A MADAME JOSÉPHINE DE FER
La Musc est de retour, la campague s’allume; Partez, ma fantaisie, errez parmi les prés.
Voici le soleil d’or et les deux sidérés ;
La nature s’éveille, et le bois se parfume.
Le printemps, jeune oiseau, vêt sa première plume; Avril vient, en chantant dans les prés diaprés. Ouvrir sous un baiser les bourgeons empourprés.
Et la terre en moiteur s’enveloppe de brume.
Le printemps engloutit la neige et les chagrins,
Et dispense à chacun des jours purs et sereins.
Vous, dont les rigueurs font que sur ma tète il neige,
N’ôtes-vous pas d’avis, belle, qui dès longtemps De me faire mourir avez le privilège.
Qu’il serait sage et bon d’imiter le printemps ?