‹ Paris le bohémien [Texto impreso]Chapitre 4 sur 77 · RODOLPHO. BEPPO, STELLA · texte numérisé non relu

RODOLPHO. BEPPO, STELLA

STiLLA , entrant en causent avec Beppo par la porte du fond.

Mais pourquoi, mon père, vous préoccuper autant de mon avenir T

BEPPO

Parce que, ma Stella, la' tendresse d'un père est toujours prompte é s'effrayer. (Apercevant Rodolpho.) Quel est cet étranger?

STELLA, le regardant.

Je ne l'ai jamais vu.

BODOLPBO, te levant.

Tu ne me reconnais pat, Beppo ?

BEPPO, allant prit de lut.

Tes traits ne me sont pas inconnus; mais ma mémoire est peu fidèle.

aODOLPHO.

C'est qu'il y a aeixe é dix-huit ans que nous ne nous sommet vus.

BEPPO

Dix-huit tnt I... en cherchant dans de si vieux souvenirs... El mais, c'est Rodolpho, je crois ?

I BODOLPHO.

j Un peu changé, n'esi-ce pat, depuis qu'il fut I pendant trois ans avec toi, jeune et incoucieui ; aventurier?

BEPPO, inquiet et entraînant Rodolpho loin de j Stella.

I Et que ftis-tu donc aujourd'hui chei Périt ?

' BODOLPBO.

] Je savais t'y rencontrer; j'y suis venu pour t'y serrer la msin

j BEPPO, iu< donnant la main.

\ Et l'on doit te la donner en remerciant la Pro- I vidence, quand après dix-huit ans de séparation I l’on est encore tous deux de ce monde. Comment . ts-lu employé la vie ?

BODOLPBO.

I Après avoir, comme toi jadis, vendu mon épée I à tout venant, j'ai choisi met acfaeleurs ; je l'ai lendue aux comtes et barons, puis au doge de Venise, et maintenant, je vient l'offrir au prince Galéas;et loi?

BEPPO

Obi moi, c’est tout une autre histoire : après notre défaite, é la bataille de Garda...

I BODOLPBO, l'fnlerrompanl.

I Hait, dit- moi. n'y servais-tu pu parmi les i brigantint?

BEPPO , tnqutet et d demf-voi*.

En effet.

BODOLPBO.

Mais ils furent loua mastactét ou noyés dans I le lac Garda.

* Stella, Beppo, Rodolpho.

MAGASIN THEATRAL

mfo.

Oui. j'échappai icul.

ROIK)LPHO

(k>mmcoi ! tu échappai?... Par quel miracle?

BtPPO.

Cela, c’est mon secret... Après celte défaite, disais-je, je suis venu m’eardlerdans les troupes réftulières du duc de Milan.

n Tcut «‘éloigner de Rodolphe RODOLPHO. avec $xelamation.

Toi. Beppo, le hardi pillard?

STRLLA. avec turpriie.

Oue dit-il, mon père?

■vppo , apr^M un gâte de colère concentrée.

Oui. Stella, avant ta naissance on me nommait ainsi, moi qui n’avais ni amour ni conscience... Depuis que Dieu m’a donné Stella, Rodolphe, je suis devenu tout à coup soldat sédentaire et disci- ; pliné. redoutant les dangers du hasard, et près* j que lâche au combat, tant j’avais peurd'y mourir. Après seize ans de fidèle exécution du devoir, ' j’en ai reçu la récompense; le duc Jean ViKonli , m’a donné la garde du sépulcre où ce matin nous l'avons couché sur sa tombe qui bientôt doits’ou- { vrir; et la. j’entretiens pieusement la lampe qui j brûle toujours; je n'en sors que pour m’appro» j cher de ma fille, que je crois heureuse et que je vois embellir; et je ne me souviens plus que vaguement, Rodolphe, de ma jeunesse agitée, pendant laquelle je gagnais sans réflexion et sans j remords par le combat légitime ou coupable, ma i part de butin ou ma part de soleil; aujourd'hui, j tu le vois, je suis sans épée, sans poignard. !

RODOLPRO. i

Pas même pour ta défense ?

BBPPO. I

Et qui pourrait m'attaquer? I

RODOLPRO. !

Page 1