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PARES

C'est AVatteau [i(ifi^-t-2i]. qui inaugure le nouveau style; tout le inonde a présent à la mémoire l'exquis Hiiibarquciiicut pour Cyl/iÎTc et VAsscinbh'f dans un piirc. joyaux du Louvre. Ses contemporains, Lemoyne, de Trov, Van I.oo, Coypel, s'intéressent encore à la peinture d'histoire, mais réclaircnt de la grâce du temps présent ; ils forment la transition entre k's deux siccU's.

Avec l'Vançois Koucher 170.1-1770;, la peinture se consacre définitive-

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mentà peindre des myihologies galantes et des pastorales en des décors ([ui ne sont là que pour permettre en quelque manière la hardiesse du retroussé. Il eut deséinulcs dans Xatoire (1700-1777) : l'ater 161^5-1736); Kaoux : Lancret ^161^0-1744' , dont la /.ijc/i i/c Miisit/în' e.st très caractéristique, comme le Niil li'oiscijii. les ToiirtircUi-s ; et enfin l'aimable et souriant Fragonard ( 1 737-1 S06. A côté d'eux, dans une note moins mondaine et troublante, il convient de citer les paysages de Joseph Vernet et de Lantara, et les exquis portraits de Mattier. ]H)rtraitiste de ^Irstinnns (/(■ I-riiiicr: Jean-Baptiste Van I.oo: Toqué, dont le portrait de -Marie heczinska est illustre ; Drouais; Maurice Ouentin de 1-aiour (1704-17!*?*% dont les pastels ont une vogue extraordinaire; et Chardin (161)9-17711),

qui, dédaignant les salons, s'est complu à appliquer son talent pénétrant à représenter les petites scènes des intérieurs modestes ; enfin, M"" Vigée-Lebrun, avec la minauderie et le maniéré ravissant de ses attitudes .

Mais comme si le perpétuel devenir était la loi de l'art, voici qu'une évolution nouvelle se manifeste, sous l'influence de Jean-Jac(iues Rousseau : on semble revenir à la nature vraie, — dont les tableaux de Boucher

et de »e^ écnulL'^ n'offraient qu'unie imaue affadie. — et i cette antiquité, dont on va. par cuntre. affadir l'imai^u. (J'e.si le moment de tireuze (1725- 1805;. qui peint l'.lcVd/-./.^' </<■ vilLigc et la Cnuh,- dissi-c dans un style sentimental inconnu jusqu'alors, et enfin de David 'i74!<-i825), dont le Serment ilts lloruccs, au salon de i;?^?, marque le commencement d'une nouvelle école.

La Révolution et l'Empire brisèrent en mille morceaux le moule gracieux de l'art du xviii' siècle. Sous l'influence du comte de Caylus, qui

voyage en Italie et en Orient, et publie, de 1752 à 1767, «on Riuneil d'anliqtiitcs égyptiennes, étrusques, gr>\qiirs^ romaines et gauloises.

David ramène l'art à lOtuiio et au ijoùt de rantiquitr, dont les fouilles d'Ilcrculanum et de Pompéi (i755-i7y2' permettent de se faire une idée

plus savante. Le retour à la nature et à l'antiquité est la plus caractéristique de l'art en cette nouvelle période.

Le style de David, et c'est la raison de son succès, plus encore que sa valeur propre, était merveilleusement adéquat aux aspirations contemporaines. Il ne pouvait plus être question d'art frivole, joli, coquet, au milieu des événement.s solennels dont la France et l'Europe

Faysaj^e, pjr Coroi (Lou

toute entière étaient le théâtre; le rèjfne des salons est passé, celui des clubs a commencé.

Les hommes de la Révolution et de l'Iimpire étaient pénétrés de rêves de grandeur, et ils voulaient conquérir le monde aux idées nouvelles, lis s'efforçaient de hausser leur esprit à l'importance de leurs projets, et se proposaient, pour pouvoir les réaliser, un idéal de vertus et de forces civiques, dont ils crurent trouver le type dans la civilisation primitive de la Rome républicaine, d'ailleurs fort mal connue à ce moment. Et c'est assez expliquer la vogue considérable du Serment des Horaces, de l'Enlèvement des Sabiufs, de la Mort de Socrate, et de Lèonîdas aux Thermopylcs. Mais on est unanime maintenant à préférer le magnifique

Cfluronncnuut Je Napoléon !". à ces tableaux solennels, froids et factices d'une artificielle vie romaine.

On ne peut dire que l'œuvre de David marque une transition entre le xvili' et le XIX* siècle ; il n'a rien de l'âjfe précédent, dont il est la néga-

tion vivante, et la p!us grande partie de sei tableaux nous (.-st, â niius, fort IndifFért-ntL' ; il e^t indispun sable cependant ù l'histoire de la peinture frani,"aise du X[\' siècle, car c'est surtout coiilrf lui qu'elle se constituera. Combien est plus près de nous l'rudhon (i75f>-if<23), d'une sensibilité si semltlable à la nôtre, et dont les toiles, comme Va Justice il Ui Vi iigi-jiui- pour:, Il II- tint le crnnc, \'/:ii!iti nititi de l'syi/u' continuent à nous séduire I

Il serait téméraire pourtant d'induire de son œuvre la philosophie de la peinture contemporaine, comme on peut l'induire de Lebrun pour le

Vierge cuiisuhitiec, par Uuuyucrcju ( Luxembourg 1.

xvic siccle, et di.' Boucher ])our le suivant. Il n'y a pas d'a'uvre-type à notre époque ; il y a eu des œuvres successives, qu'on peut appeler capitales, et qui jalonnent l'évolution picturale. C'est autour de leurs auteurs que se livrèrent des batailles ardentes, dont on peut marquer les points,

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sans pouvoir apprécier encore toute la portée de la victoire. Bornons-nous donc à' expose r,-latissânt ici, comme ailleurs, à l'avenir le soin, et la peinte aussi, de conclure.

Gros (i 771-1835) peut être considéré comme le peintre de TÉpopée IMPÉRIALE, qu'il a célébrée dans presque toutes ses toiles [Pestiférés de Jajfa, Bataille cV Aboukir^ Bataille cVEylaiiy etc.). Gérard (1770- 1837)» Guérin furent aussi les aèdes de cette épopée. Leur contemporain Girodet-Trioson se plut surtout à peindre des scènes que lui inspiraient les œuvres de Chateaubriand [Mort d'Atala).

Le Romantisme, qui commence à apparaître, révolutionne la peinture, comme tout le reste. Chateaubriand en est le premier auteur ; il fit rechercher par ses ouvrages le sentiment de la nature, le goût de la couleur locale, le dilettantisme de Tindividualité et de la tristesse, l'érudition historique, un vague besoin de religiosité, la résurrection de l'histoire, et le besoin d'un art parfait, d'une technique sans défaillance. La peinture, issue du romantisme littéraire, vise à posséder ces qualités, ou à répondre à ces aspirations. Le Radeau de la Méduse, de Géricault, qui parut au salon de 1819, fut une des premières manifestations de cette esthétique.

Eugène Delacroix (1798-1863) prit la place que la mort brusque de ce dernier laissait vide : peintre audacieux, fougueux, inégal, coloriste extraordinaire, romantique à outrance, quoi qu'il en eût, et comme on peut le voir dans les Massacres de Scia, V Entrée des Croisés à Constantifiople, Dante et Virgile aux Enfers.

En face de lui, Ingres, son adversaire (i 780-1 867), représente le CLASSICISME net, précis, au dessin savant, à l'imagination tempérée par la raison [Apothéose d'Homère, la Source, V Œdipe), Ce classicisme, d'ailleurs, n'exclut pas le sentiment, ni certains effets de coloration.

Autour de Delacroix combattirent les romantiques : Ary SchefFer (1795-1857), auteur de Sainte Monique et Saint Augustin^ Boulanger; Chassériau; Couture [V Orgie romaine); Devéria ; et les orientalistes Decamps (1803-1860), Marilhat, Fromentin, etc.

Autour d'Ingres, les classiques, comme Coignet, Heim, Chenavard, et surtout Ilippolyte Flandrin (i 809-1 864), qui eut un profond sentiment religieux, comme il en a témoigné dans ses décorations de Saint-Germain des Prés et de Saint-Vincent de Paul.

A la SUITE DU ROMANTISME se développa : \di peinture militaire avec Horace Vernet, Delaroche, Raffet et Charlet ; la peinture de genre, avec Léopold Robert, Hébert ; et la merveilleuse école paysagiste^ dont la gloire est incontestée. Ce sera l'éternelle renommée de notre âge

LA PKINTLRK FT l,A S C UI.l'TU R K FRANÇAISE 187

d'avoir compris la nature avec tant d'émotion et de finesse. Voici Paul lluet; Corot (1796-1865}, qui s'en allait interroger les halliers aux heures

Le cjrdiiul du Ljvi;;L-ri(;. p^r Bonnjt.

(J'jprcs 1j grjvuri; de Jjsinsky, (jj;i((( Jis lieaiix-Arli).

matinales ou crépusculaires et vibrait aux profondes et mystérieuses harmonies de la nature. Dira-ton jamais assez la poésie, la grâce, l'émotion prenante de ces tuiles de rêve : Ronde de nymphes. Matinée, Souvenir

iSa PARIS

<i'//<i/iV?Et ce sont encore : Théodore Rousseau, Daubigny, Troyon, Diaz.

Uupri', Jacqui.', «."luiitrcuil, .MiUet. fi lous ces arlistL-s ùminents de V/ûole dv liiirbi^oii, nui ont parcouru tous le:* coins et recoins de la l'orêt de

Fontainebleau, dont ils ont fixé à jamais les aspects pittoresques dans des toiles émues et émouvantes.

Quand ces batailles entre classiques et romantiques furent apaisées, vint Gustave Courbet (181Q-1877), né à Ornans dans un coin agreste de la Franche-Comté, où il avait appris à connaître de près la nature. Ses œuvres, VEntcrrciiicnt a Oriiaus, Remises de chevreuils, le Puits noir, sont imprégnées de réalisme ou de naturalisme:, qui exercèrent une influence profonde sur les destinées de la peinture française. De lui procèdent Bastien-Lepage, Jules Breton, Français, Lhermitte, Pelouse, Harpignies, Rosa Bonheur, Legros, etc.

Edouard Manet (1833-1884) apporta, lui aussi, une nouvelle esthétique, dont on trouverait mal la formule dans sa célèbre Olympia, qui n'est pas le meilleur de ses tal:)leaux. Il percevait les tonalités d'une façon vive et pittoresque, et notait avec une subtile finesse les relations des taches colorées entre elles; simplifiant la couleur, il s'efforça de ne montrer dans les choses que les taches caractéristiques. Sa technique, malgré ses apparences révolutionnaires, s'inspire des plus grands maîtres, de Velasquez, entre autres; l'école impressionniste a fait fructifier les germes de ces trouviiilles, parfois avec une exagération coutumière aux néophytes (Monet, Sisley, Renoir, Pissarro, Degas).

Après ces maîtres, il serait sans doute injuste de ne pas citer deux tempéraments hors de pair, (îustave 31oreau, qui a vécu sa vie au milieu de songeries peuplées de chimères, de sirènes, de sphinx, de péris, et qui habillait ses personnages de toute la somptuosité orientale; Puvis de Chavannes, enfin, qui, dans les pages immortelles d'Amiens, de la Sorbonne, du Panthéon, de l'Hôtel de Ville de Paris, de Boston, d'un dessin simplifié, de couleurs pâles, d'une inspiration fleurie de rêve, a ressuscité parmi nous la poésie mélancolique des fresques, depuis longtemps évanouie. La peinture française est bien vivace, qui produit ce chef-d'œuvre : Geneviève veille sur la ville endormie^ et qui se développe dans tous les genres avec un égal bonheur, la peinture de portraits avec Gaillard, Elie Delaunay, Bonnat, etc.; la peinture décorative avec Cabanel, Baudry, Jean-Paul Laurens, Benjamin-Constant, etc. ; la peinture DE GENRE, enfin avec Bonvin, Fantin-Latour, Cazin, Dagnan-Bouveret, Cottet, René Ménard, Le Sidaner et Lucien Simon, les adeptes au groupe idéaliste ou symboliste : Maurice Denis, Bonnard, Vuillard, J.-R. Roussel, Valloton et tant d'autres...

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