‹ Paris livréChapitre 17 sur 20 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Qu'un étranger, Américain ou Anglais, juge impartial des partis français, examine la conduite du parti démocratique pendant le siége de Paris. Il n’y verra que sérieux el réel patriotisme, abnégation, courage. Il se dira : « Là, il y a des hommes; là, il y a de la vitalité, de l’avenir. »

Il faut à l'Europe, si elle ne veut finir bientôt comme le Bas-Empire romain, un principe nouveau qui la sauve du bourbier monarchique ;

Un principe qui l’affranchisse de ce perpêtuel brigandage des rois, de cette vieille politique de rapine conduisant tour à tour le Prussien à piller la France, et le Français à piller Ja Prusse;

Un principe fécond en institutions capables d’assurer la sécurité des peuples, de prévenir à tout jamais le retour de ces antiques fléaux de l’humanité, l’absolutisme monarchique, les castes, la théocratie, les luttes internationales.

Ce principe, le peuple l’a; il l'aime, il le défend de toutes ses forces, il veut le faire triompher à tout prix.

Ce principe n’a jamais été appliqué politiquement dans le monde. Il y a seulement été prèché au point de vue sentimental et religieux.

Et pourtant, il peut seul sauver l'humanité, parce qu'il est

la justice. Il peut seul fonder l’ordre et la liberté, déshabituer du brigandage les nations et les individus, résorber la bourgeoisie dans le peuple, réformer l'individu par l’éducalion, procurer à chacun le bonheur véritable, qui consiste non dans la rapine, mais dans l'accomplissement de tous les devoirs, dans la jouissance de tous les droits du citoyen, créer enfin un nouveau monde, une jeune Europe toute différente de l’ancienne.

Ce principe, c’est légalité!

Page 1