SCENE IX
LÉLIO, leut, avec confiance.
Ah 1 je ne t’ai pas dit, prince Gaiéas, quel rôle je viens jouer dans le palais des Visconti. Mais, grand Dieu! vous seul savez quelle en sera l’issue... Sara a-t-clle reçu quelques ligues que j'ai dirigées sursou passage?... Oh! si elle les a reçues, elle viendra, car elles exciteront sa sollicitude pour notre enfant. Je ne Taî pas encore aperçue,
et pourtant elle ne peut ignorer la Tenue de Lélio dans le palais» et n^oi je n’at qu'une heure peut-être. Une fantaisie m’accueille, une autre peut me chasser. {Apercevant Saradatule fond,)
La voici I I
SCÈ>E X.
LÉLIO, SAKA» puis les Comédiens.
8AEA, detcendant prit de LéliOt à part,
11 est seul... {A Lélio,) Vous êtes le capitan [ Lélio î 1
LÉLIO » cherchant à cacher son émotion.
Oui, madame; et c'est moi qui me suis vanté . de pouvoir vous donner un avis important pour I le^repos du jeune prince.
SAiU. I
Qu’est-ce donc î !
LÉLIO, à demi-voix.
Je veux vous conseiller, madame» de ne jamais I révéler que le prince Giovanni n’est pas le fils du ' duc Jean Visconli» mais celui de Pliris, qui jadis j guidait le voyageur dans la montagne. i
SARA
Oh 1 Qui que vous soyes...
LÉLIO, affectant de regarder au fond comme s'il craignait d’être turprU.
Ne vous inquiètes pas» madame, de l'étrangeté de celui qui vous parle; mais prétex-lui votre ; attention tout entière. Le peu de mots qu'il vient I de vous dire doit vous prouver qu'il est bien in» | struit, bien renseigué» et vous commander la | confiance. Je viens vous dire» madame, que vo-> | tre enfant court un grand dabger.. |
SARA
Et lequel ?
LÉLIO
Seul, je dois l'en instruire» moi qui espère l’en garantir; mais U faut pour cela que je puisse le Toir ici» là où nous sommes; je vais y revenir dons un instant.
SARA
Il y sera, je l’attends.
LÉLIO
Surtout faites en sorte qu'il consente à écouter le comédien.
SARA
Je le ferai; mais avant tout, il faut que je sache. ..
LÉLIO. f
Par une question» madame.
SARA
Et si je relusaîs de prévenir celui que vous ap* pelez mon fils...
LÉLIO» te retournant.
Mais, malheureuse mèrel...
SARA
* PAris !
LÉLIO
Silence l... La galerie ae remplit de monde.
Quels sont ces hommes.?
LÉLIO
Ce sont les compagnons du capitan Lélio. (duor
Comédiens quUlfait enf rer .)Yenez» joyeux enfants; je vous ai ouvert » vous le voyes , les portes d'un palais ducal. Je vous ai fait venir pour égayer le régent Galéas; vousallex chanter, compagnons, les amours malheureux d'un roi franc pour la Louve italienne. [A l’un d’eux.) Qui de vous a ma gui* tare?... Ah l c’est loi, Uiavolo ; merci. El mon man* teau?... Donne. (// prend la guitare et le mant«iu.)Toi, lu diras la romance ; et vous» messieurs, les chccurs. Apres cela» nous conterons la sombre histoire de ce tribun romain qui sut se faire empereur; puis enfin nous chanterons les folies infernales de {A l’un d'eux.) Toi, tu seras le
diable ; redresse un peu ta plume, et prends l’air démoniaque. {A un autre.) Toi, tu seras le saint Pierre, et moi le capitan, que pour bien amuser, enfants, vous batlres tous. Allons, disposex-vous. {Pendant que les comédiens causent entre eu«, il s approche de Sara sur le premier plan,) Tout à l'heure, Sara, je revieridrai.
SARA , d demi~voix,
Giovanni t'attendra.
LÉLIO
Tu me le promets?
Je le jure.
LÉLIO
Et chassons, pour un Instant, toute crainte, touteinquiétude... Il faut, voU-tu, Sara, qoe j'aie l’œil bien sec et le visage bien facile; car, pour entrer dans ce palais, où s'écrit la sentence de notre enfant, j'ai juré, moi, que j’en ferais rire le maître. {Aux comédiens *.) Allons! venez, enfants. et surtout de la verve et du cœur.
Il sort joyeiisemcDt en les prêccdaal par la droite.