SCÈNE XX
MONSIEUR POUPARD, MADAME POlJPARD.
MADAME POUPARD, à part. Lc voilà tranquille; enfin je vais pouvoir lui parler.
POUPARD. Ah! c’est vous, madame! nous avons un terrible écheveau à débrouiller ensemble.
MADAME poopARD. Encore en colère ! mais ça devient inquiétant.
POUPARD, loi montrant la lajralte. Pour qui CBS Ornements
du premier âge? pour qui ces langes, ces drapeaux? qui comptez-vous emmailloter dedans, madame?
MADAME POUPARD. Comment! vous ne devinez pas?
toùPARD’. Je ne devine jamais.
MADAME POUPARD. Je VOUS avais promis une surprise. Vous trouvez une layette, et vous ne comprenez pas que vous allez être père?
POUPARD. Mais, je hé veux plus être père, moi ! Les enfants, je les exècte, je les abhoii'c! j’en ai par-dessus la tété. Je ’he veux pas même être soupçonné d’avoir ctoté ma patrie d’un de ces petits malfaiteurs. Je demande l’abolition do la famille. Je nie la paternité ; càr enfin, il y a trois semaines, il é’était pis question. ..
MADAME POUPARD. De layclle? Si mon ami, elle "était commencée bien avant mon départ.
POUPARD. Vraiment, alors pourquoi ce voyage?
MADAME pouPARb. Pouv aller au secours de ma panAxe Henriette.
POUPARD. Vraiment! alors pourquoi m’avoir caché...?
' MADAME POUPARD. Tu ne m’aui'ais pas laissée partir.
POUPARD. Vraiment! sans doute, car c’était une im-''
prudence,.. Es-lu bien sûre que ça ne t’q pas fait de mal?
MADAME pouPARD. Allous, tu n’es pas aussi fâchd que lu veux le paraître.
pouPAHD. Si, je suis fâché... je suis très-fâché. Hier, ce matin môme, j’aurais été transporté de joie; mais après une journée aussi désastreuse, après un pareil avant-goût des délices qui m’attendent, je dois être au désespoir. Tu conviendras qu’ils ont dépassé toutes les bornes.
MADAME POUPARD. Jc nc dis pas... mais il y avait bien un peu de ta faute.
POUPARD. Tu crois; c’est égal, je suis bien aise de ne pas être leur père.