‹ Paris (volume 2)Chapitre 25 sur 38 · LES RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

LES RÉVOLUTIONS

de la Défense nationale, dont les onze membres comptent neuf provinciaux et deux Parisiens : MM. Picard et

Le maire de Paris est des Pyrénées-Orientales ; il dit; « Paris sera la Saragosse de la République ; et si la Saragosse ne suffit pas, la torche en main, nous ferons, nes de Paris un Moscou ! » Les gens assemblés applaudissent: c'est là une parole qui ne sera Lin re perdue; on s'en souviendra quelques mois plus Le chef de Paris, nous ne pouvons l'ignorer, eur “il l'a répété souvent, était soldat, catholique et Breton ; on diplomate était de Lyon, et l'ambassadeur qu'il on {tr nations étrangères est un Provençal issu de ille. Pendant que ce gouvernement dominait et fond des clubs on parlait volontiers de l'anéandes armées allemandes, une insurrection fut “sur le point de tout emporter; cinq provinciaux et un »aliéné parisien, Gustave Flourens, furent presque souê leur se ets'adjoignirent un Italien qui dovait + représenter la République universelle “Commune de Paris ». On put croire un instant qu'il “ny avait plus d'espérance : la situatjon était plus que “compromise; elle fut sauvée cependant, grâce à un “Parisien madré qui se sauva spirituellement par une dérobée et alla chercher quelques troupes sur la dosquelles on avait eu raison de compler.

Plain du drame, on la connait. On pouvait espérer, ant de misères, que l'on avait touché le fond du et que l'on allait remonter à la surface. Non, nous paspayé tout ce que lesortexigeait, nousn'avions racheté encore nos prospérilés des jours heureux, . allions voir, comme dit le cardinal RER scènes auprès elles les n'ontélèque ne droutie. Lee l'invéstissemen, après la fanive, après la capitulation, il nous

LES RÉVOLUTIONS, LU où l'on amenalt les fédérés prisonniers, dit dans sa déposition: « I} y avait environ 20 repris de justice sur 400 ; il y avait énormément d'étrangers, beaucoup dde Polonais, beaucoup de Belges. Sur 596 individus pris dans une même affaire, celle du plateau de Chà- Willon, it n'y avait qu'un seul Parisien : c'était un enfant “qui avait élé enlevé de la Roquette; » — et il ajoute: Les enfants ont fait beaucoup de mal, »

. de mal, en effet, ut ce fut parmi eux que l'on trouva Je plus de Parisiens. [ls ne furent incorporés tard, vers la fin d'avril, dans les bandes da la ie, et dès lors on put prévoir que la lutte pren ent un caractère de barbarie excessif. L'enest cruel, parce qu'il n'a jamais souffert; il ost Anbs-hardi, parce qu'ilignore en quoi consiste le donger, Au début, dans les derniers jours de mars, Les vieillards, Uleshommes « mûrs » étaient assez nombreux derrière ldrapeau rouge; mais aussitôt que la bataille fut | TS él que les escarmouches devinrent fréquentes,

lapart des barbes grises disparurent et l'on vit alors bus l'uniforme des enfants de quinze à dix-sept ans, Vquel'eau-de-vie attirait et que tentaient les aventures. ces êlres chôtifs, malsains, moitié loups et moitié | , que la Libre vie en commun à prématurément

LES RÉVOLUTION, 343 sans la population ordinaire de Paris', IL n'est pos surprenant, d'après cela, que le Parisien ne se mêle qu'avec une extrème réserve à des commotions qui sont contraires des mœurs, à so habitudes ot à ses intérêts; chaque révolution se solde par une perte sèche de plusieurs conlainos de millions, dont le Parisien paye : Jourde part, lui qui fait surtout le nègoce des

de luxe et qui fournit les éléments les plus aux manifestations extérieures do la prospémé générale ; il le sait, ne s'en cache guère, maudit les bouleversements que l'on vient faire choz lui, les accepte parcas de force majeure, et ne désire rien tant qu'un stable, assurant la tranquillité publique, t à chacun de vivro de son travail et de en paix. Dans les révolutions, dans les évènements qui los suivent, le vrai Parisien succembe sous la masse provinciale dont il est environné; il succombe dl mieux qu'il n'essaye pas même de lulter et qu'il se contente de lover les bras au ciel en disant; l'allons-neus devenir? »

établit trés-nettement, après la journée des (Harricndes et au moment de In fuite forcée de Henri HI, qu'à Paris il n'y avait pas un tiers du peuple pour la Ligue. > Ce fait vrai s'est fndéiniment reproduit. Les mémoires, les journaux que les bourgeois de Paris ous ont laissés sur les époques de troubles qu'il ont

“au à traverser, ne sont qu'une sèrie de retire où

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