‹ ParisChapitre 21 sur 34 · IV. h · texte numérisé non relu

IV. h

4£4 Fi£»:L$ JCSTiriCATlTES.

UL rsrfik ml ^nxLeaassoL màfiai à dfsmieîle, ei cela lorsqae leur scEicua le jsar ptffrreî ^.s Vyi^oars de recourir à ce dernier ^saan ht mr(*?iit!ii£ Il pariU êci-ieikt qne i*actioo du Bureau cenbTiL liosâ. imfirt* iixi ùit perdre ce cand^ charitable dont il ÂfvriLC -itrf rfc-^ : l. i&ûL à dêâireTy ea effet, qu'il cessât d'être fnn. îuTi-nt zii ùu^±\i i oe iîstribiiÛKi de lits hospitaliers et qu il por^Tjàu 1 fca tTur mx heareoses améUorjtioos introduites dans ht àirri:;f zîtirjf' -T de a» éubtisfements.

5L r^îc^ ixK T!Ô:rt5 coostaots de radministratioD pour assurer k bie&r^êCf ici c£ilïie ad:ii> dans lliôfiital, ua progrès notable s*esc lo^'Ofz^ô» il tn res:e un à obtenir, noa moins iinpjrbnt, c^eK z-.liL pi i-.vt f rêâler j l'arriTée du malade, celui qui doit Ki^r^r h rnzrizT pas de b charité publique ters le malheureux tpd rinv^pe. D ippcirtient au Bureau central de réaliser ce nouveaii pnxpnès, en oîlrant au malade qu'il ne peut placor imméd]Eftt::.Leat 1 Tt^ltal un adoucissement immédiat à ses souffrm.i^. soit pr Tapj l:cjtîon d*im pansement ou la délivrance de nb:%iii:a!;:eRts, soit pjir Taliocation d*un secours minime en arcsnt, lorspo la misère ou l'absence de soutiens naturels rendent si f-êiàble jour lui au ajournement ou un refus.

A^ec s^i re5<s>iirv ts et son or.:auisation élroile, le Bureau oentraî est sou\;:ut impaissanl: il faut étudier s'il ne serait (xis {possible d'introduire dans h t'onctionnement journalier de son sor\ia' quelques moditications tendant à en augmenter les attributions cliari tables.

Le proaiier i^nnl à examiner, celui qui prime tous les autres, est nlUif ù \'admis.<ion triinjenceel hors tour de quelques nulades irra veulent atteints qui, faute de lits, ne pourraient lrou\er plaiv dans uu hôpital. Dans ce cas, ou pense quM y aurait lieu d*ini| oser aux êtablis>enieuls, eu raison toutefois de leur inipjttance, la récepl ion d'un, de deux ou même de trois nialadesqui s-roiil in>tallê> au besoin sur des bnuicards. Ce mode de procéder ponuettrait au Bureau central d*assurcr des admissions d'une nécessité absolue.

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 5l5

En second lieu et au point de vue des malades dont rentrée à riiôpital n*est pas considérée comme indispensable, on proposerait d'organiser un traitement externe qui impliquerait : 1* la délivrance d'un certain nombre de médicaments simples dont la nomenclature sera déterminée par qui de droit et dont la distribution et le transport seront faciles ; 2* l'exécution sur place de pansements pour les plaies, ulcères, contusions, etc., faits soit par un infirmier expérimenté, soit par des externes désignés spécialement pour ce service ; 3' l'application de bandages pour certaines affections herniaires qu'il importe de traiter immédiatement ; 4^ la délivrance de cartes de bains destinées à des malades dont l'état de malpropreté aggitxve la situation, et, dans ce cas, la possibilité même pour ces malades de recevoir quelques effets sans valeur provenant des successions hospitalières en échange de guenilles sordides et malsaines; 5** enfin, l'obligation pour le persoimel du Bureau central de s'enquérir de la position |)éciniiaire des malades et surtout des infirmes, de les désigner, séance tenante, à l'administration centrale, comme manquant d'asile, renvoyés de leur gnrni, dénués de toute assistance et de solliciter pour eux nn faible secours (ne fût-il que de deux francs) qui leur permette de se procurer des aliments et un gîte le soir même et en attendant qu'une enquête régulière faite par les soins du Bureau des secours ait éclairé sur leur véritable situation et provoqué, s'il y a lieu, un secours plus efûcace, et plus important.

Tel est, en résumé, l'ensemble des mesures nouvelles dont on croit pouvoir propaNer l'application dans le service du Bureau central.

Il resle à chercher les voies et moyens de nature à en assurer l'exécution et susceptibles d'une réalisation facile et peu coûteuse.

Admissions iVnrgence et hors tour. — 11 paraît inutile d'insister sur l'installation provisoire des brancards dans les liôpilaux où seront dirigés des malades dont l'admission sera déclarée ur- (jente. Ces admissions ne devront être prononcées (|u'à la suite d'un examen attentif et eu faveur seulement de ceux dont la ^

sitioii réclamerait impérieusement le secours de riiôpital. Le médecin, au point de vue médical, le sous-chef du bureau au point de vue charitable, se rendront compte avec le plus grand soin de la situation individuelle de chacun des postulants. Satisfaction devra être obligatoirement donnée à tous ceux dont Fétat réclamera un envoi dans un établissement hospitalier et la réception devra en être faite d office.

Médicaments, — Pansements. — En ce qui concerne la création d'un traitement externe au Bureau central, Tannexion de ce service à riiôtel-Dieu offre les plus grandes facilités. L'hôpital fournira les médicaments et le personnel.

Une liste de médicaments simples sera dressée par une commission de médecins et de chirurgiens. Ces médicaments seront préparés par un des internes en pharmacie de THôtel-Dieu sous la surveillance de M. le pharmacien en chef. Cet interne sera désigné par lui ; il recevra pour ces fonctions une indemnité supplémentaire.

Une religieuse, aidée d'un serviteur de première classe, sera chargée de la garde et de la délivrance des médicaments, de leur distribution sur ordonnances du médecin, ainsi que de la surveillance des pansements et de l'application des ventouses et des cataplasmes : cette dernière partie des prescriptions d'urgence sera faite par l'infirmier attaché au traitement externe, d'après les indications et sous les yeux mêmes du médecin ou chirurgien de service.

Cette religieuse et cet infirmier seront en permanence au Bureau central ; ils resteront à la disposition du personnel médical tout le temps des consultations ; il importe de répondre immc* (lia! ornent et sans cesse aux besoins des malades qui ne peuvent trouver place dans un hôpital.

L'administration verra plus tard , lorsque l'expérience aura parlé, s'il est utile d'adjoindre à ce nouveau service ijuelques élèves externes.

Une ou deux armoires pour le dépôt des médicaments et des

objets de pansement, un petit fourneau mobile pour tenir toujours chauds les cataplasmes et les tisanes seront facilement disposés dans une des pièces du Bureau central et compléteront i peu de frais celle inslallation provisoire.

Bains. — Pendant deux heuiesde la journée, de onze heures à midi et de trois heures et demi à quatre heures et demi, des bains seront donnés à THôtel-Dieu aux personnes munies de cartes. Les YÔtements que cette catégorie de malades ne pourra remettre a cnuse de leur saleté seront échangés contre des effets propres provenant des successions hospitalières. Il sei*a établi à PHôtel- Dieu un dépôt spécial d*un petit nombre d'articles d'habillement et ce dépôt sera alimenté par Thôpital même et par les autres établissements au moyen de versements réguliers.

Bandages. — Les bandages à délivrer par le traitement externe seront peu nombreux et appliqués dans le cas de hernies simples, d'une réduction facile et pouvant être contenues par une application immédiate d'appareil. Cette délivrance n'aura jamais lieu que pour un accident récent et dans le but d'éviter une admission qui, sans cette mesure, deviendrait nécessaire. Il y aura très-peu de chose à faire pour que ce service qui fonctionne déjà au Bureau central soit rendu, pour les cas exceptionnels, quotidien et permanent.

Secours en argent. — L'allocation de secours minimes en argent pourra être demandée au bureau des secours en faveur d une certaine classe de malades que la misère et surtout les infirmités amènent au Bureau central. Cette catégorie d'indigents cherche dans le séjour à l'hôpital un abri contre le besoin plutôt qu'une guérison dont ils connaissent bien l'impossibilité.

Il est regrettable, sous bien des rapports, d'écondnire ces malheureux, qui vont s'adresser au dépôt de la préfecture en dernier res.sort et basent leur demande sur un refus réitéré d'admission à l'IiôpiUl.

Des bulletins dressés dans une forme spéciale seront remis A ces personnes sans asile et sans pain qui iront les présenter ^

M» PIÈCES JUSTIFICiTITES.

raAnîmâtndan centrale : mie enquête sommaire sera fnile, séance uncnte^ un secoori leur sera immédiatement délivré pour Itssr j££irer le ^ite et b oonrhCare. La visite réglementaire sera rexiîse la ^endemaln et des 5ecoars extraordinaires leur seront coonniié^. ^'îî T 1 lira, selon le mode et les formalités en usai;e.

H parut umille d'entrer dans de plos grands détails sur les ■uvens lie lionner un déverii>pf)emeut charitable plus étendu an service âa Boreaa centrai. U est à propos cependant de rappeler <{iie [«s distribations exceptionnelles de soupe et de bouillon ont en liiHi âfêp . .1 des éfoipes oà le chômage, le froid, la cherté des céféaies réclamaient en ÊiTenr de la classe nécessiteuse la mullipiM!atiiMi <ie> secoors de toute nature. Ces distributions exception- Bei!e< s^r.ient coî^tîniiées aux époques les plus difCciles de Tannée. Elles n'occasH>nnr~n>nt qu'une dépense insigniGante et aîixitercn: en'.i>re su sens et à la portée charitables de Tensemble des amêLoTitioas à introduire.

Le Bureau ointrai deviendra, de fait, un uttle auxiliaire des foom-raax ê aLhs datis Paris sous le patronage de Faiiministrati^o et il :'cra plus encore, puisqu'il aura pour mission de souliz^r i 1j fo s le malade et lindijent. Les services nouveaux qu'il est ai p*.ié à rendre, par la création d'un traitement evtei*ne perniaueiit, a:te<:erom uue fois de plus le Libeur de Tadministration dar.s Cette recherche {-eriévJrante des res>ources les plus propres àallô.:er !es doiileuis cl l- s n.isèies publiques, eteehi, sansgre^or sensiblement la caisse des jyuvres; ils prouveront à tous que dans cette lutte de la charité contre la pauvreté et la maladie, l'assistance publique ne s'arrête que devant les obstacles réellement invincibles*.

Janvier 1870.

* C'e^t à la suite de cette note, due à un chef de serTicc, que l'orguiiiation du Bureau centml a été coniplétée.

Projet d'a^aBdissement d« rHAlal-Dien » mu seiaièaie ■ièote.

Extrait du Journal d'un bourgeois de Paris mus le règne de François 1^»

L*an 1520, le samedy deiixiesme jning, veille de Pentecoustef fut mise la première pierre pour faire Thostel Dieu de Paris, sur la rivière de Seyiie, près Fabbaye Sainci-Germain-des-Prez ; et fui la dicte pierre mise par l'abbé de Sainct-Germain, nomme Biiçonnct. Après que le Roy eiisl donré permission et congé faire le dict hostel Dieu (et cstoit le dict hostel Dieu faict pour soulager l'autre ancien et pour y loger et mettre les griefs mallades de peste) plus de deniy an y eut grande contrariété par Tabbé de la dicte abbaye de Sainct-Germain-des-Prez et les religieux de la dicte abbaye, (X)ur empcscber le dict édifice. Mais néaiitmoins le roy permit qu'il y fust ftiict : et y donna le roy pour commancer le dict édifice, la somme de dix mille livres, prises sur quinze mille livres d'un emprunt par lui faict enla jille de Paris, l'année nicsnie.

9UMÊR0 4

Extrait da Jatermal da Débais, 43 janner 4872.

On sait que le nooTel Hôtei-Dieu t été oonstruit dans des conditions considérées par la majorité des médecins comme absolu* ment contraires au but qui devait être poursuivi. Il a déjà coûté bien des millions et en coûterait beaucoup encore si on prenait le parti de le terminer.

C*est pour éclairer cette question qu'une commission de médecins et de chirurgiens des hôpitani l'a visité dimanclie dernier. La conclusion du rapport de M. Lorraiu, adoptée à l'unanimité en séance générale de lu Société des médecins et cliinirgiens de< hôpitaux est que c rilôlel-Dieu, tel qu'il est construit, ne répond pas aux conditions exigées par un hôpital par lïtat actuel île la science et de Thygiène. i

Si Ton ne prend pas la mesure radicile proposée par MM. Harjolin, Giraldès, Lallier et Vidal de démolir le bâtiment, on ne pouna Tutiliser qu'en le réduisant considérablement, et en n'y installant, comme le proposent MM. Hérard et Hardy, que des services spéciaux, maladies de la |>o;iu, maladies des yeux, c'est-àdire en en écartant le plus possible les vrais malades.

Extrait du Journal des DébaUt 17 janTÎcr 1872.

Dans notre numéro du i 5 janvier, nous avons donné le résultat de l'enquête faite par |>lu^ieurs membres de la commission char-

gée par la Société médico-chirurgicale d'examiner les nouveaux bâtiments de l'Hôtel-Dieu.

Nous fiant sur ce point aux renseignements de la Gazette des hâpUauXf nous avons, à ce qu'il parait, attribué à HH. Hardy et Marjolin des opinions qui ne sont pas tout à fait les leurs. Nous nous empressons de publier les rectifications que ces messieurs croient devoir nous adresser, en faisant remarquer toutefois que ces rectifications auraient dû être adressées d'abord à la Gaa>ette des hôpitaux.

Voici la lettre de H. Hardy :

c Paris, le 13 janTÎer 1873.

c Dans un article du Journal des Débats de ce matin 13 janvier, vous mentionnez les discussions qui ont eu Heu parmi les médecins et les chirurgiens des hôpitaux de Paris, relativement au nouvel Hôtel-Dieu, et vous rapportez une opinion qui aurait été exprimée par M. le docteur Hérard et par moi.

< Après avoir indi(|ué que les médecins et les chirurgiens des hôpitaux de Paris ont émis et adopté la proposition que « le nouvel Hôtel-Dieu, tel qu'il est construit, ne répond pas aux conditions exigées pour un hôpital par l'état actuel de la science et de l'hygièue, i vous ajoutez que si Ion ne prend pas la niesuie radicale de démolir le bâtiment, on ne pourra l'utiliser ((u'en le icdnisant considérablement, et en ny installant^ comme le proposent MM. Hérard et Hardy, que des services ^péciaux : maladies des yeux, maladies de la peau, c'est-à-dire en écartant le plus possible les vrais malades. C'est cette opinion qui nous est prêtée, à M. Hérard et à moi, que je vous demande la permission de rétablir telle qu'elle a été exprimée.

c Tout en ne contestant pas les défectuosités du plan de l'Hôtel-Dieu nouveau, bâti sur un es|)ace trop étroit, avec des bâtiments trop élevés, etautour desquels l'air ne circule pas assezlibrc-

HÈCES JUSTIFICATIVES.

s*'3£ . M. B^neJ -^ idoî nous n'admettons pas qu'on puisse cu2i:i jr> i i issainUilé aJbsoliie de cet édifice employé comme yçÛA.'. 1 o:C^ des înooDTéiiîeiits réels relatifs à la trop grande k2-Ll«=r *t as trof' §niid noml're de bâtiments, il existe dans la à2s^i»s.rxx: intéHienre des salks et de leurs accessoires des avant^.» T-.'iM retrooT^e rarement dans les hôfMtaui anciens ; et noos ■|ù'fl T annit aiantage à utiliser le nouvel Hôtel-Dieu ^e Lot primitif, à la condition de diminuer assez le nombre {S lits p«(xr L^ pfes produire rencombrenient toujours à craindre dui> ks çnni< l^taui^ c'est-i-dire en ne les portant ps an delà de 44» ou 4oM. Pour diminuer encore les chances d'infection qui rvsultc&t de la réunion d'un grand nombre de malades atteûk*> de (laies ou j*af.ections fébriles, j'ai ajouté qu'on pourrait af'ecter un certain nombre de lits (100 ou 150) au traitement de mabdies n'eninînant pas la production de miasmes nuisibles, c'est-à-dire au traitement des maladies chroniques de la peau, des maladies des jeux, etc. Dans mon opinion, ces malades spéciiux, loin de con>tituer la totalité de la population du nouvel h>;iÎ2l, .liiisi qu'on me le fait dire, ne seraient qu'en minorilé, 1 1 le^ vrais malades occuperaient la plus grande partie des salies.

< En n'sum'", dans notre opinion, commune à M. Oérardel ï ni'^i, nous pensons qu'il est utile, aussi bien aux intérêts de h population pauvn- de Paris qu'à l'instruction médicale, qu'il existe au cenbe de Taris un hôpital destine a remplacer le vieil Ilôlel-Dieu, qui tombe en ruines et qui présente actuellement les plus grands inconvénients sous le rapport de l'hygiène. Et nous j)ersistons à croire qu'en limitant le nombre des lits de manière à éviter rencombrement, qu'en variant la nature des maladies, qu'en 9 ^,::tant quelcjues modifications de détail au plan priuiilif, on pr^: utiliser rilôlel-Dieu nouveau pour y placer des mahdc?, cl (ju'on peut en faire un hôpital aussi convenable et peut-être meilleur que la pluprt des établissements hospitaliers de Paris et des autres grandes villes,

^ Veuillez, monsieur le directeur, agréer mes remercîmenls

pour riiospitalilé que vous voudrez bien donner à celte lettre et l'expression de mn considération la plus distinguée.

« A. IIardt,

« Professeur I la Faculté de médecine de Paria. »

Voici encore les explications de M. Marjolin, qui a demandé non {)oint la c démolition » du nouvel Ilôtcl-Dieu, mais l'appropriation des constructions existantes à une autre destination :

« Dimanche, le 14 janvier 1872.

c Lorsqu'il a été question, il y a quelques années, de la reconstruction de riIôlel-Dieu , tout le corps médical s*est élevé contre l'idée d'un liôpital central dépassant plus de 550 lits; et lorsque, par respect pour la lé^^'ende, par considération pour les besoins de TensTignement, on n'a fait aucune objection à l'installation du nouvel Hôtel-Dieu dans le voisinage de Notre-Dame, c'est que Pou s'attendait à ce que ces coustf uctions seraient un vrai modèle de perfection dans le genre, réunissant toutes les conditions bygiéniques si bien étudiées dans res derniers temps par les sociétés scientifiques compétentes.

« Au lieu de cela quVt-on fait? Sans consulter aucune de ces sociétés, malgré les avis formeli> d'une commission, on a élevé un monument destiné à plus de 700 malades ; monument qui, mal;:ré le talent incontestable déployé par M. Diet, l'arcbitecte, obligé d'accepter des plans imposés, n'est en défmilive, après bien des millions dépensés , qu'un édifice splendide, impropre à jamais servir d'hôpital, quelque changement et quelque mutilation qu'on lui fasse subir.

« C'est en s'appuyant sur ces considérations que quatre des membres de la commission ont cru devoir déclarer que les b«^timeuts du nouvel Hôtel-Dieu, étant coustniits contre toutes les données les plus élémentaires de T hygiène, ne pouvaient pas.

nicmc après des changements considérables, être affectés à un établissement hospitalier, et ils persistent d'autant plus dans Icnr opinion, qu'il s*ugil d'un édifice d*ulilité publique que notre époque léguera aux siècles futurs.

« Les autres membres de la commission, tout en reconnaissant ce que ces constructions présentent de défectueux, ont pensé qu'on |)ourrait cependant les utiliser, à la condition expresse de ne pas élever le nombre des malades au delà de 400 à 450. Ib demandent en outre de chercher à diminuer les mauvaises dispositions actuelles de l'hôpital. Pour cela, ils proposent de raser un étage et de démolir jusqu'à la hauteur du premier les galeries pleines qui reUent entre eux les divers pavillons et font du nouvel hôpital un bâtiment unique dans lequel la circulation de l'air est impossible.

« Que coûteront ces changements ? Lorsque cet étiifice sera mutilé, déshonoré au point de vue architectm'al, quel sera le résultat de ce surcroit de dépenses? Peut-être quelques défauts de moins. Et alors à combien montera le prix d'une journée de malade? On nous a parlé de 12 francs; or, pour la même somme, on peut avoir maintenant à la Maison municipale de santé une chambre et un salon, ce qui a sur la salle d'hôpital Timmense avantage de l'isolement.

a Aujourd'hui, l'insalubrité des grands hôpitaux ne fait plus question pour personne, ils ont fait leur temps ; de plus, la population ouvrière ayant dû quitter le centre de la ville pour se porter à sa périphérie, c'est là qu'il faut disséminer les petits liopilaux. Ces petits hôpitaux auraient de plus l'avantage de ne pas éloigner les malades de leurs familles; de cette manière, les intérêts moraux, comme les intérêts hygiéniques seraient également sauvegardés.

a Mais alors que faire de ces constructions si dispendieuses? Un édifice quelconque, mais jamais un hôpital.

« En vous priant, monsieur, d'insérer cette lettre dans votre plus prochain numéro, je crois être l'interprète fidèle des opinions

émises par mes trois collègues HH. Giraldès, Laillicr, Vidal cl moi devant la commission.

• Agréez, je vous prie, monsieur, Tassurance de ma considération la plus distinguée.

a Marjolin,

< Chirurgien de ThApital Sainle-Eugéaie. »

État de BIcétre en 1789.

Si l'on a pu dire que la publicité fait la sauvegarde du peuple, c'est surtout lorsqu'on fait connaître Tétat des lieux où la misère et la vieillesse le forcent de chercher du secours ; c'est lorsqu ou rend coni[)te des moyens destinés à le soulager, que Ton publie le nombre et Télat des malheureux h la charge de la bienfaisance sociale. Ces notions deviennent pour lui une source de nouveaux secours, par les combinaisons qu'elles donnent lieu de faire, et par la réforme dos abus qu'elles facilitent et accélèrent.

C'est donc sous ce point de vue que nous devons envisager l'état que nous donnons de la maison de Bicètre ; le pubhc y verra et rétendue des besoins, et la multitude d'abus qui doivent nécessairement accompagner une aussi grande administration.

Quant aux abus, je remarquerai qu'ils tiennent bien plutôt à rignorance i)opulaire, aux projugés des familles et du public, qui se sont tous habitués à regarder cet a^ile comme un moyen facile de contenir et corriger la jeunesse.

Chaque jour des pères insensibles ou des parents cruels, dans un temps où l'homme ne doit compte de sa conduite qu'à la loi, sollicitent des réclusions a Bicétre ; et les nouveaux admini>traleurs que le vœu public et leurs lumières ont appelés à leur place mollent avec raison au nombre des fatigues et des dés;igrcments attachés à leurs fonctions les relus multipliés qu'ils sont obligés de laire tous les jours m do pareilles demandes.

Les hommes sont iiKorrigilies dans leurs >ieiUes habitudes, et

elles; 5"" Saint-Jean; soixante et un pauvres épileptiques ; 4® Saint* Fiacre, quaranle-un pauvres teigneux et scrofuleux; 5^ Saint- Prix, cent quatre-vingt-sept fous, et vidangeurs et apprentis des boutiques. Cet emploi occupe quarante-deux gens de service, dont quatre filles. Total des habitants du quatrième emploi : cinq cent quatre-vingt-quatre.

Saint-Charles — Cinquième emploi.

Huit pensionnaires. \^ Dortoir Saint-Charies , quarante-huit pauvres valides, et soixante et un bons pauvres ; 2^ Saint-Martin ou la Correction, trente-cinq prisonniers, et vingt-trois enfants d^ chœur ; 5** dortoir au-dessus du grand Puits, trente-quatre pau* vres valides; 4° Saint-Louis, soixante-dix-huit galeux; 5° Sainl- Eustache, cent cinqiianle-cinq hommes gâtés ; 6^ la Miséricorde, deux cent soixante-quatre femmes gâtées ; 7*^ la Buanderie, trente personnes et dix-neuf jardiniers. Cet emploi occupe quarante-sept personnes, dont trois filles. Total des habitants du cinquième tfnploi : huit cent deux.

Saint-Guillaume. — Sixième emploi.

Quatre pensionnaires, l"" Dortoir de Saint-Guillaunie» quatrevingt-treize pauvres valides; 2® Sainte-Marie, quatre-vingt-dixsept; 3** Sainte-Margnerile, trente-huit; 4<» Saint-Marcel, trentesix; S"" Saint-Malard, cent cinquante-quatre; 6° Saint-Etienne, vingt-deux. Cet emploi occupe quinze personnes, dont trois filles. Total des habitants du sixième emploi : quatre cent cinquante-neuf.

Total des personnes de la maison de Bicêtre, tant officiersi pauvres, prisonniers que pensionnaires, quatre mille quatrevingt-quatorze.

(Extrait de la Gaielte nationale ou Moniteur univenel^ NM2i. Lundi 21 décembre 1789.)

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