SAKA
Le répent a dit au général de Venise qu’il aurait à porter pour réponse aus alliés la nouvelle de ce qui se passera celte nuit au palais... etlnalntenant, que va-t-il i'j passer, mon Dieu?
GIOVAKNI.
Tu me fais frémir!... Stella m’a dit avoir vu entrer des hommes étrangers dans le palais, qui maintenant est fermé... Aucun secours n’y peut venir, aucune nouvelle n’en peut sortir, et le régent, qui s’enivre à table avec LéonesiarinHme, m’a donné dans cette chambre, inhabitée d’ordinaire, un rendei-vous celte nuit... Que penses-tu de tout cela ?
SAIU.
Que le régent veut que Léonessa de Venise puisse aller porter demain, pour réponse aux alliés, la nouvelle de la mort du prétendant Giovanni... Voilà ce que je pense, enfant.
GIOVAMNI.
lele pensais aussi, Sara; mais ce serait uop bifâme, et nous nous alarmons à tort !
SARA
hlon, mon en Tant ; pour le régent Galéas l’heure de l’ivresse est Tbeure du crime, et le régent s'enivre.. .. Non, il faut que |e i|aoger toit horrible et réel pour que la pauvre ^ra ose ainsi, pleurante et brisée, te faire un aveu si terrible. Mais ne te laisse pat abattre !... Et maintenant, voyons, un effort, une défense, une pensée du ciel ou des hommes qui nous vienne en secourt I
GIOVAVVI.
Oh ! je ne suit pas abattu, Sara... C’est debout que doit mourir le fils du guerrier Viscontil
SARA
Mourir I ... Mais il faut vivre, mon enfant I
CIOVARVI.
Nous savons, Sara, les projets du régent, qui m’a fait dire de l’attendre ici, qui va venir confiant... et alors...
SARA, i’in/errompant.
Mais s'il ne venait pas, Giovanni! s’ils
venaient à sa place...
GIOVANNI
Ses assassins, n’est-ce pas ?
SARA, avec exaltation.
Oh! je me trouverai sur leur passage... mais je ne suis qu’une femme!... O mon Dieu! et FAris, PAris, qui ne vient pas!
GIOVANNI
PAris, impuissant, lutte à la porte du palais contre les soldats qui le repoussent... Mais il faut, Sara, que nous sortions d’ici... il faut que je m’empare d'une épée qui ne me sauvera pas.
WHÊMIEN. 25
mais avec laquelle je vendrai chèrement ma vie!
SARA, /’orrétanr.
Et si toute tentative appelle plutdt la mort?...
GIOVAITNI.
J’aime mieux l’appeler que l’attendre, moil
SARA
Oh! ne dis pas cela, mon enfant!... Mais iei pas d'espoirl.... Quittons d’abord cette chambre.
GIOVANNI, montant à la porte du font.
Oui. Sara... (S’arrétonl ou fimd.) CeUe perte est fermée !
SAR4, courant 4 gauche.
Par ici, mon enfant!... Fermée aussi !
GIOVANNI
Heureusement nous avons la clef de cette troisième porte... (Il y court, faieant de vains e^ forts.) On l’a fermée en dehors I
SARA
Que dis-tu, Giovanni ?
«lOVAHRI.
Que c’est id la tombe, Sara !
SARA, avec épouvante.
EofermésI
GIOVANNI
Et tu es venue, femme imprudente, partager mon péril I... Tu vois bien que les tueurs vont venir !
SARA
11 doit être un moyen de leur échapper I
GIOVANNI
Aucun, Sara; celte chambre est sans issue. ’
SARA
Et crois-tu donc que, toutes les portes ouvertes# je pourrais t’abandonner ?
GIOVANNI
Mais ils te tuCTont comme moil... Eh! tu no sais donc pas que je t’aime plus qu’un fils n’a jamais aimé sa mère?... Ah ! faudra-t-ll donc que tout à l'heure je voie égorger Sara, et que, sanglant moi-même, impuissant A la défendre, j’entende ses cris étouffés?... Mais on ne peut pas voir assassiner sa mère, ce serait cent fois mourir !... (Avec fureter.) Ces portes de bronse, eea plafonds et ces murs ne peuvent donc pas s’onvrir?... Et pas un secours, mon Dieu.de la terre ou du ciel !... O ma mèrel ma mère !
SARA, te jetant à son cou avec déchirement.
O mon enfant! mon enfant!
GIOVANNU
Quel est ce bruit?
SARA
On vient !
GIOVANNI
Déjà ! ( Comme il se retourne, il aperçoit le Aéyent qui a ouvert la porte du fond. ) Le Régent I
SARA
Grand Dieu !
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