquables pourtant : Sarrazin, Guillain, les Anguier, les Marsy, Lepautre, Tuby, Slodtz, Legros.
La sculpture, au XVIII' siècle, est plus menue, plus souple, plus gracieuse, plus jolie, et n*êvite pas toujours le maniérisme, et même parfois le contorsionné, belle pourtant, et de qualité française, avec :
Guillaume Coustou .i''77-i74^ , auteur des fameux chevaux de Narly, qui font si bel eflFet à l'entrée des Champs-Elysées; Edme Boachardon i6wS-i7or . dont les haN-reliefs delà fontaine de la rue deGrrenelle ont tant de grâce : Pi^jalle 1 7 1 4- 1 785 . qui composa cette merveille : le tombeau du marét^hal de Saxe, à Strasl>ourg: Falconnet 1716-1792]', dont la Baigneuse est d'une ék^ance toute moderne : et Michel-Ai^pe Slodtz, auteur du tombeau de Languet de Gergy à Saint-Sulpice; Ailegrain, Adam, Clodion. Vassé. et Jean-Jacques Caftîeri. célèbre par ses bustes de la Comédie-Française.
Houdon 1741-i^rS . qui sculpta avec une maîtrise si admirable le Voltaire de la même Comédie-Française, et la Diane du Louvre, infini* ment gracieuse, et Pajou 17 30-1 to^ . Fauteur du buste de la Dubany. appartiennent en quelque manière au xix' siècle.
An oommeDceoient du XCKr sieele. sons Finfluence de David, la sculp* tare de Chaodeu Bosîo, Midialloo. Cartellier. est d'inspiration antique, froide et monotone.
Mais elle reprend un peu de force avec David d'.Vnyers '1789-183(1). auteur du Condé, et du fronton du Panthéon, revit avec le grand
Le monunK'Di à Lugcr
:, par Ualoii [Lui cm bourg;.
Kudc ^i:S4-it!55 . le maître puissant et enihou^'iasti; du Chant Jn Dipart, à l'Arc de triumphc de l'Ktoile, qui eul une influence considérable sur tout
LA PEINTURE ET LA SCULI-TTRIv FRANVAISI-: ic,;
notre âge; si différent de l'ratlier (1792-1852), dont l'idéal (''lait la grâce aimable et souriante
Jfinni; d'Arc, pjr Ciiipu .Luxtiiiboor};;.
Depuis, les grands talents n'ont pus fait défaut, comme Corlot, Clésinger, Jouffroy, Perraud, Cavelier, Chapu, Delaplanche, et, plus près de
nous, Dubois, Falguiëre, Saint-Marceaux, Mercié, Barrias, Dalou, Fréniiet«
Mais il convient de signaler à part pour leur particulière vigueur, leur originalité, leur façon d'observer la nature et de la traduire plastiquc^ment : Barj-e (1795*1875), qui a su donner un relief saisissant à la représentation des animaux^ surtout exotiques; Carpeaux (1827-1875), dont les Quatre parties du monde de la Fontaine de l'Observatoire et le groupe de la danse à TOpéra sont de véritables chefs-d'œuvre; Rodin, enfin, très discuté, exalté et dénigré outre mesure, mais qui paraît bien travailler le marbre ou la terre avec une maîtrise, une habileté, une souplesse, comme il n'y en a guère eu d'exemple depuis longtemps.
Telle est, esquissée en quelques traits, la magnifique histoire de Tart français jusqu'à nos jours. L'impression d'ensemble, qui s'en dégage, n'est pas complexe. On y voit que le Français est naturellement doué pour Tart, et que, du plus loin que l'on remonte dans ses annales, il lui a consacré la meilleure part de son activité et de son esprit. Certes, dans un aussi lonj^ espace de temps, il y a eu des tâtonnements, même des piétinements sur place; mais ils ont été compensés ensuite i)ar une marche plus sûre et plus brillante vers Tidéal.
Le philosophe constate aussi que les artistes français ont échoué quand ils ont négligé leurs qualités nationales, et imité Tart des autres pays, quelque illustre d'ailleurs qu'il fût, et aussi, quand ils ont trop sacrifié à la mode du jour, et oublié que l'art, tout en interprétant la vie contemporaine, doit rester supérieur aux fluctuations du goût. Par contre, ils ont créé des chefs-d'œuvre, quand, soutenus par un pouvoir éclairé, favorisés par les circonstances ambiantes, ils ont déployé, dans leur tâche, les qualités nationales de clarté, de nette ordonnance, d élégance et d'harmonie, mises au service d'un travail opiniâtre et chercheur.
Ce sont ces qualités de l'âme française, que les amis de l'art, dans le pays et à l'étranger, pour que se produisent encore des chefs-d'œuvre, sources des plus sereines jouissances esthétiques, désirent voir fleurir toujours sur le sol de Paris et de la France.
Jeanne d'Arc, par Paul Dubois 2
L'Institut et la Cité, vus du Louvre 3
Le Pont-Neuf et la Cité 5
L'avenue Aloxandn.' III et le (îrand et le Petit Palais 6
L'avenue des Champs-Klysées et l'Arc de Triomphe 7
Perspective des ponts de Paris 8
L'empereur Julien (statue anticjue des Tlurmcs 10
Ruines du palais des Thermes 11
L'abside de Saint-Pierre de Montmartre 13
Animal fantastique des tours dr Notre-Dame 13'
Saint-Germain des Prés 15
Saint-Julien le Pauvre 16
Abside de Saint-Julien le Pauvre 17
Saint-Julien le Pauvre 18
Notre-Dame. — Façade 19
Notre-Dame. — La porte du Jugement dernier . . 21
Notre-Dame. — Tympan de la porte du Jugement dernier 23
Notre-Dame. — Porte de la Vierge 25
Notre-Dame. — Tympan de la Vierge 26
Notre-Dame. — La Vierge avec l'enfant au portail de droite 27
Notre-Dame. — Pentures de fer du portail principal 28
Notre-Dame. — Les tours 2q
Notre-Dame. — Animaux fantastiques 31
Notre-Dame, vue du Sud-Ouest 32
Notre-Dame. — Tympan du portail Sud : prédication et martyre de saint Etienne. 33
Notre-Dame. — Scènes de la vie des étudiants, au portail sud 35
Notre-Dame. — La nef 37
Notre-Dame. — Collatéral sud 39
Notre-Dame. — Chœur 41
Notre-Dame. — I-e moissonneur 42
La Sainte-Chapelle 43
Sain te- Chapelle. — La chapelle basse 45
Sainte-Chapelle. — La chapelle haute 47
Sainte-Chapelle. — Les apôtres des croix de consécration 48
Sainte-Chapelle. — Verrières 49
Saint-Séverin So
Sainl-Séverin 51
Saint-Merry 54
Saint-Germain l'Auxerrois (porche) 57
Charles V, au portail des Célestins 58
Palais de justice 59
Hôtel de Cluny. — Façade 60
Hôtel de Cluny. — Porte cochèrc 61
Hôtel de Cluny. — Cour 62
Hôtel de Cluny. — Porte du cardinal d'Amboise 63
Hôtel de Cluny. — P«)rte 64
Hôtel de Cluny. — Galerie sur U-s Jardins 65
Hôtel de Clunv. — Lirdins 6b
Hôtel de Sens 67
Portail de Thôtel de Sens et Tourelle Barbette 68
Hôtel de Clisson (Archives nationales , ancienne entrée de 1 Kcole dt.'S Chartes. . 69
Saint-Eu^tache 73
Portail de Saint-Gervais 75
Tour Saint- Jacques yb
Saint-Etienne du Mont. — Portail yy
Saint-Etienne du Mont 79
Saint- Etienne du Mont. — jubc- 80
François 1^', par Jeannet Clouet J.ouvre 82
Catherine de Médicis. ^Cra\'on du Cabinet des Mstiimpo S^
Hôtel de Ville 84
Hôtel de Ville. — Façade du Boccadnr 85
Hôtel de Ville. — La Musi([ue. Plafond ])ar (ier\e.\ 86
Hôtel Carnavalet. - - Cour Sj
Hôtel Carnavalet. — h'açade sur la rue de S('vii;ne S^
Façade delà Maison des Drapiers (Musée Carnavalet <S{)
Hôtel Lamuignon ()<>
Maison de François 1" gi
Fontaine des Innocents 92
Eglise de la Sorbonne. — Tombeau de Richelieu, par Girardon 96
Eglise de la Sorbonne 97
Le Val-de-Gràce 98
Saint-Sulpice 100
Le Panthéon 102
Le Panthéon et portail nord de Saint-Etienne du Mont 103
Puvis de Chavannes. — Prière de sainte Cieneviève. Fresque au Panthéon .... 104
Louvre. — Colonnade 10b
Louvre. — Pavillon Richelieu 107
Louvre. — Façade sur la Seine 108
Louvre. — Galerie d'Apollon 109
Louvre. — Façade de la petite galerie ^ur le jardin de l'infante) iio
L'automne (Jardin des Tuileries m
Palais du Luxembourg. — Façade sur h; jardin 112
Luxembourg. — Entrée du Sénat 113
Chapelle du petit Luxembourg; 114
Luxembourg. — Terrasse orientale du jardin 115
Luxembourg. — Fontaine Médicis 116
Luxembourg. — Fontaine Médicis 117
Foyer de la Comédie-Française 119
Palais de rinstitut [ancien collège des Quatre Nations) 122
Gobelins. — Pavillon de (^hasse de M. de julienne 124
La Monnaie 126
L'École de Médecine 127
F'ontaine de la rutî de Cirenelle 128
La porte Saint- Denis 129
La porte Saint-Martin et le Poule vard 130
Le pont ]\L'irie J32
Place des Vosges 134
Un des Chevaux de Marly, pai- d. Cou^tou iPlaci' de la c'oncortle 135
Place de la C(Micorde 13O
Cour d'une maison rue H;irbeti<' 137
Hôtel Sully. Rue Saint-Antoine 183
Hôtel Sully 13g
Hôtel Lavah'tte 140
Hôtel Lambert 141
Salon de Thotel Piniodan .Laii/un) 142
Salle à manger de l'hôtel i*iinodaii 1 Lauzun K'j3
Porte de l'hôtel Chenizot (Rue Saint-Louis-en-l'lle 144
L'hôtel Soubise ^Archives nationales i.j5
Salon de l'hôtel Soubise Archives nati<»nale> ... . . 146
Fcnêtri; rue Quincampoix 147
Porte de l'hôtei tle Chàloiis et Lu\eiiil)(>urg ... 148
Médaillon de Henri IV et Marie de Médicis 149
Monument de Cavaignac au cimetière Montmartre ... 151
Eglise de la Trinit('' 152
Couronnement de Napoléon par Davitl i-ou\re . . 153
La Bourse 155
Ecole des Beaux-Arts. — Cour des Loges 15^
Ecole des Beaux-Arts. — Façade de (iaillon I57
Place des i\vramides. Statue de Jeanne d'Ar(\ par bVémiet 158
Arc de Triomphe de llùoile. — Le Départ, de Rude 159
Inauguration de l'Opéra, tableau de Détaille lai\<'mbourg ibi
Façade de l'Opéra 163
L>: Palais du Trocadéro 164
Le Triomphe de la République, par Dalou 166
Le Palace-Hôtel, avtMme des Champs-Elysées 167
Retour des champs, par Jules Breton J.uxembourg 169
M""' Vigée-Lebrun et sa fille (Louvre 171
L'enlèvement de Psyché, par Prudhon [Louvre). D'après la gravure d'Aubry
Lccomte {GiJ{citt' des Beaux-Art $\ 172
M'"^' Récamier, par Gérard I73
Les massacres de Scio, par Eugène Delacroix (Louvre) 174
Les Romains de la décadence, par Couture (Louvre) • I75
aoi TABLE DES ILLUSTRATIONS
r^s illusii)ns pcrJups. p:ir Gli'yn' iL<>uvn-)
LVntiTn.-nicnt à Ornnns, pnr Cnurb- t Louvre)
Li'S (iU^n.■u^<•■;. par ,MUli;l urapr-s l;i j;r;ivurf dr I>;immun- .
Rtlouràr.'tat.l.'. pur Tr.-yoi, (Lnuvrr . . .
L« Chiinl. par Mi-is->'miir (l,u\''ml)..iiri;
Paysasv. pur C-..r,.t L..^l^r^■