‹ Paris (volume 2)Chapitre 3 sur 38 · L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

L'ENSEIGNEMENT

des pensées, des considérations, des découvertes lifiques que l'antiquité n'a point connues ; si au e

le discours porte sur des idées anciennes, c'est sommes pris au dépourvu, car ces idbes ne

Lres, nous ne pouvons nous en pénétrer, mi

les assimiler, par suite d'un fait dont on ne semblete aucun compte, à savoir que le christianisme ar nt

la morale, la philosophie, ln logique, c'est-à-dire lt

mière d'être de l'entendement humain. | Aussi les métaphores imaginées par les élèves 1 plus qu'une sorte de jeu d' la tél p Arique devient « le fil forgé par Vuleain, tendu p sur lequel glisse la foudre, enlin domptée et, sante », et la montre est « l'aiguille intelligent pète les pulsations du cœur de Chronos ». Il ble que l'Université elle-même finira par ) vieil usage ; tôt où tard on réconraltra que, sÛ1#0r lation du français en Intin est indispensable j dans l'esprit de l'enfant l'économie de certalies n grammaticales, c'est la translation du lai qui doit étre l'oceupation principale de liér, elle tiendra son esprit éveillé, Ii apprendes dés" qu'il iguore, et lui révélera des idées qu'il n8 &

Ptore cassignement sscondaire a un défaut rm qu'il faut signaler, car il en reçoit un préjudice je veux parler de l'agglomération. 700 ou 800 «

plus dans un seul collège, s'est beaucoup trop a beau être réglée comme celle d'un couvent,

1res ont beau se promener penduat la récréation lieu de ces cours si lristes, si dénadées,

si humble, si terne, où les examinateurs

sont obligés de se lever de temps à autre pour

une bûche dans le feu, car la faculté des-lettres est pauvre pour allacher un domestique à leur set ” vu défiler ces jeunes gens qui ont, dit-on, fini leurs des, et qui semblent ne les avoir même pas comn x

loujours t olière, un pou di pif ji ire mots d'histoire et de rap ussez pour prouver que l'or.

re L'histoire est limitée h celle de lu Francs 6 commence qu'à Louis XIV, de sorte que à l'un de ces enfants quel ost le roi ho d'avoir Sully pour ministre, il peut refuser de cer la quéstion est en dehors du programme fixl règlement.

J'ai vu le doyen des lettres françaises, un dont la vie entière a été consacrée au travail

trouve chaque jour une vigueur nouvelle dans le-cait des grandes choses de l'esprit, faire des efforts ginables, multiplier les questions, aider les cand

les encourager, les « soufler » lui-même, sans

mortelles, comme on lesa Lien nommées, — e8t lente, celle des langues vivantes est à qu'elle doit occuper une place à

germe qui recevra certainement plus tard le à pement qui lui est nécessaire. à Je voudrais que lo baccalaurèat fût divisé en examens parfaitement distinets et à l'autre. fant reste en moyenne pendant Huit collège, Six années suflisent amplement pour Aul apprendre ce qu'il doit savoir de grec, dla latin Loire, surtout #3 l'on consent à diminuer le jours de congé, qui est excessif, car il di des jours de travail : anomalie singulière, qui par cotte considération assez médiocre et pour LT pendant que l'élève n'est pas au lycée où son entretien et sa nourriture sont à la

: famille. Au bout de six ans, vers la seirième, l'écolier passerait un premier examen portant su rhatières des humanitôs, ot à dix-huit ans fl subir une seconde épreuve, qui constaterait s/ en histoire naturelle, dans les langues vivan

ji hi

d'insiste sur les langues, qui sont un instrument, travail et d'avenir rigoureusement nécessaire & époque; nous les avons toujours trop négligées, m8 gées à ce point que nous possbdons l'Algérie quarante ans, que c'est là — malheureusement —# école de guerre, que tous nos officiers y tour da rôle, et qu'on n'a pas encore eu l'idée ne cours de langue arabe à l'école m

RS EE que l'on pout apprécier les résultats de notre

splendeur incomparable.

ue — SUPÉRIEUR

La source. — f'acaibls et établissements scheniif supérieur. — La poltique. — La Éoole em ea Sears — Mauvaise rolonté du pouvoir ; matieais ouais

I en est de l'enseignement comme de la di:

des eaux en agriculture. 11 est bon de faire des @ d'irrigation dans les prairies, il est ulile dé p pente du ruisseau, mais il est indispensable d'ent avec soin la souree qui surgit en haut de Ja ar £'est d'elle que vient toute fécondité; si on la

soutenu, ueses est un fils de

a cru sans doute que, comme Agrippine, l'univers Fentrem feril

écrits ou mimés, qui eux-mêmes ne sont sus confond l'une avec l'autre, il ent

le sourd-muet est un malade : on l'amène ;

mént à une convalescence qui sera perp

ne parvient jamais à lu guérison complète. La

la lecture, lui rendent une partie de la parole, Hs visible, tangible, pour ainsi dire, la partie m mais la partie métaphysique, celle qui, à l'aide | ductions logiques, conduit sans peine à

à l'absolu, lui est interdite à jamais, et, par © il reste confiné dans un rang inférieur qui le à n'être qu'une sorte de créature in

sante, capable de recevoir une éducation lis accident pathologique enferme dans des

une sorte d'â-peu-près.

Les optimistes au contraire, sans ni €larent qu'elle n° thode de l'abbé de d par Bebian!, fécondée chaque jour par le p spéciaux, parvient facilement à la neul ture est le langage écrit, de même que la l'écriture parlée : lire ou entendre, c'est motions qui pénètrent dans le cerveau par le l'ouïe, on peut les acquérir par le sens de la vue,

+ Héban fut répétiteur | et venseut à linstitation, LI en tstt Me done uen

gestation, ou dès l'heure même de Ja!

une errèur.

Plusieurs d'entre eux ont entendu, ont

fréquent, — entendant.

rire et ne, peuvent émettre le, comme si toutes leurs cordes lei le mal est accidentel ; il äme déjà ouverte, et, s'il l'a fermée tout a pas chassé certaines notions, acquises. À.

l'ouie subsfstait

Lie] LES SOCRDS-MUETS.

raisonnée qu'on lui enseigne ; en en mot, il

pas touÿ est bien lente ; il faut quatre ans svint de conimiét l'explication du système métrique, ot sepl'an parvenirà desexerciceseur les formes de Ja corse et de Ia correspondance,

La première année est consacrée à signer! « mes du présent, du passé, du futur, et à cor mille. 1lsuffit parfois d'une heure pour ire. o à un ontendant-parlant ce qui exifori Torsqu'ori s'adresse à un sourd-muet. La malheureux arrivent à l'institution dans vie fort compromis ; ils sont nét dans ‘dé tions sociales, sortent de familles ürdinai pauvres; Îls ont püti dès l'enfance, ils sont scrofuleux, rhumatisants, malsains et

rataires ot de l'encéphi rite, rieurerient du moins, avec la vie régulière de!

les jeux violents au grand air et q sufilsante: C'est Là le coté physique ï T'hospice fait son œuvre, et ‘l'enfant s'en tr mais le but poursuivi ést M

cer

avec lenteur, mais avec certitude, etproduit nr excellent, car il éveille les idées lntentes et fait celles qui n'existent pas encore,

En général, un sourd-muet apprend à lire eLà presque instantanément. 11 voit un mot, le co attentivement et le reproduit. Cela s'explique ; pourdt c'est un dessin quia NES de jeux de mots que nous appelons Ÿ

tent pas pour lui, il ne connaît pas la simili «ons, sol et saut, fête et faite, qui pour notre oreillew brent de la mème manière et n'ont une acception diffé rente que par la distribution même d'une phrase enti sant devant ses yeux des objets qui n'ontentre eux rapport. Aussi il est sans exemple que les sourd fassent une faute d'orthograghe, qui est la faute: tique par excellence. Ils ignorent Ja valeur aibsir relative des lettres dont la tonalité se: modi qu'elles sont isolèes ou juxtaposées ; 8i on quait sur le tableau que aet u réunis font, ils! raient pas et se mettraient à rire. Îl sufit qu'un mt écrit d'une façon irrégulière pour qu'ils ne puissent comprendre. Cela est tellement vrai qu'on sé la direction, de traduire « en orthographe « les! souvent fort illettrées qu'ils reçoivent de Tours famil sans cette précaution, ils se fatigueraient n'en devineraient pas le sens.

Le langage qu'ils emploïtnt de préférence en et qu'on ne saurait développer avec trop de est bien réellement pour eux un admirable m cormunication et d'instruction, c'est la mir sur la dactylologie un inappréelable avantage, cel rapidité extraordinaire. Quelles que soient:

Thabileté des doigts, on n'opère que lentèment. Jèeité” rai le mot homme et le rot femme : la mimique le à d'un geste ; la main portée à hauteur du front com

éteinte, élégante ou grossière. [ls ont à leur façon des | voix, — des gestes, — do ténor ou de basse. Raremen, pour désigner un objet, ils RARES

lo montrent pas, on dirait plutôt qu'ils le p

la main toutentière, étendue la paume versie manière de saluer est un pou théâtrale; le co presque immobile, ot le bras droit décrit, de bas, un quart de cercle emphatique.

J'ai assielë à des dictées faites à l'aide dé Ju logie; elles ne donnent pas toujours des prochables, Si l'enfant n'a pas êté initié d'aborder dont on va l'entretenir, si le professeur so hâte, #1 sépare pas chaque mot par un mouvement par unë trop rapide inflexion des doigts les: sont pas exactement formées, l'élève le évolier qui serait obligé d’écriro des phrases pro dans un langage qu'il ignoré ;: il se trouble, se, cupe uniquement de suivre de l'œil les signes iso plus le temps de saisir la corrélation qui eux, et fl commet des erreurs qui parfois sont, lables non-sens; mais dés que les sourds-muets nent possession de la mimique, c'est-à-dine gage naturel, de celui que leur infirmité mème tionne de la façon la plus ingénieuse, comme maîtres d'eux et quelle sagacité ils déploient !

On m'a « récité » des fables; j'ai vu jouér de et le Corbeau, le Bouc et Le Renand, le Savetier et naucier; le geste avait des inflexions comme la voix2la | finesse du renard, la vanité du corbeau, La bétise dé, bouc, la gaieté, l'inquiétude, le marasme du

IN le suis: on apprend à mimer, à déclamer; je n'on restai pas moins s de voir avec quelle prècision la mimique parvenait à

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#06 LES SOUROS-AUETS.

acerochés au portique; il n'en est plus ainsi aujourd'hui : tous ces engins, sévèrement serrés, ne sont roms en place qu'au moment de la leçon. On a era devoir. prendre ce parti eruel pour décourager les enfanls quis se sauvaient de la classe et s'en allaient seuls grimper le long des mâts, se balancer dans les airs et rm vrer les haltères. La plus grande récompense puisse accorder à un sourd-muet, c'est de l'ai se rendre à la gymnastique. N'est-ce pas là ane tion très-sérieuse et dont il faut tenir. compte? Ces: vres êtres trouvent, dans cesexercices à la fois habilement combinés, une jouissance salutaire apañse et les fortifie.

dela morsle, que les leçons de) granattique multipliées jusqu'à dovenir quotidiennes et que les récréntions réglementaires le gymnase , outillé 4& tous ses agrès, ne fût jamais fermé. Il en est de.

de la natation, qui constitue pour eux un plaisir salutaire et qu'il est bon de leur procurer sans res tion. Les professeurs savent bien que leurs élèves plus turbulents, les plus portès à toute sorte da dres, deviennent patients, attentifs et convenables lors qu'ils ont pu déponser aux bains froids on au gymnase,

le trop-plein matériel qui les étouffe.

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