A DÉFAUT DE PRÉFACE
Nous sommes tombés d’accord, mon éditeur et moi, qu’en tète de ce défilé de feuilletons revenus de la bataille, il fallait quelques pages inédites où l’auteur donnerait au public les explications qu’il lui doit, en retour des sympathies peut-être sans précédents dont il s’est vu entouré.
Ce qui suit n’est pas le moins du monde, ne peut ni ne veut être une préface en forme. — Une préface est trop souvent le chemin qui mène l’impuissance au ridicule. Nous ne nous y aventurerons pas.
Mais supposez que vous ayez tiré un noyé du fond de la rivière. Ce serait assurément de sa part une fugue malséante si, à peine rendu à la vie, il en profitait pour s’esquiver au plus vite sans dire à son sauveur qui il
est, où il allait, comment il lui advint de se laisser choir en cet endroit malsain où il vient d’être repêché, — et surtout quelle route il va faire prendre à sa reconnaissance pour ne pas aboutir à l’ingratitude.
Nous sommes ce noyé, quoiqu’il y ait dans notre histoire autre chose que de l’eau. Le public ne nous a pas tiré de l’abîme, mais il s’est associé si chaleureusement aux péripéties du sauvetage, que nous croyons lui devoir compte de notre vie.
bien entendu, nous ne réveillons pas le souvenir des jours où un public européen s’est montré notre frère dans l’espoir que sa fraternité indulgente s’étendra désormais à toutes les platitudes qu’il nous serait trop commode de débiter. Rendu h la santé, nous rentrons sous la loi commune. On nous ferait injure en supposant que nous venons ici, déguisé en régisseur de théâtre, faire une annonce , et réclamer, au nom de blessures guéries, une indulgence sans fin. Ce serait imiter ces emprunteurs impudents qui ont le front de harceler votre obligeance de demandes sans cesse renouvelées, et basent leur importunité d’aujourd’hui sur l’aumône qu’ils ont reçue hier : « Hier, vous m’avez bien donné, disent-ils ; vous ne me refuserez pas davantage aujourd’hui... » On leur répond, et l’on a grand’ raison :
« Passez votre chemin et laissez la place à d’autres. Notre charité n’a plus d’avances à vous faire. »
Nous ne nous exposerons pas à la justice humiliante • d’un pareil refus, puisque nous ne demandons rien. Au contraire, nous venons ici mettre ordre à nos affaires,
reconnaître nos devoirs, mesurer notre dette, signer des engagements. De pauvres que nous étions, une souscription universelle de vœux et de prières, organisée à notre profit, nous a fait riche tout à coup, riche de santé et de contentement. Nous ne pouvions pas empocher le bénéfice et disparaître sans avoir même donné de reçu.
Un homme de génie s’engagerait à rembourser ses souscripteurs en chefs-d’œuvre. C’est, assurément, la meilleure monnaie ; mais il ne s’en frappe pas chez nous. Si jamais nous arrivons au talent, c’est que la reconnaissance nous aura donné le secret de la belle prose, de même que ce fut l’indignation, a dit Juvénal, qui lui souffla ses beaux vers.
Nous avons reçu un baptême qui doit nous laver de toutes pensées mauvaises. Nous rentrons dans la carrière, obligé à faire notre ordinaire d’un luxe de scrupules et de délicatesses. Les devoirs de chacun envers l’honneur sont grossis pour nous d’obligations particulières d’autant plus sacrées que personne n’est là pour en réclamer l’exécution.
Quelques-uns de mes amis m’ont, plus ou moins franchement, tenu à peu près ce langage : « 11 ne faut pas vous dissimuler, mon très-cher, que si l’on s’est intéressé à vous dans les bons endroits, c’est en oubliant que vous étiez un journaliste, pour se souvenir seulement que vous vous étiez montré un homme. Dès que l’on remontait à la cause, ce n’était plus qu’un cri : — Mais aussi, qu’allait-il faire dans cette galère du
petit journalisme ? — A plus forte raison, si vous retournez maintenant à vos moutons enragés de la chronique, serez-vous tenu pour un incorrigible et un récidiviste. Que ne profitez-vous plutôt du gros lot de sympathies qui vous est échu pour obtenir quelque emploi de finances ou d’administration ? Sollicitez du moins... Peut-être vos blessures pourront vous tenir lieu des années de surnumérariat. »
Peut-être, en effet, aurais-je pu recueillir cette dernière marque de la bienveillance universelle. Mais c’est la seule qui ne m’ait pas tenté. J’aime mieux mon métier de journaliste ; j’en aime les labeurs méconnus, les périls, et jusqu’à la déconsidération injuste. C’est un failli qui lutte pour sa réhabilitation, et qui y parviendra à force de valoir mieux que sa renommée. Nous subissons, pour ainsi dire, nos jours de captivité, mais nous reverrons le Jourdain ; et s’il est nécessaire, pour que le culte de la liberté d’écrire soit restauré dans les esprits sur les ruines de l’adoration de l’autorité, s’il est bon pour notre cause d’avoir des confesseurs, je rends grâce au sort qui m’avait désigné pour entrer dans la lice.
Les causes qui ont fait de nous un journaliste subsistent entières. On ne naît guère journaliste, croyonsnous, on le devient parce qu’il faut être quelque chose, et très-souvent pour ne pas être telle ou telle autre chose. Étant mis dans une case à part un petit nombre de tempéraments hors concours, — et si étroite que soit la case, elle ne sera jamais pleine, — l’on peut
dire que la plupart des écrivains en activité de service auprès du public, tant journalistes qu’auteurs dramatiques, romanciers ou soi-disant poètes, ne sont pas aussi invinciblement attirés par la plume que l’on cherche quelquefois à le faire croire dans le chapitre trèsexagéré des vocations irrésistibles. Arrêtez le convoi des ouvriers de la plume, non point pour leur demander la bourse ou la vie, — la chose n’en vaudrait pas la peine, — mais, au contraire, pour remettre à chacun des coupons de 100 à 30,000 francs de rente, vous verrez combien continueront la route, au lieu de s’arrêter indéfiniment à la station de Capoue !
Ceci ne devrait jamais être vrai des poètes qui, à moins de rimer de naissance et par ordre de la fatalité, sont sans excuse. Ceci est vrai surtout des journalistes, personnages mitoyens entre le monde et les arts, entre les affaires et la littérature. On est rarement journaliste sa vie durant. C’est tantôt un commencement, et tantôt une fin. Pour les uns, c’est un port qui les recueille à la suite d’une navigation orageuse ; pour les autres, c’est une espèce d’embarcadère, où ils attendent, en faisant de la gymnastique intellectuelle le long des colonnes, le passage du train pour lequel leur ambition a pris un billet.
Aussi le journalisme renouvelle-t-il incessamment son personnel. On demande : « — Un tel, où est-il ? — Parti pour la Bourse. — Et un tel ? — Envolé vers la poésie. Il s’était endormi un beau soir faiseur d’entrefilets, il s’est réveillé un beau matin avec une paire
d’ailes. l'n troisième s’est enrôlé dans le bataillon des dramaturges. Bref, des flancs du journalisme, comme des jupons de la mère Gigogne au théâtre Séraphin, s’échappe sans relâche une foule bigarrée: des colons pour l’Algérie, des mineurs pour la Californie, des pionniers de l’industrie..., que sais-je? Du cerveau du journalisme n’a-t-on pas vu sortir un restaurateur, sa fourchette à la main, comme naguère Pallas portait sa lance ! Un journaliste, c’est aussi parfois, selon les temps plus ou moins propices et les capacités individuelles, un préfet, un député, voire un ministre en herbe.
Ce que l’avenir fera de nous, nous l’ignorons, mais nous dirons volontiers comment nous nous sommes trouvé induit en journalisme.
Vous rappelez-vous, dans cette fable admirable, les Animaux malades de la peste, le plaidoyer du baudet accusé « d’avoir fait tout le mal? » Il prend la parole, le malheureux ! il se défend, il plaide les circonstances atténuantes : « la faim, l’occasion... »
La faim!... Dame! tout le monde n’a pas dans son escarcelle trente mille bonnes raisons par an pour ne rien faire. Ce serait pourtant une dot particulièrement indispensable aux gens qui naissent sans autre vocation bien arrêtée que celle de tourner le dos à l’épicerie, quels que soient les noms dont elle se décore et les masques sous lesquels elle essaye de cacher son vilain visage. Quand on n’est ni de l’élite sacrée qui ne prend pas, après réflexion, pour instruments de son existence, la plume, le pinceau ou l’ébauchoir, mais que prennent
d’eux-mêmes et comme d’instinct ces outils de son immortalité ; — ni de la foule qui va droit aux gros sous sans s’inquiéter du reste, le plus sage assurément est de s’accouder sur son balcon, et de regarder couler le torrent. Mais quand on n’a pas de balcon... on se fait journaliste, — une manière de marcher sans emboîter le pas derrière le premier venu.
L’occasion ! ... J’appartiens à une génération qui était en train d’en finir avec le collège quand la révolution de février donna son exeat au produit de la révolution de juillet. Notre cours de philosophie fut interrompu par cette saisissante leçon de logique. La philosophie ! la logique ! elles couraient les rues dans les instructives journées de 18Z|8, et nous tous qui avions alors dix-huit ans, nous puisâmes dans les enseignements violents de la place publique une expérience hâtive et désespérée des hommes et des choses, qui était à la sagesse lentement acquise des personnages mûrs ce que les fruits de serre sont à ceux du bon Dieu. En voyant tout chanceler, tout crouler autour de nous, trônes, serments, courages, dévouements, il s’opéra un singulier travail dans les âmes de cette jeunesse hier encore assujettie à une règle quasi-monacale, aujourd’hui lancée en plein tohubohu social. Quoi ! A peine six mois écoulés depuis le mois d’août dernier que l’on nous avait distribué en Sorbonne les lauriers universitaires, aux pieds de la statue de Louis-Philippe, déclaré très-bon et très-grand en latin aussi bien qu’en français, par les éloquences combinées de nos professeurs, et ces mêmes maîtres.
parfois moqués par nous, mais au fond révérés et dont la parole avait du retentissement, nous les vîmes s’empresser d’acclamer la République, de ces mêmes voix que l’émotion entrecoupaient naguère quand ils nous parlaient des d’Orléans et de leurs vertus aux jours de distribution de prix! 11 nous arriva d’en rencontrer menant, dans les manifestations républicaines du temps, des députations de nos anciens camarades, auxquels on n’interdisait plus la Marseillaise, au contraire ! Nous n’entendîmes pas dire qu’ils se fussent compromis par des regrets imprudents, eux, ces hommes féconds en conseils austères, nourris de la moelle de lion des moralistes anciens. Nous étions encore si bien des écoliers habitués à chercher le reflet des événements sur le visage de nos maîtres, que, dans le tableau général, ce fut surtout leur attitude qui nous frappa. « Et vous aussi ! s’écrièrent quelques- uns de ces échappés de collège... Tu quoque , ô mon professeur de rhétorique ! »
De tout cela nos jeunesses se retirèrent flétries dans leurs racines. Parmi nos camarades, les uns se hâtèrent de conclure que les mots fidélité, vertu, devoir et sacrifice, dont on avait rebattu leurs oreilles, étaient des mots, rien que des mots ; que les choses étaient mortes depuis longtemps, si jamais elles avaient existé; qu’il convenait de laisser ce bagage dans les poches de notre habit de lycéen, et le tout chez le fripier, et de travailler uniquement, dans l'avenir, à tirer son épingle du jeu, sans se compromettre jamais. Sur d’autres tem-
péraments, les défaillances dont février nous donnait le spectacle, firent au contraire l’effet que les Lacédémoniens voulaient produire chez leurs enfants en leur montrant un ilote ivre.
Nous fîmes un vœu éternel de sobriété politique, par dégoût des lèvres que nous voyions boire à toutes les coupes. Contrairement aux principes alors en vigueur, le dévouement à outrance fut la base de la constitution individuelle à laquelle nous prêtâmes serment in petto, nous déclarant traître si jamais nous servions dans un emploi quelconque , fût-ce le plus infime et le moins rétribué, un principe pour lequel nous ne serions pas décidé à nous sacrifier entièrement à toute réquisition.
Exagérations puériles! me dira-t-on; et je ne dis pas non. Mais, à côté de l’école encombrée de disciples et si florissante dont la devise était : « Conservons nos places, qu’importe le reste? » il est peut-être bon que quelques fous aient joué à la vestale et fait mine d’entretenir le fevi sacré du dévouement. D’ailleurs, d’un excès naît toujours l’excès contraire. C’est de règle. On peut donc nous pardonner. Après les folies d’ornementations et de dorures du style .rococo , est venu l’acajou, c’est-à-dire le pain sec et l’eau en matière d’ameublement. A la génération sublime sur les champs de bataille, mais tant soit peu hébétée en littérature, du premier empire, ont succédé les croisades du romantisme, et l’assaut du théâtre français, une Jérusalem nouvelle, par des enragés qui criaient : Hernani
et Hugo le veut ! — C’était la revanche indirecte des idéologues.
Enfin nous avons vu, il y a dix ans à peine, la politique sortir à flots de tous les encriers, et le nom d’Alexandre Dumas sur les murs, non plus comme auteur des Compagnons île Jehu ou de Monte-Cristo, mais en qualité de candidat à l’Assemblée nationale. En ce temps-là, Paul Kéval écrivait dans un journal à lui les comptes rendus des séances de la Chambre. Maintenant,
J uste retour des choses d’ici— bas, »
le journalisme politique ne parle plus guère, fait encore moins parler de lui, et, dans son silence et grâce à cet efïacejnent, la notoriété facile et le peu de bruit qu’on entend appartiennent à. la légion qui raconte de quelle main la marquise de X... a ramassé un éventail qu’elle avait eu le malheur de laisser choir dans le salon de la comtesse K... Celui qui peut ajouter des renseignements sur la manière dont la marquise de X... taille ses ongles et sur le vernis qu’elle leur applique, passe pour le phénix des bien informés. V Indépendance belge voudrait l’arracher au A'ord, ou vice versa, et M. de Yillemessant lui fait des agaceries.
Nous sommes, on le sait, de ce bataillon qui n’est pas le vrai coupable de la frivolité de ses bavardages.
Nous en serons, tant qu’il plaira aux journaux de nous accueillir, à quelques-uns de nous parcourir, à
notre plume de trotter, — aux astres de ne pas changer.
Un moment j’ai hésité à reprendre ma musette et le petit air, brusquement interrompu, sur lequel j’ajustais les cancans de la semaine. L’indulgence et la bonté m’avaient élevé un si beau piédestal pendant mes dangers, que je ne pouvais revenir à la vie et à mes occupations ordinaires sans cruellement déchoir. Si le pauvre puisatier d’Écully, fameux aussi dans son temps, était sorti du trou où l’intérêt universel était descendu lui tenir compagnie, peut-être il eût été humilié de revenir à ses anciens outils, lui dont le nom avait rempli toutes les bouches de la renommée.
Et alors il n’aurait survécu à son ensevelissement que pour mourir de faim.
Moi, je crois que je serais mort de honte si, en revoyant la collection des Courriers de Paris que j’ai donnés au Nord, puis au Figaro, dans le cours des trois années 1856, 1857, 1 858, j’avais retrouvé la trace d’une seule bassesse.
Il m’eùt semblé alors que j’avais escroqué les sympathies qu’on m’a données.
Grâce ah ciel, j’ai pu, dans ce tas de vieux papiers, tout relire sans remords, — oui, tout, même les dix ou douze lignes malencontreuses et chèrement expiées qui ont fait le tour de l'Europe dans la voiture du scandale, et où il était question de bals et de jeunes officiers, de plateaux pris d’assaut et de robes déchirées par des éperons.
Je viens de relire, à six mois d’intervalle, et bien de sang-froid par conséquent, ces deux petits paragraphes qui n’ont été que trop cités et commentés. — Dieu me préserve de souffler sur les cendres de querelles éteintes! — Il m’a semblé, en effet, que les paragraphes en question étaient répréhensibles... C’est du chiffonnage fait d’une main trop lourde.
Quant à l’innocence des intentions de l’auteur, elle ne saurait mieux être établie que par un procès-verbal minutieux de la naissance de cette douzaine de lignes funestes.
C’était le 3 mai dernier, le rédacteur qui signait Nemo dans le plus bruyant des petits journaux parisiens vint, à six heures du matin, s’établir devant son écritoire, à laquelle il avait dit bonsoir la veille à minuit. — Le fait, assurément, n’a rien d’héroïque. Pourtant, il pourra surprendre ces entêtés aux yeux de qui le journalisme gai est un nid à paresseux et une succursale de l’estaminet. Ces gens-ci croient et croiront * toujours, j’en ai peur, que l’article qui les met en joie a été aussi facile à lancer qu’une bouffée de cigare. Provoquer le rire avec la plume, bagatelle ! La bonne du premier marmot venu en fera autant. Mettez-lui une plume aux mains; du bout des barbes elle caresse légèrement les narines de son enfant, — l’enfant rit, — la farce est jouée. Il n’y a pas de quoi applaudir. La tâche du petit journal ou du feuilleton jaseur dont les grands permettent à certains jours les ébats à leurs pieds, ne vous parait guère plus compliquée ni plus
méritoire, n’est-ce pas, lecteurs dédaigneux? La bonne de tout à l’heure se servait des barbes de la plume ; e journalisme retourne l’instrument et promène sur le papier son bec noirci d’encre. Voilà toute la différence qu’il y a entre eux.
Quoi qu’il en soit, ce Nemo matinal avait à remplir deux devoirs qui ne s’accordaient pas : l’un envers les imprimeurs du Figaro, qui attendaient, à heure fixe, la pâture promise; l’autre envers une personne qui partait par le premier train du chemin de fer de l’Est, et à laquelle il voulait porter son adieu. La fin de l’article fut donc écrite à la vapeur. Puis, l’article terminé, — cela s’appelait Échos de Paris, — il le relut d’un œil, l’autre interrogeant la pendule sans cesse. L’article, tel qu’il était alors, ne contenait rien du passage assassin qu’il recela plus tard. Mais l’auteur s’avisa de trouver qu’il manquait quelques centimètres à la longueur de ses Échos, et, en proie à cette fièvre du dernier moment qui a enfanté quelques chefs-d’œuvre tout étonnés d’eux-mêmes, et plus souvent des platitudes et des étourderies, il intercala, dans le compte rendu -d’un bal-phénomène, que venait de donner un riche étranger, les premières lignes venues que lui dicta un conseiller perfide, — le hasard.
Cela coula de source. A défaut d’autre mérite, cette médiocre épigramme eut celui, très-grand pour un homme pressé, de naître d’ elle-même sur le papier... Ce papier, — de hasard comme tout le reste, — je le vois encore... il était rose et sentait le musc, — c’était