SCÈNE VI
POUPARD, MADAME POUPARD, HENRIETTE, MADAME GRANDOUILLET et ses q^uatre enfants.
[Elle porte /es deux plus petits dans ses bras; les deux autres la tiennent par sa jupe.
Poupard. La nourrice!... Oh! elle vient encore, comme tous les ans, insulter à mon infortune! Cette femme est mon cauchemar, un reproche vivant!
Madame Grandouillet, dans le fond. Excusez, Mosieur et Mam' Poupard, la compagnie, si j'entre comme ça tout de go... vous n'avez pas vu mon homme?
Madame Poupard. N'en soyez pas inquiète, ma chère madame Grandouillet, je l'ai envoyé en commission.
Madame Grandouillet. Ah! vous me faites honneur, Mosieur, Mam' Poupard, la compagnie.
Poupard, à sa fenime. Où l'as-tu donc envoyé?
Madame Poupard, à son mari. Chercher le petit Benjamin.
Poupard. Le fils de mon ami Lecoq ?
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Madame Poupard. II passera chez nous ses jours de congé ; je Tai promis à son père.
Poupard. Oh! la bonne idée!... Je le ferai jouer, je le nnènerai promener... (Regardant Ihnrielte.) J'ai déjà une fille, je croirai avoir un fils... <A M"'° Grandouillet.) Mais approchez donc, grosse maman ! venez nous faire admirer votre collection... Vous avez affaire à un amateur.
Madame Grandouillet. C'est une justice à vous rendre, Mosieur Poupard.
Poupard. Je parie bien que vous n'avez pas perdu votre temps depuis l'année dernière ?
Madame Grandouillet. Dame! on fait ce qu'on peut... [Montrant l'enfant qu'elle porte dans ses bras.) J'ons de plus ce petit chérubin-là, ([ui a juste aujourd'hui ses trois mois comme un homme.
Poupard. Ces paysans sont d'un prolifique humiliant.
Madame Grandouillet. C'est déjà fort comme père et mère, et ça vous a un appétit... Mais faut pas que ça vous inquiète; quand il y a pour un il y a bien pour deux.
Poupard. Nous y voilà!... Hélas! Madame Grandouillet, j'ai bien peur que celui-là ne soit, comme les autres, obligé de se passer de frère de lait.
Madame Grandouillet. Vraiment ! Ah ! tant pis, je comptais bien... cette année...
Poupard, à sa femme. Mais regarde donc, chère amie, comme ils sont gentils, bien portants.
Madame Poupard. Et propres!
Madame Grandouillet. Ne m'en parlez pas, ce n'est pas sans peine !
PouPARD. Que VOUS êtes heureuse, bonne Grandouillet! que je voudrais être à votre place !
Madame Grandouillet. Vous en auriez bien vite assez. C'est pas tout couleur de rose, allez.
Madame Poupard. Ceux-là sont d'une sagesse, d'une tranquillité !...
Madame Grandouillet. C'est qu'ils sont t'honteux. Ordinairement c'est de vrais diables.
Poupard. La turbulence est l'apanage de l'enfance; parlezmoi des enfants terribles; il n'y a que ceux-là d'intelligents. Je veux qu'ils dînent à table avec nous; ça me fera illusion. Je croirai qu'ils sont à moi.
Madame Grandouillet. Ah! ben ! ils vont vous faire un fier tapage.
Poupard.
Air : J'aime le tapage.
J'aime le tapage, Le tapage, Le tapage.
Mes amis, livrez-vous Aux jeux de votre âge.
J'aime le tapage, ; Le tapage.
Le tapage.
Mettez tout sens d'sus d'sous.
Faites les cent coups ; Quittez donc cette mine chagrine.
Vous pouvez rire, chanter, danser.
Le plus grand bonheur, j'imagine.
C'est de vous voir tout boul'verser.
Pour qu'une gaîté complète Vienne charmer mon séjour, A nous, mirliton, trompette;
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A nous ce joli tambour.
J'aime le tapage, Le tapage, etc.
[H leur distribue les joujoux qu'il portait à son entrée, et qu'Agathe avait posés sur la table.)