‹ Paris intimeChapitre 1 sur 29 · H. DE ^NE · texte numérisé non relu

H. DE ^NE

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PARIS

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A. DOORDILLIAT ET c'', ÉDITEURS

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A iMES CONFRÈRES

A ces amis, connus et inconnus, mes confrères de la presse en France et à Tétranger, sans distinction d'opinions ni de nationalités, je dédie ce petit livre comme un témoignage public de ma reconnaissance.

Mince est Voffrande, par malheur : un bouquet de feuilles mortes, — pas autre chose, — bonnes à disparaître dans la hotte de ce maître chiffonnier, — Toubli, — pêle-mêle avec les affiches des spectacles d'hier.

Tel devait être leur sort. Certains indulgents ont pensé qu'en succombant presque pour la cause de la plume, j'avais acquis le droit d'essayer la résurrection de quelques-unes des pages décousues et frivoles que je sème sans relâche, depuis trois années, dans les petits coins du journalisme. En vain mon bon sens répondait : « Il en est de pareils écrits comme des gâteaux feuilletés; ils ne sont acceptables qu'autant qu'ils brûlent les doigts, au sortir du four que l'actualité chauffe. Cette minute envolée, et les fourneaux éteints, ce n'est plus mangeable, à moins que la pâte ne soit si

fine et si légère..., telle enfin qu'on la faisait du temps où le vicomte de Launay y mettait la main. »

Et voici pourtant un volume 1 S'il lui vient des lecteurs, c'est uniquement parce que votre sympathie, mes confrères, leur aura donné mon adresse. A ces lecteurs, qui grossiront ma dette envers vous, ce que j'ai de mieux à montrer, c'est un visage d'honnête homme. Us le verront reluire à travers les lignes transparentes, c'est là mon espoir et ma prétention. S'ils veulent bien, en outre, trouver ici certaine urbanité de manières et de l'orthographe, quelque peu de français, et un tempérament ennemi des agressions déplacées ; avec cela le respect de tout ce qui mérite respect, le mépris, à peine bridé par les convenances et les conventions sociales, de tout ce qui mérite mépris et risée, — voilà réalisés du coup les seuls rêves d'ambition que je forme aujourd'hui ! Quant aux difficiles qui exigent absolument d*un livre des qualités plus rares et plus littéraires, à ceux-là je donne rendez-vous, non pas chez moi, mais dans vos écrits, ô mes confrères et mes maîtres.

Et moi, encouragé, je suivrai mon étroit sentier sans crainte et sans faiblesse^ parce que l'épée qui m'a percé la poitrine y a déposé un sentiment qui double les forces : la croyance à la fraternité littéraire.

HENRY DE PÈNEi

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