‹ Paris inconnu. Avec une étude sur la vie de l'auteurChapitre 49 sur 77 · SCÈNE XX MONSIEUR POUPARD, MADAME POUPARD · texte numérisé non relu

SCÈNE XX MONSIEUR POUPARD, MADAME POUPARD

Madame Poupard, à part. Le voilà tranquille ; enfin je vais pouvoir lui parler.

PouTARD. Ah! c'est vous, Madame! nous avons un ter= rible écheveau à débrouiller ensemble.

Madame Poupard. Encore en colère? mais ça devient inquiétant.

Poupard, lui montrant la layette. Pour qui ces ornements du premier âge ? pour qui ces langes, ces drapeaux ? qui comptez-vous emmaillotter dedans. Madame?

Madame Poupard. Comment! vous ne devinez pas !

Poupard. Je ne devine jamais.

Madame Poupard. Je vous avais promis une surprise. Vous trouvez une layette, et vous ne comprenez pas que vous allez être père ?

Poupard. Mais je ne veux plus être père, moi! Les enfants, je les exècre, je les abhorre! j'en ai par-dessus la tète. Je ne veux pas même être soupçonné d'avoir doté ma patrie d'un de ces petits malfaiteurs. Je demande l'abolition de la famille, je nie la paternité : car, enfin, il y a trois semaines, il n'était pas question...

Madame Poupard. De layette? Si, mon ami, elle était commencée bien avant mon départ.

MONSIEUR POUPARD l'ôS

PouPARD. Vraiment? alors pourquoi ce voyage?

Madame Poupard. Pour aller au secours de ma pauvre Henriette.

Poupard. Vraiment! alors, pour(iuoi m'avoir caché... ?

Madame Poupard. Tu ne m'aurais pas laissée partir.

Poupard. Vraiment ! sans doute, car c'était une imprudence... Es-tu bien sure que ça ne t'a pas fait de mal ?

Madame Poupard. Allons, tu n'es pas aussi fâché que tu veux le paraître.

Poupard. Si, je suis fâché... je suis très fâché. Hier, ce matin même, j'aurais été transporté de joie; mais, après une journée aussi désastreuse, après un pareil avant-goùt des délices qui m'attendent, je dois être au désespoir. Tu conviendras qu'ils ont dépassé toutes les bornes.

Madame Poupard. Je ne dis pas... mais il y avait bien un peu de ta faute.

Poupard. Tu crois? C'est égal, je suis bien aise de ne pas être leur père.

Madame Poupard

Air. : La brune Thcrcsc.

Pour les enfants des autres Sévères, exigeants, Nous saurons pour les nôtres Nous montrer indulgents.

Poupard

Mais ils crieront.

Ils glapiront Comme les autres.

Ils m"'ennuieront.

M'étourdiront, M'abrutiront.

Madame Poupard

Non, liaiiquillisez-vous, Calmez ce grand coinroiix, Fiez-vous à leur mère, Nous aurons dos enfants Soumis, obéissants, Aimables, caressants ; Par leur bon caractère Que j'aurai su former, Leur grâce, leur manière.

Ils sauront vous charmer.

Comment, en bon père,

Pourrcz-vous donc faire Pour ne pas les aimer ?

Poupard. Je les aimerai, je les adorerai! j'en serai fou! Oui, tu as raison, chère amie, ils seront charmants, ces petits amours, ces chers trésors; ils te ressembleront. Je serai intégralement leur père. J'oublie les tribulations de ce jour néfaste, et je suis le plus heureux des hommes ! Je cours prévenir la nourrice. [L'appelant.} Madame Grandouillet, Madame Grandouillet !

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