‹ Paris; journal du siègeChapitre 1 sur 33 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

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Cet ouvrage a été écrit , jour par jour , au bruit des catastrophes, au milieu du bombardement. Ne cherchez pas ici un langage étudié. C'est le cri des choses.

N'est-ce pas aussi ce qui est le plus nécessaire? Après l'invasion, ce qui nous menace, c'est la subtilité ; après les uhlans, les sophistes.

Si nos calamités doivent nous servir à quelque chose, il faut garder non pas seulement le souvenir des faits, mais rémotion irréfléchie de chaque jour. Car c'est là ce qui s'effacera le plus vite. Bientôt les historiens érudits viendront, qui, au gré de leur système, altéreront l'esprit et le sens des événements. Qui nous rendra alors l'impression première de ces désastres, s'il n'en reste pas quelque part un vestige dans la chronique émue d'un contemporain?

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