‹ Paris le bohémien [Texto impreso]Chapitre 66 sur 77 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

GALÉAS. PARIS (MAZARÈS).

Pour signaler mon avènement au trône ducal, je veux répandre mes bienfaits sur toute la Lombardie, et j'ai pour cela besoin de cinq cents marca d’or. {Il regarde Matarès. qui ne répondpat )

Je puis engager la madone de la chapelle majeure, dont le manteau de perles fines est plus lourd que la Vierge de pierre. {Il regarde .îfaxoréf ;fnéme si/enre.) Kt les diamants de la couronne ducale, qui maintenant m’appartient 1 {Silence de Bfasaris.) A celui qui me prêterait ce que je demande, j'accorderais dans mes états Us concessions ou privilèges qu'il souhaiterait. (Après un silence.) dis mol, Mazarès, qu’eo penses-tu ?

HAZARÉs, froidement *.

Que je ne vous prêterai pas une obole.

GALÉAS, se levant avec colère,

£t pourquoi ?

MAZARÈS-

Parce que qui vous prêtera perdra.

GALÉ.\s, se (ontenant.

Est-ce que lu as compté sur ma bonté?

MAZARÈS.

Dans une affaire conmie celle qui nous occupe, c’est toujours du côté de l’emprunteur que doit être la patience

GALÉAS , se rasseyant.

Oui. Mais ton arrogance prouverait que lu veux traiter avec moi de puissance à puissance, toi que l’on a surnommé le roi des mendiants t • Le rôle de Mazan'**; doit être parlé >vans exagération, avec l’arcent juif que doit avoir le véritable Mazarès.

(^tto pronoQciatiou particulière doit venir en aide è Péris, qui entreprend de tromper le régent Galéas.

MAGASIN THÉÂTRAL

lUURis.

Depuif que je lei si détruits tous ils m’ont nommé leur roi!

CAléAS.

Et tu les SI détruits ?

■UZARÈS.

Oui, monseigneur! Las de tendre la main pour demander quelques deniers que le plus souvent on redisait, il m'est arrivé de songer qu’il nous serait plus profitable de servir les vivants de la terre que de compter sur leur charité ; c’est ainsi que j’ai commencé ma fortune que des chances heureuse ont centuplée.

gal2a5.

Et pour cela que faites-vous T

JCAZARÈS.

Nous nous mêlons à ceux qui, toujours mécontents, opprimés, outragés, préparent la révolte ou la vengeance. Confidents habiles, nous arrivons au moment du péril chez celui dont on veut se venger, savons le prévenir é temps pour qu’il mette k l’abri sa fortune ou sa personne, et nous recevons de lui notre salaire bien gagné, que nous consentons k nommer la récompense... et répandus par toute la terre, frères dans tous les pays, nous nous tenons tous par la main, quels que soient les ditTérents échelons qui nous élèvent ou nous abaissent... nous savons tousceque font, pensent ou préparent les valets, les bourgeois, les serviteurs, les nobles, les sujets, les ducs ; et c’est parce que je suis de ceux qui savent les projets, les secrets, les complots et les mystères, que j’ai dit tout à l’heure au due Jean Galéasquejenelui prêterais pas une obole. {Se levant.) Le ciel vous protég^ monseigneur!

oalAas, rarrtiant.

Mais que sais-tu donc?

HAZARiS.

Je ne puis vous en dire davantage.

GALéAS.

Et pourquoi?

MAZARis.

Parce qu’une indiscrétion pourrait me coûter la vie.

GALBAS.

El lu as espéré, Mazarès, qu’aprês avoir eu ta demi-confidence, je te laisserais partir. Tu crains que l’on punisse ta délation, et lu ne devines pas que je le ferai tuer pour ton silence?

MAZARÈS, effrayi.

Mais, monseigneur !

GALÈAS.

Quels sont mes ennemis? quand doivent-ils m’attaquer? oü? comment? réponds.

MAZARÈS.

J’ignore tout cela, monseigneur.

CALÈAS. ,

Oh! tu l’as oublié peut-être... mais je vais le < rendre la mémoire, cl la torture... |

MAZARÈS, éponvanti. I

Arrêtez, monseigneur. Arrêtez! arrêtez!...

GAI.ÈAS.

Tu te souviens déjà!.,. Voyons! de quoisuis-je i accusé? parle. '

MAZARÈS, tremblant.

Ceux de Bergame et de Garda, monseigneur, disent...

caUas.

Que disent-ils?

MAZARÈS.

Que la mort du prince Giovanni doit être la sanction d’un traité d'alliance que vous offre Venise.

GALÈAS.

Et alors?

MAZARÈS , SS ditpeeant à tortir.

Ils te sont mis è l’œuvre pour le sauver.

GALÈAS, i’arréfant.

Et par quel moyen veulent-ils y parvenir?

MAZARÈS.

Cela, monseigneur, je ne le tais pas.

GALÈAS.

Tu ne sais pat non plus, toi qui connais tous les complots, les secrets et les mystères, tu ne tait pat que met tueurs sont impitoyables, et que...

MAZARÈS, «fvement.

Mais je tait, monseignenr, que quelques-uns des obscurs habitants de Garda connaissaient rhistoire secrète de l’enfant de Sara, et qu’ils ont résolu qu’elle vous serait dévoilée pour sauver Giovanni, et démentie plut tard pour lui rendre la puissance è ta majorité. Je sais aussi qu’un de leurs espions, qu’on appelle le capitanLélio...

GALÈAS.

Léiio, dis-tu? quoil ce misérable...

MAZARÈS.

Oui,' cet histrion, ce vagabond... il t’esi introduit dans votre palais pour bien instruire et conseiller Sara. Et je tais encore...

GALÈAS.

Quoi donc?

MAZARÈS.

Que quand dans trois mois la guerre civile déchirera tous vos états, il serait bien sot, bien attrappé celui qui vous aurait prêté ton or.

11 veut sortir.

GALÈAS. iarrltant , et lut faitant redescendre la

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